Louve capitoline
| Louve capitoline | |
Louve capitoline, musée du Capitole. |
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| Artiste | Artiste inconnu |
|---|---|
| Année | XIIe - XIIIe siècles |
| Type | Sculpture en bronze |
| Dimensions (H × L) | 75 cm × 114 cm |
| Localisation | Musée du Capitole, Rome |
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La Louve capitoline ou Louve du Capitole est une sculpture en bronze des XIIe - XIIIe siècles de notre ère, conservée au palais des Conservateurs (Musée du Capitole) à Rome.
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Description modifier
La sculpture en bronze de 75 cm de hauteur et 114 cm de longueur, représente un épisode de l'histoire légendaire de Romulus et Rémus : déposés sur le Tibre dans un panier d'osier, les jumeaux sont recueillis par une louve au pied du Mont Palatin, sous un figuier sauvage (le Ficus Ruminalis) situé devant l'entrée de la grotte du Lupercal. L'animal les aurait nourris et protégés. Devenus adultes, les deux frères retournent à l'endroit de leur abandon et y fondent la ville de Rome.
Datation modifier
En juillet 2008, les résultats des analyses de datation au carbone 14, effectuées depuis 2006 par les universitaires de la région du Salento, ainsi que l'utilisation de la technique de la « cire perdue » qu’on employait peu dans l’Antiquité romaine, prouvent que l'œuvre ne date pas du Ve siècle av. J.-C., comme on l'a longtemps prétendu depuis les études de Johann Joachim Winckelmann au XVIIIe siècle, mais remonterait en fait au milieu du Moyen Âge : elle n'était donc pas étrusque1. On pourrait donc supposer que la statue signalée devant le palais du Latran dès le Xe siècle ne serait pas celle-ci.
Cependant, ces résultats n'ont toujours pas fait l'objet, en 2012, d'une véritable publication scientifique et il n'existe pas encore un consensus clair de la communauté scientifique sur cette question.
Histoire modifier
Cette œuvre fut utilisée comme fontaine aux XIIe et XIIIe siècles. Offerte par le pape Sixte IV à la ville de Rome en 1471, elle est placée dans l'église Saint-Théodore-du-Palatin, époque à laquelle on rajoute également deux représentations en bronze des jumeaux romains, œuvres attribuées à Antonio Pollaiuolo (1432 - 1498). La statue est placée au Capitole vers 1544. L'ensemble fut ensuite transféré après 1876 au palais des Conservateurs.
Répliques modifier
Une réplique est offerte par la ville de Rome en 1962 à la ville de Paris, à l'occasion du jumelage des deux capitales. Elle se trouve dans le square Paul-Painlevé (Ve arrondissement). La ville de Rome a également offert une réplique de la louve à la ville de Martigny, ancienne cité romaine située en Valais ; elle se trouve d'ailleurs sur la bien nommée place de Rome.
Une histoire analogue (celle des fils de Rémus) donne lieu à une légende comparable pour la fondation de la ville de Sienne, avec la lupa senese qui orne tous les édifices notables de la ville (plusieurs devant le Duomo, sur une colonne de la place Salimbeli…) avec la différence de l'orientation de sa tête.
Utilisation du symbole de la Louve du Capitole modifier
Benito Mussolini, qui se voulait le promoteur d'une « Nouvelle Rome », a utilisé la représentation de la Louve du Capitole comme outil de propagande. Il en envoya à plusieurs reprises des répliques aux États-Unis.
La Louve du Capitole fut choisie comme emblème des Jeux olympiques de Rome (1960). Elle figure aussi sur le logo du club de football AS Rome.
La Louve du Capitole, sans les jumeaux, est aussi présente sur la couverture des livres de la série latine de la Collection des Universités de France, à couverture rouge2.
Représentations antiques de la louve romaine modifier
Les textes anciens nous ont conservé le souvenir de deux groupes sculptés qui représentaient à Rome la louve et les jumeaux :
- un groupe installé en 296 av. J.-C. près du figuier Ruminal3, à l'initiative des frères Ogulnii, Cnaeus et Quintus, édiles curules.
- un groupe aperçu au Lupercal par Denys d'Halicarnasse4 et datant vraisemblablement de l'époque de la restauration de la grotte par Auguste5.
Ces deux œuvres n'ont pas survécu.
Un troisième groupe figurant la louve avec les jumeaux se trouvait au Capitole et fut renversé, avec d'autres statues, lors d'un violent orage qui s'abattit sur Rome en 65 av. J.-C.6. C'est à ce groupe (jumeaux non compris) qu'a généralement été identifiée la statue de la louve aujourd'hui conservée au musée du Capitole, dès 1544 par Marliani, puis par Winckelmann, Petersen, Carcopino et d'autres.
Notes et références modifier
- La lupa del Campidoglio è medievale la prova è nel test al carbonio, La Repubblica, 9 juillet 2008.
- « La couleur… rappelle ainsi le petit drapeau, planté sur la tente prétorienne, qui accomplit le tour du monde antique à la suite des imperatores. » Jérôme Carcopino, La Louve du Capitole, p. 3.
- Et donc, par l'effet de la translation opérée par l'augure Attus Navius, au Comitium. J. Carcopino, op. cit., pp. 30-31.
- Antiquités romaines, I, 79, 8.
- J. Carcopino, op. cit., pp. 31-32.
- Dion Cassius, XXXVII, 9 ; Cicéron, Catilinaires, III, 19 et De diuinatione, I, 19 ; II, 47 ; Julius Obsequens, 61.
Bibliographie modifier
- Jérôme Carcopino, La Louve du Capitole, Paris, Les Belles Lettres, 1925, 92 p., 6 pl. (réimpr. d'articles parus dans le Bulletin de l'Association Guillaume Budé en 1924 et 1925).
- Cécile Dulière, Lupa Romana. Recherches d'iconographie et essai d'interprétation (coll. « Études de philologie, d'archéologie et d'histoire anciennes », 18), Bruxelles-Rome, Institut historique belge de Rome, 1979, 2 vol. (texte + ill), 318 p., 327 fig.










