Méandre

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Formation d'un méandre
Méandres, bras morts et chevelu résultent de la dynamique naturelle des fleuves en plaine
Dans les pays dits développés, depuis 500 ans au moins, les méandres et bras morts tendent à disparaître, au profit d'axes navigables et canalisés, dont les fonctions écologiques sont très dégradées (ex : Rhin ou Rhône en Europe, qu'on tente aujourd'hui de renaturer pour en améliorer la qualité de l'eau

Un méandre est une sinuosité très prononcée du cours d'un fleuve ou rivière qui se produit naturellement lorsque le courant est suffisant pour éroder les berges en ou présence de matériaux plus résistants ou d'embâcles ou barrage de castor. Tout début de sinuosité naturelle est accentuée par la force centrifuge qui exerce une pression sur la partie extérieure de la courbe. Sa courbure est essentiellement due à une faible pente.

Un méandre est aussi dénommé un cingle pour certaines rivières telles que la Dordogne ou fleuve[Lequel ?].
pour désigner les tresses de grands fleuves, on parlait autrefois (1689) aussi de rague ou serpenteaux 1.

Presque partout l'homme a contribué à figer (par artificialisation et/ou engiguement des berges) et/ou à rectifier ou détruire (processus d'endiguements de chenalisation2...) de très nombreux méandres, ce qui a considérablement dégradé les habitats aquatiques et rivulaires et diminué la surface des zones humides (qui abritent une grande partie de la biodiversité). C'est pourquoi de nombreuses expériences de renaturation avec reméandrage sont mises en œuvre de par le monde2,3.

Étymologiemodifier | modifier le code

Le terme vient du grec Maiandros, désignant un fleuve de Turquie au cours particulièrement sinueux (appelé aujourd'hui le Menderes). Les Grecs anciens l'avaient divinisé (voir l'article Méandre (mythologie)).

Principes hydrogéomorphologiquesmodifier | modifier le code

Le méandre recoupé de Navacelles sur la Vis montre bien l'opposition des deux rives concave et convexe et le lobe du méandre devenant très étroit au niveau de son pédoncule
le double processus (d'érosion et de dépôt) est une source de perturbation naturelle du cours, favorable aux espèces pionnières et à la diversité des habitats aquatiques

Les méandres et le « chevelu » naturels des fleuves évoluent dans l'espace et dans le temps sous l'effet de l'érosion et de la sédimentation due au courant, face aux substrats durs, embâcles (naturels ou non). Au fil du temps, un méandre peut finir par se recouper, délimitant un bras mort.

Dans les régions agricoles et urbaines, ou ayant fait l'objet d'aménagements hydrauliques, les méandres et les bras-morts tendent à rapidement régresser puis disparaitre au profit de la rectification des canaux (depuis plus de 500 ans en Europe), avec diverses conséquences négatives :

  • accélération des flux d'eau, impliquant ;
  • inondations plus graves et plus fréquentes en aval ;
  • sécheresses accrues en amont ;
  • aggravation de l'érosion, localement ;
  • perturbations écologiques, avec fragmentation écopaysagère et dégradation de l'eau liée à l'artificialisation des berges, et souvent aux écluses et barrages associés à ces aménagements ;
  • moindre alimentation de la nappe phréatique, car la surface et souvent le volume total d'eau du cours des fleuves diminuent, alors que toutes choses égales par ailleurs, c'est la hauteur d'eau qui contrôle la vitesse de percolation vers la nappe (Cf. Loi de Darcy).

Les grands fleuves dont les berges sont depuis longtemps urbanisés ont souvent conservé leurs anciens et principaux méandres (p. ex. la Seine en France, notamment en aval de Rouen), mais ils ont souvent perdu leur « chevelu » et la capacité de ces méandres à évoluer, l'urbanisme ou l'agriculture cherchant à les fixer pour des raisons de protection de la propriété publique ou privée.

Typologie et définitionsmodifier | modifier le code

  • méandres de vallée ou méandres encaissés : au fil des siècles, ces cours d'eau ont taillé le roc selon leur formation en méandres. Leur déplacement latéral est extrêmement lent, sinon absent. De telles rivières s'incisent profondément. Un exemple très connu est le fleuve Colorado, aux États-Unis, qui a forgé le Grand Canyon.
  • méandres libres ou de plaine alluviale : ils se déploient dans le lit majeur du cours d'eau ; il s'agit de méandres très mobiles qui peuvent laisser des secteurs très humides ou abandonnés comme les bayous dans le sud des États-Unis4,5.

On oppose traditionnellement la rive concave (rive externe, attaquée par l'érosion, souvent en pente forte) et la rive convexe (rive intérieure, généralement en pente faible et constituée d'alluvions déposées par le cours d'eau), ces deux rives alternant d'un méandre à l'autre.

Le lobe d'un méandre correspond à l'espace enserré par l'arc de cercle formé par ledit méandre; lorsque le méandre est très accentué, ce lobe se rétrécit à son entrée, formant un pédoncule. Lorsque ce dernier disparaît sous les attaques de l'érosion, il se forme alors un méandre recoupé.

Écologiemodifier | modifier le code

Exemple de "réméandrage"6 associé à une opération de renaturation/passe à poisson en Wallonie, réalisé dans le cadre d'un projet Life 7 plus largement dédié à la restauration hydromorphologique des masses d'eau en Région Wallonne8,9

La méandrisation fait partie des processus dits de perturbation qui créent de nouveaux milieux, colonisés par les espèces pionnières, puis par un stade secondaire et climacique. Ce phénomène contribue à l'hétérogénéité et à la diversité biologique des fleuves, rivières et ripisylves. La méandrisation est un phénomène naturel nécessaire au bon fonctionnement écologique des fleuves, qui devrait être préservé ou restauré pour répondre aux objectifs de bonne gestion de l'eau et de bon état écologique du bassin versant (cf. directive-cadre sur l'eau en Europe), que l'écologie rétrospective peut intégrer dans les démarches de cartographie des corridors biologiques. Ces processus nécessite que la rivière puisse librement divaguer dans son lit majeur, ce qui est peu acceptable dans les contexte de propriété privée. En France les documents d'urbanismes (SCOT en particulier) peuvent désigner et protéger les zones d'évolution des cours d'eau.

Dans les processus de renaturation, pour retrouver un fonctionnement plus naturel et se rapprocher de l'écopotentialité du cours d'eau et du bon état écologique (objectif de la directive-cadre sur l'eau), des opérations de reméandrisation sont parfois réalisées, par exemple avec l'aide de l'Europe dans le cadre de projets Life (par exemple ) et/ou de restauration de la trame verte et bleue ou de gestion restauratoire de sites Natura 2000 tel qu'en vallée de la Lauter où des canaux de drainage ont été reméandrés pour retrouver un paysage et des fonctionnalités plus proches ce systèmes naturels10. Comme en suisse des travaux de grande ampleur sont parfois menés pour que la rivière puisse à nouveau circuler (et former des méandres) dans son lit majeur11. Des guides et ouvrages spécialisés proposent des documents pédagogiques sur le reméandrage121314

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Méandres remarquablesmodifier | modifier le code

Belgiquemodifier | modifier le code

Canadamodifier | modifier le code

Suissemodifier | modifier le code

  • Le méandre de l'Aar à Berne.
  • Le méandre de la Sarine à Fribourg.

Francemodifier | modifier le code

La Meuse dans les Ardennes françaises.
La Meuse dans les Ardennes françaises.
La Canche près de Montreuil.
La Canche près de Montreuil.

Thaïlandemodifier | modifier le code

Notes et référencesmodifier | modifier le code

  1. Jean-Baptiste Gaby, supérieur du couvent de l'observance de Saint-François de Loches (1689), « Relation de la Nigritie, contenant une exacte description de ses Royaumes & de leurs Gouvernements, la Religion, les Mœurs, Coustumes & raretez de ce Païs. Avec la découverte de la Rivière du Senega, dont on a fait une Carte particulière » ; Ed: E. Couterot, 92 pages (livre numérisé par Google), voire dernière note de bas de page du livre : « Ragues, ce sont des détours de la rivière, ou ce que nous appellons serpenteaux »
  2. a et b Malavoi, J., & Adam, P. (2007). Préservation et restauration physique des cours d'eau. Aspects techniques. Techniques Sciences Méthodes, 2, 39.
  3. Malavoi, J. R., & Adam, P. (2007). La restauration hydromorphologique des cours d'eau : concepts et principes de mise en œuvre; Ingénieries-EAT, 50, 49-61.
  4. Roger Brunet (dir.), Les mots de la géographie, Paris, Reclus-La Documentation française, 1993, ISBN 2110030364, article « méandre », page 323
  5. Jean-Pierre Bravard et Petit[Lequel ?], F., Les cours d'eau - dynamique du système fluvial, Paris, 1997, ISBN 2200017804, p. 114-123.
  6. vidéo : Reméandration de l'Eau Blanche à Couvin Canal C 20/03/2012 (dans le cadre du projet Life "WALPHY"
  7. Walphy
  8. Commission euréopenne soil and water challenges simultaneously : LIFE projects have demonstrated the importance of connecting the practical application of soil and water policy ; voir aussi [http://www.youtube.com/watch?v=-l9WR7bXS5w aménagement terminé en vidéo (You tube)
  9. Verniers, G., & PEETERS, A. (2011). WALPHY: un projet-pilote de ráhabilitation de cours d'eau. Revue juridique de l'environnement, (1), 151-162.
  10. Diagnostic hydrobiologique du site Natura 2000 de la basse vallée de la Lauter et analyse évolutive de repeuplement de canaux de drainage reméandrés DUFFNER , Mathieu (2011) Diagnostic hydrobiologique du site Natura 2000 de la basse vallée de la Lauter et analyse évolutive de repeuplement de canaux de drainage reméandrés. Mémoire professionnel (niveau L), École Nationale du Génie de l'Eau et de l'Environnement de Strasbourg. (résumé)
  11. Protection de berge, renaturation et gestion restauratoire, avec élargissement de lit, etc. en Suisse (you tube)
  12. ADAM, P., MALAVOI, J.-R., DEBIAIS, N., 2007,Manuel de restauration hydromorphologique desrivières, Agence de l’Eau Seine-Normandie fiche pédagogique 15 : Le reméandrage
  13. BOON, P., CALOW, P., PETTS, G., 1992, River Conservation and Management , Wiley & Sons Ltd, 470 p.
  14. BROOKES, A., 1988, Channelized Rivers : Perspectives for Environmental Management , (eds.) Wiley & Sons Ltd, 342 p

Voir aussimodifier | modifier le code

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographiemodifier | modifier le code

 ; ONEMA 2010 ; 364p

  • Warner, J., Winnubst, M. & Roth, D. (2008) Plus d’espace pour le fleuve, plus de place pour la participation citoyenne ?, Deshima, no 2

Articles connexesmodifier | modifier le code








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