Michel Droit

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Michel Droit, né le à Vincennes, et mort le , est un romancier, journaliste et académicien français.

Il fut l'interlocuteur privilégié du général de Gaulle lors d'entretiens télévisés en direct du palais de l'Élysée.

Biographiemodifier | modifier le code

Famillemodifier | modifier le code

Michel Droit est né à Vincennes, le 23 janvier 1923. Son père était le peintre illustrateur Jean Droit.

Il est le père du photographe Éric Droit (1954-2007).

Étudesmodifier | modifier le code

Il fit ses études à l'école Massillon, puis aux lycées Voltaire et Louis-le-Grand, et enfin à la faculté des lettres de Paris et à l'École libre des sciences politiques.

Le journalistemodifier | modifier le code

Ayant milité dans la Résistance, il débuta comme radio-reporter en août 1944, lors de l'insurrection de Paris, et fut l'un des plus jeunes correspondants de guerre des armées alliées.

Blessé près d'Ulm, en avril 1945, comme son trisaïeul, Arnould Droit, l'avait été en octobre 1805, il devint ensuite grand reporter pour la radio, la presse et la télévision. C'est en 1954 qu'il publia son premier roman, Plus rien au monde, que l'Académie française récompensa du prix Max-Barthou, avant de lui conférer son grand prix du roman pour Le Retour, en 1964.

Après avoir été rédacteur en chef de l'Actualité télévisée de la R.T.F., Michel Droit le devint du Figaro littéraire, en 1961, et le resta jusqu'en 1971, tout en poursuivant parallèlement sa carrière d'écrivain.

Les entretiens avec de Gaullemodifier | modifier le code

En 1965, 1968 et 1969, il fut le seul journaliste à s'entretenir avec le général de Gaulle sur les écrans de la télévision ; ses interventions étaient diffusées en direct du palais de l'Élysée, siège de la Présidence de la République.

Il fut l'auteur et le réalisateur des séries Ces Années-là et Cela s'appelle l'Empire, sur TF1.

Il a tenu, de 1969 à 1981, une chronique régulière sur France-Inter. Directeur jusqu'en 1986 des Grandes Conférences du Figaro, Michel Droit continua d'appartenir à ce journal, comme éditorialiste et chroniqueur, ainsi qu'au Figaro Magazine où il eut notamment la responsabilité des pages de Figaro Histoire.

L'Académicienmodifier | modifier le code

Michel Droit a représenté l'Académie française à la Commission nationale de la communication et des libertés.

Il est élu à l'Académie française peu après sa série d'articles sujets à caution au sujet de la reprise par Serge Gainsbourg de la Marseillaise,

Au printemps 1979, la chanson Aux armes et cætera de Gainsbourg devient un tube si important qu’elle provoque une vive réaction des militaires et de certains conservateurs. La polémique est lancée par Michel Droit qui rédige une violente diatribe contre ce qu’il nomme « l’odieuse chienlit […] une profanation pure et simple de ce que nous avons de plus sacré. » Le texte paraît le dans le Figaro Magazine : « Quand je vois apparaître Serge Gainsbourg je me sens devenir écologiste. Comprenez par là que je me trouve aussitôt en état de défense contre une sorte de pollution ambiante qui me semble émaner spontanément de sa personne et de son œuvre, comme de certains tuyaux d’échappement… » L’éditorialiste, révolté par cette version de l’hymne national, s’emporte, allant jusqu’à écrire que Gainsbourg fait du tort aux autres Juifs en suscitant un regain d’antisémitisme par sa version de La Marseillaise1. La controverse prend bientôt une ampleur considérable, l’album devenant d’ailleurs disque de platine en quelques mois.

Serge Gainsbourg répond deux semaines plus tard par un article intitulé On n’a pas le con d’être aussi Droit paru dans Le Matin-Dimanche : « Peut-être Droit, journaliste, homme de lettres, de cinq dirons-nous, […] croisé de guerre 39-45 et croix de la Légion d’honneur dite étoile des braves, apprécierait-il que je mette à nouveau celle de David que l’on me somma d’arborer en juin 1942 noir sur jaune et ainsi, après avoir été relégué dans mon ghetto par la milice, devrais-je y retourner, poussé cette fois par un ancien néo-combattant ? ». Jane Birkin a aussi réagi en écrivant à Michel Droit.

Le , Michel Droit est élu à l'Académie française au fauteuil de Joseph Kessel (27e fauteuil).


En 1987, il a été en délicatesse avec la justice comme membre de la CNCL, organisme de contrôle de l'audiovisuel mis en place dans les années 1980, mais défendu par Me Jean-Marc Varaut, il bénéficia d'un non-lieu.

Adepte des safaris africains, il y tuera accidentellement2 un de ses compagnons de chasse, en 1989.

Michel Droit est mort le à La Celle-Saint-Cloud3 après des années de maladie4.

Œuvresmodifier | modifier le code

  • De Lattre Maréchal de France, Pierre Horay, 1952 (livre sur Jean de Lattre de Tassigny)
  • André Maurois, Éditions universitaires, 1953 (livre sur André Maurois)
  • Plus rien au monde, Prix Max Barthou, Ferencz, 1954
  • Jours et Nuits d’Amérique, Georges Nizet, 1954
  • Visas pour l’Amérique du Sud, Gallimar, 1956
  • Pueblo, Julliard, 1957
  • J’ai vu vivre le Japon, Fayard, 1958
  • Panoramas mexicains, Fayard, 1960
  • La Camargue, Prix Carlos de Lazerme, Benjamin Arthaud, 1961
  • Le Retour, Grand prix du roman de l'Académie française, Julliard, 1964
  • Les Compagnons de la Forêt-Noire, Julliard, 1966, Tome 1 de la série Le Temps des hommes5
  • La Fille de l’ancre bleue, Solar, 1967
  • L’Orient perdu, Julliard, 1969, Tome 2 de la série Le Temps des hommes5
  • L’Homme du destin, Larrieu-Bonnel, 1972
  • La Ville blanche, Julliard, 1973, Tome 3 de la série Le Temps des hommes5
  • La coupe est pleine, France-Empire, 1975
  • La Mort du connétable, Julliard, 1976, Tome 4 de la série Le Temps des hommes5
  • Les Feux du crépuscule, Plon, 1977
  • Les Clartés du jour, Plon, 1978
  • Le Lion et le Marabout, Plon, 1979
  • Les Lueurs de l’aube, Plon, 1981
  • Une plume et un micro, Plon, 1982
  • Et maintenant si nous parlions de l’Afrique du Sud, Plon, 1983
  • Une fois la nuit venue, Plon, 1984
  • Lettre ouverte à ceux qui en ont plus qu’assez du socialisme, Albin Michel, 1985
  • La Rivière de la guerre, Julliard, 1985
  • Le Fils unique, Plon, 1988
  • Le Rendez-vous d’Elchingen, Plon, 1990
  • Nous parlerons de Rome, Le Fallois, 1992
  • Le Temps d’apprendre à vivre, Le Rocher, 1993
  • Le Temps qui tient au cœur, Le Rocher, 1996

Liens externesmodifier | modifier le code

Notes et référencesmodifier | modifier le code


Précédé par Michel Droit Suivi par
Joseph Kessel
Fauteuil 27 de l’Académie française
1980-2000
Pierre Nora







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