Maximin Ier le Thrace

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Maximin.
Maximin Ier le Thrace
Empereur romain
Image illustrative de l'article Maximin Ier le Thrace
Buste de Maximin Ier le Thrace.
Règne
– avril 238 (~3 ans)
Période « Anarchie militaire »
Précédé par Sévère Alexandre
Suivi de Gordien Ier et Gordien II
Maxime Pupien et Balbin
Biographie
Nom de naissance Caius Julius Verus Maximinus
Naissance v. 173 - Thrace ou Mésie
Décès avril 238 (65 ans)
Aquilée (Vénétie)
Père un Goth (?)
Mère une Alain (?)
Épouse Caecilia Paulina (? - 235/6)
Descendance Gaius Julius Verus Maximus
Liste des empereurs romains

Maximin Ier le Thrace ou Maximin Ier ou Maximin le Thrace (Caius Julius Verus Maximinus Thrax) (° vers 173 - †238) est un empereur romain qui régna de 235 à 238, pendant la période dite de l'« Anarchie militaire ».

Un officier sorti du rangmodifier | modifier le code

Il nait en Thrace vers 173 (déduit de son âge de soixante-cinq ans à sa mort), de parents semi-barbares selon Hérodien, Maximin aurait été un modeste berger avant de gravir progressivement les échelons de l'armée romaine1. L'Histoire Auguste renchérit sur Hérodien et lui invente un père goth et une mère alaine. Son nom d'origine, Caius Julius Maximinus, est toutefois romain, acquis par naissance ou par incorporation dans l'armée2. Doté d'une force extraordinaire, habile lutteur d'une très haute stature, les auteurs de l'époque lui prêtent une taille de 2 mètres 70, un chiffre manifestement exagéré.

Engagé dans la cavalerie vers 191, il gravit les échelons, devient centurion, exerce un commandement en Mésopotamie lors de la guerre de 232 contre les Perses, et est chargé de l'entraînement des recrues en 234, en préparation de la campagne contre les Alamans. Les nombreux détails que donne l'Histoire Auguste sur sa carrière aux armées sont fantaisistes3. Devenu membre de l'ordre équestre4 et sans lien avec la noblesse romaine traditionnelle, il ne conçoit pas son rôle autrement que comme celui de chef d'armée.

Maximin est décrit dans les sources comme un personnage rustre, mais aussi comme un bon soldat et même comme un habile stratège. C’est le premier empereur à accéder à la plus haute des fonctions en ayant derrière lui une carrière exclusivement militaire5, ce qui ne manque pas de choquer les classes dirigeantes romaines et de lui valoir le mépris des historiens romains. Son appellation de Maximin « le Thrace » vient de l'auteur anonyme de l'Epitome de Caesaribus6.

Choisi plus pour son courage physique que pour des compétences nécessaires au titre d’empereur, Maximin se concentre sur ces batailles militaires qu’il remporte avec succès, inspirant l’expression d’ « empereur-soldat ». Peu habile politiquement, il procède à des levées importantes de recrues et à une pression fiscale qui ne tarde pas à créer de violentes réactions.

L'accession au pouvoirmodifier | modifier le code

Pièce à l'effigie de Maximin le Thrace

En 235, Maximin est préfet des recrues levées pour combattre les Germains, alors que l'empereur Sévère Alexandre vient réprimer une révolte en Germanie. Il monte sur le trône impérial à la suite d'un complot où l'empereur et sa mère (18 mars) sont assassinés par l'armée.

C'est la deuxième fois (après Macrin) qu'un chevalier arrive au pouvoir suprême. Il ne se rend pas à Rome pour solliciter la ratification de son accession au pouvoir par le Sénat, qui le lui accorde néanmoins7. Après avoir fait condamner la mémoire de son prédécesseur Sévère Alexandre, il inaugure alors son règne par une campagne en Germanie durant l'été 2358. Il doit en 236 se rendre sur le cours inférieur du Danube, pour affronter une coalition de Carpes, un peuple dace insoumis, et de Sarmates9. En 237, la situation est partout rétablie et la menace barbare éloignée.

Comme ses prédécesseurs, Maximin pense à sa succession et nomme son fils Maximus César et prince de la jeunesse.

Réactions sénatorialesmodifier | modifier le code

Buste de Maximin

En 238, Maximin le Thrace a un besoin d’argent de plus en plus croissant pour entretenir son armée et lever des recrues. D'après les inscriptions trouvées sur les bornes milliaires, il engage aussi des travaux d'entretien des routes stratégiques10. Forcé d'augmenter considérablement la pression fiscale pour financer ses campagnes militaires, il suscite des révoltes à travers l'empire, notamment en Afrique.

Envoyé à Thysdrus, son procurateur d'Afrique proconsulaire est rapidement confronté au mécontentement des Africains face à cette nouvelle pression fiscale. De violentes manifestations éclatent au sein de la cité et le procurateur est tué au cours de l'une d'entre elles, par l'un des membres du collège des juvenes. Dans un même élan, paysans et membres des iuuenes se révoltent contre le pouvoir impérial et nomment le Proconsul basé à Carthage Gordien empereur malgré lui.

Membre de l'aristocratie sénatoriale, le gouverneur Marcus Antonius Gordianus (Gordien Ier) âgé de plus de 80 ans au moment des faits, et assisté de son fils Gordien II au pouvoir, au vu de son grand âge, est un des nombreux opposants à Maximin. Opposition que le Sénat va s'empresser de relayer à Rome en les reconnaissant tous deux comme empereurs en 238. Le préfet du prétoire Vitalien nommé par Maximim est assassiné11. Le préfet de la Ville Sabinus est massacré lors des émeutes qui s'ensuivent à Rome, tandis que plusieurs gouverneurs de province reconnaissent les Gordiens pour seuls empereurs12.

Mais resté fidèle à Maximin, le légat de Numidie Capelianus finit par écraser le mouvement insurrectionnel, en battant près de Carthage les troupes inexpérimentées menées par Gordien II. Son père, Gordien Ier apprenant la mort de son fils et de ses prétentions au trône impérial, se suicide13. Mais la révolte, loin d'être décapitée par la mort des deux empereurs, se poursuit en Italie et à Rome. Le Sénat attribue le pouvoir à deux membres d'une commission de vingt consulaires, Maxime Pupien et Balbin, nommés conjointement empereurs en février 238.

La défaite et la mort de Maximinmodifier | modifier le code

Maximin quitte alors Sirmium au printemps 238 et marche sur l'Italie. Il est bloqué devant Aquilée et en fait le siège. Les difficultés de ravitaillement des assiégeants provoquent une mutinerie, et Maximin et son fils Maximus sont assassinés par leurs propres soldats, affaiblis par la famine. Sa mort intervient après trois ans et quelques mois de règne14, à l'âge de soixante-cinq ans15. Ses soldats font leur soumission aux deux nouveaux empereurs.

Le soutien des Italiens et des dissensions dans l'armée de Maximin sont les causes de l'assassinat de ce dernier au printemps : une émeute romaine oblige le Sénat à associer au pouvoir le jeune Gordien III, qui reste seul au pouvoir après l'exécution par la garde prétorienne en juillet 238 des empereurs associés. Au total, on compte ainsi six empereurs en l'espace de quatre mois.

Noms successifsmodifier | modifier le code

  • Vers 173, naît Caius Julius Verus Maximinus
  • 235, accède à l'Empire : Imperator Caesar Caius Julius Verus Maximinus Pius Felix Invictus Augustus
  • suite à ses victoires contre les Germains, les Sarmates et les Daces : Imperator Caesar Caius Julius Verus Maximinus Pius Felix Invictus Augustus Germanicus Maximus Sarmaticus Maximus Dacicus Maximus
  • mai 238, titulature à sa mort : Imperator Caesar Caius Julius Verus Maximinus Pius Felix Invictus Augustus Germanicus Maximus Sarmaticus Maximus Dacicus Maximus, Pontifex Maximus, Tribuniciae Potestatis IV, Imperator VII

Sourcesmodifier | modifier le code

Sur les autres projets Wikimedia :

Notes et référencesmodifier | modifier le code

  1. Hérodien, Histoire des empereurs romains de Marc Aurèle à Gordien III, VI, 7-8
  2. Commentaire de André Chastagnol, p. 642, Histoire Auguste, traduction et commentaires d’André Chastagnol, éditions Robert Laffont, collection « Bouquins », 1994, (ISBN 2-221-05734-1)
  3. Commentaire de André Chastagnol, p. 643, Histoire Auguste
  4. Eutrope, IX, 1
  5. Aurelius Victor, De Caesaribus, XXV
  6. Epitome de Caesaribus, 25, 1
  7. Loriot et Nony 1997, p. 31
  8. Hérodien, VII, 2
  9. Loriot et Nony 1997, p. 38
  10. Loriot et Nony 1997, p. 31 et 170
  11. Hérodien, VII, 6, 5-9
  12. Hérodien, VII, 7, 4-6
  13. Hérodien, VII, 9
  14. Eutrope, XI, 1 ; Chronographe de 354, tandis que Zonaras se trompe en disant six ans de règne
  15. Chronique pascale ; Zonaras, XII, 16

Bibliographiemodifier | modifier le code

  • Xavier Loriot et Daniel Nony, La crise de l'empire romain, 235–285, Paris, Armand Colin,‎ 1997, 304 p. (ISBN 2-200-21677-7), p. 65-80.
  • Yves Modéran, L'Empire romain tardif, 235-395, Ellipses, 2003
  • Jean-Pierre Martin, Histoire romaine, Le Haut-Empire, Collection U, 2006









Creative Commons License