Le Livre de la jungle (film, 1967)

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Le Livre de la jungle

Description de l'image  Jungle.png.
Titre original The Jungle Book
Réalisation Wolfgang Reitherman
Scénario Larry Clemmons
Ralph Wright
Vance Gerry
Ken Anderson
Sociétés de production Walt Disney Pictures
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Sortie 1967
Durée 78 minutes

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Le Livre de la jungle (The Jungle Book) est le 24e long-métrage d'animation et le 19e « Classique d'animation » des studios Disney. Sorti en 1967, il est inspiré du livre du même nom de Rudyard Kipling, paru en 1894. Le film présente le jeune Mowgli élevé par des loups et qui, accompagné de la panthère Bagheera, doit retourner dans un village auprès des hommes pour échapper au tigre mangeur d'hommes et terreur de la jungle, Shere Khan. Durant son voyage, Mowgli rencontre Kaa le serpent hypnotiseur, un groupe d'éléphants, Baloo l'ours bon-vivant et un groupe de singes mené par le roi Louie qui cherche à devenir un homme.

Le film est marqué par une qualité graphique élevée, mais surtout par l'utilisation d'acteurs vocaux célèbres ayant fortement influencé voire inspiré les personnages comme Phil Harris (Baloo), Louis Prima (Roi Louie) et George Sanders (Shere Khan). Pour plusieurs auteurs, la présence de fortes personnalités vocales et un scénario assez simple sans vrais méchants font du Livre de la jungle une succession de scènes musicales divertissantes, mais où il manque un petit quelque chose. Le film est aussi marqué par la mort de Walt Disney quelques mois avant sa sortie. Pour le studio Disney, l'ensemble marque le début d'une période désignée à la fois comme une forme de déclin, de léthargie, mais aussi de perpétuelle réutilisation d'une même formule, justement utilisée pour Le Livre de la jungle. Ce n'est que grâce à un programme de formation de nouveaux talents et une nouvelle direction au milieu des années 1980 que le studio Disney retrouve des productions égalant le « Premier Âge d'or ».

Malgré les critiques, Le Livre de la jungle est un succès commercial et sert de base à de nombreux produits dérivés. Deux séries animées « spin-off » ont été créées : Le Livre de la jungle, souvenirs d'enfance (1996-1998), qui raconte l'enfance des personnages, et Super Baloo (1990-1994), où Baloo travaille comme pilote d'avion. Un remake en prise de vue réelle a été produit en 1994 avec le même titre Le Livre de la jungle ainsi qu'une préquelle avec acteurs intitulée The Jungle Book: Mowgli's Story. Une suite au film d'animation est réalisée en 2003 avec Le Livre de la jungle 2.

Synopsismodifier | modifier le code

Un jour, la panthère noire Bagheera trouve un bébé abandonné dans un panier au fin fond de la jungle indienne. Bagheera s'empresse d'apporter le bébé à une louve qui vient d'avoir des petits et qui accepte de l'élever. Pendant dix ans, le « petit d'homme » baptisé Mowgli grandit paisiblement parmi ses frères louveteaux jouant avec eux. Une nuit, la meute de loups apprend le retour dans la jungle du tigre mangeur d'hommes Shere Khan. Pour protéger Mowgli, le conseil de la meute décide de le renvoyer au village humain le plus proche, Bagheera acceptant de l'escorter. La panthère et l'enfant quittent les loups le soir même, mais l'enfant refuse de partir de la jungle. Le chemin restant à parcourir étant long, ils s'endorment dans un arbre pour le reste de la nuit. Durant leur sommeil, un python affamé, nommé Kaa surgit, hypnotise Mowgli et l'enserre dans ses anneaux. Le serpent tente de dévorer l'enfant mais Bagheera intervient et le sauve.

Le lendemain, les deux amis poursuivent leur chemin mais Mowgli est attiré par un troupeau d'éléphants mené par le colonel Hathi. Mowgli s'insère dans la patrouille des éléphants à la suite de Winifred, la femme de Hathi, et de Junior, leur fils. Bagheerea retrouve le petit d'homme et ils en viennent aux mots, au point qu'ils partent chacun de leur côté.

Mowgli rencontre alors un ours, Baloo, qui prend la vie comme elle vient. Cet épicurien promet de prendre soin de Mowgli et de ne pas l'emmener dans un village humain, ce qui réjouit l'enfant. Profitant de la vie, Baloo est trompé par une bande de singes rusés qui kidnappent Mowgli. Il est emmené auprès de leur chef, l'orang-outan, le roi Louie. Le roi des singes, tout en dansant et chantant, propose un marché à l'enfant, en échange d'apprendre le secret du feu détenu par les hommes, il promet à Mowgli de le laisser rester dans la jungle. Mais comme le petit d'homme a été élevé par des loups et non des humains, il ne connait pas ce secret. Bagheera et Baloo se mêlent à la danse pour sauver Mowgli et s'ensuit un chaos qui s'achève avec la destruction du palais des singes.

La nuit venue, Bagheera explique à Baloo que la jungle ne sera jamais sûre pour Mowgli tant que Shere Khan sera présent. Au matin, Baloo tente à contrecœur de convaincre l'enfant que le village des hommes est le meilleur endroit pour lui, mais Mowgli l'accuse de rompre sa promesse et s'enfuit en courant. Baloo part à la recherche du petit d'homme tandis que la panthère se met en quête du colonel Hathi et de sa patrouille d'éléphants pour les aider dans leur recherche. Mais Shere Khan, qui a entendu la conversation entre Bagheera et Hathi, est décidé à chercher et tuer Mowgli. Entre-temps l'enfant rencontre à nouveau le python Kaa qui l'hypnotise encore mais est interrompu par Shere Khan. Mowgli en profite pour nouer la queue du serpent et pour s'enfuir.

Une tempête approche tandis que Mowgli rencontre un groupe de vautours malicieux qui s’efforcent de lier amitié avec l'enfant, arguant qu'ils sont tous des bannis et que tout le monde doit avoir des amis. Shere Khan surgit, disperse les vautours et fait face à Mowgli. Baloo arrive alors, tente d'éloigner le tigre de l'enfant mais est blessé dans l'affrontement. Un éclair frappe un arbre proche qui s'enflamme. Les vautours essayent de distraire Shere Khan pendant que Mowgli ramasse des branches enflammées pour les attacher à la queue du tigre. Ainsi piégé, Shere Khan panique et s'enfuit avec sa queue enflammée.

Bagheera et Baloo emmènent Mowgli aux abords du village des hommes mais l'enfant est toujours hésitant. Son attention est alors attirée par une jeune fille du village venue prendre de l'eau dans la rivière. Elle aperçoit Mowgli et fait tomber sa jarre par accident. Il la ramasse, la rapporte à la jeune fille et suit cette dernière dans le village. Bagheera et Baloo se félicitent que l'enfant ait choisi de rester en sécurité avec les hommes. Baloo et Bagheera décident de repartir dans la jungle, contents que Mowgli soit heureux parmi les siens.

Fiche techniquemodifier | modifier le code

Sauf mention contraire, les informations proviennent des sources suivantes : Leonard Maltin1, John Grant2, Pierre Lambert3 et IMDb4.

Distributionmodifier | modifier le code

Voix originalesmodifier | modifier le code

Sauf mention contraire, les informations proviennent des sources suivantes : Leonard Maltin1 et John Grant2.

Voix françaisesmodifier | modifier le code

Sources : Carton DVD et Pierre Lambert3.

Chansons du filmmodifier | modifier le code

  • La Patrouille des éléphants (Colonel Hathi's March) - Colonel Hathi et les éléphants
  • Il en faut peu pour être heureux (The Bare Necessities) - Baloo et Mowgli
  • Être un homme comme vous (I Wanna Be Like You) - Roi Louie, Baloo et les Singes
  • Il en faut peu pour être heureux - Mowgli
  • La Marche des éléphants (reprise) - Colonel Hathi et les éléphants
  • Aie confiance (Trust In Me) - Kaa
  • C'est ça l'amitié (That's What Friends Are For) - Les Vautours, Mowgli et Shere Khan
  • Ma maison sous le chaume (My Own Home) - Shanti
  • Il en faut peu pour être heureux (reprise finale) - Baloo et Bagheera

En dehors de la chanson Il en faut peu pour être heureux, écrite par Terry Gilkyson, toutes les autres chansons ont été composées par les frères Sherman6.

En raison des multiples éditions, la bande originale est présentée dans la section sur les produits dérivés

Distinctionsmodifier | modifier le code

Sorties cinémamodifier | modifier le code

Sauf mention contraire, les informations suivantes sont issues de l'Internet Movie Database7.

Premières nationalesmodifier | modifier le code

Ressorties principalesmodifier | modifier le code

  • Italie : 17 décembre 1976, 23 décembre 1983
  • Japon : 9 juillet 1977
  • Finlande : 16 décembre 1977
  • États-Unis : 9 juin 1978, 27 juillet 1984, 13 juillet 1990
  • France : 28 novembre 1979, 16 mars 1988, 31 mars 1993
  • Allemagne de l'ouest : 7 décembre 1979, 3 décembre 1987
  • Pays-Bas : 20 décembre 1979
  • Australie : 28 août 1980, 23 août 1986, 8 avril 1993
  • Royaume-Uni : 20 octobre 1983, 26 mars 1993
  • Suède : 11 décembre 1987
  • Irlande : 29 juillet 1988
  • Allemagne : 25 mars 1993, 14 décembre 2000
  • Norvège : 4 mai 2000
  • Autriche : 15 décembre 2000

Sorties vidéomodifier | modifier le code

  • 3 mai 1991 - VHS avec recadrage 4/3 (Québec)
  • 26 novembre 1993 - VHS (Plein écran) avec recadrage 4/3 et Laserdisc avec format 1,66:1.
  • 14 octobre 1997 - VHS avec recadrage 4/3
  • 7 décembre 1999 - VHS et DVD (zone 1) avec recadrage 4/3
  • 12 avril 2000 - DVD (zone 2) avec recadrage 4/3
  • 2 octobre 2007 - DVD Platinium
  • 21 août 2013 - Blu-ray avec nouvelle restauration audio et vidéo HD

Origine et productionmodifier | modifier le code

Couverture de l'édition originale (MacMillan edition) du The Jungle Book, de 1894, illustrée par John Lockwood Kipling, père de Rudyard).
Couverture du The Second Jungle Book de 1895.

Après la sortie de Merlin l'enchanteur (1963), le scénariste Bill Peet demande à Walt Disney que le département animation fasse des personnages animaliers plus intéressants et propose d'adapter Le Livre de la jungle (1894) de Rudyard Kipling8,9. Disney avait déjà envisagé d'utiliser les histoires de Kipling à la fin des années 193010. Le mauvais résultat de Merlin l'enchanteur le pousse à offrir à ses animateurs une seconde chance11. Disney accepte la proposition et, pour la seconde fois consécutive, d'adapter un succès de la littérature enfantine1,8.

Un premier scénario trop sombremodifier | modifier le code

Walt Disney confie à Peet le soin d'adapter le scénario et d'entamer la supervision du film comme il l'a fait pour les précédentes productions (Les 101 Dalmatiens et Merlin l'enchanteur)9. Selon Bob Thomas, ce dernier film étant simplement décevant, Walt Disney s'investit donc un peu plus11 au regard des comptes-rendus de réunions de développement12. Roy Edward Disney, neveu de Walt, explique que son oncle a certainement été pris par la jungle et les personnages qui y vivent13.

Peet prend comme base les deux tomes des histoires écrites par Kipling14. Le studio fait toutefois l'acquisition en 1962 des droits d’adaptation des treize histoires contenus dans ces deux tomes mais se concentre uniquement sur celles avec Mowgli15,16. Peet décide de suivre au plus près le ton sinistre, sombre et dramatique du livre de Kipling qui a pour sujet les luttes entre humains et animaux17. Toutefois, il décide d'avoir une ligne directrice plus simple et plus forte car le roman est très épisodique, Mowgli faisant des allers et retours entre la jungle et le village17. Peet pense que le retour au village doit être à la fin du film et, à la suite de suggestions qui lui sont faites, il crée deux nouveaux personnages : la jeune fille nommée Shanti dont Mowgli tombe amoureux, seule raison valable selon les animateurs pour qu'il quitte la jungle, et l'orang-outan, le roi des singes Louie17. Louie est, dans cette version, un personnage peu comique car il emprisonne Mowgli pour s'accaparer la connaissance du feu17. Louie rappelle aussi un point de scénario repris du Second livre de la jungle dans lequel des bijoux et de l'or seraient cachés sous les ruines et où un villageois braconnier demande à Mowgli de le conduire pour y dérober les trésors11,17. Peet intègre aussi les personnages du chasseur Buldeo et du busard Ishtar18. Il travaille huit mois sur le scénario et illustre une douzaine de storyboards8.

Disney n'est pas convaincu par cette adaptation, la trouvant trop sombre pour un public familial et demande plusieurs changements9. Elle est « trop proche de l'œuvre de Kipling, morose, déprimante, effrayante, mystérieuse avec plein de vilaines choses arrivant à un enfant19 ». De plus, Peet et Disney ne sont pas d'accord sur la voix de Bagheera19. Peet refuse de changer son scénario et, après un long entretien avec Disney, il quitte le studio en janvier 1964 durant la production du film8,9,20. Son départ est aussi motivé par le succès de ses publications jeunesse en dehors du studio Disney19, information connue par Walt8.

En parallèle des travaux de Peet, Walt Disney confie la composition de la musique à Terry Gilkyson9,15. À la demande de Walt Disney, Gilkyson reprend le style musical de Bambi (1942) qui soutient un style graphique proche, réaliste15. La première chanson, prévue pour le générique, s'intitulait Brothers All et comprenait Mowgli et des loups15. La seconde, The Song of the Seeonee, proposait un quartet de barbiers avec des loups ponctué de ululements15. Une troisième chanson devait soutenir la scène après la capture de Mowgli par les singes, intitulée Monkey See, Monkey Do dans un style d'opérette proche de Gilbert et Sullivan19. Elle devait être suivie par une musique plus solennelle, Hate Song, durant laquelle Shere Khan et le personnage supprimé de Buldeo évoquaient leurs plans maléfiques19. Une chanson plus douce interprétée par Bagheera et Baloo, In a Day's Work, servait à expliquer à Mowgli que même le petit oisillon doit attraper des vers pour son repas19. Le film s'achevait par une chanson sentimentale, I Knew I Belonged to Her, durant laquelle Mowgli chantait à Bagheera le souvenir du village de sa mère19.

Nouvelle approche pour le scénariomodifier | modifier le code

Après le départ de Peet, Walt Disney assigne alors Larry Clemmons au scénario en lui tendant un exemplaire du Livre de la jungle de Kipling mais en lui demandant de ne pas le lire2,21, et confie la partie graphique à Ken Anderson8. Clemmons consulte quand même le livre et le trouve trop haché, sans jointure, demandant une adaptation pour en faire un film22. Il préconise d'utiliser la technique narrative in medias res avec des retours en arrière, mais Walt lui demande de se recentrer sur une histoire plus directe en présentant les personnages22 : « Faisons vivre le film. Construisons les personnages. Amusons-nous avec eux. » La majeure partie du travail de Peet est perdue, mais les personnalités des personnages sont restées dans le film final. Walt Disney est persuadé que l'histoire se doit d'être simple et que les personnages conduisent l'histoire. Disney participe alors activement aux réunions de scénario, jouant chaque rôle, aidant à explorer les émotions de chaque personnage, aidant à la création d'effets comiques et au développement des séquences à émotion11. Clemmons écrit un scénario brut avec simplement quelques scènes plus détaillées.

Patricia O'Rourke et Sabu dans Le Livre de la jungle de 1942
Patricia O'Rourke et Sabu, dans Le Livre de la jungle (1942).

Finalement, quatre scénaristes ont été assignés au développement du film11. Trois rejoignent Clemmons et entament le travail de compléter les scènes, ajoutant les gags23,24. Ils ajoutent aussi des indications pour aider les acteurs à modeler la voix de leur personnage et comment ils interagissent25. La conception du scénario s'étale du 29 avril 1963 au 22 septembre 1966, d'après les comptes-rendus de réunions stockés aux Walt Disney Archives26. L'histoire finale est centrée sur les personnages de Kipling mais élimine la plupart des situations et faits présents dans l'adaptation Le Livre de la jungle de 1942 avec Sabu en Mowgli21. Toutefois durant l'été 1966, Walt Disney n'est pas satisfait de la production, il trouve que l'histoire est trop épisodique et n'a pas d'échine, que le public ne parviendra pas à s'identifier à Mowgli, que le méchant fait trop cliché mais que les acteurs peuvent sauver le film27.

Mort de Walt Disney et poursuite du projetmodifier | modifier le code

Walt Disney participe à ce film bien plus qu'aux précédentes productions, choisissant les acteurs donnant leur voix aux personnages ou incarnant les personnages lors des réunions de travail21, comme il le faisait quelques années auparavant. Pour rappel, la production de La Belle au bois dormant (1959) entamée en 1952 est émaillée d'absences de Walt Disney accaparé par plusieurs projets dont le parc Disneyland28,29 et de la production de plusieurs émissions télévisuelles30 comme Disneyland, The Mickey Mouse Club et la série Zorro29 (Cf. le paragraphe dédié). De même Rebecca et Samuel Umland constatent que Bob Thomas passe sous silence la participation de Walt à Merlin l'enchanteur31 et David Koenig écrit qu'il n'était guère enthousiaste vis-à-vis de ce projet32. Walt Disney déclare ainsi lors d'une de ces réunions qu'il est l'inventeur de gags le moins bien payé du studio21. En septembre 1966, il regarde les derniers rushs du Livre de la jungle et se demande si un tigre peut grimper aux arbres33. Il demande aussi à Harry Tytle de réduire les dépenses du département animation33. La dernière réunion pour le film a lieu mi-octobre 1966 et concerne la scène finale avec la jeune fille34. À la fin de l'année 1966, l'animation est en cours d'achèvement34 mais Walt Disney ne verra jamais le film terminé35.

À l'automne 1966, un bilan médical établit que Walt Disney souffre d'un cancer du poumon à un stade avancé36. Il subit l'ablation d'un de ses poumons mais meurt six semaines plus tard au Saint Joseph's Hospital situé juste de l'autre côté de la Buena Vista Street, la rue séparant l'hôpital des Studios Disney36.

L'équipe du studio responsable du Livre de la jungle doit achever le film. Malgré la douleur de la perte de Walt Disney, l'équipe est fière de cette production36. Le scénario prend des libertés avec l'histoire originale de Kipling mais le résultat justifie, selon Christopher Finch, ces libertés36.

Animationmodifier | modifier le code

La conception des personnages est principalement confiée à Ken Anderson qui développe un style plus brisé que les animaux plus ronds de Dumbo (1941)22. Il fut envoyé en Afrique avec quelques collègues pour esquisser des éléphants37. Le Livre de la jungle est le premier long métrage de Disney qui utilise fortement des animaux non domestiqués38. Il fait suite à Bambi (1942), situé dans l'Amérique sauvage et dont le succès avait initié une série de documentaires animaliers, les True-Life Adventures, ainsi que de nombreuses productions de fiction sur des animaux38. L'animateur Milt Kahl se base sur des productions Disney pour reproduire au mieux les mouvements des félins Bagheera et Shere Khan, comme Les Pas du tigre (1964) ou le documentaire Le Jaguar, seigneur de l'Amazone (1959) de la série True-Life Adventures22. Pour le roi Louie, le studio utilise des graphiques de comparaison anatomiques et des documentaires sur les orang-outans39. C'est Frank Thomas et Ollie Johnston qui se chargent du duo Baloo-Mowgli, réalisant ainsi l'exploit d'animer près de la moitié du film34. Johnston anime aussi les scènes avec Bagheera34. Pour Baloo, le studio utilise de plus des extraits de films avec des ours d'où sa propension à se gratter40. Pour Kaa en raison de son absence de lèvres et de mains, l'effort d'animation est recentré sur ses yeux, très expressifs mais aussi sur le reste du corps40.

Le Livre de la jungle est le premier long métrage de Disney ayant pour décor un environnement tropical41. Supervisé par Albert Dempster34, le studio utilise l'ensemble de ses techniques pour les décors, que ce soit des nuances de couleurs renforçant la désolation lorsque Mowgli rencontre les vautours, des fonds simples et apaisant sans conflit avec les personnages ou l’atmosphère quand Bagheera discute avec Mowgli la nuit42, ou la caméra multiplane pour la profondeur des décors34. Graphiquement, le style de Dempster est classique et convient à l'esprit du Livre de la Jungle et à l'instar d'Eyvind Earle sur La Belle au Bois dormant34. Dempster a réalisé la plus grande partie des 700 décors du film34. Certains décors comme la jungle éclairée par la lune rappellent la palette de couleurs de Paul Gauguin, le style de Gustave Doré43 ou du Douanier Rousseau44,45.

La production du film est confrontée, comme souvent au cinéma, à des problèmes de mise en scène. L'un des premiers problèmes étant que le spectateur doit éprouver de la sympathie envers Mowgli et cela en passant au travers de scènes avec d'autres personnages46. Baloo est choisi comme premier partenaire pour tester leur relation, mais cette première version comportant déjà la voix d'un acteur était trop « vieille école », semblable aux précédents ours de Disney46. La production décide de revoir sa copie et d'en faire un Ed Wynn, mêlant autorité et comique46. C'est ensuite que Walt propose Phil Harris pour Baloo46.

Mowgli doit exprimer son désespoir après avoir cru être trompé par Baloo, puis courir dans la jungle mais pas trop vite47. Malheureusement, il n'est pas facile de rendre compte de ce sentiment47. La solution est trouvée par un des animateurs chargés de la scène qui s'est remémoré un film d'action où un jeune enfant court vers un fourré et écarte une branche47. Ce geste permet de s'attarder sur les expressions faciales de Mowgli et permet de bien montrer ses sentiments47. Cette scène est devenue un mystère qui explique bien le long chemin avant le film final47. Lors des esquisses, l'animation est simple, les animateurs d'effets spéciaux, dans ce cas précis des intervallistes, conservent le même niveau de détail mais ils agrandissent les feuilles et ajoutent quelques branches pour respecter un nouveau schéma graphique, puis l'artiste de cadrage réagit en pensant à une jungle dense, ajoutant et grossissant les branches et feuilles, enfin le décorateur voyant les dessins de ses confrères pour la scène a ajouté des broussailles pour densifier la forêt48. Finalement, le jeune Mowgli traverse une jungle dense sans encombre et l'action est totalement transformée48.

Pour la marche des éléphants, l'animation en partie réalisée par Eric Cleworth est conçue comme un cycle répétitif de sorte qu'au début du cycle suivant, l'image est diminuée pour créer la perspective et l'éloignement49. Bill Peet crée le personnage d'Ishtar le busard, un vautour fauve, afin de résoudre le problème de la collecte d'information dans la jungle sur les carnassiers, tigres, panthères et loups50. Les vautours étant des charognards, ces personnages peuvent servir de lien entre prédateur et proie à la fois pour communiquer et les localiser50. Mais il préfère stopper cette piste pour développer la relation entre Bagheera et Mowgli51. Pour exprimer les relations entre les différentes personnes, Johnston et Thomas expliquent dans leur bible de l'animation qu'elles n'apparaissent qu'après les avoir construites sur une scène clef ou souvent sur plusieurs scènes grâce à des actions, des expressions et des émotions52.

Musiquemodifier | modifier le code

Au début du projet, Walt Disney confie la composition de la musique à Terry Gilkyson, mais elle est jugée trop sinistre pour le film9,15. La seule chanson de Gilkyson conservée dans la version finale est Il en faut peu pour être heureux tandis que Disney demande aux frères Sherman d'écrire de nouvelles chansons9,34. Les Sherman connaissent le livre original et l'adaptation Le Livre de la jungle de 1942, mais Walt Disney leur conseille d'oublier ces versions assez sombres pour des choses plus joyeuses, plus légères, avec la touche Disney53,54. Il les convie aussi aux sessions de développement du scénario afin que les chansons participent à l'action sans l'interrompre9.

La première des cinq chansons écrites par les frères Sherman doit soutenir la scène du kidnapping de Mowgli par les singes et, à la demande de Walt Disney, de « Disneyifier » la musique ; les deux compositeurs la transforment en une version swing avec un roi du Swing et une bande de singes digne d'un Dixieland54. George Bruns se voit confier la musique instrumentale34 et réutilise deux chansons de productions précédentes22 : un thème de La Belle au bois dormant (1959) composé par Bruns pour le réveil de Mowgli après avoir échappé aux singes et un extrait à l'orgue de Blanche-Neige et les Sept Nains composé par Paul J. Smith pour l'eulogie de Bagheera pensant que Baloo a été tué par Shere Khan22.

Pour la scène de Baloo expliquant sa philosophie, l'ours ressent à un moment le besoin de se gratter et atteint une forme d'extase en se frottant à un palmier55. Wolfgang Reitherman souhaite ajouter de la musique pour soutenir la scène et engage quatre musiciens dont le trompettiste Cappy Lewis55. Reitherman lui demande de reproduire la frénésie de Baloo en musique, ce qu'il parvient avec une improvisation qui plaît tellement à la production qu'elle décide de l'ajouter à la fin du film dans le générique « pour que le public parte de bonne humeur55 ». L'assistant réalisateur Danny Alguire fait retranscrire la prestation note par note et Bruns l’intègre à la partition55. Lors de l'enregistrement final, Cappy Lewis en lisant la partition de sa propre improvisation déclare que « personne ne peut jouer cela », mais y parvient finalement55.

Les personnagesmodifier | modifier le code

Choix des acteursmodifier | modifier le code

Dans la tradition Disney, les animaux présentés du point de vue humain doivent être réalistes, c'est le cas de La Belle et le Clochard (1955), Les 101 Dalmatiens (1961) et du Livre de la jungle56. Toutefois, les personnages du Livre de la jungle doivent beaucoup aux acteurs qui leur prêtent leurs voix36. Le studio tente de recruter des étudiants indiens pour avoir un accent plus local mais sans résultat46. C'est principalement à partir des voix originales que les personnalités des personnages sont façonnées36. Leonard Maltin, ainsi que Thomas et Johnston évoquent une difficulté pour le public adulte de faire abstraction des acteurs57,58. Avant Le Livre de la jungle, il est rare qu'un acteur donne sa personnalité à un personnage, c'est le cas ici avec Phil Harris (Baloo), Louis Prima (Roi Louie) et George Sanders (Shere Khan)57.

Harris est choisi par Walt Disney pour donner sa voix à l'ours Baloo après l'avoir entendu lors d'un gala caritatif à Palm Springs21. Les animateurs sont surpris par ce choix, Harris étant plus connu dans le monde des clubs de nuit que pour la jungle46. Harris enregistre un dialogue, en grande partie improvisé car il considère le script comme peu naturel9. À la fin de la session, il demande une copie de l'enregistrement pour que sa femme Alice Faye et ses amis puissent le croire58. Les animateurs réalisent alors 35 ou 40 pieds de film avec Mowgli et Baloo puis ce test est visualisé par Walt Disney59. Ce dernier accepte et valide l'utilisation de cet ours Baloo dans le film tandis que Phil Harris est convié à une seconde session d'enregistrement59. Le développement du personnage de Baloo avec Phil Harris permet de résoudre les problèmes rencontrés avec Bagheera59, comme le manque d'émotion avec Mowgli46, et de poursuivre la production.

Confiant avec la bonne prestation de Harris, Jimmy Johnson, président de Disneyland Records, propose que Louis Prima donne sa voix au roi Louie60. Harris contacte Prima pour une audition. Enthousiaste, ce dernier se fait accompagner à ses frais par son orchestre60. Walt accepte Prima et choisit d'autres acteurs célèbres pour les personnages comme George Sanders pour Shere Khan et Sebastian Cabot pour Bagheera22.

Sterling Holloway, un habitué des studios Disney donne sa voix au serpent Kaa et, grâce à une chanson ingénieuse des frères Sherman, le cheveu sur la langue de Kaa est mis en valeur57. La chanson Aie confiance est basée sur Land of Sand, une mélodie non utilisée de Mary Poppins (1964)18,61,62.

Pour Mowgli, le premier acteur choisi est David Bailey mais sa voix mue durant la production et perd ainsi l'innocence recherchée par les producteurs22. Wolfgang Reitherman propose alors l'un de ses fils, Bruce, qui vient d'enregistrer la voix de Christopher Robin pour Winnie l'ourson et l'Arbre à miel (1966)22. Il obtient le rôle et est utilisé pour le film en prise de vue réelle servant de guide aux animateurs9,22. La jeune actrice Darlene Carr, qui chantonne dans le studio durant la production de Rentrez chez vous, les singes ! (1967), est remarquée par les frères Sherman qui lui proposent d'enregistrer une version de démonstration de la chanson My Own Home de Shanti63. Sa prestation impressionne Walt Disney qui la prend pour le rôle de la jeune fille63.

Mowgli, Baloo et Bagheeramodifier | modifier le code

Une panthère noire
Bagheera est une panthère noire.

Le personnage de Mowgli est un enfant différent de ceux des précédentes productions de Disney, il est acteur et non suiveur ou adjuvant64. Il est conçu par le studio comme un jeune enfant déterminé, au point de réussir à survivre dans la jungle, mais qui se lie d'amitié trop facilement et n'arrive pas à savoir à quelle espèce il appartient64. C'est un jeune garçon tenace âgé de 7 à 12 ans, un jeune Tarzan s'il parvient à survivre46. Durant le film, il est successivement un loup, un éléphant, un ours, un singe et un vautour, liste à laquelle on doit ajouter le serpent de par l'action hypnotique de Kaa, chacune des espèces étant honorablement crédible selon Grant64. Mowgli est principalement animé par Ollie Johnston qui en a fait l'épitomé du jeune garçon de cet âge sauf à la fin du film où il semble entamer le passage vers l'adolescence, subjugué par une jeune fille64. Cette jeune fille est présente uniquement à la fin du film et porte une marque rouge sur le front65, un bindi ce qui l'apparente aux hindou66. Elle possède de larges pupilles entourées par un iris mat et sombre afin de lui donner l'aspect des yeux de l'Inde orientale et un trait de séduction67.

Bagheera est, selon Grant, le personnage central du film, servant de narrateur, présentateur et apparaissant le plus souvent au long du film68. C'est une panthère noir-mauve sophistiquée, « vieille école » ou « très British » malgré un accent américain en version originale68. Pour Thomas et Johnston, le personnage de Bagheera est sage, méthodique, pointilleux au point d'en être ennuyeux, insipide46. Grant considère l'animation de Bagheera comme brillante. Il cite cependant Mickael Barrier qui trouve lui aussi les mouvements de la panthère très réalistes mais ajoute que, comme aucune scène ne requiert ce type de mouvements, ils donnent l'impression d'être des exercices académiques68. Grant répond à Barrier qu'il est étrange de critiquer Disney sur le fait de dessiner une panthère comme une vraie panthère68. La principale relation qu'entretient l'animal est avec Mowgli46. Bagheera présente un bon fond, sauvant Mowgli à plusieurs reprises mais se plaint de devoir le faire et le pousse à grandir, à vivre sa propre vie, comme dans la scène finale68. Patrick Murphy va plus loin et fait de Bagheera la force sauvant la vie de Mowgli69.

Baloo ne doit à l'origine faire qu'une brève apparition dans le film mais l'animateur Ollie Johnston responsable du personnage considère le travail de doublage de Phil Harris si fascinant qu'il développe le personnage68. D'après Wolfgang Reitherman, il est initialement conçu en prenant pour modèle l'acteur Wallace Beery70. Le résultat est que Baloo est devenu la vedette du film dépassant Bagheraa dont le rôle est plus essentiel à l'histoire68. Baloo est un ours gris-bleu bien en chair ayant adopté la vie facile comme credo71. Malgré ce caractère critiqué par la panthère, Baloo prouve qu'il est un vrai ami de Mowgli en prenant la défense de l'enfant face au tigre Shere Khan71. La scène principale de Baloo est sa première apparition, sur la chanson Il en faut peu pour être heureux, dans laquelle son credo est à la fois expliqué mais aussi mis en œuvre71. La gaîté et la spontanéité de la séquence en font, selon Grant, un moment de joie à regarder71. La séquence Être un homme comme vous, avec le roi Louie, Mowgli et de la musique jazzy, s'en approche mais démontre, pour Grant, qu'il n'est pas possible de reproduire une alchimie deux fois dans le même film71.

Les noms de Baloo, Bagheera et Hathi signifient respectivement ours, panthère et éléphant en hindi16,72. Pour Robert Tienman, le trio Mowgli, Baloo et Bagheera est l'utilisation d'un schéma classique du genre cinématographique, la relation entre trois amis, à l'instar de Mickey Mouse, Donald Duck et Dingo ou Bambi, Panpan et Fleur dans Bambi (1942)73. La scène où Baloo inculque à Mowgli ses préceptes dans la vie en chanson est une technique régulièrement utilisée par le studio Disney pour raconter de manière non visuelle, graphique, des histoires parfois complexes74. On la retrouve par exemple dans Mélodie du Sud (1946)74.

Loups et éléphantsmodifier | modifier le code

Statue sombre de Romulus et Rémus, enfants, qui se dressent, nus, pour se nourrir aux pis de la louve
L'enfance de Mowgli parmi les loups est inspirée par la légende romaine de Romulus et Rémus, nourris par une louve.

Les loups apparaissent au début de l'histoire pour expliquer l'enfance de Mowgli mais ne participent pas vraiment à la suite75. Grant rattache leur présence au mythe romain de Romulus et Rémus75. Seulement deux loups sont nommés, Rama père adoptif de Mowgli et Akela, le chef de meute75.

Les éléphants, animés par John Lounsbery34 sont eux plus développés, à l'image de leur chef75. Hathi est crédité du grade de « colonel » de la « 5e brigade de pachyderme de sa majesté75 ». Les éléphants sont une satire de l'Empire britannique75. Hathi est accompagné de sa femme Winifred et de leur fils Junior75. Hathi, un bavard prétentieux selon une idée de Ken Anderson37, se targue d'être un éléphant qui n'oublie jamais rien, mais il démontre avoir des pertes de mémoire régulières75. Pour Thomas et Johnston, c'est un oublié de l'empire colonial76. Verna Felton qui donne sa voix à Winifred fait aussi celle de la plus vieille éléphante dans Dumbo75. Pour Junior, l'équipe de Disney évite le piège de reproduire Dumbo et, à la place, crée un personnage à part, joyeux, adulé par son père et qui souhaite devenir comme lui, un colonel75. Les autres éléphants sont presque tous anonymes à part le lieutenant à la chevelure non conforme, Bugler le clairon, Slob le plus gourmand et le plus débraillé65. Graphiquement les éléphants reprennent les travaux d'Heinrich Kley déjà utilisés comme support pour Dumbo (1941) et la séquence Danse des heures de Fantasia (1940)77. Koenig note que, durant l'inspection des troupes, un éléphant gris encore jamais vu apparaît plusieurs fois, en début de rangée, puis au milieu et vers la fin sans qu'on le voie bouger18.

Roi Louiemodifier | modifier le code

Un orang-outan
Le roi Louie est un orang-outan qui rêve d'être un homme.

Le roi Louie n'existe pas dans l'œuvre originale de Rudyard Kipling (les singes, les Bandar-Log, n'ont pas de chef, et lorsqu'ils enlèvent Mowgli, ils le nomment roi). Dans les premières versions, le chef des singes est bourru, morose, grossier et incapable de discuter76. Durant le développement, il s'avère qu'une séquence musicale serait mieux pour présenter les singes et leur chef76. La décision de choisir Louis Prima comme voix du roi Louie étant prise, l'ensemble de la scène musicale s'inspire alors directement de Prima et de son orchestre qui « bougent sur scène comme les singes de la scène du film78 ». Le groupe enregistre ainsi un morceau pour convaincre Walt Disney : on peut parler, selon Grant, d'une audition, et c'est à partir de cela que les animateurs dessinent la scène avec les singes9. Hollis et Ehrbar évoquent qu'un extrait du spectacle de Prima à Vegas se jouait dans un des studios de tournages60.

Durant cette période de développement, Prima appelle régulièrement depuis le lac Tahoe où il joue avec son orchestre pour s'enquérir de l'évolution du personnage76. Prima propose aussi une scène où le roi Louie meurt persuadé de pouvoir la jouer de façon exceptionnelle79. L'animation de la séquence musicale avec les singes est supervisée par Kahl et Thomas tandis que la scène de danse avec Baloo est confiée à John Lounsbery34. Le personnage conçu par Disney est un orang-outan au ventre rebondi et un chef motivé par l'ambition de devenir un homme, ce qui passe, selon lui, par la maîtrise du feu, dont il est persuadé que Mowgli connaît le secret68. Un autre trait de son personnage est le scat, forme vocale du jazz, fournie par Louis Prima en version originale68. Pour Grant, le roi Louie serait un humain distribuant des cigares comme signe d'amitié, ce qu'il fait en tant que singe avec des bananes mais son caractère et ses motivations n'en font pas un réel méchant68. Les autres singes ne sont pas nommés bien que quelques-uns aient des personnalités distinctes68.

Kaamodifier | modifier le code

un python réticulé
Kaa est un python réticulé qui tente d'hypnotiser et d'étouffer Mowgli.

Le studio Disney fait rarement usage de serpents hormis dans le documentaire Le Désert vivant (1953)80. Thomas et Johnston recensent aussi Noah's Ark (1959) et Birds in the Spring (1933)80. Durant la conception du scénario du Livre de la jungle, il apparaît que c'est la relation entre Mowgli et les animaux qui peut être le moteur de l'animation81. Le scénario de Bill Peet évoque Kaa comme un serpent profitant de sa discussion avec Mowgli pour l'enserrer dans ses anneaux81. Ce n'est qu'après plusieurs réunions de développement de l'histoire que le concept d'une attaque de Kaa sur Mowgli pendant discussion entre Bagheera et Mowgli émerge82. En raison de la longueur du serpent, définie par Peet, Kaa est un python réticulé71. Le personnage, qui ne devait apparaître que dans une seule scène, a été repris pour une seconde34. L'animation du reptile est supervisée par Johnston et Kahl34.

Le choix de cette scène effectué, une partie des animateurs s'attèle à dessiner le serpent plus précisément et se confronte à plusieurs points difficiles83. Thomas et Johnston énumèrent les points suivants : la tête du serpent est le prolongement du corps, les yeux ne clignent pas, les mouvements sont glissants et la langue est fourchue83. Les animateurs craignent alors que le personnage soit trop fou, pas assez menaçant tout en étant moins repoussant84. Ils prennent la décision de chercher une voix pour orienter et peut-être corriger le personnage84. Huit acteurs s'essayent au rôle sans succès et c'est la tentative suivante qui est la bonne84.

La voix originale est celle de Sterling Holloway71,84, acteur plus habitué à des personnages de souris79. Grant considère le choix d'Holloway comme un coup de génie et l'acteur, dont c'est l'un des premiers rôles de méchant, se surpasse dans le doublage71. Pour Thomas et Johnston, Holloway permet de donner vie au personnage conçu par le studio85. Le personnage est sinistre, hypnotique et hypocondriaque, se plaignant de ses sinus, mais sa voix est l'élément le plus effrayant de sa personnalité71. L'hypnose est sa principale arme et, d'après l'histoire originale, il est âgé de plus de 100 ans et encore jeune86. Il est aussi sinistre que divertissant avec une incapacité à garder la bouche close79. L'aspect physique du serpent est même l'objet de plusieurs gags avec, par exemple, le nœud à sa queue ou sa tête percutant chaque branche lors d'une chute71. Cette idée de serpent bloqué par un nœud avait déjà été utilisée dans le court métrage Birds in the Spring (1933) des Silly Symphonies81, de même que l'hypnose. D'après Thomas et Johnston, l'utilisation de Sterling Holloway a permis de transformer une scène de rencontre avec un personnage mineur en une scène de plus en plus drôle87. La scène aurait pu être plus longue car les frères Sherman avaient composé un chorus avec des paroles de menace plus explicites88. Reitherman préfère ne pas l'inclure pour ne pas ralentir le film88.

Un autre point difficile est le choix de la peau de Kaa, rayures ou larges taches89 et comment gérer les anneaux se serrant à des vitesses différentes sans trop dépasser le budget90. Thomas et Johnston notent que les animateurs dont ils font partie ont raté la bouche du serpent car aucun n'a un intérieur de bouche rose, une erreur dans le choix des couleurs due à l'habitude d'utiliser cette couleur pour les autres personnages83.

Thomas et Johnston évoquent une anecdote durant la production du film87. L'assistante chargée de leur donner leur salaire hebdomadaire avait peur des serpents et refusait de venir les payer tant que des esquisses de Kaa étaient affichées aux murs87. Elle restait dans le couloir le plus loin possible de la porte et, bien que les animateurs aient envisagé de l'utiliser pour vérifier les effets de leurs dessins sur les personnes souffrant de phobie des reptiles, elle refusa même d'aller voir le film une fois achevé89. L'assistant réalisateur Danny Alguire propose à la place une de ses amies du Texas qui a peur des serpents pour passer le test90. Sans être informée, elle regarde un extrait du film avec Kaa et n'a pas peur, permettant aux animateurs de poursuivre leur travail90.

Shere Khanmodifier | modifier le code

un tigre du Bengale
Shere Khan, principal ennemi du film, est un tigre du Bengale craint dans toute la jungle.

John Grant indique qu'il y a une pénurie de tigres chez Disney, dans les plus anciennes productions, en raison de la difficulté à animer leurs rayures91. Mais, après la réalisation des 101 Dalmatiens (1961) et des 6 469 952 taches de dalmatiens qu'il compte, grâce à la xérographie91, l'animation d'un tigre est devenue une tâche moins insurmontable. Milt Kahl est l'animateur qui se charge de Shere Khan35,92,93 tandis que Bill Peet conçoit le personnage comme physiquement fort, agile et doué mais sans être mauvais garçon35. Milt Kahl, fort de son expérience dans l'animation d'animaux, réussit à utiliser les rayures du tigre comme base de son mouvement et non comme simple décoration94.

Le nom original de l'animal est celui d'un prince pachtoune rencontré par Kipling en Afghanistan, Shere Khan Nasher95. La personnalité du tigre est essentiellement basée sur la suavité de George Sanders qui lui prête sa voix92, selon une décision de Ken Anderson9. Pour John Grant, Shere Khan n'est pas un méchant absolu, c'est un Lord Peter Wimsey suspecté de meurtre par la population locale mais que l'on sait innocent et il s'étonne que la méchanceté du personnage n'ait pas été plus développée par Disney92. Pour Thomas et Johnston, il possède une intelligence rappelant Basil Rathbone et une forme d'arrogance ajoutées par Ken Anderson8,35,96. À la demande de Walt Disney, les animateurs évitent de créer un nouveau tigre menaçant76,96, un méchant comme le studio avait toujours fait auparavant, grognant et bavant96. C'est en regardant l'adaptation d'une œuvre d'Ernest Hemingway, À bout portant (1964), qu'ils trouvent la solution76. Ils créent un tigre avec une confiance en lui, une assurance terrifiante76, un personnage fort et puissant craint dans toute la jungle96. Il ressemble à un empereur romain ou un roi médiéval qui reçoit comme un dû son autorité mais, dans le cas de Shere Khan, il n'a pas peur des assassins ou des complots35.

Thomas et Johnston notent qu'il est rare que des méchants se rencontrent, comme c'est le cas ici entre Shere Khan et Kaa et leur affrontement se termine par un statu quo35.

Les vautoursmodifier | modifier le code

Le duo Chad et Jeremy en 1966
Chad Stuart et Jeremy Clyde en 1966.

Pierre Lambert considère que les quatre vautours animés par Eric Larson34 sont les proches cousins des corbeaux créés par Ward Kimball pour Dumbo (1941)97. Pinsky les trouve semblables, exception faite de l'accent anglais98. Mais Grant trouve leur comparaison difficile, même si ce sont tous des charognards, qu'ils apparaissent vers la fin du film pour se moquer du héros et qu'ils sont caractérisés par leur accent, américain pour les corbeaux et anglais pour les vautours92.

Grant ne parvient pas à identifier précisément les accents anglais des vautours inspirés par les Beatles18,92,98,99. Buzzie est londonien tandis que Dizzy possède un accent plus international fourni par Lord Tim Hudson et non Ringo Starr92. Ziggy et Flaps sont moins caractérisés que les deux autres vautours mais ils contribuent tous à la définition d'un groupe qui, comme les corbeaux de Dumbo, ne peut être dissocié92. La ressemblance avec les Beatles est à la fois vocale et physique mais réside aussi dans le texte qui rappelle un dialogue de leurs films où l'on assiste, selon Grant, à une conversation d'étudiants non mariés92, possiblement A Hard Day's Night (1964). Grant ajoute que ce type de jeunes est souvent considéré comme indésirable et qu'on ne s'arrête pas pour leur parler75. La voix originale de Flaps est celle de Chad Stuart du duo Chad & Jeremy9, l'un des nombreux groupes de la British Invasion.

Un rhinocéros nommé Rocky devait accompagner les vautours et sa voix devait être celle de Frank Fontaine mais le personnage est supprimé à la demande de Walt Disney en raison de l'action très chargée entre les singes et les vautours100.

Sortie et accueilmodifier | modifier le code

Le film Le Livre de la jungle sort en octobre 196711, presque exactement 30 ans après le premier long métrage de Disney, Blanche-Neige et les Sept Nains (1937) et 10 mois après la mort de Walt Disney101. La première a lieu au Grauman's Chinese Theatre le 102. Il est diffusé dans certaines salles conjointement avec le documentaire animalier Charlie, le couguar103. Il récolte 13 millions d'USD à sa sortie aux États-Unis101 et, à la fin de l'année 1967, il atteint la quatrième position des films les plus rentables de l'année104.

Les critiques à la sortie du film sont frappantes et souvent hautes en couleur, car comme le rappelle Leonard Maltin, le film est sorti 10 mois après le décès de Walt Disney57. Le magazine Time, à l'enthousiasme souvent réservé vis-à-vis des projets de Disney, écrit que le film n'a que peu à voir avec le livre de Kipling mais que le résultat est très agréable en raison des animaux présentés sans entrave et l'habilité de Disney à être enfantin sans être puéril57. Pour le magazine, ce film est la plus plaisante façon de se remémorer Walt Disney57. Howard Thompson du New York Times conseille le film aux dandies car c'est un plaisir pour tous les âges101,103. Pour Richard Schickel du magazine Life, c'est le meilleur film depuis Dumbo (1941)101.

Variety, souvent favorable à Disney, indique que le développement du scénario est modéré, les dangers potentiels ne sont que suggérés et qu'il y a un optimiste prédominant dès le début au point que le public suivra comme une marionnette au moment voulu101. Les résultats du film le classent sixième dans le classement de Variety101. Judith Crist du New York Herald Tribune écrit que le film est complètement dénué d'atmosphère et le classe parmi les dessins animés médiocres et de qualité moyenne101.

Le succès du film et la mort de Walt Disney font envisager aux responsables du studio un projet de suite, idée toujours rejetée par Walt105. Plusieurs chansons sont composées par, entre autres Terry Gilkyson, Floyd Huddleston et les frères Sherman, et enregistrées par Phil Harris et Louis Prima105. Elles ont été éditées sur un disque intitulé More Jungle Book105,106. Ce succès a aussi permis de relancer d'autres productions comme Les Aristochats (1970) en utilisant le même principe de personnages inspirés des acteurs vocaux107.

Eric Smoodin indique que Le Livre de la jungle, au même titre que Fantasia (1940), fait partie des films Disney ayant une programmation régulière de ressorties au cinéma108. Dans les années 1980, avec l'émergence du support vidéo, le planning Disney évolue vers un système de ressorties régulières programmées sur de courtes fenêtres espacées de périodes de pénurie artificielle, la ressortie permettant de combler le manque108. Le film ressort au cinéma aux États-Unis en 1979, 1984 et 1990 ainsi qu'en Europe durant les années 1980109. Les sommes récoltées par ces sorties, ajustées selon l'inflation seraient de 141 millions d'USD aux États-Unis et 205 millions d'USD à l'international, plaçant le film en 2011 à la 29e position des films américains les plus rentables110.

En 1991, Le Livre de la jungle est édité sur support VHS aux États-Unis dans la collection Walt Disney Classics et, à nouveau en 1997, pour le 30e anniversaire du film dans la collection Walt Disney Masterpiece109. En 1999, Buena Vista Home Entertainment édite une version sur support DVD111. En octobre 2007, pour le 40e anniversaire, une édition collector sur 2 DVDs est publiée par Disney112. Cette sortie est accompagnée d'une exposition de 18 jours au El Capitan Theatre à Los Angeles du 7 au 23 septembre 2007, une salle détenue par Disney113. La veille, une soirée de gala avait lieu avec, entre autres, les frères Sherman ou les acteurs Bruce Reitherman, Darlene Carr et Chad Stuart113.

Analysemodifier | modifier le code

Les productions cinématographiques Disney des années 1960 sont un commerce rentable avec de nombreux films en prise de vue réelle114 et occasionnellement des films d'animation impressionnants et agréables115. À l'image des 101 Dalmatiens (1961), le film semble proposer un point de vue narratif à partir des animaux mais est en réalité centré sur les humains, du moins l'humain Mowgli69. J. P. Telotte classe le film parmi les succès en animation des années 1960 pour le studio Disney qui devient l'une des majors grâce à ses productions en prise de vue réelle et télévisuelles116. John Grant écrit que le film de Disney n'est certainement pas pour les fans de Kipling n'ayant que peu à voir avec les livres originaux hormis les noms des personnages2. Les critiques britanniques se sont plaints du traitement de l'œuvre de Kipling, comme ils le font plus tard pour Winnie l'ourson117. L'œuvre de Disney est en résumé « le Jazz qui rencontre la jungle2 ».

Un film de qualité avec quelques défautsmodifier | modifier le code

Pour David Whitley, le film Le Livre de la jungle est différent des précédentes productions de Disney mais reprend des traits communs118, ce que d'autres auteurs nomment la recette des Classiques Disney119,120. Whitley donne, comme exemple, le fait de prendre pour base un classique de la littérature enfantine, d'utiliser la tradition réaliste européenne du XIXe siècle ou l'image d'un livre qui s'ouvre au générique118. L'avis de Leonard Maltin est que le film est « bien avec des chansons mémorables » mais « qu'il manque un petit quelque chose qui le rendrait spécial57 ». Maltin ajoute que le film est « sympathique, tranquille même trop décontracté57 ». Richard Schickel semble apprécier le grand nombre de gags, la gaieté et la simplicité du film ainsi que la présence d'animaux indiens bien que transformés pour avoir un aspect et un comportement compréhensible, voire familier pour les Américains121. Patrick Murphy va jusqu'à écrire que les loups et les ours sont américains car ils ne sont pas présents en Inde122 mais Whitley rappelle qu'ils ont été exterminés durant la colonisation britannique123, période durant laquelle se déroule l'histoire.

Jeff Kurtti considère que le succès du film est dû à la combinaison gagnante de personnages captivants, d'humour, de sentiments et de musique qui en font l'un des films d'animation de Disney les plus appréciés124. Watts donne le film en exemple du « style Disney125 ». Pour Robin Allan, le film possède des personnages animaliers fortement anthropomophes126 ; c'est un divertissement familial qui évoque le glorieux passé des studios Disney mais traduit aussi les qualités d'anthropomorphistes des artistes127. L'énergie du film doit peu à l'œuvre originale et le spectateur retrouve en partie l'ancienne exubérance et le sens comique de Disney127,128. Grant pense que le problème vient de l'absence de vrais méchants dans le film : Kaa et le Roi Louie sont mauvais mais des bouffons, tandis que Shere Khan n'est pas assez présent pour devenir méchant68. Allan décrit l'adaptation du film comme une saucisse dont on aurait conservé la peau et remplacé le contenu44,118. Brode écrit que le générique révèle l'équilibre précaire entre fidélité à l'œuvre originale et enthousiasme pour divertir le public129. Pour Whitley, l'adaptation de Disney, motivée par un sentimentalisme populiste, est une réaction au style de Kipling, dont les histoires expriment les nombreuses vertus d'une supériorité assumée et déterminée de l'Empire britannique mais aussi une profonde anxiété face à la nature et à sa loi sous-jacente118. Par rapport à l'œuvre originale, le film se situe dans un monde plus imaginaire, sans racine ni référence à un passé réel et aucun lieu n'a de nom123.

Pierre Lambert écrit que le film manque d'unité au niveau du scénario8 et Schickel que c'est une collection de scènes tirées de l'histoire originale130. Whitley écrit que le moteur du film est le problème de la survie de Mowgli et que ce thème dirige le scénario sous la forme d'une succession épisodique presque picaresque de problèmes de survie131. Franklin Thomas et Ollie Johnston considèrent Le Livre de la jungle comme un nouveau film basé sur une série d'événements avec des anecdotes et des personnages mais sans trame complète76. Thomas et Johnston ajoutent que c'est essentiellement l'histoire de la panthère Bagheera et de déboires avec le jeune Mowgli sur le chemin de retour au village des hommes46. Les deux auteurs utilisent le film comme base pour expliquer dans leur bible de l'animation les concepts liés à l'expression des personnages comme la frénésie de Baloo pour se gratter55 ou sa nervosité quand Bagheera lui demande de conduire Mowgli au village des humains132.

Pour Maltin, le film se rattrape grâce à l'animation avec des effets impressionnants dans la jungle comme les reflets sur l'eau ou le scintillement de la lune57. Grant indique que l'animation dans Le Livre de la jungle est tout bonnement époustouflante mais que le point faible du film, ce qu'il trouve étrange quand on sait que Walt a participé à sa conception, est le scénario2. Maltin considère que le film se rattrape aussi avec un excellent travail de conception des personnages démontrant l'essence de l'animation57. Sur le plan graphique, le film possède, pour Allan, la vitalité présente dans les premiers courts métrages de Disney127. Pour Grant, le spectateur est toujours en attente d'un élément devant survenir, et de nombreuses scènes semblent n'avoir pour but que de faire danser et chanter les personnages2. Barrier compare les effets pyrotechniques et l'impact émotionnel de plusieurs productions Disney. Pour lui, la qualité technique est présente dans le film, mais l'émotion semble absente, tout le contraire de La Belle au bois dormant (1959)92. Pour Allan, le film, par sa succession de gags et aussi sa réutilisation du fond littéraire européen, est un retour aux sources pour le studio, le dernier élément qui ferme la boucle133. Pour Koenig, la version finale du film a transformé le vieil ours sérieux de Kipling en un tuteur ni vieux ni sérieux et les rois de la jungle Hathi et Kaa en bouffons19. Maltin remarque que la combinaison de l'œuvre de Kipling et du travail de Disney a fait venir les parents et les enfants au cinéma101.

Des personnages fortement liés aux acteurs vocauxmodifier | modifier le code

Pour Thomas et Johnston, Le Livre de la jungle est « le second film de Disney, après Blanche-Neige, à avoir des personnalités et des sentiments si dominants »134. Sebastian Cabot et Phil Harris ont ainsi offert une grande épaisseur aux personnages135. Allan ajoute que les personnages sont bien campés et très habillement animés, ils évoluent et interagissent de manière à la fois dramatique et comique127. Eric Larson, animateur des vautours, explique « qu'une bonne voix est souvent un point de départ idéal pour créer un personnage34. » Maltin, qui trouve que le film manque de quelque chose, écrit qu'il se rattrape par un beau travail sur la voix des personnages (Maltin évoque la version originale) qui grâce aux chanteurs et aux acteurs donne vie aux personnages57. Pour Johnston et Thomas, la prestation d'Harris a ajouté de la sincérité à un personnage haut en couleur, de la chaleur, quelque chose dont le film avait besoin58. Allan détaille les accents rencontrés qui vont de l'anglais parfait de George Sanders en Shere Khan, à celui de Liverpool des vautours ou l'américain de Phil Harris44. Le film fait montre d'une internationalisation avec une préférence pour l'orient44.

Maltin évoque certains critiques qui ont argué que le studio n'avait pas cherché des acteurs proches du caractère des personnages mais avait utilisé la personnalité des acteurs pour modeler les personnages57. D'après John Grant, les personnages ont été conçus avec comme base la personnalité des acteurs, premier film Disney dans ce cas mais « courant dans les autres studios où l'animation est moins sophistiquée2 ». Grant cite le réalisateur Wolfgang Reitherman : « Dans Le Livre de la jungle, nous avons essayé d'intégrer la personnalité des acteurs aux personnages, et nous sommes parvenus à quelque chose de totalement différent [du travail de personnalisation des précédentes productions Disney]2. » Grant évoque ces mêmes critiques indéterminées qui ont critiqué le studio pour la fainéantise des animateurs en usant d'un procédé créatif plus « reposant2 ». Thomas et Johnston rappellent que dès Pinocchio en 1940, l'acteur donnant sa voix à Jiminy Crickett est Cliff Edwards, une vedette des années 1930, pour Grand Coquin c'est Walter Catlett et pour le Cocher c'est Charles Judels, deux importants acteurs de l'époque58.

Selon Maltin, le problème concerne surtout Phil Harris interprétant Baloo et qui reprend plus ou moins le même jeu d'acteur avec Thomas O'Malley dans Les Aristochats (1970) puis Petit Jean dans Robin des Bois (1973)57. Pour Charles Salomon, ce point démontre que l'équipe Disney sans la présence de Walt réutilise les formules qui ont fonctionné136. Salomon écrit aussi que Harris répète le même type de personnage137. Michael Barrier remarque que « l'usage d'acteurs célèbres pour la voix des personnages a parfois abouti à des résultats riches et satisfaisants (par exemple Sanders en Shere Khan) mais souvent cela apporte une ressemblance involontaire entre le long métrage de Disney et les séries télévisées dont sont issues les acteurs la plupart du temps2. » John Grant évoque aussi la levée de critiques à l'encontre de Baloo-Phil Harris née principalement après la sortie de Robin des Bois et la considère sans intérêt car le personnage est une importante création cinématographique agréable à regarder71. Grant ajoute en 1993 que le studio a fait machine arrière dans ces dernières productions (à l'époque) hormis quelques exceptions comme Ratigan dans Basil, détective privé (1989) basé sur Vincent Price2. Toutefois, les propos de Grant sont nuancés par l'utilisation de vedettes chez Disney pour le graphisme ou la personnalité des rôles-titres d’Aladdin (1992) ou de Pocahontas (1995) ainsi que les productions de Pixar comme Toy Story (1995). Robin Williams a ainsi interprété le Génie d'Aladdin et influencé son caractère138, Mel Gibson a servi de modèle physique et donné sa voix à Jon Smith dans Pocahontas139 tandis que Tom Hanks et Tim Allen donnent respectivement leurs voix et leurs personnalités à Woody et Buzz l'éclair dans Toy Story140.

Véhicule de stéréotypesmodifier | modifier le code

Douglas Brode énumère de nombreux thèmes et références utilisés par Disney dans cette adaptation de l'histoire de Kipling, beaucoup ajoutés par le studio129. Whitley note que le film est beaucoup plus ludique que le livre plus philosophique de Kipling131. Brode liste ces éléments mais ne développe pas de critique spécifique à l'encontre du studio. Le premier thème évoqué est celui du jeune enfant élevé par des loups, récurrent chez Disney qui l'avait déjà traité dans sa version américaine avec Pecos Bill (1948)129. Brode voit ainsi une référence à Moïse et donc à la religion dans la découverte de Mowgli dans les buissons129. Un autre thème est le fait que ce soit une louve qui accepte en premier le jeune enfant, une preuve de l'adoration de Disney pour les mères129. Brode considère aussi que Disney développe un refus de simplification des espèces dans le fait que le mentor Bagheera et le méchant Shere Khan soient des félins129. Pinsky trouve une autre référence à la Bible quand Bagheera console Mowgli, citant Jésus parlant à Jean (Évangile selon Jean 15:13)98 : « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis. »

Brode ajoute que la représentation des loups est plus positive chez Disney que dans l'acceptation populaire, comme souvent dans les documentaires du studio141. Les loups fonctionnent presque démocratiquement, un aspect de la communauté apprécié par Disney141. Un autre thème souvent abordé par Disney est l'acceptation identitaire aussi présent dans Le Vilain Petit Canard (1931) ou Lueur dans la forêt (1958)141. De même que le retour dans la forêt ou la nature pour accepter son rôle dans la société comme dans Blanche-Neige et les Sept Nains (1937) ou Rox et Rouky (1981)141. Whitley indique que le scénario avec un enfant seul dans la nature est très prisé par les Occidentaux, par exemple Tarzan ou Le Jardin secret de Frances Hodgson Burnett131.

Le film fait même un clin d'œil au darwinisme quand Louie appelle Mowgli son cousin142. Darwin avait aussi été utilisé dans Fantasia (1940)143. Pour Whitley le film est proche d'une fable144 car il ne montre aucun des éléments de la survie comme la chasse avec les loups145 et se concentre au contraire sur la recherche identitaire du jeune garçon144. Whitley poursuit en écrivant que le film répond à la demande du public de pouvoir s'identifier aux animaux, un effet miroir du désir de l'homme d'être à l'unisson avec la nature146. Mowgli se comporte avec les animaux comme avec d'énormes peluches145.

Brode évoque aussi les thèmes du féminisme avec la femme du Colonel Hathi, l'écart de génération avec le fils du même colonel99. Marc Pinsky rappelle que Kipling est le chantre de l'impérialisme britannique et héraut du colonialisme147, mais note que cette facette de l'œuvre a été excisée par Disney147.

Miller et Rode écrivent que Le Livre de la Jungle, principalement en raison du texte original de Kipling, est un conte initiatique occidental, une histoire de rite de passage, rappelant Romulus et Rémus avec les loups148,149 ou la relation Prince Hal - Falstaff dans Henri IV de Shakespeare pour la relation entre Mowgli et Shere Khan99,148. Pinsky évoque Shickel qui déclare qu'à la fin des années 1960, les valeurs traditionnelles sont chamboulées et que les Américains cherchent chez Disney une forme de réconfort142. Le film fait aussi une critique de l'Empire britannique avec la patrouille des éléphants ou de la classe moyenne britannique des années 1960 avec les vautours150.

Mais à l'inverse de Brode, de nombreux auteurs associent ces thèmes ou éléments à des stéréotypes. Brode cite Jacqueline Maloney qui place Mowgli, pour elle un jeune anglo-américain, dans une foule d'orangs-outans qui ressemblent à des Afro-Américains151. Brode conteste en rappelant que Mowgli est indien mais qu'il est assez anglicisé pour que les jeunes Américains puissent voir en lui le premier héros de couleur151.

Critiques racialesmodifier | modifier le code

Patrick Murphy indique que la conceptualisation du film est dominée par la dichotomie Homme/Nature122. Elle est soulignée dans le film par plusieurs personnages comme Bagheera, le conseil des Loups, les éléphants ou les singes122. Pour David Whitley, Mowgli est un animal d'une espèce indéterminée152. Murphy écrit aussi que les singes expriment une forme de racisme envers les hommes et Mowgli en particulier, ce qui les mène à le kidnapper122. Les éléphants ne sont pas en reste et la plupart refusent de charger l'enfant122. Dans la version originale Baloo est qualifié de « jungle Bum », un « clochard de la jungle », un terme qui évoque selon Miller et Rode les préjugés racistes et de lutte des classes150. Pinsky précise que si Disney avait utilisé un acteur noir pour Baloo et non Phil Harris, un Américain du sud des États-Unis, les propos de Bagheera à son encontre auraient été censurés153.

La majorité des critiques sur les stéréotypes raciaux est présente dans la biographie de Walt Disney par Marc Eliot publiée en 1993 et de nombreux auteurs reprennent ces propos dont Susan Miller et Greg Rode. Eliot associe les films Mélodie du Sud (1946) et Le Livre de la jungle pour dénoncer « les notions de genre, race et classe propagées au-delà des stéréotypes » par Walt Disney142,154. Whitley indique que Le Livre de la jungle, et plus tard Le Roi lion (1994) et Tarzan (1999), utilisent des lieux exotiques et des timbres vocaux pour avoir des accents culturels et raciaux fortement différentiés155. Eliott liste aussi plusieurs films dont Le Livre de la jungle et Les 101 Dalmatiens pour leur présentation stéréotypée de la femme156. Miller et Rode rebondissent sur les propos d'Eliot pour analyser l'impact de ces films157. Cette analyse rhétorique est culturellement orientée et offre plusieurs résultats plausibles dont l'un est que le public est multiple et partagé avec souvent, non pas des adultes ou des enfants, mais la notion « d'enfant en soi157 ». Miller et Rode constatent que l'interprétation stéréotypée de Mélodie du Sud et du Livre de la jungle est avant tout une question de culture, centrée autour des formations culturelles, d'organisations sociales partageant des valeurs, une compréhension et un développement communs du langage157.

Le stéréotype racial est essentiellement présent dans la scène du royaume des singes bâti sur les ruines d'une société primitive désormais disparue148. Miller et Rode font un parallèle entre le Roi Louie « voulant être comme vous » chanté par un chanteur de jazz et la condition des Afro-Américains148. Dans cette optique, la phrase « un singe peut aussi apprendre à être humain » prend donc un autre sens148. Jay Bogar du Orlando Sentinel confirme que les singes peuvent être des Afro-Américains dans une période troublée mais ne voit aucun racisme dans cette représentation142. Brode rappelle que, malgré cette association entre Jazz et personnes de couleur, Louis Prima est un chanteur italo-américain151 de la Nouvelle-Orléans142. Pinsky ajoute qu'aucun enfant ne songera à une dimension raciale en voyant le personnage du Roi Louie142. Elizabeth Bell associe quant à elle l'image du Roi Louie au standard Disney pour les rois ; petits, gros, chauves et comiques ; comme le roi Hubert de La Belle au bois dormant (1959)158.

Place de la femmemodifier | modifier le code

Pour certains critiques, la femme est aussi présentée selon des stéréotypes misogynes comme l'instinct maternel de la louve qui prend soin de Mowgli ou le charme de la jeune fille dans la scène finale, Miller et Rode mettant en cause le côté accidentel de la chute de la jarre150. La figure de la femme est résumée à celle de la civilisation, par opposition au monde sauvage, à l'aspect maternel de la femme122. Toutefois à l'inverse de Mélodie du Sud critiqué pour son racisme, Le Livre de la jungle avec ses nombreuses rencontres d'animaux est perçu comme une acceptation de la diversité et une succession de découvertes des compétences requises par un jeune garçon159.

Sean Griffin va plus loin et, dans son étude de l'homosexualité chez Disney, évoque Shere Khan comme un être trop civilisé s'attaquant à un jeune enfant, après avoir évoqué le dandysme du Capitaine Crochet dans Peter Pan (1953) et du Prince Jean dans Robin des Bois (1973) et leur possible homosexualité160. Griffin considère normal d'avoir un prédateur mâle avec un accent britannique saccadé dans le film car, pour lui, l'ensemble du film est une présentation de l'effondrement des conventions sociales à la fin des années 1960161, l'homosexualité étant une façon de vivre différente de celle des années 1930162. Whitley évoque aussi la prédation, mais celle par instinct des animaux sauvages les uns envers les autres163.

Des messages toujours diffusésmodifier | modifier le code

Le Livre de la jungle et Mélodie du Sud ont tous deux été ressortis plusieurs fois au cinéma durant ce que Miller et Rode nomment l'ère post-Seconde Guerre mondiale et pré-vidéo164. Pour eux, cette période aux États-Unis a permis à de nombreux parents d'aller voir des films au cinéma avec leurs enfants ou de les abandonner sans supervision dans le cinéma164. Pinsky relativise l'impact des messages distillés par le film et écrit qu'avec l'histoire originale comme source et les années 1960, le film aurait pu être bien plus offensant et que grâce à la musique et aux acteurs il devient un divertissement mais aussi une réflexion sur la place de l'homme dans la nature66.

Le Livre de la jungle a, par la suite, été édité sur support vidéo au contraire de Mélodie du Sud, ce qui permet de le voir à la maison164. Les deux auteurs s'inquiètent du message contenu dans ces films que les enfants regardent sans surveillance et surtout sans explication165. Pour eux, Le Livre de la jungle disperse des leçons non sollicitées et au jugement biaisé favorisant la division entre direction et employés, entre experts et ignorants des codes de classes74. Ils associent la chanson Il en faut peu pour être heureux à un éloge de la « culture intermédiaire74 ».

Au début des années 1990, la sortie en vidéo cassette du film donne lieu à une campagne de publicité dans laquelle Disney annonce la sortie du film sur ce support et des extraits du film La Belle et la Bête (1991) alors en production166. Pour Patrick Murphy, la politique menée par Jeffrey Katzenberg intervient alors que les films d'animation Disney doivent répondre au credo « plus le monde change, plus Disney reste le même166 ».

Dernier film d'animation de Walt Disneymodifier | modifier le code

De nombreux auteurs rappellent que Le Livre de la jungle est le dernier long métrage d'animation auquel participe Walt Disney, chacun avec ses mots. Pour Bob Thomas c'est le dernier auquel il prend part11, pour Douglas Brode et Pierre Lambert, le dernier supervisé avant sa mort129,8, pour John Grant et Jeff Kurtti, c'est le dernier supervisé en personne2,124, pour Leonard Maltin, il est le dernier marqué par l'empreinte personnelle de Walt1 et pour Richard Schickel, le dernier dans lequel Disney prend part personnellement à la supervision130. Marc Pinsky cite Roy Edward Disney, neveu de Walt, dans une interview sur le DVD du film Le Livre de la jungle 2 (2003) : « Parce qu'il était présent presque jusqu'à la fin. Il a certainement influencé la majeure partie du film147. »

Le Livre de la jungle est donc le dernier film supervisé par Walt Disney avant sa mort, le 15 décembre 1966167,127. Pour Pierre Lambert, avec la sortie du film et la mort de Walt Disney, « l'Âge d'or de l'animation Disney » prend fin34. C'est également la dernière prestation de Verna Felton, qui avait prêté sa voix à de nombreux personnages depuis Cendrillon (1950). Schickel écrit que, durant la production du Livre de la jungle, Walt aurait déclaré en septembre 1966 ne pas être satisfait et se sentir trop vieux pour l'animationNB 1,33,168. Patrick Murphy considère le film comme un hommage approprié à l'homme Walt Disney et une preuve de la poursuite des valeurs et techniques qui ont défini sa grandeur69. En raison des animateurs et autres artistes, pour la plupart des vétérans du studio, Allan écrit que c'est un film familial dans tous les sens du terme44.

Pour Maltin, sans Walt Disney et une fois le champ de l'animation conquis, le studio ne savait plus vers où aller101. Charles Salomon évoque une production inachevée de la fin des années 1970, intitulée Scruffy et dirigée pendant deux ans par Ken Anderson basée sur un macaque berbère de Gibraltar durant la Seconde Guerre mondiale169. Mais le scénario était trop proche des précédentes productions avec un chef de macaque chantant parfait pour Phil Harris, une femelle macaque apprivoisée et choyée par ses maîtres prénommée Amélia qui se joint à la bande de Scruffy et menace de dissoudre le groupe, ressort de scénario déjà présent dans La Belle et le Clochard (1955) et Les Aristochats (1970)169. Le couple Scruffy et Amélia devait, après maintes péripéties avec un espion allemand et un général et son chien, devenir les parents adoptifs de jumeaux, ressort émotionnel présent dans Les 101 Dalmatiens (1961)169.

Pour Lambert, le studio entre dans une phase où les anciens films ressortent régulièrement jusqu'à l'émergence du support vidéo dans les années 1980 et de nouvelles productions34. À l'inverse, pour Thomas et Johnston, la mort de Walt Disney et la sortie du Livre de jungle ont renouvelé l'intérêt pour l'animation chez de jeunes artistes et avec la création d'un programme de formation en raison de leurs nombreuses candidatures, l'avenir du studio et des personnages, héros et méchants, fut assuré35. Comme l'écrit Salomon, le projet de Scruffy ne vit pas le jour mais la nouvelle génération d'artistes commençait à influencer le studio169.

Adaptations et produits dérivésmodifier | modifier le code

Musiquemodifier | modifier le code

La musique du film a été éditée aux États-Unis sous plusieurs versions.

  • En 1967, Disneyland Records édite Walt Disney Presents the Story and Songs of The Jungle Book, dans la collection Storyteller avec une narration par Dal McKennon (Bagheera) le reste provenant d'extraits du film170,171. Elle comprend en plus des dialogues des musiques d'ambiance (instrumentales)172. Cette édition sortie la même année que le film est certifiée Or par la RIAA170 et un Grammy Awards de la meilleure musique pour enfants173.
  • Une version « seconde distribution » a été éditée par Disneyland Records avec Sally Stevens174.
  • Une autre version plus courte avec moins de dialogues et avec des textes devant être racontés par les adultes a été éditée par Buena Vista Records170. C'est cette version qui a été rééditée en 1990 en CD par Walt Disney Records170.
  • Une troisième version intitulée Songs from Walt Disney’s The Jungle Book and other Jungle Favorites propose des versions plus jazz dont deux interprétées par Louis Prima170.

D'autres chanteurs reprendront par la suite les chansons du film, dont Louis Armstrong qui enregistre The Bare Necessities à plusieurs reprises à partir de février 1968175.

En 1990, après le succès de l'édition sur CD de la bande originale du film La Petite Sirène (1989), Walt Disney Records a entamé plusieurs ressorties de bandes originales en commençant par celle du Livre de la jungle176.

En 1997, pour les trente ans du film en parallèle à une édition collector en DVD, la musique du film a fait l'objet d'une édition spéciale sortie le 17 octobre177. Cette version reprend l'édition originale Walt Disney Presents the Story and Songs of The Jungle Book avec les chansons des frères Sherman, ajoute les compositions instrumentales de George Bruns, deux des chansons non utilisées de Gilkyson et un commentaire audio des frères Sherman177.

Différentes éditions

Cinéma et télévisionmodifier | modifier le code

Les studios Disney produisent un court métrage éducatif intitulé The Jungle Book : A Lesson in Accepting Change, édité en septembre 1981, et expliquant les façons de faire face aux changements d'amis ou d'environnements178.

Un remake du film en prise de vue réelle a été réalisé par Stephen Sommers en 1994 et produit par Walt Disney Pictures Le Livre de la jungle6. Il a été suivi en 1998 par une préquelle intitulée The Jungle Book: Mowgli's Story sortie directement en vidéo et réalisée par Nick Marck179.

En animation télévisée, une série intitulée Super Baloo (TaleSpin) a été produite par le studio Disney et diffusée aux États-Unis sur Disney Channel entre le et le 180. Cette série ne fait que reprendre le personnage de Baloo et quelques personnages comme le Roi Louie et Shere Khan en les transposant dans un univers anthropomorphe. Baloo y est selon Grant une version plus urbanisée par rapport au film71 tandis que Shere Khan navigue dans la jungle du crime organisé92.

Une seconde série d'animation Le Livre de la jungle, souvenirs d'enfance (Jungle Cubs, 1996-1998)181 est beaucoup plus proche du film mais se concentre sur la jeunesse des personnages animaliers du film.

Une suite au film d'animation, intitulée Le Livre de la jungle 2, a été produite par DisneyToon Studios en Australie et sortie en 2003182.

Le 9 juillet 2013, Walt Disney Pictures annonce une adaptation en prise de vue réelle du film Le Livre de la jungle (1967) en plus d'une comédie musicale présentée au Goodman Theatre (en) de Chicago depuis juin 2013183.

Autresmodifier | modifier le code

Une adaptation en bande dessinée a été publié en dans le magazine Walt Disney Showcase184.

Une scène du spectacle Fantasmic!, dans la version de Disneyland en Californie débuté en 1992185, comporte les animaux du film Le Livre de la jungle dont le serpent Kaa. La version des Disney's Hollywood Studios en Floride ne comporte pas cette scène remplacée par des personnages du film Le Roi lion (1994).

En 1994, Virgin Interactive édite un jeu vidéo inspiré du film sous la forme d'un jeu de plateforme 2D classique, Le Livre de la jungle pour Super Nintendo186.

Le , la première d'une adaptation en comédie musicale du Livre de la jungle (1967) est annoncée pour le au Goodman Theatre (en) de Chicago187. Cette adaptation dirigée par Mary Zimmerman et autorisée par Walt Disney Theatrical Productions doit se jouer à Chicago jusqu'au 4 août puis du 7 septembre au 6 octobre 2013 à Boston187.

Titre en différentes languesmodifier | modifier le code

Notes et référencesmodifier | modifier le code

Notes
  1. « I don't know, fellows, I guess I'm getting too old for animation »
    trad: « Je ne sais pas, les amis, je pense que je deviens trop vieux pour l'animation »
Références
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Articles connexesmodifier | modifier le code

Liens externesmodifier | modifier le code

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Les Grandes Vacances
Numéro 1 du box-office annuel en France
1968
Il était une fois dans l'Ouest
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