Mouflon

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Mouflon
Nom commun ou
nom vernaculaire ambigu :
L'expression « Mouflon » s'applique en français à plusieurs taxons distincts. Page d'aide sur l'homonymie
mouflon corse
mouflon corse
Taxons concernés

Dans la Sous-famille des Caprinae:

Dans le genre Ammotragus

Mouflon est un nom vernaculaire ambigu en français. Les mouflons sont des ovins sauvages appartenant au genre Ovis et dont dérive le mouton domestique. Ce sont des ruminants sauvages, qui appartiennent à la famille des Bovidae et à la sous-famille des Caprinae.

Le terme « mouflon » est également utilisé pour le Mouflon à manchettes ou Aoudad (Ammotragus lervia) qui n'est pas un mouflon au sens strict.

Les différentes espèces de mouflons possèdent de grandes cornes spiralées et recourbées qui sont permanentes.

Nommodifier | modifier le code

Le mot mouflon vient de l'italien muflóne, de la racine prélatine muff-el qui explique les mots moufle (corps enveloppant) ou mufle (allemand Muffel « gros museau »). Elle évoque quelque chose de gonflé et doux.

Le terme peut avoir trois sens :

  • il peut désigner des moutons domestiques revenus à la vie sauvage, en particulier les mouflons méditerranéens comme le mouflon corse.
  • Il peut désigner toutes les espèces de moutons sauvages (jamais domestiquées) du genre Ovis.
  • Le terme « mouflon » est également utilisé pour le Mouflon à manchettes ou Aoudad (Ammotragus lervia) qui n'est pas un mouflon (du genre Ovis au sens strict).

Physiologie, comportement et écologiemodifier | modifier le code

Les caractéristiques générales des mouflons sont celles des ovins, avec des nuances pour chaque espèce : voir les articles détaillés pour plus d'informations sur leur comportement ou leur physiologie respective.

Caractéristiques communesmodifier | modifier le code

Deux mouflons mâles au Domaine des grottes de Han en Belgique.
  • poids des cornes : 6 à 13 kg
  • poids adulte : 25 à 50 kg (150 kg et plus chez l'argali)
  • longueur des cornes du mâle : 85 à 125 cm (jusqu'à 190 cm chez l'argali)
  • vitesse de pointe : 60 km/h il s'agit de la vitesse maximum des mouflons méditerranéen ou mouflons européen ainsi que les mouflons d'Amérique qui sont très rapides à la course, et très musclés.

Le mouflon vit généralement en petit groupe familial de cinq à trente individus. Comme ces animaux vivent en altitude, ils sont très peu familiers avec l'homme et sont donc très farouches. Au point qu'en Amérique du Nord et en Asie, le mouflon est un trophée de chasse exceptionnel.

Au printemps, les combats entre les mâles se font entendre à des kilomètres à la ronde : ils entrechoquent leurs cornes de manière assez spectaculaire.

Espèces de mouflonsmodifier | modifier le code

Article détaillé : Ovis.

La taxinomie du genre Ovis est encore sujette à discussion, mais on compte généralement six espèces sauvages, plus une espèce domestique.

Noms français et noms scientifiques correspondantsmodifier | modifier le code

Liste alphabétique de noms vulgaires ou de noms vernaculaires attestés1.

Note (*) : Noms ou correspondance latine à vérifier

Liste des espèces de mouflons par noms scientifiquesmodifier | modifier le code

On distingue trois groupes[réf. nécessaire] :

1) Les mouflons sibériens et nord-américains (pachycériformes), avec trois espèces :

2) Les mouflons argaliformes d'Asie orientale :

  • Ovis ammon, l'argali (56 chromosomes).
    • Ovis ammon nigrimontana — argali de Kara Tau.
    • Ovis ammon severtzovi.
    • Ovis ammon ammon — argali de l'Altaï
    • Ovis ammon collium — argali de Karaganda
    • Ovis ammon comosa — argali du nord de la Chine
    • Ovis ammon darwini — argali du désert de Gobi
    • Ovis ammon hodgsoni — argali du Tiānshān
    • Ovis ammon polii, Blyth, 1841 — argali de Marco Polo dans le Pamir

3) Les mouflons moufloniformes d'Asie centrale et occidentale :

Les moutons domestiques dérivent de deux souches distinctes du groupe orientalis. Les mouflons insulaires de Méditerranée seraient en fait des moutons introduits par des éleveurs et retournés à l'état sauvage4.

Le nombre de chromosome a diminué par fusion par rapport aux 2n = 60 chromosomes de la chèvre.

Position phylogénétiquemodifier | modifier le code

La lignée des ovins inclut le tahr des Nilgiri, voire le takin (incertain)5.

Ovina 

 ? Budorcas




 Nilgiritragus hylocrius


 Ovis 


 Ovis nivicola




 Ovis canadensis



 Ovis dalli






 Ovis ammon




 Ovis aries / vignei



 Ovis aries / orientalis








Répartition géographiquemodifier | modifier le code

Les animaux habituellement appelés mouflons en français sont généralement des descendants du mouflon de Corse, animal montagnard lui-même issus de mouton sauvages du Moyen-Orient, domestiqués au néolithique, puis revenus à l'état sauvage il y a de nombreux millénaires. Au cours du XXe siècle, ces mouflons corses ont été introduits dans de nombreuses régions du monde, parfois après des croisements avec des moutons domestiques.

On en trouve en Europe (Massif central, Alpes, Pyrénées, Corse, Belgique ou Europe centrale), a Hawaï, ou ils provoquent des dégâts importants sur un écosystème fragile, ou aux Îles Kerguelen.

On trouve aussi d'autres moutons ensauvagés, très proche du mouflon corse, mais comme lui d'origine très ancienne, en Sardaigne ou à Chypre.

Au sens plus large du terme mouflon, les espèces de moutons sauvages n'ayant jamais été apprivoisées vivent en Asie de la Turquie à la Sibérie orientale en passant par l'Asie centrale, et en Amérique du Nord depuis l'Alaska jusqu'au Mexique en passant par les Montagnes Rocheuses.

Massif centralmodifier | modifier le code

Rouergue (Aveyron)modifier | modifier le code

En 1966, les premières introductions de mouflons méditerranéens se déroulèrent dans l'Aveyron méridional sur les territoires des gorges, vallées et hauts plateaux calcaires des Grands Causses notamment sur les communes de Mostuéjouls, puis en 1969 à La Roque-Sainte-Marguerite et, pour finir, en 1973 à Veyreau. En 1974, des tentatives d'introductions se déroulèrent dans l'Aveyron septentrional sur la commune de Brommat mais un rejet de la population agricole entraîna l'éradication rapide par l'intermédiaire de la chasse des couples de mouflons6.

Gévaudan (Lozère)modifier | modifier le code

En 1966, les premières introductions de mouflons méditerranéens, initiées par la Fédération Départementale des Chasseurs de la Lozére, se déroulèrent dans le cirque de Baumes dans la Lozère6.

Haute-Auvergne (Cantal)modifier | modifier le code

Le mouflon corse a été introduit dans le massif du Cantal dans les années 1970.
Depuis il a proliféré, et des dizaines d’individus se sont déplacés naturellement dans le massif du Puy de Sancy plus au Nord.

Haut-Languedoc (Hérault)modifier | modifier le code

Mouflon dans le Caroux.

La plus importante population de mouflon corse se trouve dans le massif du Caroux Espinouse où il a été introduit en 1956. Ce massif se situe dans le département de l'Hérault, au cœur du parc naturel régional du Haut-Languedoc. Le mouflon s'est parfaitement adapté à cette montagne soumise à la sècheresse du climat méditerranéen l'été, et à un faible enneigement l'hiver. L'effectif de cette population est estimé entre 1 500 et 2 000 individus, suivis régulièrement par des scientifiques du CNERA Faune de Montagne sur la station de terrain de l'ONCFS de Fagairolles.

Les scientifiques œuvrent plus particulièrement dans le périmètre d'une réserve nationale de chasse et de faune sauvage (observations, captures, suivis sanitaires...). Des sorties d'observation de l'espèce dans son milieu naturel sont possibles auprès des offices de tourismes (La Salvetat-sur-Agout, Lamalou-les-Bains...).

Dans le Languedoc, on retrouve également quelques mouflons dans les Gorges du Tarn, en Lozère ainsi que dans le massif de l'Aigoual.

Pyrénéesmodifier | modifier le code

Dans les Pyrénées, les bouquetins furent éradiqués par la population pour favoriser l'élevage du bétail dans un but de subsistance. Le mouflon corse, sous-espèce étrangère à ces montagnes, a été introduit vers 1960 et s'est bien acclimaté.

En Cerdagne, du côté de Porté-Puymorens et du massif du Puigmal, le cheptel est nombreux.

Alpesmodifier | modifier le code

Savoiemodifier | modifier le code

L'introduction dans les pays de Savoie, du mouflon corse date du XIXe siècle, puis des années 1950, une époque où les chasseurs avaient fini par dépeupler les massifs à force d'une chasse trop importante. Il était alors vu comme un animal d'intérêt cynégétique, réputé plutôt facile à tirer comme sur le bouquetin, avec un pelage recherché pour sa qualité et sa douceur. Le mouflon s'est bien reproduit mais animal méditerranéen, il est plutôt mal adapté au froid et à l'humidité, qui favorisent chez lui les infections intestinales et entraînent une forte mortalité chez les jeunes. De plus, il a des pattes plutôt adaptées à l'escalade qu'à la neige qui lui pose un véritable problème. Les hivers plus doux depuis la fin des années 1980 favorisent le mouflon. ils n'hiberne pas l'hiver et descend plus bas dans la montagne.

Marquenterre (Somme)modifier | modifier le code

Le mouflon corse a été introduit dans cette région en bordure de la baie de Somme dans les années 1980, pour la chasse.

Asie Centralemodifier | modifier le code

Les argalis sont diverses sous-espèces de Ovis ammon vivant en Asie centrale, au Kazakhstan, au Turkménistan, en Inde, au Népal ainsi qu'au Tibet où il est appelé Mouflon du Tibet.

Le mouflon Marco Polo (Ovis ammon polli) est originaire d'Asie Centrale, on le retrouve au-dessus de 3 600 mètres jusqu'à 5 500 mètres. Il peut atteindre un poids de 150 kg et une longueur de corne de 170 cm.

Notes et référencesmodifier | modifier le code

  1. voir sur Dictionnaire des sciences animales ou (en) Nomen.at le Dictionnaire des noms communs (vernaculaires)
  2. K. Martinetto La cohabitation du mouflon méditerranéen (Ovis gmelini Musimon x Ovis sp.) et des touristes dans le massif du Caroux-Espinouse (Hérault). Publié dans Gibier faune sauvage (ISSN 0761-9243 et CODEN GFSAER) par Office national de la chasse, Paris, FRANCE (1984-1999) dans le cadre du Congrès de l'Union internationale des biologistes du gibier (UIBG) No23, Lyon, FRANCE (01/09/1997)
  3. au moins pour O. n. borealis (Bunch et al. 2005).
  4. Stefan Hiendleder et al., 2002, Molecular analysis of wild and domestic sheep questions current nomenclature and provides evidence for domestication from two different subspecies.
  5. Jonathan D. Margot Molecular phylogeny of terrestrial artiodactyls. in The Evolution of Artiodactyls sous la direction de Donald R. Prothero et Scott E. Foss, 2007, ISBN 978-0-8018-8735-2
  6. a et b http://www.fdc12.net/SCHEMA/la%20faune%201.pdf

Liens externesmodifier | modifier le code








Creative Commons License