Langues de Côte d'Ivoire

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Journaux ivoiriens, en français
Groupes linguistiques et ethniques de la Côte d’Ivoire
Carte simplifiée des principales langues, le français exclu

Le français est la langue officielle de la Côte d’Ivoire. Elle y est la langue d'enseignement et environ 70 % des habitants du pays la comprennent. Selon l'OIF en 2009, 99 % des habitants de la plus grande ville du pays Abidjan savent lire, écrire et parler français1.

Les langues d'origine africaines en Côte d'Ivoire appartiennent à quatre principaux groupes linguistiques : Akan et Krou dans le sud du pays, Mandé et Voltaïque dans le nord ; il y a plus de 60 langues indigènes. Les plus parlées sont le sénoufo (1 663 199 locuteurs), le dioula (303 491 locuteurs), extrêmement proche du bambara, le baoulé (akan) (3 943 667 locuteurs) et le bété (3 086 348 locuteurs). D'autres langues comme le yacouba (1 301 410 locuteurs) et l'agni (953 339 locuteurs) sont aussi des langues importantes. Ces six ethnies à elles seules représentent 58,03 % des ivoiriens. En outre le dioula est utilisé par la majeure partie des commerçants (Marchés) souvent illettrés. Parmi les autres langues usitées on note les dialectes gur, kru (dont le néyo, le dida, le nyabwa, le , et le krahn), langues kwa (telles que l'abé, l'abouré, l'abron, l'adjoukrou et l'avikam...). En outre, environ 70 % des habitants du pays pratiquent le français, langue officielle de l'État2.

Évolution linguistiquemodifier | modifier le code

Les Mandé forestiers (Dan, Gban et Kwéni) sont arrivés aux entre le XIe siècle et le XVIe siècle, en provenance de la zone du Sahel. Aux XIVe siècle et XVe siècle, d’autres groupes venus du nord (Ligbi, Numu et quelques clans Malinké) s'installement à leur tour, ce qui provoque quelques déplacements limités de populations plus anciennement établies (Krou sur la côte avant le XVe siècle et Sénoufo). Les XVIe siècle et XVIIe siècle consacrent l’arrivée au nord de plusieurs clans Malinkés ou mandé-dioula (Kamagaté, Keita, Binate, Diomandé, Zohi Chrystelle) et Sénoufo et au sud-est, des peuples en provenance de la basse vallée de la Volta (Efié, Essouma, Abouré, Alladian et Avikam). L’un de ces groupes akan (Abron) s’installe dans la région de Bondoukou à l’est du pays3.

Le XVIIIe siècle consacre les grandes migrations akan (Agni, Baoulé, Atié, Abbey, Ébriés, M'Battos, Abidji) dans le sud-est et le centre du pays ainsi que celle d’autres groupes malinkés (en provenance des rives de la Volta noire) et du sud des territoires actuels du Mali et du Burkina Faso4.

Ces migrations sont causes de conflits entre les populations, mais permettent surtout de tisser de nombreuses alliances politiques et matrimoniales ainsi que des parentés à plaisanterie5.

Ainsi se met en place le système linguistique que les colonisateurs vont trouver aux XIXe siècle et XXe siècle, et auquel ils surimposeront le français, aujourd'hui langue officielle et d'enseignement de la Côte d'Ivoire2.

Notes et référencesmodifier | modifier le code

Voir aussimodifier | modifier le code

Bibliographiemodifier | modifier le code

  • Maurice Delafosse, Vocabulaires comparatifs de plus de 60 langues ou dialectes parlés à la Côte d'Ivoire et dans les régions limitrophes : avec des notes linguistiques et ethnologiques, une bibliographie et une carte, Paris, E. Leroux,‎ 1904, 284 p.
  • Georges Hérault (dir.), Atlas des langues kwa de Côte d'Ivoire, Université d'Abidjan, Institut de linguistique appliquée,‎ 1982, 509 p. (ISBN 2-7166-0228-X)
  • Pierre Kipré, Histoire de la Côte d'Ivoire, Éditions AMI,‎ 1992
  • Yacouba Kouadio Kouadio, « Alliances inter-ethniques et parenté à plaisanterie ou dynamique d'une dédramatisation endogène des conflits socio-politiques en Afrique : le cas de la Côte-d'Ivoire », dans Actes du colloque international sur « Royautés, chefferies traditionnelles et nouvelles gouvernances : problématique d'une philosophique pour l'Afrique politique », Abidjan, édition Dagekof,‎ 2004 (ISBN 978-2-9503515-6-2), p. 76-90
  • Médias France Intercontinents, Le français, enjeu du XXIe siècle, Organisation internationale de la francophonie,‎ 21 mars 2009, 35 p. (lire en ligne)
  • Organisation internationale de la francophonie, La langue française dans le monde en 2010, Nathan,‎ 2010 (ISBN 978-2-09-882407-2)

Articles connexesmodifier | modifier le code

Liens externesmodifier | modifier le code








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