Marie (mère de Jésus)

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Page d'aide sur l'homonymie Cet article traite de Marie (mère de Jésus). Pour un angle de vue spécifiquement musulman, voir Maryam (mère de Îsâ).
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Giotto, Vierge à l'Enfant (v. 1320).

Marie, en grec Μαρια, Maria, en araméen Maryam, en hébreu Myriam מרים, en arabe Maryam مريم, fille juive de Judée, est la mère de Jésus de Nazareth. Les Églises catholique et orthodoxe accordent une place spéciale à Marie, qu'elles appellent Marie de Nazareth1,2, Sainte Vierge, Notre Dame (plus souvent chez les catholiques) ou Mère de Dieu (plus souvent chez les orthodoxes), et qui est l'objet d'une dévotion particulière.

De nombreuses interprétations sur l'étymologie de ce nom ont été données, mais à ce jour aucune ne s'est imposée. La racine égyptienne m.r.y (= aimer) semble pourtant crédible.

Une autre très courante également est : « noble, élevée ». En revanche, il convient de tenir pour purement poétique l'explication par l'hébreu mar yam (« goutte de la mer »), latinisé en stilla maris, lui-même devenu Stella maris (« Étoile de la mer »).

Sommaire

Marie dans la tradition chrétienne modifier

Marie dans le Nouveau Testament modifier

Les Évangiles de Matthieu et Luc rapportent l’Annonciation, c’est-à-dire l’annonce par l’ange Gabriel à Marie puis à Joseph à qui elle était fiancée, de la conception virginale de Jésus, le récit de Luc donnant plus de place à Marie, alors que c’est l’inverse dans celui de Matthieunote 1.

L'évangéliste Jean, s'il cite plusieurs fois la mère de Jésus, ne la cite jamais par son nom mais seulement par "la mère" .

Les textes évoquent ensuite la Présentation au Temple pour accomplir le rite de rachat du premier-né. Syméon prophétise qu'elle connaîtra la douleur (Lc II,21-35). Plus tard se produit l’épisode de la disparition de Jésus à l’âge de douze ans (Lc II,41-51), lors de la montée annuelle au Temple de Jérusalem : alors que ses parents repartaient pour Nazareth, l'enfant était resté dans le Temple pour discuter avec les docteurs de la loi.

Marie apparaît à nouveau quand Jésus assiste aux Noces de Cana (Jn II,1-11), puis une fois où elle était à sa recherche alors qu’il enseignait (Mc III,31-35), enfin au moment de la crucifixion. Son fils la confie avant de mourir à son disciple préféré.

« Jésus, voyant sa mère, et auprès d’elle le disciple qu’il aimait, dit à sa mère : Femme, voilà ton fils. Puis il dit au disciple : Voilà ta mère. Et, dès ce moment, le disciple la prit chez lui. »

— Jn 19, 25-26

Elle se trouve parmi les disciples lors de la Pentecôte (Ac I,14).

Les traditions postérieures au Nouveau Testament concernent la suite de sa vie ainsi que sa mort à Éphèse.

Marie dans les « apocryphes » modifier

Marie est l'objet de diverses traditions apocryphes. C'est de ces écrits que viennent la plupart des éléments des traditions sur Marie. On y trouve notamment le nom de ses parents, Anne et Joachim, le récit de la nativité de Marie, de son adolescence, ceux de sa vie à Éphèse, de sa Dormition et de son Assomption. Bien qu'elles soient issues de textes qui ne font pas partie du canon biblique, ces traditions ont continuellement bénéficié d'autres formes de reconnaissances chez les catholiques comme chez les orthodoxes. Outre que certaines fêtes liturgiques des calendriers catholique et orthodoxe se rapportent directement à ces récits, les églises sont pleines de fresques et de peintures représentant des épisodes de la vie de Marie tirés des apocryphes, notamment du Protévangile de Jacques, de La nativité de Marie et de La Dormition de Marie.

Si dans leur ensemble les écrits apocryphes ont été rédigés plus tardivement que ceux retenus pour former le Nouveau Testament, il semble que ce n'est pas le cas de la totalité des éléments qui se rapportent à Marie dans les apocryphes. Selon Enrico Norelli, « Certains apocryphes contiennent des traditions plus anciennes que la composition des récits de naissance de Jésus chez Matthieu et Luc3. ». Norelli estime que, si l'étude de ces traditions anciennes ne fournit aucune indication d'ordre historique, ni sur la naissance de Jésus, ni sur la vie de Marie, elle renseigne sur la place de Marie dans le christianisme ancien et permet de comprendre pourquoi les traditions sur Marie n'ont pas été intégrées dans les écrits canoniques, alors même que Marie continuait d'occuper une place importante dans les prédication et la tradition chrétienne.

Marie selon les auteurs païens modifier

Dans le Discours véritable de Celse, uniquement connu par les nombreux extraits cités par Origène dans son livre « Contre Celse », le philosophe grec rapporte les propos d'« un juif », dont il dit qu'il lui a tout appris. Ce « juif » lui aurait dit que Jésus était un enfant adultérin de Marie, femme d'origine misérable, fruit d'une liaison avec un soldat romain du nom de Panthère. Celse faisant prononcer cette affirmation par un rabbin, on a avancé qu'elle aurait été reprise de textes rabbiniques qui n'ont longtemps été connus pour l'essentiel que par les réponses polémiques des Pères de l'Église. Ces affirmations furent vigoureusement réfutées par Origène.

Les propos de Celse semblent correspondre aux points de vues juifs très anciens qui ont été reportés dans le Talmud, jusqu'à ce que l'Église catholique en obtienne la censure à l'aide de pressions sur la communauté juive et de pogroms, qui ont notamment eu lieu à l'époque des croisades, mais se sont poursuivis ensuite.

Article détaillé : Disputations judéo-chrétiennes.

Ces passages censurés du Talmud, sont tout de même connus, car des anciennes versions datant du XIVe siècle ont été retrouvées. D'autres textes juifs appelés Toledoth Yeshu, sorte d'évangiles populaires juifs, rapportent des informations équivalentes.

Toutefois, on peut voir que Celse s'est trompé dans le report de ce que lui a indiqué « le juif » qui lui a tout appris:

  • Pantéra ou Pandera (Panther) n'est pas un soldat romain, mais un homme partant en Babylonie (peut-être pour faire la guerre) alors qu'ils ne sont que fiancés et qui ne revient pas;
  • le père de Jésus est appelé Joseph ben Pantéra (Joseph, fils de Pantéra) et aussi Pantéra;
  • Marie n'est pas misérable, elle est même qualifiée de « femme mariée aux rois et empereurs et terminant avec un charpentier »;

On remarque aussi, que Saint Jean Damascène et saint Épiphane, mentionnent dans leur généalogie de Marie ou de Joseph des aïeux légitimes du nom de Panther.

Marie pour l'islam modifier

Article détaillé : Maryam.

Maryam, Mariam ou Meryem (en arabe : مريم‬), est le nom de la mère de Îsâ, le nom de Jésus dans la tradition musulmane (appelé Yeshu dans la tradition juive). Elle est considérée comme vierge dans le Coran, dédiée a Dieu dès sa naissance, jamais fiancée ou mariée (mais seulement protégée et guidée par Zakarie "Zakaria" (en arabe: زكريا). Le Coran reprend la croyance chrétienne de la conception miraculeuse de Jésus (ou Îsâ) par l'action du souffle de Dieu (Rûh)note 2. Marie est citée plus de fois dans le Coran que dans le Nouveau Testament, et la sourate 194 porte son nom. Le prophète Mahomet la décrit comme étant l'une des rares femmes ayant atteint le degré de « perfection », à travers sa dévotion intense à Dieu, et sa patience lors de l’épreuve de l'enfantement miraculeux, que sa communauté accueillera par la suspicion et l'accusation. Le Coran la présente à l'opposé des femmes maudites de Loth et de Noé, comme l'une des deux femmes bien accueillies au paradis, elle, et la femme de Pharaon de Moise, dans la sourate « Les femmes »5 et dans la sourate dite de « la table servie »6.

La question de la virginité perpétuelle de Marie modifier

Fra Angelico, L'Annonciation (1433-1434).
Article détaillé : Virginité perpétuelle de Marie.

La Conception virginale (le fait que Jésus Christ ait été conçu et soit né alors que Marie était vierge) est acceptée par tous les chrétiens puisqu'elle est rapportée par les Évangiles ; il n'en est pas de même de la Virginité perpétuelle de Marie (le fait que Marie soit restée vierge toute sa vie) qui est acceptée par les théologies catholique et orthodoxe mais refusée par les théologies protestantes. Cette croyance est ancienne, comme l’atteste le Protévangile de Jacques, un texte non canonique du IIe siècle où il est indiqué que Marie, fille d'Anne et de Joachim, aurait été « consacrée au Seigneur » (c'est-à-dire resterait vierge) par un vœu de sa mère, puis aurait été confiée à Joseph avant la conception de Jésusnote 3 et il épousa Marie la mère de Jésus Christ. Les protestants refusent cette croyance en la virginité perpétuelle de Marie en se fondant sur les passages du Nouveau Testament mentionnant des frères et des sœurs de Jésus. Quatre sont mentionnés en Mt XIII,55 et Mc VI,3 :

« N'est-ce pas le fils du charpentier ? n'est-ce pas Marie qui est sa mère ? Jacques, Joseph, Simon et Jude, ne sont-ils pas ses frères ? »7. « N'est-ce pas le charpentier, le fils de Marie, le frère de Jacques, de Joses, de Jude et de Simon ? et ses sœurs ne sont-elles pas ici parmi nous ? Et il était pour eux une occasion de chute. » 8

Dans l'Évangile de Matthieu, le chapitre 12 mentionne que la mère de Jésus et ses frères se trouvent dehors. Ils désirent voir Jésus qui se trouve à l'intérieur d'une maison. « Quelqu'un lui dit : Voici, ta mère et tes frères sont dehors, et ils cherchent à te parler. »9

Il s’agirait, selon la tradition orthodoxe, suivant en cela le Protévangile de Jacques, de demi-frères, fils d'un premier mariage de Joseph qui étant veuf aurait épousé Marie en tant que vierge consacrée au Seigneur ou, selon la tradition catholique et orthodoxe, de cousins, le mot « frères » étant pris dans ce cas au sens large, « Les langues sémitiques ne possèdent pas de terme pour rendre le mot « cousin » et le mot frère et cousin est le même dans les langues slaves (bratnote 4) ; dans les sociétés anciennes, où tous vivaient ensemble, les cousins étaient assimilés à des frères. »note 1 et les rédacteurs du Nouveau Testament se seraient conformés à la manière de parler orientale. Deux d'entre eux sont, en effet, signalés comme fils d'une « Marie, mère de Jacques le mineur et de Joses » en Mt XXVII,56 et Mc XV,40, identifiée à Marie, femme de Clopas d'après Jn XIX,25, le troisième Jude se dit frère de Jacques et non de Jésus (Ju 1), et le quatrième Simon est clairement désigné comme un cousin germain, fils de Clopas le frère de Joseph, dans l'Histoire ecclésiastique d'Eusèbe de Césarée.

Sur cette question des frères de Jésus, voir l’article détaillé Proches de Jésus

Thomas d'Aquin, l'auteur de référence de l'Église catholique, analyse ce sujet de façon très méthodique dans sa Somme Théologique, IIIa pars, Q. 28, art. 2 à 4 : art. 2 : virginité pendant l'enfantement, art. 3 : virginité après l'enfantement, art. 4 : La question du vœu de virginité (qui est une question différente et indépendante de la précédente). Il conclut à la virginité perpétuelle et au vœu de virginité.

Saint Augustin cite les écritures à propos de cette question de la virginité perpétuelle de Marie : « Il me ramena vers la porte extérieure du sanctuaire, du côté de l'orient. Mais elle était fermée. 2 Et Yahvé me dit : Cette porte sera fermée, elle ne s'ouvrira point, et personne n'y passera ; car Yahvé, le Dieu d'Israël est entré par là. Elle restera fermée » (Ezéchiel (LSG) 44,1 et 2).

Autre verset biblique sur ce thème :

« Voici ce que dit le Saint, le Véritable, celui qui a la clef de David, celui qui ouvre, et personne ne fermera, celui qui ferme, et personne n'ouvrira » (Apocalypse (LSG) 3,7).


Perspectives religieuses modifier

Catholicisme et orthodoxie modifier

Article détaillé : Mariologie.
Maître de Moulins, Nativité (v. 1490)
Vierge de Vladimir (Russie, XIIe siècle)

Les Églises catholique et orthodoxe accordent une place spéciale à la Vierge Marie, qui est l'objet d'un culte particulier, le culte d'hyperdulie qui est le culte rendu à la Vierge Marie, supérieur au simple culte rendu aux saints et aux anges (dulie). Ce terme est à distinguer de celui d'adoration (ou latrie) qui ne convient que pour Dieu.

Une grande partie de la spiritualité mariale (l'adjectif n'est utilisé que par les catholiques) a été développée postérieurement à l'époque de la rédaction des Évangiles, mais elle se fonde sur le texte de Luc I,26 et suivants qui rapporte l'Annonciation, la Visitation et le Magnificat.

Marie représentée dans la Chapelle Notre-Dame-de-la-Motte situé au sommet de la colline de la Motte à Vesoul
« Car voici, désormais toutes les générations me diront bienheureuse, parce que le Tout Puissant a fait pour moi de grandes choses » (Lc I,48).

Le concile d'Éphèse (431) et les suivants reconnaissent Marie comme Théotokos, celle qui, en la personne de Jésus, a mis Dieu au monde, la « Mère de Dieu ».

La virginité perpétuelle de Marie fait partie du dogme catholique et orthodoxe.

L'immaculée conception de Marie est un point de foi dont la dévotion est apparue surtout aux Xe et XIe siècles, et qui a ensuite été mis en avant par les franciscains, surtout après le XIIIe siècle.

Son dogme a été finalement précisé par l'Église catholique le 8 décembre 1854 par Pie IX dans sa bulle Ineffabilis Deus. Ce dogme signifie que Marie, mère de Jésus-Christ, fut conçue exempte du péché originel, autrement dit que ses parents, Joachim et Anne, l'auraient conçue sans transmission du péché originel. Ce dogme n'est pas accepté par l'Église Orthodoxe pour qui Marie est "fille de la race d'Adam" et a été enfantée dans le péché originel comme tout homme et femme.

Seulement, par sa pureté intérieure et son « Fiat » à l'ange Gabriel, elle a eu le privilège de permettre au Verbe de Dieu de s'incarner en elle.

Pour les orthodoxes, c'est la conception du Christ en Marie par l'Esprit Saint qui est immaculée, et si Marie est effectivement « immaculée », elle l'est par son adhésion à la volonté de Dieu, par sa pureté intérieure et par le fait qu'elle ne se soit jamais située en dehors de la volonté de Dieu, qu'elle n'ait jamais péché.

Marie est néanmoins, comme chez les catholiques, le modèle de l'humanité à suivre et, à travers Jésus qui avant sa mort l'a confiée à son disciple, la mère de tous : alors que le péché originel a pour conséquence la mort et la tendance au péché, Marie resta toute sa vie pour les orthodoxes, comme chez les catholiques, sans jamais pécher, de sa naissance à son endormissement dans la mort. Les orthodoxes parlent de dormition et non de mort, pour la Mère de Dieu tandis que les catholiques évoquent son Assomption.

L'Assomption est un dogme catholique selon lequel, au terme de sa vie terrestre, Marie a été « enlevée corps et âme » au ciel. Le 1er novembre 1950, ce point de foi ancien est défini sous forme de dogme par la constitution apostolique Munificentissimus Deus du pape Pie XII. Les catholiques fêtent l'Assomption le 15 août. La fête de la Dormition du 15 août célèbre, comme chez les catholiques, la mort, l’ensevelissement de la Mère de Dieu puis sa résurrection et son ascension. Les orthodoxes emploient le terme de Dormition depuis le Ve siècle. Ce terme reflète la croyance selon laquelle la Vierge est morte sans souffrir, dans un état de paix spirituelle. Les orthodoxes critiquent le nom d'Assomption qui entretient l'ambiguïté en laissant croire que la Vierge a été enlevée au ciel de son vivant.

D'une manière générale, pour les orthodoxes, la vénération à Marie s'inscrit donc dans un mystère ineffable, tout comme l'incarnation, à qui il se trouve lié. C'est sans doute ce qui distingue l'attitude orthodoxe d'une approche plus rationnelle de l'Occident qui a ressenti le besoin de formuler des dogmes plus précis. Le mystère de Marie est évidemment inséparable pour les catholiques, comme les orthodoxes et les protestants, de celui de l'incarnation.

Marie est priée par les chrétiens catholiques et orthodoxes, qui invoquent son intercession et qui la célèbrent en particulier le 1 janvier (Sainte Marie Mère de Dieu - seulement les catholiques), le 15 août (Dormition et Assomption), le 25 mars (Annonciation), le 8 septembre (Nativité de la Vierge Marie) et le 8 décembre (Immaculée Conception de la Vierge Marie - seulement les catholiques).

Iconographie modifier

Représentation du couronnement de Marie

La Vierge à l'Enfant est un des thèmes les plus fréquemment représentés dans la peinture chrétienne, aussi bien dans les icônes orientales que dans les œuvres occidentales. Il est relativement rare que Marie soit représentée seule, jusqu'à une époque récente. Sur les icônes, les trois étoiles figurant sur le front et les épaules de Marie indiquent sa virginité perpétuelle (avant, pendant et après l'enfantement).

L'Annonciation est également un sujet prisé des artistes. On y voit Marie, surprise dans sa prière, par la visite de l'archange Gabriel plein de déférence. Au-dessus se trouve la colombe du Saint-Esprit.

La pietà est la représentation de Marie portant Jésus détaché de la Croix et le pleurant. La plus célèbre des pietà est celle de Michel-Ange, vénérée dans la basilique Saint-Pierre de Rome.

L'Assomption de Marie et le Couronnement céleste de Marie par le Christ sont fréquemment représentés dans les églises. Une autre image fréquente est celle de la Femme de l'Apocalypse, couronnée de douze étoiles, debout sur la lune écrasant le serpent. Le symbole marial des douze étoiles sur fond bleu, couleur du ciel, serait à l'origine du drapeau européen, suggéré par Paul M.G. Lévy, dessiné par le catholique Arsène Heitz et adopté le 8 décembre 1955, jour de la fête de l'Immaculée Conception. Il n'y a sur ce point aucune formulation explicite10, mais on dispose d'un témoignage de Paul M.G. Lévy sur sa décision11.

Marie dans les ordres religieux modifier

La Vierge du Carmel et les Saints du Carmel de Pietro Novelli, 1641 (Musée diocésain, Palerme)
L'Ordre du Carmel modifier

Lors de la création de l'Ordre du Carmel au XIIe siècle, les premiers ermites sur le Mont Carmel, construisent une chapelle dédiée à la Vierge Marie et s'établissent sous son patronage. La spiritualité carmélitaine se construit autour de l'imitation de la foi de Marie12. Les premiers ermites se font appeler les frères de la Vierge13. Lors de leur retour en Europe, fuyant les persécutions, les carmes intercèdent auprès de Marie pour la préservation de leur ordre (la papauté voulant réorganiser les ordres mendiants en supprime un grand nombre, rattachant leurs membres à des ordres officiels). L'Ordre du Carmel, qui devait disparaitre, est finalement maintenu. Le Pape Urbain VI, en 1379, confirme le titre, pour le Carmel, d'Ordre de la Bienheureuse Marie, Mère de Dieu, Notre-Dame du Mont Carmel14.

Au XIIIe siècle le scapulaire reçu par Simon Stock s'impose rapidement à toute la communauté et devient une partie intégrante de l'habit du Carme. Il est appelé l’habit de la Vierge et signifie la consécration du Carme à Marie15, mais aussi sa protection (le carme cherchant refuge sous le manteau de Marie). La fête de Notre Dame du Mont-Carmel (fixée le 16 juillet) devient, dès le XIVe siècle la fête centrale de l'ordre. Durant cette fête, l'Ordre célèbre en Marie la Reine et la Beauté du Carmel. Par la suite, Thérèse d'Avila au XVIe siècle, dans sa réforme du Carmel, renforce la dévotion mariale. Thérèse de Lisieux au XIXe siècle renouvelle la spiritualité mariale dans l’Église14.

Les Foyers de Charité modifier

Les Foyers de Charité, fondés en 1936 par Marthe Robin et le père Georges Finet sont des communautés de laïcs, hommes et femmes, mettant en commun leurs biens, leurs compétences. Avec un prêtre, le père du Foyer, ils se consacrent à l'annonce de l'évangile. Leur mission principale est l'animation de retraites spirituelles sur 5 jours et se déroulant dans le silence. Marie Médiatrice tient une place centrale dans la spiritualité des Foyers de Charité16.

Les fêtes consacrées à Marie modifier

Article détaillé : Mariologie#Les fêtes de Marie.

Protestantisme modifier

Luther a insisté sur l'humilité de Marie et son accueil de la grâce. Calvin a affirmé qu'elle avait besoin du pardon, et refusé, à la différence de Luther, de célébrer les fêtes mariales. Il resta prudent sur le terme « Mère de Dieu », qui avait cependant l'intérêt de rappeler à la fois l'humanité et la divinité de Christ.

Le protestantisme est resté longtemps muet à propos de Marie. C'est à partir du dogme de l'Immaculée Conception en 1854 puis de celui de l'Assomption en 1950 que se creuse à nouveau l'écart avec le catholicisme. Le protestantisme dénonce le culte rendu aux saints et en particulier le culte marial.

Pour la plupart des protestants, Marie était vierge avant la naissance de Jésus, mais a eu d'autres enfants, les frères et sœurs de Jésus cités dans les Évangiles en Marc VI,3.

À la même époque, Pierre l'Arétin compare Marie à Léda.

Quelques Saintes Vierges très vénérées modifier

Bibliographie modifier

Grande verrière de Chartres.

Notes modifier

L'Adoration des Mages (v. 1380), Le Maître des parements de Narbonne
  1. a et b

    « Au sixième mois, l'ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une ville de Galilée, appelée Nazareth auprès d'une vierge fiancée à un homme de la maison de David, nommé Joseph. Le nom de la vierge était Marie. L'ange entra chez elle, et dit : « Je te salue, toi à qui une grâce a été faite ; le Seigneur est avec toi. » Troublée par cette parole, Marie se demandait ce que pouvait signifier une telle salutation. L'ange lui dit : Ne crains point, Marie ; car tu as trouvé grâce devant Dieu. Et voici, tu deviendras enceinte, et tu enfanteras un fils, et tu lui donneras le nom de Jésus… Marie dit à l'ange: Comment cela se fera-t-il, puisque je ne connais point d'homme ? L'ange lui répondit : Le Saint Esprit viendra sur toi, et la puissance du Très Haut te couvrira de son ombre. C'est pourquoi le saint enfant qui naîtra de toi sera appelé Fils de Dieu. »

    — Lc 1, 21- 35

    « Voici de quelle manière arriva la naissance de Jésus-Christ. Marie, sa mère, ayant été fiancée à Joseph, se trouva enceinte, par la vertu du Saint-Esprit, avant qu’ils eussent habité ensemble. Joseph, son époux, qui était un homme de bien et qui ne voulait pas la diffamer, se proposa de rompre secrètement avec elle. Comme il y pensait, voici, un ange du Seigneur lui apparut en songe, et dit : Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre avec toi Marie, ta femme, car l’enfant qu’elle a conçu vient du Saint-Esprit ; elle enfantera un fils, et tu lui donneras le nom de Jésus ; c’est lui qui sauvera son peuple de ses péchés. Tout cela arriva afin que s’accomplît ce que le Seigneur avait annoncé par le prophète : "Voici, la vierge sera enceinte, elle enfantera un fils, et on lui donnera le nom d’Emmanuel, ce qui signifie Dieu avec nous". »

    — Mt 1, 18- 23

    Le prophète dont il est question est Isaïe :

    « C’est pourquoi le Seigneur lui-même vous donnera un signe, voici, la jeune fille deviendra enceinte, elle enfantera un fils,et elle lui donnera le nom d’Emmanuel. »

    — És 7, 14

    Dans la suite du récit, Marie rend visite à sa cousine Élisabeth (c'est la Visitation) et exprime sa joie dans le Magnificat (Lc I,39-55). Elle donne naissance à Jésus à Bethléem (Mt II,1-6; Lc II,4-7) où son Fils reçoit la visite des bergers et des mages (Mt II,7-12 ; Lc 2, 15-21).

  2. « Le Messie, Jésus fils de Marie, est l'Apôtre de Dieu et son verbe qu'il jeta dans Marie : il est un esprit venant de Dieu.» Le Coran, « Les Femmes », IV, 169, (ar) النساء.
  3. « Anne répondit : « Aussi vrai que vit le Seigneur Dieu, je ferai don de mon enfant, garçon ou fille, au Seigneur mon Dieu et il le servira tous les jours de sa vie. » » (Protév. Jc 4,1). « Alors le prêtre : « Joseph, Joseph, dit-il, tu es l'élu : c'est toi qui prendras en garde la vierge du Seigneur. ». Mais Joseph protesta : « J'ai des fils, je suis un vieillard et elle est une toute jeune fille. Ne vais-je pas devenir la risée des fils d'Israël ? » » (Protév. Jc 9,1-2).
  4. Les langues slaves précisent aussi en parlant de frère du premier degré, frère en français moderne, ou frère germain en français vieilli, différent du frère du deuxième degré (équivalent pour les Français à cousin germain)

Références modifier

  1. La Vierge Marie dans l'enseignement de la théologie et la catéchèse mariale adulte : communications présentées à la 58e Session de la Société française d'études mariales, sanctuaire Notre-Dame-de-Lourdes, 2001, Volume 58, Études mariales, Jean Longère, Mediaspaul Editions, 2002, (ISBN 9782712208417), 266 pages, p.25
  2. Marie de Nazareth: icône d'Israël et de l'Église, Volume 64 de Cahiers de l'École cathédrale, Francesco Rossi de Gasperis, Éditeur Parole et Silence, 2004, (ISBN 9782845732285), 139 pages
  3. Enrico Norelli, Marie des apocryphes. Enquête sur la mère de Jésus dans le christianisme antique, Genève, Labor et Fides, 2009, p.9 (ISBN 978-2-8309-1340-8)
  4. Le Coran, « Marie », XIX, (ar) مريم
  5. verset 171
  6. versets 116 et 117
  7. Mt XIII,55
  8. Mc VI,3
  9. Mt XII,47
  10. Qui se cache derrière le drapeau européen ?
  11. Témoignage de Paul M.G. Lévy sur la création du drapeau européen
  12. Vierge Marie sur le site lecarmel.org
  13. La Vierge Marie au Carmel, présentation générale sur le site carmel.asso.fr
  14. a et b La spiritualité mariale sur le site carmel.asso.fr
  15. Le scapulaire, signe de consécration sur le site carmel.asso.fr
  16. Genèse des Foyers de Charité sur le site des Foyers de Charité

Voir aussi modifier

Dogmes et croyances catholiques et orthodoxes modifier

Cultes modifier

Prières mariales modifier

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Article connexe modifier