Monica Lewinsky

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Lewinsky.
Monica Samille Lewinsky

Monica Samille Lewinsky ( à San Francisco, Californie) est une Américaine qui défraya la chronique en 1998-1999 lorsqu'il fut rendu public qu'elle avait eu des relations sexuelles avec le président Bill Clinton lors d'un stage effectué à la Maison-Blanche. Le mensonge sous serment de Clinton à propos de cette relation conduisit à un impeachment à son encontre, procédure qui fut bloquée par le Sénat des États-Unis.

Cette affaire, connue sous le nom d'« affaire Lewinsky » ou de « Monicagate » (« gate » en référence au scandale du Watergate), connut une médiatisation exceptionnelle, tant aux États-Unis qu'à l'étranger.

Jeunesse et éducationmodifier | modifier le code

Monica Lewinsky est née à San Francisco en 1973 et a grandi dans un milieu aisé, dans le sud de la Californie, précisément dans les quartiers huppés de Westside Brentwood et de Beverly Hills à Los Angeles dans une famille juive originaire d'Allemagne pour le père, de Lituanie pour la mère. Son père est Bernhard Lewinsky, un oncologue et sa mère, Marcia Kaye Vilensky, est une auteure ; le divorce difficile de ses parents durant les années 1987-1988 eut un effet significatif sur Monica. Son père a épousé, plus tard, sa seconde femme Barbara ; quant à sa mère, elle épousera, plus tard, R. Peter Straus, un cadre dans les médias. Alors qu'elle grandissait, sa famille a suivi l'enseignement du Temple du Sinaï à Los Angeles et Monica a également eu une éducation religieuse. Elle a fait ses études primaires à la John Thomas Dye School à Bel-Air puis elle a été à l'école de Beverly Hills, qu'elle a quitté en terminale pour terminer ses études secondaires à la Bel Air Prep (plus tard renommée Pacific Hills School) en 1991. Elle a poursuivi ses études à l'Université de Santa Monica durant deux ans tout en étudiant l'art dramatique à la Beverly Hills High School et en travaillant dans une boutique de cravates. En 1993, elle s'est inscrite au Lewis and Clark College de Portland dans l'Oregon où elle obtient un diplôme de psychologie en 1995. Profitant d'une relation familiale, elle part à Washington DC pour effectuer un stage non rémunéré, commençant au mois de juillet 1995, dans les services de Leon Panetta, chef de cabinet de la Maison-Blanche. Elle change plus tard de fonction et obtient un poste rémunéré, à partir de décembre 1995, au Bureau des Affaires Législatives de la Maison-Blanche.

Affaire Lewinskymodifier | modifier le code

Entre novembre 1995 et mars 1997, Monica Lewinsky a eu une relation intime avec le président Bill Clinton qu'elle rencontra lors d'un arrêt des activités gouvernementales aux États-Unis1,2. Elle témoignera ultérieurement que cette relation ne consistait qu'en des fellations dans le bureau ovale ainsi que d'autres contacts sexuels mais jamais de rapport sexuel à proprement parler. [réf. nécessaire]

Bill Clinton avait déjà été confronté à ce type d'allégations, notamment au sujet d'une présumée relation à long terme avec une chanteuse et ancienne employée de l'État de l'Arkansas, Gennifer Flowers et à propos d'une rencontre avec une fonctionnaire de l'Arkansas, Paula Jones (née Corbin) ; ces deux relations auraient eu lieu alors que Bill Clinton n'était encore que gouverneur de cet État. Paula Jones a intenté un procès au civil contre Bill Clinton pour harcèlement sexuel. Le nom de Monica Lewinsky apparaît pour la première fois lors de la procédure judiciaire de l'affaire Paula Jones, lorsque les avocats de celle-ci cherchant des preuves de harcèlement sexuel de la part de Bill Clinton afin d'étayer les accusations de leur cliente, la firent citer comme témoin.

En avril 1996, bien avant le déclenchement du scandale, les supérieurs de Monica Lewinsky la changèrent d'affectation en transférant son poste au Pentagone ; ces derniers avaient, en effet, remarqué que Lewinsky passait beaucoup trop de temps auprès du président Clinton. Monica Lewinsky confia à une collègue, Linda Tripp, sa relation avec le président. À partir de septembre 1997, Tripp commença à enregistrer, à l'insu de Monica, leurs conversations téléphoniques lorsque celles-ci abordaient la relation avec Bill Clinton. Monica Lewinsky se parjura en mai 1997 lors de son témoignage devant la Cour suprême dans l'affaire Paula Jones, en niant avoir eu quelque relation physique que ce fût avec Bill Clinton. En janvier 1998, après que Lewinsky eut tenté de la persuader de mentir également sous serment, Linda Tripp confia les enregistrements des conversations téléphoniques au procureur indépendant Kenneth Starr qui les ajouta aux pièces de l'enquête qu'il instruisait alors sur l'affaire Whitewater, une affaire immobilière dans laquelle étaient impliqués les époux Clinton durant leur période en Arkansas. Starr élargit ainsi son enquête en y incluant notamment le parjure de Lewinsky ainsi que d'autres éventuels, lors de son témoignage dans l'affaire Jones versus Clinton, et sa tentative de subornation de témoin.

Le motif des révélations de Linda Tripp était en rapport avec le fait qu'elle avait fait part de l'existence de ces conversations enregistrées avec Monica Lewinsky, à une agent littéraire du nom de Lucianne Goldberg. Enfin, Tripp avait réussi à convaincre Monica Lewinsky de conserver les cadeaux que Bill Clinton lui avait offerts durant leur relation et de ne pas faire nettoyer à sec ce que l'on connaîtra plus tard comme la tristement célèbre « robe bleue ».

Alors qu'il était sous serment, Bill Clinton nia avoir eu « une affaire sexuelle », des « rapports sexuels » ou « une relation sexuelle » avec Lewinsky. Le 26 janvier 1998, lors d'une conférence de presse télévisée à la Maison-Blanche, il déclara « Je n'ai pas eu de rapports sexuels avec cette femme, Mademoiselle Lewinsky ». (« I did not have sexual relations with that woman, Miss Lewinsky »). Cette phrase restera plus tard célèbre pour sa construction syntaxique avec une véracité à caractère trompeur suivant la définition donnée à « relations sexuelles ».

Le , Monica Lewinsky, obligée de reconnaitre sa relation avec Clinton face au procureur Kenneth Starr, passe un accord provisoire avec lui afin de bénéficier d'un statut d'immunité, en échange de révélations sur ses relations avec le président américain.

William Jefferson Clinton déclara également, le 21 janvier 1998, « il n'est pas de relation sexuelle, de relation sexuelle inappropriée ou une quelconque relation indécente » (« there is not a sexual relationship, an improper sexual relationship or any other kind of improper relationship ») ; déclaration qu'il défendit, le 17 août 1998, devant le jury d'accusation constitué par le procureur indépendant Kenneth Starr, comme étant la vérité en raison de l'utilisation du temps présent, présentant ainsi son célèbre argumentaire « cela dépend de ce qu'est la signification du mot « est » » (« it depends on what the meaning of the word “is” is ») ; en effet, lors de sa déclaration du 21 janvier 1998, Bill Clinton n'avait plus de relations sexuelles avec Monica Lewinsky.

Sous la pression de Kenneth Starr, qui, comme l'apprit plus tard Clinton, avait obtenu de Monica Lewinsky une robe bleue avec des traces de son sperme mises en évidence par un colorant, ainsi que du témoignage de Monica Lewinsky affirmant que le président avait introduit un étui à cigare dans son vagin, Clinton admit qu'il avait menti au peuple américain et qu'il avait eu un « contact intime inapproprié » avec Mademoiselle Lewinsky. Clinton nia avoir commis un parjure car selon lui, la définition légale de sexe oral est uniquement un rapport sexuel oral mutuel. L'insistance de Clinton à faire cette distinction souleva des critiques jusque dans son propre camp politique.

Enfin, se référant à la définition de « relations sexuelles » opposées par l'accusation, lors de l'affaire Paula Jones, et acceptée par la défense et la juge Susan Webber Wright, Clinton déclara que comme certains actes ont été faits « sur » lui et non « par » lui, il ne s'était pas engagé dans des rapports sexuels. Mais le témoignage de Monica Lewinsky, devant la Commission Starr, contredit les déclarations de Clinton selon lesquelles il avait été d'une totale passivité lors de leurs rencontres. L'avocat de Clinton argumenta plus tard que différentes personnes peuvent se souvenir de mêmes évènements de manière différente.

William Jefferson Clinton et Monica Lewinsky furent appelés à comparaître devant un grand jury ; Bill Clinton témoigna via un circuit de télévision interne alors que Monica Lewinsky le fit en personne. Comme le jury lui demandait, après sa déposition, si elle avait quelque chose à déclarer, Monica Lewinsky répondit : « Je hais Linda Tripp ».

Procédure d'impeachmentmodifier | modifier le code

Dans cette affaire, le procureur Starr semblait décidé à faire chuter le président Clinton. Une procédure d'impeachment pour parjure et obstruction de l'instruction (et sans rapport direct avec le dossier principal Whitewater) est lancée par la Chambre des représentants (la chambre basse du Congrès américain) à majorité républicaine. Le vote est considéré alors comme strictement politique avec une vive opposition entre républicains et démocrates. Beaucoup de sénateurs et de républicains rendent publique leur intention de vote avant celui-ci.

Ayant obtenu une courte majorité à la Chambre, la procédure conformément à la Constitution américaine passe alors devant le Sénat des États-Unis qui va instruire le procès. Celui-ci est présidé par le président de la Cour suprême William Rehnquist, un groupe de sénateurs républicains sert de procureurs et Clinton est défendu par Chery Mills soutenu par plusieurs autres sénateurs démocrates. C'est seulement la troisième fois dans l'histoire des États-Unis qu'une telle procédure d’impeachment est lancée contre un président en exercice et la seconde fois qu'elle arrive jusqu'à son terme devant le Sénat (en 1974, Richard Nixon avait démissionné avant). L’impeachment est finalement repoussé par les sénateurs. Pour être adopté, une majorité des deux tiers était nécessaire. L'ensemble des sénateurs démocrates ont voté contre ainsi que quelques sénateurs républicains.

Bill Clinton a cependant été poursuivi à l'issue de son mandat. L'affaire s'est rapidement soldée par une transaction entre Clinton et le procureur condamnant l'ancien président à 25 000 dollars d'amende et à la suspension de son autorisation à plaider en tant qu'avocat dans l'Arkansas pour cinq ans.

Vie après l'affairemodifier | modifier le code

L'affaire a apporté, à une période de culture populaire, la célébrité à Monica Lewinsky comme étant le centre d'une jeune génération à l'origine d'une tempête politique. En juin 1999, Ms. Magazine a publié une série d'articles de l'auteur Susan Jane Gilman, de la sexologue Susie Bright et de l'éditrice Abiola Abrams apportant le regard de trois générations de femmes pour analyser si le comportement de Monica Lewinsky avait une signification pour le féminisme. Au début de 1999, Lewinsky a refusé de signer un autographe dans un aéroport, disant « Je suis célèbre pour une raison pour laquelle il n'est pas formidable d'être reconnu ».

Le 3 mars 1999, Monica Lewinsky a été interviewée par Barbara Walters lors de l'émission 20/20 de la chaîne ABC ; le programme a été regardé par 70 millions d'Américains, ce qu'ABC a annoncé comme un record de spectateurs pour une émission d'informations, cette interview de 90 minutes a été vraiment chargée de beaucoup d'émotions et de larmes elle a déclaré a Barbara Walters a la fin de cette interview par rapport a sa relation avec Bill Clinton (« Je me suis senti comme un morceau d’ordure,je me suis senti très sale,je me suis senti utilisée et désappointée ») (« I felt like a piece of trash,I felt dirty,I felt used and disappointed »)3. Elle a coopéré avec l'auteur Andrew Morton pour la rédaction de sa biographie, L'Histoire de Monica, notamment sur le versant de sa relation avec Bill Clinton. Le livre a été commercialisé en mars 1999 et des extraits sont parus comme un article principal du Time. Les critiques du New York Times jugent le livre de mauvais goût et fatigant. Lewinsky gagnera environ 500 000 $ pour sa participation à ce livre auxquels s'ajoutera 1 million de $ de droits internationaux pour l'entretien avec Barbara Walters, mais Lewinsky était toujours assaillie par de fortes amendes et par un train de vie élevé. Monica Lewinsky fit une apparition dans deux sketches, dans un épisode de Saturday Night Live de la chaîne of NBC, où elle tenait un petit rôle, jouant son propre personnage, dans deux sketches parodiant sa relation avec Bill Clinton lors des seize derniers mois.

En septembre 1999, Lewinsky a pris cet intérêt plus au sérieux en commençant à vendre une ligne de sacs à mains à son nom, sous la raison sociale The Real Monica, Inc. Ceux-ci ont été vendus en ligne aussi bien que chez Henri Bendel à New York, Fred Segal en Californie ou à la Cross boutique de Londres. Lewinsky a conçu elle-même les sacs réversibles tout comme elle a voyagé fréquemment pour surveiller la qualité de leur fabrication en Louisiane.

Au début des années 2000, Monica Lewinsky a commencé à apparaître dans des publicités à la télévision pour Jenny Craig, Inc., une société de conseil en perte de poids et en nutrition. Lewinsky a touché, selon le New York Times, 1 million de dollars selon un contrat qui exigeait que Lewinsky perde plus de quarante livres (18 kg) en six mois, entraînant une publicité considérable à l'époque. Lewinsky a dit que malgré son désir de retourner à une vie plus privée, elle avait besoin d'argent afin de régler les honoraires de ses avocats et qu'elle croyait au produit. Un porte-parole de Jenny Craig, Inc. a dit de Monica Lewinsky : « Elle représente une femme active et très occupée d'aujourd'hui avec un style de vie agité. Et elle a eu des problèmes de poids et a lutté contre ça pendant longtemps. Cela concerne beaucoup de femmes en Amérique. » Le choix de Monica Lewinsky comme modèle a provoqué des controverses chez Jenny Craig, Inc et certaines de ses franchises privées ont utilisé des campagnes plus anciennes. Jenny Craig, Inc a cessé de diffuser ses annonces amaigrissantes utilisant Monica en février 2000, clôturant définitivement l'engagement publicitaire en avril 2000 et ne versant que 300 000 $ à Lewinsky pour sa participation.

Aussi au début de 2000, Lewinsky déménagea à New York, vivant dans West Village, où elle devint une invitée recherchée dans la scène branchée de Manhattan. En février 2000, Lewinsky fit une apparition sur MTV dans le The Tom Green Show dans un épisode dans lequel un hôte l'invitait dans la maison de ses parents à Ottawa à la recherche de tissus pour sa nouvelle activité professionnelle. Plus tard en 2000, Lewinsky travailla comme correspondant de la chaîne britannique Channel 5 animant un show Monica's Postcards dans lequel elle parlait des tendances de la culture américaine et d'autres endroits.

En mars 2002, Monica Lewinsky, plus liée par les termes de son accord avec le bureau du procureur indépendant des États-Unis (Kenneth Starr), fit une apparition dans un numéro spécial Monica en noir et blanc de la chaîne de télévision à péage HBO, dans un épisode de la série America Undercover. Dans cette série, elle répondit à des questions posées par le public présent dans le studio, sur sa vie et l'affaire de Clinton.

Monica Lewinsky fut l'invitée d'une émission de télé-réalité, Mr. Personality sur Fox en 2003. Dans cette émission, elle conseillait des jeunes concurrentes à choisir des hommes masqués. Quelques Américains ont essayé d'organiser un boycott des annonceurs sur le programme, en signe de protestation de la présence de Monica Lewinsky. Néanmoins, le spectacle a fait des débuts avec un auditoire important et le New York Times a écrit qu'« après des années d'essai à tirer profit de sa gloire en concevant des sacs à main et d'autres projets d'auto-marketing, Madame Lewinsky a enfin trouvé une niche lui convenant à la télévision. » Cependant, l'auditoire baissa progressivement les semaines suivantes et après la première saison, l'émission ne fut plus jamais rediffusée.

Lorsque l'autobiographie de Bill Clinton Ma Vie (l'autobiographie de Bill Clinton) a été publiée en 2004, Monica Lewinsky déclara dans un entretien au Daily Mail : « Il aurait pu être honnête dans le livre, mais il ne l'a pas été. Il est un révisionniste d'histoire. Il a menti. […] Je ne m'attendais vraiment pas à ce qu'il entre dans le détail de notre relation. […] Mais s'il l'avait fait et fait honnêtement ce qui n'est pas le cas, je ne me serais pas prononcé. […] Cependant, je m'attendais plutôt, à ce qu'il revienne sur les fausses déclarations qu'il a réalisées quand il essayait de protéger son mandat présidentiel. Au lieu de cela, il a parlé de notre relation comme si j'avais tout fait pour l'avoir. J'étais le buffet et il ne pouvait pas juste résister au dessert. […] C'était une relation mutuelle, mutuelle à tous les niveaux, dès le début où elle a commencé et tout au long de sa durée. […] je n'accepte pas qu'il ait totalement profané mon caractère ».

Avant 2005, Lewinsky a constaté qu'elle ne pouvait pas échapper aux spotlights aux États-Unis, avec une vie professionnelle et privée difficile. Elle a arrêté de vendre sa ligne de sac à main et s'est installée à Londres. En décembre 2006, Lewinsky a obtenu un mastère de psychologie sociale à la London School of Economics. Sa thèse était intitulée À la recherche du juré impartial : une étude sur l'"effet des tierces personnes" et de la publicité d'avant-procès (In Search of the Impartial Juror: An Exploration of the Third-person effect and Pre-Trial Publicity). Elle a depuis essayé d'éviter la publicité.

Monica Lewinsky a correspondu en 2009 avec l'universitaire Ken Gormley, qui écrivait une étude approfondie sur les scandales durant les mandats de Clinton ; Lewinsky maintient que Clinton a menti sous serment à propos de leur relation : « Il n'y avait aucune marge de manœuvre sur la véracité de ses déclarations parce qu'ils lui ont posé des questions détaillées et précises auxquelles il a répondu de manière mensongère. »

Annexesmodifier | modifier le code

Notes et référencesmodifier | modifier le code

  1. Anne-Elisabeth Celton, « Le dernier shutdown conduit au scandale Lewinsky », Bilan,‎ 2 octotre 2013
  2. cga Agence France-Presse, « Sans shutdown en 95, pas d'affaire Lewinsky », 20 minutes,‎ 2 octobre 2013
  3. http://www.youtube.com/watch?v=I0OnWbnGK-k

Articles connexesmodifier | modifier le code

Liens externesmodifier | modifier le code








Creative Commons License