Mitanni

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Mitanni (ou Mittani) était un royaume du Proche-Orient ancien dont le centre était situé au nord-est de la Syrie actuelle, dans le triangle du Khabur, à peu près entre le XVIIe siècle et le XIIIe siècle avant notre ère. Il était peuplé en majorité de Hourrites, peuple qui doit son nom actuel à la région appelée Hurri, qui semble recouvrir une grande partie de la Haute Mésopotamie. Son élite et sa dynastie régnante, bien que hourrites, préservent cependant des traits archaïques indo-aryens qui traduisent peut-être des origines de ce peuple. Le nom du royaume provient peut-être du nom d'un certain Maitta. Ses voisins l'appelaient de différentes façons : Naharina pour les Égyptiens, Hanigalbat pour les Assyriens, ou encore Subartu dans certains cas.

À son apogée, le Mitanni domine un vaste espace allant de la mer Méditerranée jusqu'au Zagros, dominant alors de riches royaumes, notamment en Syrie (Alep, Ugarit, Karkemish, Qatna, etc.). Il rivalise avec les autres grandes puissances du Moyen-Orient de la période, les Égyptiens et les Hittites, avant que les conflits contre ces derniers et les Assyriens ne causent sa chute. L'organisation de cet État reste cependant très mal connue car peu de sources provenant des sites qu'il dominait sont connues. Ses capitales, Washshukanni et Taidu, n'ont pas été localisées avec certitude. Il est donc essentiellement attesté par des sources extérieures, et la reconstruction de son histoire est lacunaire même si elle a progressé récemment grâce à de nouvelles fouilles archéologiques.

Les territoires, les sites archéologiques et les textes : la documentation sur le Mitannimodifier | modifier le code

Carte représentant les limites approximatives des territoires soumis au royaume du Mitanni à son apogée avant les offensives égyptiennes.

Le royaume du Mitanni se développe à partir d'un centre qui est généralement situé dans la région du « triangle du Khabur », constituée du Khabur et de plusieurs de ses affluents, dans la région appelée actuellement Haute Djézireh, située à la jonction de plusieurs régions : montagnes et leurs piémonts vers le nord ; vallées encaissées du Tigre, de l'Euphrate et de leurs affluents qui sont rarement pérennes (les plus importants étant le Khabur et le Balikh) ; étendues semi-désertiques de la Basse Djézireh au sud, vers la plaine de Basse Mésopotamie ; la Syrie à l'ouest1. Cette région longtemps convoitée par des royaumes extérieurs devient pour plus de deux siècles le centre d'un royaume puissant. Ces régions sont peuplées en majorité de sédentaires pratiquant une agriculture sèche, sans irrigation, même si cette pratique permet d'améliorer les rendements sur certaines terres. Dans la frange sud et les mauvaises années, l'irrigation est nécessaire. Les populations nomades (ou plutôt « semi-nomades », une partie de la population étant sédentaire la grande partie de l'année) sont également importantes dans ces régions au climat incertain. L'habitat du IIe millénaire est traditionnellement situé sur des tells, où se trouvent des acropoles entourées de zones d'habitations alors que la vallée est mise en culture. Les derniers siècles du millénaire (sans doute après la fin du Mitanni) voient un changement s'amorcer avec l'installation progressive de plus en plus de villages dans les plaines, et plus largement un phénomène de dispersion de l'habitat, même si la plupart des anciennes cités subsistent2. Mais des incertitudes demeurent car la périodisation des prospections archéologiques est imprécise, distinguant mal les périodes du Mitanni et du royaume médio-assyrien, alors qu'il est possible que des habitats des zones basses aient complètement disparu.

Tablette scellée retrouvée à Alalakh rapportant un cas juridique présenté par le souverain local Niqmepa devant le roi Shaushtatar du Mitanni, British Museum.

Les sites archéologiques témoignant de la période du Mitanni sont peu nombreux, surtout parce que peu de niveaux archéologiques de cette période ont été mis au jour, en dépit de l'essor de l'archéologie syrienne depuis plusieurs décennies. Les sites les mieux documentés sont Nuzi (Yorghan Tepe dans la région de Kirkuk) et Alalakh (Tell Açana dans la vallée de l'Amuq), qui sont situés aux deux extrémités du royaume et témoignent donc de particularités régionales. Ce sont aussi les deux sites qui ont livré le plus de tablettes de la période mitannienne, et si on y trouve bien de nombreuses personnes aux noms hourrites (une large majorité à Nuzi), les conditions sociales et administratives y sont bien différentes, ce qui fait qu'on ne peut reconstituer de tableau cohérent de la société des régions dominées par le Mitanni, qui sont sans doute trop diverses3. Nuzi reste le plus important pour connaître une société hourrite, grâce aux environ 5 000 tablettes de la période. Il s'agit d'un centre secondaire d'un royaume vassal du Mitanni, le royaume d'Arrapha, dont la capitale, située sous l'actuelle Kirkuk, n'a pu être fouillée, même si des tablettes de la période mitannienne y ont été retrouvées lors d'un glissement de terrain. La documentation d'Alalakh, capitale du royaume de Mukish, est également importante. Plus récemment, il a été établi que le site de Terqa (Tell Ashara sur le Moyen-Euphrate) avait aussi été dominé par le Mitanni, mais cela est peu documenté. Autre site périphérique, Qatna (Tell Mishrife en Syrie occidentale), dont les fouilles ont connu un essor spectaculaire depuis la fin des années 1990, est un vassal syrien du Mitanni de mieux en mieux connu4. Les autres sites importants dominés par ce royaume en dehors de son cœur et qui n'ont pas ou peu fourni d'attestations de cette période sont Alep, Karkemish (Jerablus) sur l'Euphrate, Harran un peu plus à l'est, ainsi que Ninive et Assur sur le cours moyen du Tigre.

Mais l'étude du Mitanni souffre surtout du fait que sa région centrale est mal connue, puisqu'aucun lot de tablettes notables n'y a été mis au jour, et qu'aucune de ses deux capitales connue n'a été découverte, ou du moins qu'aucun site connu n'a pu être identifié avec certitude comme étant l'une d'elles. Pour Washshukanni, il a pu être proposé que Tell Fekheriye portait les ruines de cette cité, sans preuve solide5. Pour Taidu, la capitale tardive, on a proposé de la localiser à Tell al-Hamidiya, où une architecture monumentale et quelques textes administratifs de cette période sont bien connus, ou encore Tell Farfara6. À Tell Brak (Nawar), des restes artistiques et architecturaux (un palais et un petit temple) ont été mis au jour ainsi que quelques tablettes de la période témoignant de la présence d'une administration sur place et même des rois Artashumara et Tushratta lors de deux affaires judiciaires7. Tell al-Hamidiya est aussi bien connu grâce au dégagement de sa vaste terrasse palatiale (un centre du pouvoir royal ?), même si les trouvailles épigraphiques (quelques tablettes administratives rédigées en akkadien fortement mâtiné de hourrite) sont là encore maigres8. Les autres sites connus n'ont guère livré de témoignages notables, juste des parties de constructions et des céramiques, n'étant sans doute que des sites secondaires dans l'organisation mitannienne. On peut y compter Tell Rimah, Tell Bderi, Tell Sheikh Hamad, Tell Mohammed Diyab, ou encore Tell Bazi et Tell Umm el-Marra qui ont chacun livré récemment une tablette de cette période portant le sceau dynastique de Shaushtatar9.

Il reste donc impossible à ce jour de dresser ne serait-ce qu'une ébauche de tableau de la société et de l'administration du Mitanni, en l'absence de sources écrites importantes provenant d'un de ses grands centres politiques. La documentation permettant de reconstituer l'histoire de ce royaume provient de certains des sites qu'il a dominé situés à sa périphérie (Alalakh, et dans une moindre mesure Nuzi et Terqa), et surtout des sources provenant des royaumes extérieurs qui ont été les adversaires ou les alliés du Mitanni, les Égyptiens et les Hittites, notamment les inscriptions rapportant les faits militaires des souverains de ces États, et aussi leur correspondance diplomatique, retrouvée à Tell el-Amarna (l'ancienne Akhetaton) pour les premiers et à Boğazkale (Hattusa) pour les seconds. En l'absence de liste royale, il est difficile de reconstituer la séquence des rois du Mitanni avec certitude et il n'y a pas de consensus sur celle-ci.

Histoiremodifier | modifier le code

La formation du royaumemodifier | modifier le code

La Haute Mésopotamie au milieu du IIe millénairemodifier | modifier le code

La domination de la Haute Mésopotamie est un enjeu pour plusieurs des grandes puissances du Moyen-Orient durant la période paléo-babylonienne (XVIIIe siècle -XVIIe siècle avant notre ère), qui échouent toutes à s'y établir durablement : Ekallatum (Royaume de Haute Mésopotamie), Mari, Babylone puis Alep (Yamkhad), entre autres. Cette région est alors divisée entre plusieurs petites principautés, où s'affirment progressivement des princes hourrites, sans doute appuyés par des migrations de Hourrites arrivant depuis le nord10. Au moment où les souverains hittites Hattushili Ier et Mursili Ier mènent des expéditions dans la région à la fin du XVIIe siècle et au début du XVIe siècle avant notre ère, ils y rencontrent plusieurs principautés où l'élément hourrite est important ou prépondérant, situées entre Haut Euphrate et Haut Tigre, qu'ils affrontent ou avec qui ils s'allient : Hahhum, Hassuwa, Nihriya, Tikunani11. Mursili Ier détruit les royaumes dominants de la période, Alep et Babylone, mais il doit faire face à des attaques d'ennemis désignés comme Hourrites quand il retourne dans son pays12. Ces mêmes ennemis se retrouvent sous son successeur Hantili Ier, à un moment où la puissance hittite s'efface13, mais on ne peut cependant pas parler de royaume hourrite unifié à cette période14.

Des origines obscuresmodifier | modifier le code

Après la chute des deux dernières grandes puissances amorrites qu'étaient Alep et Babylone et le recul des Hittites, les sources sur la Haute Mésopotamie sont inexistantes. C'est dans le courant du XVIe siècle, après la fin des expéditions hittites, que s'accomplit l'unification des principautés hourrites sous la coupe d'une nouvelle dynastie qui fonde le royaume du Mitanni, dont le nom apparaît dans les inscriptions du pharaon Thoutmôsis Ier au tout début du XVe siècle. Les nouveaux souverains dominants ont sans doute profité du vide qui a suivi les expéditions hittites. Un sceau dynastique utilisé par des rois du Mitanni aux siècles suivants donne le nom d'un roi sans doute antérieur, Shutarna fils de Kirta, qu'il faudrait situer dans la seconde moitié du XVIe siècle15. C'est le plus ancien roi du Mitanni connu, peut-être l'ancêtre de la dynastie.

Le processus de formation de ce royaume reste inconnu en l'absence d'autres sources. La seule indication sur l'origine de la dynastie est l'usage de noms indo-aryens pour les souverains mitanniens, en dépit du fait que ceux-ci soient hourrites. Des noms de même origine se retrouvent dans d'autres documents de la période provenant de Syrie, ce qui signifie que ce phénomène n'a pas concerné que le Mitanni. D'autres indices montrent la présence d'un élément indo-aryen parmi l'élite du Mitanni : l'aristocratie militaire des pays hourrites est appelée maryannu, terme explicable par le sanskrit marya- signifiant « jeune guerrier » (le suffixe -nnu étant hourrite)16 ; la présence de plusieurs termes d'origine indo-aryenne dans un traité sur l'élevage des chevaux attribué à un Hourrite ; la présence de plusieurs divinités indo-aryennes (Mitra, Varuna, les Nasatya, etc.) parmi les garants divins d'un accord conclu entre un roi du Mitanni et un roi hittite. Il apparaît donc qu'à l'origine l'élite militaire du Mitanni est en partie d'origine indo-aryenne, venue d'Asie centrale, et dominant une population en majorité hourrite à laquelle elle se mélange progressivement17.

Idrimi et Barattarnamodifier | modifier le code

La statue du roi Idrimi d'Alalakh, British Museum.
Tablette du traité entre Idrimi d'Alalakh et Pilliya du Kizzuwatna, British Museum.

La source majeure sur les débuts de la puissance mitannienne est l'inscription se trouvant sur une statue d'Idrimi, roi de la cité d'Alalakh localisée près de la côte syrienne18. Ce texte raconte la vie agitée de ce personnage, dans les premières années du XVe siècle. Fils du roi Ilimilimma d'Alep, il doit fuir son pays avec ses frères à la suite de troubles dont la nature n'est pas précisée. Après des années d'exil, il réunit des troupes et parvient à reprendre pied à Alalakh, une ancienne dépendance d'Alep. C'est à ce moment qu'il dit s'être réconcilié avec le « Roi des guerriers du pays de Hurri », Barattarna (on trouvera aussi Parattarna), le roi du Mitanni :

« Barattarna, le roi puissant, le roi des guerriers du pays de Hurri, m'avait traité en ennemi pendant sept ans. La septième année, j'ai envoyé Anwanda (messager d'Idrimi) en mission auprès de Barattarna, le roi des guerriers du pays de Hurri, et je lui ai rappelé les termes des traités de mes ancêtres, lorsqu'ils s'étaient alliés avec son pays, et que leurs actes avaient été plaisants pour les rois des guerriers du pays de Hurri, et qu'ils s'étaient jurés l'un l'autre un serment solennel. Lorsque le roi puissant entendit les termes du traité de nos ancêtres et leur serment mutuel, il respecta le traité. Suivant les dispositions de ce traité et les preuves considérables de ma loyauté, il accepta mes cadeaux de salutations. J'ai fait de nombreuses offrandes et je lui ai ramené une maison qu'il avait perdue. En tant que vassal loyal, je lui ai juré un serment de fidélité. Ainsi je suis devenu roi d'Alalakh. »

— Inscription d'Idrimi19.

Ce passage - usant de langue de bois - indique que Barratarna est le souverain dominant en Syrie, et qu'un roi ne peut s'y installer sans son accord. Il est sans doute à l'origine des troubles à Alep qui ont chassé la dynastie d'Idrimi et sur lesquels ce dernier reste volontairement muet. Il lui permet de rester à Alalakh, après avoir passé un accord qui fait de celui-ci son vassal, comme leurs ancêtres (rois du Mitanni et rois d'Alep) l'avaient fait auparavant20. Idrimi est également connu par un traité de paix qu'il a conclu avec le roi Pilliya du Kizzuwatna, royaume qui s'est formé en Cilicie, entre les sphères d'influence du Mitanni et des Hittites21. Après avoir passé un premier accord avec le roi hittite Zidanza, Pilliya passe dans l'orbite du Mitanni, puisque Barattarna est mentionné dans le traité avec Idrimi comme suzerain des deux contractants (voir plus loin).

La constitution d'une grande puissancemodifier | modifier le code

Barattarna a donc joué un grand rôle dans l'organisation de la puissance du Mitanni. Sa suzeraineté est aussi reconnue à Terqa, dans la région du Moyen Euphrate. Il domine la vallée du Khabur où se trouve de cœur de son royaume, ainsi que la Syrie, mais il est impossible de déterminer jusqu'où s'étend son influence à l'est22. Le roi suivant, Shaushtatar, consolide la domination du Mitanni. Il est connu par la documentation d'Alalakh où il est suzerain du roi Niqmepa, successeur d'Idrimi. L'expansion du royaume vers l'est lui est généralement attribuée, avec la victoire contre le royaume d'Assur et peut-être la conquête du royaume d'Arrapha, où se trouve la cité de Nuzi ayant fourni une abondante documentation pour la période mitannienne. Mais il est possible que cet essor oriental doive être attribué à un roi mitannien postérieur nommé lui aussi Shaushtatar, qui aurait régné vers la fin du XIVe siècle23.

Le fonctionnement du royaume du Mitanni est très mal connu en l'absence d'archives administratives. Il semble être une sorte de confédération dominé par le roi du Mitanni, un des « Grands Rois » (šarru rabu) du Proche-Orient de la seconde moitié du IIe millénaire (au même titre que ceux d'Égypte, de Babylone, des Hittites). Les royaumes vassaux devaient disposer d'une grande latitude dans leurs organisation et leurs affaires internes comme paraissent le montrer les archives d'Alalakh et de Nuzi, mais le roi mitannien pouvait intervenir dans certains cas importants, comme ceux impliquant des sujets de Mitanni (disposant du statut de hanigalbatutu, « citoyen du Hanigalbat »)24. La puissance militaire du Mitanni repose manifestement sur son élite guerrière, les maryannu, spécialisés dans l'usage des chars de combat. Ils se retrouvent dans toute la sphère d'influence hourrite, puisqu'ils sont attestés dans les textes d'Alalakh, Ugarit et Nuzi16.

Les rivalités contre l'Égypte et les Hittitesmodifier | modifier le code

Le royaume du Mitanni est confronté à plusieurs menaces venant de l'extérieur : au nord les Hittites dont le centre du royaume est en Anatolie centrale et qui étendent leur sphère d'influence en direction de la Syrie ; au sud-ouest les Égyptiens qui ont des prétentions sur la Palestine et même la Syrie méridionale. Les contacts entre les rois du Mitanni et la quatrième grande puissance de l'époque, la Babylonie dirigée par la dynastie kassite, nous échappent totalement. Les relations internationales mitanniennes n'apparaissent que dans des sources extérieures à ce royaume, à l'exception des lettres d'Amarna envoyées par Tushratta en Égypte qui sont les seules à présenter des événements des ces périodes du point de vue du Mitanni. Pour le reste, les sources proviennent des Hittites et des Égyptiens, avant tout par les inscriptions de leurs rois, qui ne se préoccupent pas toujours de mentionner quel était leur rival ce qui rend difficile de reconstituer l'histoire du Mitanni. La documentation n'est plus abondante et précise qu'à partir de la période des lettres d'Amarna et des conflits contre le roi hittite Suppiluliuma Ier, marquant le début du déclin du Mitanni.

Les guerres contre l’Égyptemodifier | modifier le code

La situation politique au Moyen-Orient au début de la période couverte par les Lettres d'Amarna, début du règne de Tushratta.

Le Mitanni (sans doute sous Barattarna et peut-être Shaushtatar) a dû faire face à un moment aux incursions du roi hittite Télépinu qui avait attaqué Hassuwa sur le Haut Euphrate et conclu un accord avec le roi Ishputashu du Kizzuwatna25. Un des successeurs de ce dernier, Pilliya, rejette finalement la tutelle hittite pour se ranger sous la coupe du Mitanni, qui profite du recul de l'influence de son rival anatolien, empêtré dans des troubles internes durant les décennies qui suivent. Mais aussitôt ce rival disparu, un nouveau surgit au sud : les rois d'Égypte, qui ont placé la Palestine sous leur coupe, portent désormais leurs ambitions de conquête sur la Syrie. Thoutmôsis Ier lance des incursions en direction de la région de l'Euphrate et atteint peut-être ce fleuve. C'est sous son règne que le Mitanni est mentionné pour la première fois dans un texte égyptien26. Après une pause pendant la régence de la reine Hatchepsout qui permet peut-être au Mitanni (sous Shaushtatar ?) d'étendre son influence vers le sud en soutenant la révolte du roi de Qadesh, Thoutmôsis III désire rétablir la puissance égyptienne au Proche-Orient aussitôt après avoir débuté son règne effectif. Il met en déroute le roi de Qadesh et sa coalition à Megiddo. Au cours de ses expéditions suivantes en Syrie, il fait face à plusieurs reprises à des révoltes soutenues par le roi du Mitanni, mais parvient malgré tout à remporter plusieurs succès et à étendre la domination égyptienne. Ses troupes parviennent jusqu'à l'Euphrate, atteignant Karkemish. Les armées mitanniennes auraient même été vaincues près d'Alep, seul affrontement connu entre les deux grandes puissances. Mais les nombreuses campagnes de Thoutmôsis III n'ont pas entamé l'autorité de son adversaire sur ses vassaux syriens, qui se soulèvent à plusieurs reprises contre l’Égypte. Amenhotep II intervient encore dans la région27. Le nom des rois du Mitanni qui font face à ces expéditions ne peuvent être que supposés, car ils ne sont pas nommés dans les inscriptions égyptiennes qui sont nos seules sources sur ces affrontements. Ils sont peut-être à situer vers la fin du règne de Barattarna, ou avec plus de probabilité sous celui de Shaushtatar, voire sous le très mal connu Parshatatar28.

Conflits contre les Hittites et paix avec l’Égyptemodifier | modifier le code

Les attaques de Thoutmôsis III ont pu coïncider ou précéder de peu le retour des Hittites en Cilicie et en Syrie du Nord. Leurs rois Tudhaliya Ier et Tudhaliya II (qui n'ont peut-être fait qu'un) ramènent le Kizzuwatna dans leur orbite, le soustrayant ainsi à l'emprise du Mitanni ; dans la foulée, les troupes hittites atteignent Alep. Arnuwanda Ier finit par annexer le Kizzuwatna. Mais le Mitanni a sans doute réagi, sous l'impulsion d'un nouveau souverain dynamique, Shaushtatar II ; il est fort possible que les conflits opposant alors les Hittites à l'Ishuwa, royaume situé sur le Haut Euphrate, aient la bienveillance voire le soutien du roi hourrite. C'est peut-être également de ce règne qu'il faut dater la prise d'Assur et celle du royaume d'Arrapha, donc l'extension orientale du Mitanni, si elle n'est pas le fait du premier Shaushtatar29. Il convient de préciser que dans une autre reconstruction de la chronologie du Mitanni ce Shaushtatar II n'a jamais existé et se confond avec le premier30. Le règne d'un Barattarna II attesté par un seul document de Nuzi (annonçant sa mort) serait à situer après.

Quoi qu'il en soit, les années suivantes voient la situation du Mitanni s'améliorer. D'un côté, le royaume hittite entre dans une crise grave en raison des attaques simultanées de plusieurs peuples d'Anatolie et ne peut plus agir en Syrie. De l'autre côté, l'Égypte, qui avait sans doute conclu un premier accord avec les Hittites, finit par s'allier avec le Mitanni, à l'époque d'Artatama et de Thoutmôsis IV. Une lettre d'Amarna rappelle le mariage du second avec une fille du premier31. Le roi hourrite suivant, Shutarna II, poursuit cette alliance en donnant sa fille Giluhepa en mariage au nouveau pharaon, Amenhotep III. C'est sous son règne que la crise du royaume hittite semblent être à son maximum, et il a peut-être soutenu des actions contre celui-ci32.

Les premiers troubles à la courmodifier | modifier le code

Une des lettres d'Amarna envoyée par Tushratta à Amenhotep III, concernant le mariage de sa fille Taduhepa, British Museum.

La période suivante, qui correspond en gros à la seconde moitié du XIVe siècle, est mieux connue car contemporaine des lettres d'Amarna et de plusieurs documents hittites. Le successeur de Shutarna II, Artashumara, est assassiné par un certain UD-hi/Uthi (le nom est mal compris), sans doute un haut dignitaire de la cour. Le nouvel homme fort de la cour mitannienne ne règne pas directement, mais place sur le trône le prince Tushratta (fils ou frère du roi déchu), vraisemblablement avec l'espoir d'en faire sa marionnette. Cela provoque une scission au sein de la famille royale, avec la mise à l'écart d'un autre prince prétendant à la royauté, Artatama. Tushratta fait finalement assassiner UD-hi, et peut fièrement annoncer à Amenhotep III qu'il a rétabli la stabilité dans son royaume33.

Les lettres envoyées par ce souverain à son homologue égyptien, à la reine Tiyi et à leur fils Amenhotep IV/Akhénaton montrent que les relations entre les deux cours sont très amicales, marquées par de nombreux échanges de présents, ainsi que le mariage entre Taduhepa, fille de Tushratta, et Amenhotep III puis Amenhotep IV à la mort du précédent. Les négociations de ce mariage, dans lesquelles l'« ambassadeur » mitannien Mane joue un rôle important, et la constitution de la dot sont connues par plusieurs lettres34.

Tushratta bénéficie pendant la première partie de son règne de l'absence de la menace hittite. Mais la reprise en main du royaume anatolien par Suppiluliuma Ier marque un tournant car elle est suivie par son retour fracassant dans les affaires syriennes.

Déclin et fin du Mitannimodifier | modifier le code

Les guerres syriennes de Suppiluliumamodifier | modifier le code

Suppiluliuma prépare pendant plusieurs années son attaque contre le Mitanni et ses dépendances syriennes qui sont son principal objectif. Il utilise les dissensions au sein de la dynastie, puisqu'il passe un accord avec Artatama, laissé de côté après l'assassinat d'Artashumara. Il bat une première fois l'Ishuwa, ce qui lui ouvre la voie vers le Mitanni face auquel il semble essuyer un premier échec, après quoi Tushratta semble se rendre en Syrie où il réaffirme sa domination35. Sa deuxième tentative est plus fructueuse, puisqu'il lance une offensive en plein cœur du triangle du Khabur, parvient dans la région de Washshukanni qu'il n'a pas forcément prise. Tushratta a évité l'affrontement, mais reste impuissant quand Suppiluliuma mène ses troupes en Syrie, où il tente de faire passer dans son camp par la force ou par la négociation les vassaux du Mitanni et aussi de l'Égypte. L'ordre qui régnait précédemment est bousculé36. Mais plusieurs conflits contre les principautés syriennes le retiennent pendant plusieurs années. C'est vers cette période que Tushratta est assassiné et renversé, peut-être par son propre fils Shattiwazza (anciennement lu Mattiwazza). Mais cette affaire bénéficie à d'autres personnes. Artatama II et son fils Shutarna III prennent le pouvoir à Washshukanni. Une partie de l'élite du Mitanni, dirigée par Shattiwazza, s'exile alors en Babylonie où elle est mal reçue. Elle se range finalement du côté de Suppiluliuma contre ses adversaires, comme l'indique le prologue traité passé entre le prince mitannien et le roi hittite :

« Je suis tombé aux pieds de Sa Majesté, Suppiluliuma, Grand Roi, Roi du Hatti, Héros, Aimé du Dieu de l'Orage. Il me prit par la main, se réjouit pour moi et me questionna longuement sur toutes les coutumes du Mitanni. [Quand] il eut écouté longuement [les coutumes] du Mitanni, le Grand Roi et Héros me dit : « Si je soumets Shuttarna et [les troupes] du Mitanni, je ne te rejetterai pas et je ferai de toi mon fils, je te soutiendrai et te placerai sur le trône de ton père. Et les Dieux connaissent Ma Majesté, Suppiluliuma, Grand Roi, Roi du Hatti, Héros, Aimé du Dieu de l'Orage. Il ne revient pas sur ses paroles. » »

— Traité entre Shattiwazza et Suppiluliuma, version de Shattiwazza37

L'émancipation et l'expansion assyriennesmodifier | modifier le code

La situation politique du Moyen-Orient au début du XIIIe siècle, après la destruction du Mitanni.

L'affaiblissement du Mitanni a profité à deux de ses anciens vassaux, l'Alshe et surtout l'Assyrie, emmenée par son roi Assur-uballit Ier qui correspond alors d'égal à égal avec Akhénaton. Le royaume d'Arrapha est alors détruit à la suite des attaques assyriennes mais aussi sans doute babyloniennes38. Artatama II et Shutarna III utilisent alors le trésor de Washshukanni pour se rallier à eux l'Alshe et l'Assyrie. Mais cela ne les protège pas de la contre-offensive des Hittites, qui se sont emparés de plusieurs royaumes syriens dont Karkemish, où est intronisé le prince hittite Sharri-Kushukh qui conduit ensuite ses troupes jusqu'à Washshukanni. Shattiwazza y est installé comme il lui avait été promis, et il conclut le traité faisant de lui un vassal majeur de Suppiluliuma puis de son fils Arnuwanda II ; les introductions des deux versions connues du texte nous donnent les détails des événements ayant conduit à son avènement39. Shutarna III s'est peut-être retiré sous la protection des Assyriens.

La situation politique tourne ensuite en faveur des Assyriens, même s'il semble que les derniers rois du Mitanni (que les Assyriens appellent Hanigalbat, terme qui apparaissait déjà dans les tablettes de Nuzi) descendent de Shattiwazza. Shattuara Ier, allié aux Hittites au début de son règne, finit par passer sous la coupe du roi assyrien Adad-nerari Ier, qui menace sérieusement Muwatalli II. Les Assyriens étendent alors leur domination jusqu'à l'Euphrate, face à Karkemish. Le roi mitannien suivant, Wasashatta, rejette la tutelle assyrienne et demande l'appui des Hittites. Adad-nerari réagit vigoureusement40 :

« Ensuite Wasashatta, son fils (de Shuttuara) se révolta, il entreprit une rébellion contre moi et engagea des hostilités. Il alla au pays de Hatti pour obtenir de l'aide. Le Hittite prit ses cadeaux mais ne fournit aucun secours. Grâce aux puissantes armes du dieu Assur mon seigneur [...] je m'emparai et saisis sa cité royale de Taidu et les cités d'Amasaka, Kahat, Suru, Nabula, Hurra, Shaddulu et Washshukanni. Je pris et transportai à ma cité d'Assur les biens de ces cités, les richesses accumulées par ses pères et le trésor de son palais. »

— Introduction historique d'inscriptions d'Adad-nerari Ier41

La fin du Mitannimodifier | modifier le code

Par la suite Shattuara II, soutenu par les Hittites, tente encore de repousser les Assyriens, mais leur nouveau roi Salmanazar Ier le bat et le chasse à son tour. Celui-ci, plutôt que de réanimer la dynastie mitannienne une nouvelle fois, décide de déposséder celle-ci de tout pouvoir en plaçant le Hanigalbat sous administration directe42. Son successeur Tukulti-Ninurta Ier remporte une victoire décisive sur les Hittites, qui assoit la domination assyrienne sur la région et met fin à toute possibilité de retour d'éventuels prétendants au trône du Mitanni, désormais sans appui politique dans la région des leurs ancêtres.

Le Hanigalbat fait alors l'objet d'une réorganisation profonde par les Assyriens, qui y créent plusieurs provinces avec leurs centres administratifs, parfois sur l'emplacement d'anciennes villes du Mitanni, et mettent en valeur des terroirs agricoles comme cela est attesté autour de Dur-Katlimmu (Tell Sheikh Hamad). La documentation extraite des centres provinciaux assyriens montre l'importance du Hanigalbat pour ce royaume. Cet ensemble est placé sous la responsabilité d'un « grand ministre » (sukkallu rabu) qui prend aussi le titre de « roi du Hanigalbat », dont les détenteurs se succèdent de père en fils, avant que l'un d'eux ne prenne le trône assyrien à la suite d'un coup d'État. Des groupes hourrites sont toujours attestés à cette période, menant des raids perturbant les régions dominées par les Assyriens, où ils apparaissent peut-être sous le nom de « Subriens », mais aussi dans la sphère hittite puisqu'une attaque menée par un « roi des guerriers hourrites » est mentionnée dans la documentation d'Emar dans la seconde moitié du XIIIe siècle. Par la suite, plusieurs princes hourrites s'affirment peut-être face au lent déclin du pouvoir assyrien, mais ce sont finalement de nouveaux venus, les Araméens, qui prennent l'ascendant durant les dernières décennies du IIe millénaire43.

Culture matériellemodifier | modifier le code

Les territoires soumis au Mitanni sont encore mal documentés. Elle a reposé pendant longtemps sur les sources provenant de deux sites majeurs mais périphériques dans le royaume, Alalakh et Nuzi. L'essor des fouilles dans le nord de l'Irak (Tell Rimah) et la Syrie (avant tout Tell Brak, puis Tell Mohammed Diyab, Tell al-Hamidiya, Tell Sheikh Hamad, Tell Ashara, etc.) a permis de compléter progressivement les connaissances sur les populations ayant vécu à la période de domination du Mitanni. La culture matérielle de cette période reste cependant encore mal connue et peu étudiée. Elle semble marquée par les héritages des périodes précédentes, des influences syriennes et mésopotamiennes fortes, mêlées à d'autres venues d'Anatolie ou d'Égypte, dont certains aspects semblent originaux, donc au final une culture très diversifiée à l'image d'un royaume qui ne semble jamais avoir connu de projet centralisateur.

Architecturemodifier | modifier le code

Ruines du palais d'époque du Mitanni à Tell Brak.

Du peu de fouilles concernant le cœur du royaume de Mitanni qui ont été effectués, on peut relever quelques bâtiments notables.

La zone HH de Tell Brak comprend un groupe monumental daté de l'époque du Mitanni. Le monument majeur est un palais-forteresse dont la première forme est datée du XVIe siècle, avant d'être reconstruit au siècle suivant après une destruction. Il présente une organisation unique en son genre. Il est organisé autour d'une cour centrale au sud, qui est une grande pièce de réception ; au nord se trouve une autre grande cour, qui à l'est ouvre sur des cuisines et magasins ; il y avait probablement un étage supérieur servant de résidence. On y a retrouvé des objets en verre, faïence, des vases en albâtre, du mobilier et deux tablettes en hourrite. Le palais est jouxté par un petit temple (16 × 18 mètres) disposant d'un décor à semi-colonnes engagées, type de décor déjà présent sur ce site et d'autres de la région (Tell Rimah, Tell Leilan) à la période précédente, et qui se trouvait aussi sur le niveau le plus ancien du palais-forteresse44. Quelques résidences de cette époque ont également été fouillées.

À Tell al-Hamidiya, peut-être l'antique Taidu (donc une des capitales du Mitanni), un niveau du Bronze récent a été mis au jour et attribué par ses fouilleurs à la période du Mitanni. Entouré d'une muraille englobant environ 245 hectares, il est dominé par un tell (« terrasse résidentielle ») servant de centre de pouvoir, où se trouve notamment un vaste complexe palatial (38 000 m²) de forme originale : il est bâti sur quatre terrasses superposées de taille décroissante et accessible par une longue rampe (schéma rappelant la disposition des ziggurats du sud mésopotamien). Le palais central à proprement parler (un palais royal mitannien ?) est très érodé et seules quelques pièces ont pu être repérées. Deux autres édifices palatiaux, plus petits, ont été partiellement dégagés au sud de la terrasse résidentielle8.

Sur le site de Tell Rimah, le grand temple avec ziggurat qui date de la période amorrite est toujours restauré, et des traces d'un palais ainsi que des résidences de cette période ont été mises au jour. Tell Mohammed Diyab présente un niveau (le 4) qui est datable de l'époque mitannienne, constitué d'une construction de type palatial45. Ces sites semblent tous détruits lors de la conquête des Assyriens et sont parfois réoccupés et remaniés.

Les sites périphériques d'Alalakh et Nuzi sont une nouvelle fois les mieux documentés.

Nuzi est le site sur lequel le plus de bâtiments ont été dégagés. Le mieux connu est le grand palais de plus de 120 mètres de long, qui a pu servir de résidence à un gouverneur ou bien à des membres de la famille royale d'Arrapha (de façon temporaire ?)46. Son organisation a pu être retrouvée de façon assez assurée : l'accès s'y fait par une première cour au nord, qui donne accès vers le sud à une vaste cour centrale organisant l'édifice. La partie nord semble destinée à des fonctions administratives (bureaux, magasins, peut-être des résidences de fonctionnaires). La grande cour ouvre vers le sud-ouest sur une première salle allongée conduisant à une seconde de même forme, identifiée comme la salle de réception. Les appartements des maîtres du palais se trouvent au sud, même si leur résidence est sans doute à localiser à l'étage. On est donc en présence d'une division de l'édifice entre espace public/administratif et espace privé, comme cela se trouve au millénaire suivant dans les palais assyriens. Des restes de pavage ont été retrouvés dans plusieurs, ainsi qu'un système de drainage élaboré, et des fragments de peinture murales dans la partie résidentielle. Plusieurs temples ainsi que des résidences ont également été mis au jour lors des fouilles de ce site47.

À Alalakh, la période de domination correspond au niveau IV, représentée par un palais royal attribué à l'époque du roi Niqmepa, fils d'Idrimi. Le plan de la partie principale de l'édifice est classique : un espace central autour duquel s'organisent plusieurs unités de pièces d'administration et de stockage. Son aspect le plus original est son entrée monumentale constituée d'un portique à colonnes, ouvrant sur des escaliers conduisant au palais. Elle préfigure les bâtiments de type bit hilani qui sont très courant dans la Syrie et la Haute Mésopotamie de la première moitié du Ier millénaire. Comme plusieurs autres palais de la période, il est jouxté par un petit temple reconstruit plusieurs fois, tandis que le palais disparaît après une première destruction48.

La tradition palatiale syrienne de cette période se retrouve également dans le palais royal de Qatna, détruit par les Hittites quand ils prennent le contrôle de la région. Il est organisé autour d'une grande cour menant à des espaces publics dans la partie ouest, et d'une salle salle du trône dans sa partie est, ouvrant sur des espaces privés, dont un hypogée royal qui a livré un matériel archéologique très riche49.

Ainsi, l'architecture officielle des sites dominés par le Mitanni révèle des traditions locales propres, et ne montre pas de traces d'une influence quelconque du « centre » dont la domination serait insoupçonnable s'il n'y avait pas de textes.

Céramiquemodifier | modifier le code

Exemples de « céramiques de Nuzi », retrouvées à Alalakh, British Museum. Exemples de « céramiques de Nuzi », retrouvées à Alalakh, British Museum.
Exemples de « céramiques de Nuzi », retrouvées à Alalakh, British Museum.

La céramique caractéristique des niveaux de l'époque du Mitanni est appelée « céramique de Nuzi », du nom du premier site où elle a été identifiée. Elle est présente en Haute Mésopotamie au début de la seconde moitié du IIe millénaire, succédant à la « céramique du Khabur » de l'époque paléo-babylonienne, et est attestée du Zagros à la mer Méditerranée, sur une aire qui ne correspond pas stricto sensu à celle de la domination mitannienne, ce qui fait qu'il ne faut pas l'identifier comme un marqueur archéologique de ce royaume. C'est une céramique fine, à fond sombre, avec des motifs blancs peints, représentant sur plusieurs registres des décors stylisés, souvent de type floral ou curviligne et encadrés par d'autres motifs rectilignes. La forme caractéristique est un gobelet haut à paroi fine et à pied étroit, mais on trouve aussi d'autres types de gobelets, des jarres et des bols. Retrouvée surtout dans des palais, temples et de grandes maisons, elle est considérée comme une production de luxe50.

Les autres types de céramique attestés sur les sites mitanniens, répandus dans toutes les parties des sites, aussi bien chez les plus aisés que chez les plus pauvres, sont plus frustes même si la qualité d'exécution est plutôt bonne (par comparaison à la période suivante en tout cas). Ils présentent une grande variété : généralement non peints même s'il existe divers types de poteries peintes, les formes et pâtes sont très diverses. Cela excluant une production en série, pratique qui se développe en revanche sous la domination assyrienne expliquant la baisse de variété et de qualité51.

Matières vitreusesmodifier | modifier le code

La période du Mitanni voit le développement des techniques artisanales de travail des matières vitreuses : verre, la glaçure permettant de réaliser des objets en « faïence », la fritte. Ces objets ont été retrouvés en grande quantité sur les sites du nord mésopotamien (Nuzi, Alalakh, Tell Brak, Tell Rimah), ce qui semble faire de cette région le centre de développement du travail du verre à grande échelle, si ce n'est le lieu de développement de l'artisanat verrier. Cette période voit en tout cas l'amélioration du travail de la pâte de verre, et sa coloration avec des oxydes métalliques. Les artisans réalisent des bijoux (dont il reste beaucoup de perles de verre), des amulettes, des sceaux-cylindres en faïence, ainsi que des vases en verre52.

Glyptiquemodifier | modifier le code

La glyptique mitannienne est avant tout connue par les tablettes de Nuzi et d'Alalakh, mais aussi des documents de Tell Rimah ou de régions étrangères en contact avec les rois du Mitanni (Hatti, Égypte). Les sceaux-cylindres les plus courants (type « commun »), dont les exemplaires connus sont souvent en matières vitreuses colorées (faïence ou en fritte). Ils sont très diffusés puisqu'on les retrouve sur toute l'aire dominée par le Mitanni à son apogée et même dans les régions voisines, jusque dans le monde égéen. Ils représentent généralement de façon schématisée des animaux réels ou imaginaires (comme des sphinx ou des griffons) et des motifs floraux, de façon stéréotypée, avec des scènes souvent surchargées. Les sceaux des élites (type « élaboré »), avant tout représentés par les sceaux des rois mitanniens et de certains de leurs vassaux, sont plus recherchés. Ils sont réalisés en pierre dure, généralement l'hématite. Le plus caractéristique est le sceau de Shaushtatar, un véritable sceau dynastique des rois mitanniens réutilisé par plusieurs de ses successeurs et attesté sur des tablettes de quatre sites (Tell Brak, Nuzi, Umm el-Marra et Tell Bazi). Il représente une scène où figure au centre un personnage à tête humaine mais à corps d'animal, disposant d'ailes, et brandissant deux lions. Autour de lui sont réparties de façon très libres d'autres animaux, des héros et une déesse protectrice53. Les autres sceaux de cette catégorie reprennent ce même style hétéroclite, exubérant, témoignant d'influences très diverses et représentant des divinités (parfois identifiées comme le dieu de l'Orage Teshub ou la déesse Shaushga) et d'autres personnages et créatures mythologiques entourés d'animaux et de motifs floraux, dans des scènes de combat/chasse ou de rituels dont le sens exact nous échappe54.

Sceaux-cylindres de la période du Mitanni

Statuairemodifier | modifier le code

Une statue en calcaire ainsi qu'un fragment de tête de statue en basalte datés de la période mitanienne ont été mis au jour à Tell Brak. La plus complète représente un personnage assis, représenté de façon très stylisée (voire maladroite) et quasiment cubique, et la seconde semble présenter des caractéristiques similaires55. La posture de la statue la plus complète est similaire à celle des représentations de personnages assis courants en Syrie à la période précédente, et dont un exemple remarquable est la statue d'Idrimi d'Alalakh, elle aussi souvent décrite comme réalisée de façon maladroite, en tout cas schématique. Le roi dispose des attributs courants des rois syriens, la tiare ovale avec un bandeau à sa base, un long manteau et une barbe plate sans moustache. Sa statue était disposée sur un trône en basalte, entre deux statues d'animaux dont seuls les pieds ont survécu56. Cette statuaire a des postérités à l'époque des royaumes araméens.

Les divinités des rois du Mitannimodifier | modifier le code

La religion des habitants du Mitanni nous échappe largement. Plusieurs temples de cette période ont été dégagés comme cela a été évoqué, avec des objets sans doute de nature votive. Le culte tel qu'il était pratiqué n'a sans doute pas différé de celui des périodes précédentes. Mais nos information viennent avant tout de sites de la même période extérieurs à la sphère mitannienne bien connus par des sources écrites, comme Ugarit et Emar, ou bien la capitale hittite Hattusa où étaient vénérées des divinités hourrites et pratiqués des rituels originaires des régions hourrites (surtout le Kizzuwatna) ou influencés par celles-ci, et parfois connus par des textes en hourrite. Le récit mythologique du Cycle de Kumarbi, pour lequel on reconnaît généralement une origine hourrite, n'est pas attesté dans la sphère mitannienne. Pour ce que l'on peut deviner, le culte courant est organisé autour d'offrandes quotidiennes faites à un dieu représenté par sa statue dont le podium peut parfois être repéré dans les temples mis au jour. Les sceaux-cylindres représentent des scènes de rituels ou de mythes, mais ceux-ci sont difficiles à comprendre54. Seuls les noms de quelques divinités majeures et de leurs grands sanctuaires qui sont plus assurés, mais qui n'apparaissent qu'en lien avec le pouvoir royal. Ils se trouvent notamment dans des textes diplomatiques, à savoir les lettres d'Amarna de Tushratta et le traité entre Shattiwazza et Suppiluliuma Ier. Ce dernier contient une liste de divinités du Mitanni garantes de l'accord, toutes n'étant pas clairement identifiées  :

« Le Dieu de l'Orage du Ciel et de la Terre, le Dieu-Lune et le Dieu-Soleil, le Dieu-Lune de Harran, le Ciel et la Terre (?), le Dieu de l'Orage Seigneur du kurinnu de Kahat, le Dieu de l'Orage Seigneur de Uhushuman, Ea Seigneur de la Sagesse, la Divinité des Troupeaux de Kurta, Anu et Antu, Enlil et Ninlil, les dieux Mitra, les dieux Varuna, Indra, les dieux Nasatyas, le cours d'eau souterrain (?), Shamanminuhi, le Dieu de l'Orage Seigneur de Washshukanni, le Dieu de l'Orage du Temple plateforme (?) d'Irrite, Nabarbi, Shuruhi, Ishtar, Étoile (?), Shala, la Dame du palais, la Dame du temple-ayakki, Ishkhara, Partahi de Shuta, les montagnes, les rivières et les sources, divinités du Ciel et de la Terre. »

— Traité entre Shattiwazza et Suppiluliuma, version de Shattiwazza57

L'ordre de ce traité donne une indication de l'importance des divinités, même si l'identité de plusieurs est incertaine faute de parallèles. Les divinités majeures restent sont donc celles qui sont traditionnellement vénérées dans les régions dominées par le Mitanni et qui se retrouvent aux périodes précédentes et suivantes58. Le grand dieu souverain est le Dieu de l'Orage, connu en hourrite sous le nom de Teshub et en sémitique sous celui de Adad/Hadad, à qui Tushratta attribue la décision de lui avoir octroyé le trône du royaume59. Il se décline en plusieurs hypostases, rangées suivant ses grands lieux de culte : Kahat (temple dans lequel une version du traité doit être déposée), Washshukanni, mais aussi Alep. Sa parèdre Hebat apparaît peu dans la documentation, en dehors des noms de princesses (Giluhepa et Taduhepa). Viennent ensuite les divinités astrales. Le Dieu-Soleil (en hourrite Shimigi, Shamash en akkadien), vénéré dans la ville de Ihibe, apparaît également à plusieurs reprises dans des lettres amarniennes60. Une autre grande divinité de la région, le Dieu-Lune de Harran (Kushukh en hourrite et Sîn en akkadien) complète la triade majeure dans le traité61.

Les déesses ne viennent qu'en fin de liste, avec en particulier la grande déesse du Mitanni, Shaushga/Ishtar, la planète Vénus et patronne de l'amour et de la guerre, dont l'un des grands sanctuaires est localisé à Ninive. Tushratta envoie sa statue à son homologue égyptien, pour une raison indéterminée (après un mariage interdynastique, ou bien parce que le pharaon est malade ?)62. Plusieurs autres grandes divinités originaires du panthéon du sud mésopotamien sont présentes dans le traité (Ea, les couples Enlil-Ninlil et Anu-Antu). La seule originalité décelable est la présence (marginale ?) d'éléments religieux d'origine indo-aryenne : des divinités dans la liste des garants du traité (Varuna, Mitra, Indra, les Nasatyas) ; et dans l'onomastique (concept Ṛta, sorte de Loi divine, présent dans le nom Artatama)63.

Souverains du Mitannimodifier | modifier le code

Note : la datation est très approximative, et l'ordre de succession encore incertain pour certains rois.

Notes et référencesmodifier | modifier le code

  1. Synthèses utiles sur ces régions : X. Faivre, « Haute Mésopotamie », dans Joannès (dir.) 2001, p. 375-376 ; B. Lyonnet et F. Joannès, « Habur », dans Joannès (dir.) 2001, p. 360-362. X. Faivre, « Balih », dans Joannès (dir.) 2001, p. 119-120.
  2. (en) T. J. Wilkinson, « Regional Approaches to Mesopotamian Archaeology: The Contribution of Archaeological Surveys », dans Journal of Archaeological Research 8/3, 2000, p. 234-235
  3. Les institutions de ces deux sites qui apparaissent dans les tablettes de la période du Mitanni sont présentées dans : (en) C. Zaccagnini, « Nuzi », dans R. Westbrook (dir.), A History of Ancient Near Eastern Law, vol. 1, Leyde, 2003, p. 565-617 et (en) I. Márquez Rowe, « Alalakh », dans Ibid., p. 703-716. Voir aussi (en) E. von Dassow, State and society in the late Bronze Age, Alalaḫ under the Mittani Empire, Bethesda, 2008.
  4. (en) M. al-Maqdissi, M. Luciani, D. Morandi-Bonacossi, M. Novák et P. Pfälzner, Excavating Qatna I – Preliminary Report on the 1999 and 2000 Campaigns of the Joint Syrian-Italian-German Archaeological Research Project at Mishrife, Damas, 2002 ; (en) M. al-Maqdissi et D. Morandi-Bonacossi (dir.), The Metropolis of the Orontes, Art and Archaeology from the Ancient Kingdom of Qatna. Seven Years of Syrian-Italian Collaboration at Mishrifeh/Qatna, Damas, 2005
  5. Bryce et al. 2009, p. 763
  6. Bryce et al. 2009, p. 687
  7. Documents juridiques et administratifs en akkadien : (en) I. L. Finkel, « Inscriptions from Tell Brak 1984 », dans Iraq 47, 1985, p. 191-198 ; (en) Id., « Inscriptions from Tell Brak 1985 », dans Iraq 50, 1988, p. 83-86 ; (en) N. J. J. Illingworth, « Inscriptions from Tell Brak 1986 », dans Iraq 50, 1988, p. 99-108. Un fragment de lettre en hourrite : (en) G. Wilhelm, « A Hurrian Letter from Tell Brak », dans Iraq 53, 1991, p. 159-168.
  8. a et b M. Wäfler, « Tell al-Hamidiya », dans Dossiers d'Archéologie 155, 155, Mille et une capitales de Haute Mésopotamie, 1991, p. 78-81. (de) « Die Stadtanlage zur Maittani-Zeit » (résumé des fouilles récentes sur les niveaux mitanniens), sur hamidiya.unibe.ch.
  9. (en) J. Cooper, G. Schwartz et R. Westbrook, « A Mittani Era Tablet from Umm el-Marra », dans Studies on the Civilization and Culture of Nuzi and the Hurrians 15, 2005, p. 41-56 ; (de) W. Sallaberger, « Schenkungen von Mittani-Königen an die Einwohner von Baṣīru, Die zwei Urkunden aus Tall Bazi am Mittleren Euphrat », Zeitschrift für Assyriologie 96, 2006, p. 69-104
  10. Sur les attestations des Hourrites à cette période, voir B. Lion, « Hurrites », dans Joannès (dir.) 2001, p. 398-399
  11. Freu 2007, p. 90-92
  12. Freu 2007, p. 115 et 118-121
  13. Freu 2007, p. 124-125
  14. Freu 2003, p. 32-33
  15. B. Lion, « Mitanni (rois) », dans Joannès (dir.) 2001, p. 535
  16. a et b (de) G. Wilhelm, « Marijannu », dans D. O. Edzard (dir.), Reallexikon der Assyriologie und vorderasiatischen Archäologie 7, Berlin et New York, 1987-1990, p. 419-421. On les retrouve dans les textes d'Alalakh et d'Ugarit où ils forment l'élite de la société, ainsi qu'à Nuzi sous la dénomination « conducteurs de chars » (rākib narkabti).
  17. B. Lion et X. Faivre, « Mitanni  », dans Joannès (dir.) 2001, p. 533. Freu 2003, p. 19-23
  18. Traductions : (de) M. Dietrich et O. Loretz, « Die Inschrift der Statue des Königs Idrimi von Alalah », dans Ugarit Forschungen 13, 1981, p. 201-269 et (en) E. L. Greenstein et D. Marcus, « The Akkadian Inscription of Idrimi », dans Journal of the Ancient Near Eastern Studies 8, 1976, p. 59-96.
  19. Lignes 42-58. (en) E. L. Greenstein et D. Marcus, op. cit., p. 64-65.
  20. B. Lion, « Idrimi », dans Joannès (dir.) 2001, p. 405-406. Freu 2003, p. 34-40
  21. (en) D. J. Wiseman, The Alalakh Tablets, Londres, 1953, p. 40-43
  22. Freu 2003, p. 40-45
  23. C'est l'avis de Freu 2003, p. 47-53
  24. C. Zaccagnini, « Les rapports entre Nuzi et Ḫanigalbat », dans Assur 2/1, 1979, p. 1–27 ; (en) I. Márquez Rowe, « Alalakh », dans R. Westbrook (dir.), A History of Ancient Near Eastern Law, vol. 1, Leyde, 2003, p. 706
  25. Freu 2003, p. 50-51
  26. Freu 2003, p. 38 et 43
  27. Sur les expéditions des rois égyptiens en Palestine et Syrie, voir par exemple P. Garelli, J.-M. Durand, H. Gonnet et C. Breniquet, Le Proche-Orient asiatique, tome 1 : Des origines aux invasions des peuples de la mer, Paris, 1997, p. 141-144, et (en) B. Bryan, « The Egyptian Perspective on Mittani », dans R. Cohen et R. Westbrook (dir.), Amarna Diplomacy, The beginning of international relations, Baltimore, 2000, p. 71-77. Développements plus détaillés dans P. Grandet, Les Pharaons du Nouvel Empire : une pensée stratégique (1550-1069 avant J.-C.), Paris, 2008, p. 69-131.
  28. Voir par exemple Freu 2003, p. 50-52 et 65-70
  29. Freu 2003, p. 57-79
  30. Par exemple B. Lion, « Mitanni (rois) », dans Joannès (dir.) 2001, p. 535-536
  31. Moran 1987, p. 179-190 (EA 29)
  32. Freu 2003, p. 79-88
  33. Freu 2003, p. 88-90. Moran 1987, p. 110-112 (EA 17).
  34. Moran 1987, p. 110-190 (lettres EA 17 à 30). (en) P. Artzi, « The diplomatic service in action: the Mittani file », dans R. Cohen et R. Westbrook (dir.), Amarna Diplomacy, The beginning of international relations, Baltimore, 2000, p. 205-211. Freu 2003, p. 91-98.
  35. Freu 2003, p. 98-114
  36. Freu 2003, p. 120-138
  37. Recto l. 21 sq. (en) G. Beckman, Hittite Diplomatic Texts, Atlanta, 1999, p. 49-50.
  38. Freu 2003, p. 139-144
  39. (en) G. Beckman, Hittite Diplomatic Texts, Atlanta, 1999, p. 41-54. Freu 2003, p. 144-167
  40. Freu 2003, p. 167-188
  41. L. 15-34, (en) A. K. Grayson (dir.), The Royal inscriptions of Mesopotamia. Assyrian periods. Assyrian Rulers of the Third and Second Millennium B.C. (To 1115 B.C.), Toronto, 1987, p. 134. Traduction adaptée de Freu 2003, p. 180
  42. Freu 2003, p. 188-208
  43. Freu 2003, p. 211-219
  44. (en) D. Oates, « Excavations at Tell Brak 1985-86 », dans Iraq 49, 1987, p. 180-190. D. et J. Oates, « Tell Brak et l'empire du Mitanni », dans Dossiers d'Archéologie 155, Mille et une capitales de Haute Mésopotamie, 1991, p. 72-77.
  45. L. Bachelot, « Les fouilles de Mohammed Diyab », dans Dossiers d'Archéologie 155, op. cit., p. 57-59
  46. J.-C. Margueron, Recherches sur les palais mésopotamiens de l'âge du bronze, Paris, 1982, p. 425-450 et fig. 300-320.
  47. (en) R. F. S. Starr, Nuzi, 2 vol., Cambridge, 1937-1939. P. Amiet, op. cit., p. 506-507.
  48. P. Amiet, L'Art antique du Moyen-Orient, Paris, 1977, p. 471
  49. (en) P. Pfälzner, « Archaeological investigations in the royal palace of Qatna », dans D. Morandi Bonacossi (dir.), Urban and Natural Landscapes of an Ancient Syrian Capital, Settlement and Environment at Tell Mishrifeh/Qatna in Central-Western Syria, Udine, 2007, p. 65-90.
  50. M. Yon (dir.), Dictionnaire illustré multilingue de la céramique du Proche-Orient ancien, Lyon, 1985, p. 166-167. (en) D. L. Stein, « Nuzi », dans E. M. Meyers (dir.), Oxford Encyclopaedia of Archaeology in the Ancient Near East, Volume 4, Oxford et New York, 1997, p. 174.
  51. (de) P. Pfälzner, Mittanische und Mittelassyrische Keramik, Berlin, 1995 ; (en) Id., « The Late Bronze Age Ceramic Traditions of the Syrian Jezirah », dans M. al-Maqdissi, V. Matoïan et C. Nicole (dir.), Céramique de l’âge du Bronze en Syrie, II. L'Euphrate et la région de Jézireh, Beyrouth, 2007, p. 232-299.
  52. J.-L. Huot, Une archéologie des peuples du Proche-Orient, tome II, Des hommes des Palais aux sujets des premiers empires (IIe-Ier millénaire av. J-C), Paris, 2004, p. 69-70. (en) P. R. S. Moorey, « The Hurrians, the Mittani, and Technological Innovation », dans L. De Meyer et E. Haerinck (dir.), Archaeologia Iranica et Orientalis, Miscellanea in honorem Louis Vanden Berghe, Gand, 1989, p. 273-286.
  53. A. Benoit, Art et archéologie : les civilisations du Proche-Orient ancien, Paris, 2003, p. 108 et 320-321
  54. a et b Voir par exemple les propositions (de) D. L. Stein, « Mythologische Inhalte der Nuzi-Glyptik », dans V. Haas (dir.), Hurriter und Hurritisch, Constance, 1988, p. 173-209.
  55. J.-L. Huot, Une archéologie des peuples du Proche-Orient, tome II, Des hommes des Palais aux sujets des premiers empires (IIe-Ier millénaire av. J-C), Paris, 2004, p. 69
  56. A. Benoit, Art et archéologie : les civilisations du Proche-Orient ancien, Paris, 2003, p. 318-319
  57. Verso l. 40 sq. Traduit à partir de (en) G. Beckman, Hittite Diplomatic Texts, Atlanta, 1999, p. 53 ; voir aussi p. 47.
  58. Avec des variantes toutefois dans l'importance accordée aux divinités : l'introduction de l'Inscription d'Idrimi met en avant le Dieu de l'Orage, Hebat et Ishtar/Shaushga d'Alalakh, cf. (en) E. L. Greenstein et D. Marcus, « The Akkadian Inscription of Idrimi », dans Journal of the Ancient Near Eastern Studies 8, 1976, p. 67.
  59. Moran 1987, p. 110-117 (EA 17 et 19)
  60. Moran 1987, p. 122-123 (EA 21) et 140-141 (EA 24)
  61. Freu 2003, p. 161-162
  62. Moran 1987, p. 137-139 (EA 23), voir aussi p. 122-123 (EA 21) ; il mentionne que son prédécesseur Artashumara avait fait de même. Sur cette déesse : (en) G. Beckman, « Ištar of Nineveh Reconsidered », dans Journal of Cuneiform Studies 50, 1998, p. 1-10.
  63. Freu 2003, p. 162-166

Sourcesmodifier | modifier le code

  • Francis Joannès (dir.), Dictionnaire de la civilisation mésopotamienne, Paris, Robert Laffont, coll. « Bouquins »,‎ 2001
  • (en) Trevor Bryce et al., The Routledge Handbook of the Peoples and Places of Ancient Western Asia, Oxon et New York, Routledge,‎ 2009
  • (en) Trevor Bryce, The Kingdom of the Hittites, Oxford et New York, Oxford University Press,‎ 2005
  • Jacques Freu, Histoire du Mitanni, Paris, L'Harmattan, coll. « Kubaba / Antiquité »,‎ 2003
  • Jacques Freu et Michel Mazoyer, Les Hittites et leur histoire, t. 1 : Des origines à la fin de l'ancien royaume hittite, Paris, L'Harmattan, coll. « Kubaba / Antiquité »,‎ 2007
  • William L. Moran, Les lettres d'El Amarna, Paris, Le Cerf, coll. « Littératures anciennes du Proche-Orient »,‎ 1987

Articles connexesmodifier | modifier le code








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