Mfecane

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Le Mfecane, mot d'origine zoulou, renvoie au cycle de guerres et de migrations engendrés par l'ascension au pouvoir de Chaka, roi des Zoulous, après s'être lancé dans la conquête des peuples nguni entre les rivières Tugela et Pongola au début du XIXe siècle, et les fusionne en un royaume militariste.

Prodromesmodifier | modifier le code

En fait, le Mfecane avait commencé avant que Chaka n'accède au pouvoir, avec les combats entre Zwide, Dingiswayo et Matiwane, qui ont conduit à la fuite de Matiwane et de son peuple.

On avance parfois que c'est l'introduction du maïs, en provenance d'Amérique, qui a permis l'essor démographique au Zoulouland. Mais une sécheresse de dix ans au début du XIXe a lancé la compétition pour accaparer les terres et l'eau. C'est ainsi que l'ambitieux Chaka a commencé sa carrière de conquérant.

Le royaume de Chaka assimile les tribus conquises, mais surtout les femmes et les enfants. Des hommes réfugiés de ces tribus se mêlent aux Xhosa dans l'actuelle province du Cap-Oriental et deviennent le septe Mfengu (connus par les Britanniques comme les Fingoes).

Conséquencesmodifier | modifier le code

Le Mfecane bouleverse la carte politique, démographique et ethnique de toute l’Afrique australe. À côté des nouveaux États qui se constituent, des peuples entiers formés de fugitifs de toutes origines sont réduits à la famine et à l’errance. La « poussée des Blancs », dite le « Grand Trek », interdit tout déplacement vers le sud et vers l’est, tandis qu’à l’ouest, l’aridité des terres décourage toute tentative d’implantation. Les Ndebele et les Ngoni trouveront leur salut vers le nord. Les peuples non organisés en État, comme les Fingos, n’ont plus de place en tant que communautés dans le nouvel équilibre. Les Fingo sont de provenance multiple, certains venant même de la côte du Mozambique. Ils opèrent principalement sur la côte entre Durban et Port Elizabeth, et sont réduits à mendier leur nourriture, d’où le sobriquet de mfengu (mendiant, devenu l’ethnonyme Fingo). Ils ne trouvent leur place que comme gardiens de troupeaux pour le compte des Xhosa, des Pondo et des Thembu.

Le roi Moshoeshoe Ier rallie des clans montagnards sotho à sa cause. Son royaume se bat contre les Zoulous et constituera grosso modo le Lesotho d'aujourd'hui.

Soshangane, un général défait par Chaka, s'enfuit au Mozambique. Lui et son armée y oppriment les Tsonga, et une partie de ces derniers traversent les montagnes Lebombo vers le Transvaal.

Un autre général zoulou, Mzilikazi, rompt avec Chaka et établit un royaume ndébélé dans les futurs État libre d'Orange et Transvaal. Quand des cultivateurs afrikaners (les Boers) s'y installent grâce au Grand Trek en 1837, ils défont Mzilikazi dans plusieurs batailles. Mzilikazi a donc choisi de déplacer son royaume au-delà du fleuve Limpopo. C'est alors que le royaume 'Matabele' se trouve dans l'actuel Zimbabwe.

Les Swati (connus à l'époque sous le nom de Ngwane) se sont réfugiés dans le pays d'en haut vers l'an 1820 afin d'éviter les attaques zouloues. Sobhuza y établit le royaume appelé le Swaziland.

Bibliographiemodifier | modifier le code

  • (fr) Henry Francis Fynn, Chaka, roi des Zoulous (traduit de l'anglais The Diary of Henry Francis Fynn), Éditions Anacharsis, Toulouse, 2004, 316 p. (ISBN 2-914777-10-8)
  • (en) Carolyn Hamilton (dir.), The Mfecane aftermath : reconstructive debates in Southern African history, Witwatersrand University Press, Johannesburg ; University of Natal Press, Pietermaritzburg, 1995, 493 p. (ISBN 1-86814-252-3) (actes du colloque « The Mfecane Aftermath: Towards a New Paradigm », organisé à l'Université de Witwatersrand en septembre 1991)
  • (en) John D. Omer-Cooper, The Zulu Aftermath. A Nineteenth-Century Revolution in Bantu Africa, Longman, Green and co, Londres, 1966, 208 p.







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