Lockheed P-38 Lightning

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Pix.gif Lockheed P-38 Lightning Su-27 silhouette.svg
Lockheed P-38 Lightning USAF.JPG
Un P-38 de l'USAF en vol

Constructeur Drapeau : États-Unis Lockheed
Rôle Chasseur lourd
Statut Retiré du service
Premier vol
Mise en service 1941
Date de retrait 1965 (Fuerza Aérea Hondureña)
Coût unitaire 97 147 US$ (en 1944) 1
Équipage
1 pilote
Motorisation
Moteur Allison V-1710
Nombre 2
Type 12 cylindres en V
Puissance unitaire 1 725 ch2
Dimensions
Envergure 15,85 m
Longueur 11,53 m
Hauteur 3,91 m
Surface alaire 30,43 m2
Masses
À vide 5 800 kg
Avec armement 7 940 kg
Maximale 9 798 kg
Performances
Vitesse maximale avec le WEP (en): 712 km/h
à régime normal: 666 km/h
Vitesse de décrochage 169 km/h
Plafond 13 400 m
Vitesse ascensionnelle 1 446 m/min
Rayon d'action Modèle J : de 725 à 4 185 km
Charge alaire 260,9 kg/m2
Rapport poids/puissance 0,27 kg/ch
Facteur de charge 13,5
Armement
Interne 1 canon HS-404 de 20 mm
4 mit. M2 de 12,7 mm
Externe 2 bombes
ou 10 roquettes de 127 mm
ou 1 torpille

Le Lockheed P-38 Lightning est un avion de chasse de la Seconde Guerre mondiale conçu par Hall Hibbard et Clarence Johnson pour l'avionneur américain Lockheed. Un prototype du P-38 effectue son premier vol le aux mains de Marshall Headle.

Conceptionmodifier | modifier le code

Après la crise de 1929, l'argent est rare et les budgets militaires américains très réduits. Cependant, à partir de 1935, la menace que fait peser l'Allemagne nazie sur l'Europe se fait plus pressante. Aux États-Unis, les militaires décident qu'il est temps de débloquer quelques budgets pour la recherche, notamment pour l'aviation.

Parmi les projets, on pense au développement d'un intercepteur bimoteur capable d'emporter un armement important à haute altitude et qui pourrait être équipé de moteurs turbocompressés qui sont en cours de développement. Cet appareil devrait avoir un long rayon d'action et être capable de prendre rapidement de l'altitude afin d'intercepter des bombardiers à haute altitude. Pour faciliter les manutentions au sol, cet intercepteur devrait en outre être tricycle. Toutes ces caractéristiques sont alors regroupées dans un document dit « Specification X-608 », envoyées à tous les constructeurs aéronautiques américains (Boeing, North American, Bell, Grumman, Lockheed...). La compétition promet d'être acharnée, les budgets étant encore rares à cette époque.

À Burbank, en Californie, le temps est morose pour Lockheed qui est dans le rouge depuis quelques années. C'est un constructeur réputé et ses appareils sont souvent utilisés pour établir des records de vitesse ou de distance (en particulier ceux d'Amelia Earhart) mais cela ne suffit pas. Aussi, le document « Spécification X-608 » est-il étudié avec le plus grand soin.

Deux hommes sont chargés du dossier : Hall Hibbard, concepteur en chef, et Clarence Johnson, son assistant. Pour Johnson, la difficulté majeure est le manque de puissance des moteurs. Aussi, il jette son dévolu sur le V12 Allison V-1710 qui lui semble prometteur. Les deux hommes réfléchissent alors à de nombreuses configurations : un moteur dans le nez, deux moteurs à l'avant des ailes, deux moteurs à l'arrière, etc. Cependant, la configuration avec deux moteurs jumeaux sur le double fuselage attire rapidement leur attention. L'appareil qu'ils dessinent est un tricycle, conformément aux spécifications. Pour l'armement, le nez leur paraît être une excellente plate-forme de tir, d'autant qu'ils peuvent y concentrer une bonne puissance de feu, mais ils hésitent encore sur l'armement à y intégrer.

De façon assez étonnante, le nouvel appareil dérive dans sa géométrie du Lockheed L-12 Electra, lui aussi dessiné par Johnson. Un L-12 sera d'ailleurs modifié avec un train tricycle pour mener notamment des essais d'appontages, qui se révéleront concluants. Après de nombreux dessins et de nombreuses études, le travail présenté est assez convaincant pour l'armée, qui, le , attribue un contrat de 163 000 $ pour la construction d'un prototype XP-38 (numéro de série 37-457).

Engagementsmodifier | modifier le code

Le P-38 Lightning et ses dérivés sont utilisés sur tous les théâtres d'opération de la Seconde Guerre mondiale par l'USAAF. Grâce à son important rayon d'action, il se distingue notamment dans le Pacifique. C'est avec cet avion que le premier-lieutenant Rex T. Barber (en) abat le G4M Betty qui transporte l'amiral Isoroku Yamamoto au-dessus de Bougainville.

En Europe, sur l'ETO, les P-38 servent au sein de la 8th USAAF et de la 9th USAAF. Plus au sud, ils servent au sein de la 15th USAAF qui opère sur le MTO. C'est l'arrivée de ce chasseur sur le théâtre d'opération européen qui permet le bombardement de villes allemandes éloignées. En effet, sa distance de franchissement surclasse nettement celle du Spitfire ; il est le seul capable d'escorter les bombardiers au-dessus de l'Allemagne ou de l'Autriche jusqu'à l'arrivée du P-51 Mustang. Les Allemands le surnomment Gabelschwanz Teufel, signifiant « diable à queue fourchue ».

Parmi les nombreux pilotes de P-38 ou dérivés, on retrouve le pilote-écrivain français Antoine de Saint-Exupéry, qui disparaît au cours d'une mission Ajaccio-Chambéry, avec son F-5B-1-LO le . Il y a aussi les deux pilotes américains de la Deuxième Guerre mondiale ayant abattu le plus d'avions ennemis : Richard I. Bong (plus grand as américain de l'histoire avec 40 victoires, toutes sur P-38) et Thomas McGuire (en) (38 victoires, toutes sur P-38), tous deux sur le théâtre d'opération du Pacifique.

Variantes du Lightningmodifier | modifier le code

  • XP-38

Prototype d'un chasseur à long rayon d'action. Deux moteurs Allison V12. Armement composé de deux mitrailleuses calibre .50, deux de calibre .30 et un canon de calibre 23 mm (jamais installé). L'appareil bat de nombreux records mais est détruit le lors d'un atterrissage d'urgence.

  • YP-38-LO (13 exemplaires pour les tests)

Appareils semblables au prototype, à l'exception des hélices et du canon (37 mm au lieu du 23 mm).

  • P-38-LO (30 exemplaires)

Première production de série. Appareils utilisés pour les tests et l'entraînement. Blindage très limité. Quatre mitrailleuses de calibre .50 et un canon de 37 mm.

  • XP-38A-LO

Prototype destiné à tester le cockpit pressurisé

  • P-38D-LO

Presque identique au P-38-LO, mais avec un équipement militaire plus développé, réservoirs auto-obturants, blindage plus épais. Ajout des phares et d'un système d'oxygène basse-pression.

  • P-38E-LO (210 exemplaires)

Semblable au P-38D. Système hydraulique revu et corrigé. Canon de 37 mm remplacé par un canon de 20 mm. La plupart des 210 exemplaires sont équipés d'une radio SCR274N. Quelques exemplaires sont convertis en F-4-I-LO

Chaîne de fabrication du P-38
  • P-38F-LO

Alourdi mais doté de moteurs plus puissants, le P-38 F est la première version du P-38 Lightning à être considérée comme apte au combat. Il reçoit également des attaches pour installer des bombes de 2000 lbs ou des réservoirs largables, et ses volets sont modifiés. Le P-38 F connaît son baptême du feu en août 1942 dans les Aléoutiennes, mais ses premières utilisations massives datent du Débarquement allié en Afrique du Nord en novembre 1942 et de la Nouvelle Guinée durant l'automne.

  • P-38G-LO

Semblable au modèle F, mais avec une nouvelle motorisation (V-1720-51/55).

  • P-38H-LO (601 exemplaires dont 128 terminés ou convertis en F-5C-LO)

Motorisation par deux V-1710-51/55 à refroidissement liquide. Renforcement de la structure pour emporter une charge de 3 200 lbs.

  • P-38J-LO (2.970 exemplaires dont variantes F-5E et F-5F)

Changements physiques importants sur cette version, avec notamment de gros radiateurs pour un meilleur refroidissement. Capacité des réservoirs plus importante. Verrière plus résistante aux balles et avec une meilleure visibilité. Nouveaux volets de descente et ailerons assistés.

  • P-38K-LO (1 seul exemplaire)

Identique au P-38J mais avec une modification au niveau des hélices et un moteur V-1710-75/77.

  • P-38L-LO/VN (3.810 exemplaires pour la version LO et 113 exemplaires L-VN construits par Vultee)

Semblable au P-38J mais moteur V-1710-111/113. Phares d'atterrissage dans les ailes. Emplacements pour dix roquettes de 5 pouces sous les ailes.

  • P-38M-LO (75 exemplaires)

Conversion du P-38L en un chasseur nocturne biplace, avec radar monté dans une nacelle sous le nez. Peinture noire de rigueur.

Variantes photomodifier | modifier le code

  • XFO-1

Cinq F-5B-LO sont assignés à l'US Navy en Afrique du Nord

  • F-4-1-LO (99 exemplaires)

Version photo du P-38E. Pilotage automatique et 4 appareils photos K-17 en lieu et place des mitrailleuses et canon.

  • F-4A-1-LO (20 exemplaires)

Identique au F-4-I-LO, mais basé sur le P-38F.

  • F-5A-1-LO (20 exemplaires)

P-38G transformé en version photo

  • F-5A-10-LO (140 exemplaires)

P-38G transformé en version photo

Le F-5B et ses appareils photos dans le nez
  • F-5A-2-LO (1 exemplaire)

P-38E n°41-2157 transformé en version photo

  • F-5B (200 exemplaires)

P-38-J-10-LO transformé en version photo C'est à bord d'un F-5B-1-LO qu'a disparu Antoine de Saint-Exupéry en 1944

  • F-5C (123 exemplaires)

P-38H transformé en version photo

  • XF-5D (1 exemplaire)

Basé sur le F-5A-10-LO, nez en plexiglas et poste d'observation. Appareil photo vertical et deux mitrailleuses calibre .50.

  • F-5E

P-38-J transformé en version photo.

  • F-5E-2-LO (100 exemplaires)

P-38-J-15-LO transformé en version photo.

  • F-5E-3-LO (105 exemplaires)

P-38-J-25-LO transformé en version photo.

  • F-5E-4-LO (500 exemplaires)

P-38-L-1-LO transformé en version photo.

  • F5F-3-LO

P-38L-5-LO transformé en version photo.

  • F5G-6-LO

Quasi identique au F-5F-3-LO, mais avec des appareils photos différents.

  • Modèle 322 (243 exemplaires)

Lightning construits pour la RAF, mais seuls trois ont été effectivement livrés. Tous les autres ont été récupérés par l'USAAF et utilisés pour l'entraînement des pilotes.

Bibliographiemodifier | modifier le code

  • Bernard Millot, « Lockheed P-38 Lightning », L'Album du fanatique de l'aviation, 1re partie no 55 (mai 1974), 2e partie no 56 (juin 1974)
  • John Stanaway et autres, Les Combats du Ciel : Les as du P-38 Lightning en Europe et en Méditerranée, no 9, Del Prado - Osprey, 1999


Annexesmodifier | modifier le code

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Développement lié

Configuration

Performance

Influence

Notes et référencesmodifier | modifier le code

  1. (en) « Army Air Forces Statistical Digest: World War II », sur www.usaaf.net (consulté le 17 octobre 2012)
  2. (en) « Quest for Performance: The Evolution of Modern Aircraft, Characteristics of Illustrative Aircraft, 1939-80 », sur www.hq.nasa.gov
  3. (en) "'Lightning II' moniker given to Joint Strike Fighter." Air Force Link, United States Air Force, 7 July 2006. Retrieved: 1 December 2008.







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