Nicolas Werth

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Nicolas Werth

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Nicolas Werth en 2012.

Biographie
Naissance 1950
Nationalité Drapeau : France Français
Vie universitaire
Formation École normale supérieure de Saint-Cloud
Titres Directeur de recherches au CNRS
Approche disciplinaire Histoire de l'URSS

Principaux travaux

  • Être communiste en URSS sous Staline (1981)
  • La Vie quotidienne des paysans russes de la Révolution à la collectivisation (1917-1939) (1984)
  • La Terreur et le désarroi. Staline et son système (2007)
  • Histoire de l'Union soviétique. De l'Empire russe à la Communauté des États indépendants, 1900-1991 (2008)

Nicolas Werth, né en 1950, est un historien français spécialiste de l’histoire de l’Union soviétique. Il est directeur de recherche à l’Institut d'histoire du temps présent, affilié au CNRS.

Biographiemodifier | modifier le code

Années de formationmodifier | modifier le code

Le père de Nicolas Werth est le journaliste anglais Alexander Werth d'ascendance russe, qui a passé en URSS les années de guerre1. Ancien élève de l'École normale supérieure de Saint-Cloud, agrégé d'histoire, Nicolas Werth a enseigné dans le secondaire et à l’étranger (Minsk, New York, Moscou, Shanghaï). Il a occupé les fonctions d’attaché culturel auprès de l’ambassade de France à Moscou durant la perestroïka (1985-1989).

Carrière universitairemodifier | modifier le code

Entré au CNRS en 1989, Nicolas Werth s’est consacré depuis son premier livre (Être communiste en URSS sous Staline, Gallimard, 1981) à l'histoire soviétique. C'est particulièrement l'histoire sociale des années 1920-1930 qui l'intéresse, notamment les rapports entre le pouvoir et la société (violence étatique, résistances sociales…).

Nicolas Werth participe depuis 1997 au séminaire « Histoire soviétique : sources et méthodes », placé sous la direction de Wladimir Berelowitch2, du Centre d'études des mondes russe, caucasien et centre-européen (CERCEC) de l'EHESS. Il est par ailleurs membre des comités de rédaction de Vingtième Siècle. Revue d'histoire et des Cahiers du monde russe.

Apport à l'histoire de l'Union soviétiquemodifier | modifier le code

Nourrissant sa réflexion et ses travaux, non seulement des acquis de la soviétologie occidentale, mais aussi des travaux de ses collègues russes (le russe étant sa langue maternelle), il place ses recherches dans la perspective d'un dépassement du clivage entre « école du totalitarisme » et « école révisionniste », le considérant comme obsolète après l'effondrement de l'URSS et l'ouverture au moins partielle des archives3. Pourtant, par son attachement à l'histoire sociale, « longtemps restée la parente pauvre d'une soviétologie axée exclusivement sur le politique »4, il se place plutôt dans la perspective des travaux des historiens « révisionnistes ». Il explique d'ailleurs, à l'opposé de certains soviétologues qui pensaient que le contrôle totalitaire de la société soviétique avait été effectif, que les rapports de la police politique « dévoilent souvent la distorsion existant entre une réalité voulue et la réalité des faits »5.

Auteur de la partie du Livre noir du communisme consacrée à la Russie soviétique et à l'URSS, il s’est publiquement démarqué de l’idée contenue dans la préface de Stéphane Courtois selon laquelle le communisme serait par essence criminogène. Il a également dénoncé, concernant cet ouvrage, des chiffres faux6, et « une dérive de l'histoire exclusivement policière »7.

Il contribue à L’Histoire du Goulag stalinien, travail de recherche en sept volumes initié par les Archives d’État de la Fédération de Russie et la Fondation Hoover, dont il co-rédige le premier volume, Les politiques répressives en URSS de la fin des années 1920 au milieu des années 1950 8. Il est en 2007 conseiller historique du documentaire Staline, le tyran rouge, diffusé sur M6.

Ouvragesmodifier | modifier le code

  • Être communiste en URSS sous Staline, Gallimard, collection « archives », Paris, 1981.
  • La Vie quotidienne des paysans russes de la Révolution à la collectivisation (1917-1939), Hachette, Paris, 1984, 410 p.
  • avec Gaël Moullec, Rapports secrets soviétiques. La société russe dans les rapports confidentiels, 1921-1991, Gallimard, Paris, 1995.
  • Histoire de l’Union soviétique de Lénine à Staline, PUF, coll. « Que sais-je ? », Paris, 1995.
  • Histoire de l’Union soviétique de Khrouchtchev à Gorbatchev, PUF, coll. « Que sais-je ? », Paris, 1998.
  • La Russie en Révolution, Gallimard, coll. « Découvertes », Paris, 1998.
  • « Un État contre son peuple. Violences, répressions, terreurs en URSS de 1917 à 1953 », in Stéphane Courtois (dir.), Le Livre noir du communisme, Robert Laffont, Paris, 1998, p. 45-313.
  • Histoire de l'Union soviétique. De l'Empire russe à la Communauté des États indépendants, 1900-1991, Thémis Histoire, PUF, Paris, 6e édition mise à jour, 2008 (ISBN 978-2-13-056120-0).
  • Les Procès de Moscou (1936-1938), Éditions Complexe, nouvelle édition revue et augmentée, 2006, (ISBN 2-8048-0101-2).
  • L'Île aux cannibales : 1933, une déportation-abandon en Sibérie, Perrin, Paris, 2008, 256 p. (ISBN 978-2-262-02941-8).
  • La Terreur et le désarroi. Staline et son système, Perrin, collection « tempus », Paris, 2007, 614 p. (ISBN 978-2-262-02462-8)
  • L'Ivrogne et la marchande de fleurs : Autopsie d'un meurtre de masse, 1937-1938, Tallandier, Paris, 2009.
  • Nicolas Werth et Alexis Berelowitch, L'État soviétique contre les paysans : Rapport secrets de la police politique (Tcheka, GPU, NKVD) 1918-1939, Paris, Tallandier,‎ octobre 2011 (1re éd. 2011), 793 p. (ISBN 978-2-84734-575-9)
  • La Route de la Kolyma, Nicolas Werth, Éditions Belin, 2012

Ouvrages collectifsmodifier | modifier le code

Prix et récompensesmodifier | modifier le code

Le jeudi 21 mars 2013, il reçoit pour son essai La Route de la Kolyma, le Prix Essai France Télévisions, des mains d'Olivier Barrot, Président du jury composé de 21 téléspectateurs.

Notes et référencesmodifier | modifier le code

  1. Il en a tiré l'ouvrage La Russie en guerre, Paris, Stock, 1964, 2 vol.
  2. Notice de Wladimir Berelowitch (université de Genève).
  3. Nicolas Werth, La Terreur et le Désarroi, préface, p. XII.
  4. N. Werth, « Une source inédite : les svodki de la Tchéka - OGPU » Revue des études slaves, vol. 66, no 1, 1994, p. 26.
  5. Ibid., p. 25.
  6. Le Monde, 14 novembre 1997.
  7. Dans un entretien accordé au journal Le Monde, paru le 21 septembre 2000, p. 32.
  8. Werth Nicolas, site de l'Institut d'Histoire du temps présent

Liens externesmodifier | modifier le code








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