Parti populaire (Espagne)

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Parti populaire
(es) Partido Popular
Image illustrative de l'article Parti populaire (Espagne)
Logo officiel
Présentation
Président Mariano Rajoy
Fondation
Siège Calle Génova, 13.
28004, Madrid
Secrétaire général María Dolores de Cospedal
Vice-secrétaires généraux Javier Arenas
Carlos Floriano
Esteban González Pons
Président d’honneur José María Aznar
Idéologie Centre-droit
Conservatisme, démocratie chrétienne, libéralisme, conservatisme libéral
Affiliation internationale Union démocratique internationale
Affiliation européenne Parti populaire européen
Couleurs Bleu
Site web www.pp.es
Présidents de groupe
Congrès des députés Alfonso Alonso
Sénat José Manuel Barreiro
Parlement européen Joseph Daul (PPE)
Représentation
Députés
186 / 350
Sénateurs
165 / 266
Députés européens
23 / 50
Evolution des sièges obtenus pour Alliance Populaire (1977–1989) et pour le Parti Populaire (1989–2004) aux Eléctions generales d'Espagne

Le Parti populaire (Partido Popular en espagnol, PP) est un parti politique d’Espagne de centre-droit, conservateur et libéral, se définissant lui-même comme une formation de « centre réformiste ». Il compte plus de sept cent mille adhérents, ce qui en fait le premier parti du pays en termes de membres.

Il a été fondé en 1989 par Manuel Fraga, ancien ministre franquiste et chef de la droite conservatrice depuis le retour à la démocratie, en 1977. Emmené par José María Aznar, il remporte les élections générales de 1996, puis celles de 2000, où il obtient même la majorité absolue au Congrès des députés. En 2003, Aznar se retire au profit de Mariano Rajoy, qui perd le scrutin de 2004 et de 2008.

Aux élections locales et régionales de 2011, le PP s'impose dans l’immense majorité des villes et régions, enlevant les fiefs socialistes de Castille-La Manche, d’Estrémadure, de Barcelone ou de Séville. Quelques mois plus tard, il obtient de nouveau la majorité absolue au Congrès, portant Rajoy au poste de président du gouvernement.

Histoiremodifier | modifier le code

Originesmodifier | modifier le code

Les origines du parti populaire se trouvent dans l'Alliance populaire, coalition conservatrice fondée en 1976 et dirigée par une majorité d'anciennes personnalités politiques du franquisme.

Après la double et large victoire du PSOE en 1982 et 1986 et la démission de Fraga, l'AP vit une profonde crise interne. Manuel Fraga décide alors d'en reprendre les rênes et, au congrès de janvier 1989, se produit la rénovation idéologique du parti : celui-ci est rebaptisé Parti populaire (Partido Popular) et les franges libérales se voient renforcées au profit des conservateurs. Fraga est élu premier président du PP tandis que Francisco Álvarez-Cascos devient secrétaire général.

Le , le président de Castille-et-León, José María Aznar, est désigné candidat à la présidence du Gouvernement en vue des législatives du 29 octobre à la demande de Fraga. Le jour du scrutin, le PP stagne toujours, avec 107 sièges et 25,79 % des voix. En , Aznar remplace Fraga à la présidence du parti, celui-ci devenant « président fondateur ».

Lors des élections générales du , les « populaires » font une belle percée en remportant 34,76 % des suffrages et 141 sièges, ce qui contraint les socialistes à gouverner en minorité.

Huit années au pouvoirmodifier | modifier le code

VIe Législature

Dix-neuf ans après la fondation de l'Alliance populaire, les conservateurs arrivent enfin au pouvoir. Le Parti populaire remporte en effet 156 sièges et 38,79 % des voix aux élections générales anticipées du . Le 5 mai suivant, José María Aznar, après deux mois de longues tractations avec les petits partis nationalistes, est élu Président du Gouvernement et forme son premier cabinet.

Parmi les mesures prises sous le premier mandat d'Aznar, on peut citer la réduction des dépenses publiques et l'accomplissement des critères de Maastricht pour adhérer à l'Euro, la libéralisation de l'économie (augmentation de la concurrence et développement du marché des télécommunications) ou encore la fin du service militaire obligatoire et la professionnalisation des forces armées espagnoles.

Durant cette période, les bonnes relations entre le Parti populaire et le Parti nationaliste basque (EAJ/PNV), qui soutenait le Gouvernement au Congrès des députés, se sont très fortement dégradées. En effet, en 1998, un an après le pacte de toutes les forces politiques basques contre l'ETA, l'EAJ/PNV a négocié une trêve avec l'organisation indépendantiste basque, ce qui conduisit à une rupture des alliances PP-EAJ/PNV au parlement de la communauté autonome du Pays basque, à la mairie de Bilbao et, bien sûr, au parlement national (ce qui n'empêchait en rien la droite de gouverner, celle-ci bénéficiant du soutien des catalans de CiU notamment).

De même, le ministre de l'Intérieur, Jaime Mayor Oreja, d'origine basque, renforça la lutte anti-terroriste en s'attaquant non seulement aux commandos et dépôts clandestins de l'ETA, mais aussi à toutes les structures légales, notamment les entreprises, dont elle se servait pour se financer et s'approvisionner.

Par ailleurs, en 1999, Javier Arenas, ministre du Travail et des Affaires sociales, remplace Francisco Álvarez-Cascos au poste de secrétaire général du PP.

VIIe Législature

Après quatre ans au pouvoir, le Parti populaire remporte une nette majorité absolue lors des élections générales du , avec 44,52 % et 183 députés. Réélu Président, José María Aznar forme son second gouvernement le 28 avril.

Durant ce second mandat, l'Espagne fut engagée dans la guerre d'Irak et connut une marée noire causée par le pétrolier Prestige. Des régularisations de clandestins furent engagées, tandis qu'une réforme du marché du travail causa une importante grève générale. Par ailleurs, sur le front de la lutte anti-terroriste, un pacte national (« Pacte pour les Libertés et contre le Terrorisme ») fut signé entre le PP et le PSOE à l'initiative du secrétaire général de ce dernier, José Luis Rodriguez Zapatero (ce pacte excluait les questions de terrorisme des querelles électorales), tandis qu'en 2003, le parti Batasuna, vitrine politique de l'ETA fut interdit.

Le , le premier Vice-Président du Gouvernement, Ministre de la Présidence et porte-parole du Gouvernement, Mariano Rajoy, fut désigné secrétaire général du PP et candidat à la succession d'Aznar pour l'année suivante. Ce dernier avait en effet promis qu'il ne ferait que deux mandats à la tête du gouvernement.

Le retour dans l'oppositionmodifier | modifier le code

Siège du Parti populaire, situé au 13 de la Calle Génova (rue de Gênes), à Madrid.

Les élections du sont une défaite pour le Parti Populaire, notamment à la suite de la crise consécutive aux attentats du 11 mars à Madrid, le président du gouvernement José María Aznar voulant imputer à l'ETA plutôt qu à Al-Qaida cet évènement. Les socialistes seront vainqueurs du scrutin en créant la surprise générale.

En 2007, un rapport d'enquête et un procès ont finalement reconnu, sans équivoque, la responsabilité d'Al Qaida, ce que le PP a finalement admis.

Le PP devient alors le plus grand parti d'opposition au Congrès des députés (avec 148 élus sur 350) et n'est qu'à 4 sièges de la majorité absolue au Sénat (avec 126 sénateurs sur 259). Depuis 2004, le PP s'oppose frontalement au gouvernement, en particulier contre le droit au mariage et à l'adoption pour les homosexuels, du retour des troupes de l'armée espagnole d'Irak, de la réforme du statut d'autonomie de la Catalogne, de la réforme de l'enseignement confessionnel à l'école publique, ainsi que des négociations visant à l'abandon de la violence par l'organisation séparatiste basque ETA.

Au Parlement européen, ce parti siège dans le groupe du PPE, avec 24 députés.

Lors des élections du , le PP se renforce (154 sièges sur 350) sans empêcher les socialistes de conserver le pouvoir. Au Sénat, il recule légèrement, ne comptant plus que 124 sénateurs sur 263. À la suite de ce scrutin, Mariano Rajoy, président depuis quatre ans, annonce qu'il souhaite conserver son poste. S'ensuit une crise interne, avec des rumeurs de candidature à la présidence du PP d'Esperanza Aguirre ou de Juan Costa, qui est finalement résolue lors du XVIe Congrès national de juin à Valence, au cours duquel Rajoy est réélu président et nomme María Dolores de Cospedal au poste de secrétaire général, en remplacement d'Angel Acebes.

Le , le PP rompt son alliance permanente avec l'Union du peuple navarrais après que son Président, Miguel Sanz, ait demandé à ses deux représentants au Congrès des députés de s'abstenir lors du vote d'admission du projet de loi de finances (PGE), et annonce la refondation du Parti populaire de Navarre (PPN), dissous en 1991.

Lors des élections régionales du en Galice, le parti conservateur remporte 38 sièges sur 75, soit juste la majorité absolue. Environ un mois et demi plus tard, le leader régional du PP, Alberto Núñez Feijoo, devient président de la Xunta de Galicia. Ce même 1er mars, le PP se classe troisième (avec 13 députés sur 75) lors des élections au Pays basque et s'allie avec le Parti socialiste, permettant aux conservateurs d'obtenir la présidence du Parlement régional tandis que le socialiste Patxi López devient le premier lehendakari (chef du gouvernement) non-nationaliste du Pays basque.

Peu après, le 7 juin, le PP s'impose aux élections européennes avec 42,72 % des suffrages et 23 sièges sur 50 pour la liste de Jaime Mayor Oreja, contre 39,93 % et 21 sièges à celle du socialiste Juan Fernando López Aguilar.

Alors que plusieurs de ses cadres sont poursuivis dans le cadre de l'affaire Gürtel (un réseau de corruption d'élus en échange de contrats événementiels) depuis le début de l'année 2009, la secrétaire générale du parti accuse, au mois d'août, le gouvernement de pratiquer des écoutes illégales à l'encontre de certains dirigeants du parti1. À l'automne, le parti subit une grave crise interne, avec la destitution de son secrétaire général dans la Communauté valencienne, Ricardo Costa, mis en cause dans l'« affaire Gürtel », et la bataille entre les proches d'Esperanza Aguirre et d'Alberto Ruiz-Gallardón pour le contrôle de la caisse d'épargne Caja Madrid2,3.

Aux élections régionales et municipales du , le PP remporte une large victoire en s'imposant dans des fiefs socialistes comme l'Estrémadure, la Castille-La Manche, l'Aragón et Séville. Un mois plus tard, le président de la Généralité valencienne, Francisco Camps, démissionne à la suite de sa mise en examen dans l'affaire Gürtel, et est remplacé par Alberto Fabra.

La victoire de 2011modifier | modifier le code

Aux élections générales anticipées du 20 novembre 2011, le parti obtient son meilleur score, avec 44,6 % des suffrages et 186 députés sur 350, soit un dixième de point et trois sièges de plus qu'au scrutin de 2000. C'est la première fois, depuis 1982, qu'un parti accède au pouvoir en remportant directement la majorité absolue des députés. Lors du 17e congrès du parti à Séville le 18 février 2012, Mariano Rajoy est réélu président du Parti populaire.

Membres éminents du Parti populairemodifier | modifier le code

Directionmodifier | modifier le code

Nom Fonctions Mandat électif
Mariano Rajoy Président national Président du gouvernement
Député de Madrid
María Dolores de Cospedal Secrétaire générale
Présidente du PP de Castille-La Manche
Présidente de Castille-La Manche
Députée régionale pour Tolède
Javier Arenas Vice-secrétaire général pour la Politique territoriale Député régional pour Almería
Sénateur pour l'Andalousie
Carlos Floriano Vice-secrétaire général pour l'Organisation et les Élections Député de Cáceres
Esteban González Pons Vice-secrétaire général pour les Études et les Programmes Député de Valence
Juan Carlos Vera Coordinateur pour l'Organisation Député de Madrid
José María Beneyto Coordinateur pour les Études et les Programmes Député de Cuenca
Juan José Matarí Secrétaire exécutif à la Politique régionale Député d'Almería
Manuel Cobo Secrétaire exécutif à la Politique locale Aucun
Vicente Tirado Secrétaire exécutif à la Politique électorale Président des Cortes de Castille-La Manche
Député régional de Tolède
Juan Carlos Aparicio Secrétaire exécutif à la Politique de formation Député de Burgos
Maire de Burgos
José Ramón García Hernández Secrétaire exécutif aux Relations internationales Député de Madrid
Alfredo Prada Secrétaire exécutif à la Fédération des expatriés Député de León
Alfonso Alonso Porte-parole au Congrès des députés Député de Biscaye
Jose Manuel Barreiro Porte-parole au Sénat Sénateur de Lugo
Jaime Mayor Oreja Porte-parole de la Délégation au sein du groupe PPE Député européen

Leaders régionauxmodifier | modifier le code

Nom Mandat
Esperanza Aguirre Présidente de la Communauté de Madrid
Alberto Fabra Président de la Généralité valencienne
Alberto Núñez Feijoo Président de la Xunta de Galicia
Juan Vicente Herrera Président de la Junte de Castille-et-León
Alberto Garre López Président de la Région de Murcie
Pedro Sanz Président de La Rioja
José Ramón Bauzà Président des Îles Baléares
Ignacio Diego Président de Cantabrie
José Antonio Monago Président d'Estrémadure
Juan Jesús Vivas Président de Ceuta
Juan José Imbroda Président de Melilla
Arantza Quiroga Présidente du Parlement basque
Ana Botella Maire de Madrid
Rita Barberá Maire de Valence
Juan Ignacio Zoido Maire de Séville
Teófila Martínez Maire de Cadix

Anciens leadersmodifier | modifier le code

Nom Fonctions exercées
Manuel Fraga Iribarne
1922-2012
Président fondateur
Président de l'AP (1977-1987 ; 1989-1990)
Président de la Xunta de Galicia (1989-2005)
Sénateur pour la Galice (2005-2011)
José María Aznar
Président d'honneur
Président de la Junta de Castille-et-León (1987-1989)
Porte-parole au Congrès des députés (1989-1996)
Président du PP (1990-2004)
Président du Gouvernement (1996-2004)
Francisco Álvarez-Cascos Secrétaire général du PP (1989-1999)
Premier vice-président du gouvernement (1996-2000)
Ministre de la Présidence (1996-2000)
Ministre de l'Équipement (2000-2004)
Président de la principauté des Asturies (depuis 2011)
Rodrigo Rato Second Vice-président du gouvernement (1996-2003)
Ministre de l'Économie et des Finances (1996-2000)
Ministre de l'Économie (2000-2004)
Premier Vice-président du gouvernement (2003-2004)
Directeur général du FMI (2004-2007)
Ángel Acebes Porte-parole au Sénat (1995-1996)
Député pour Ávila (1996- )
Ministre des Administrations publiques (1999-2000)
Ministre de la Justice (2000-2002)
Ministre de l'Intérieur (2002-2004)
Secrétaire général du PP (2004-2008)
Eduardo Zaplana Président de la Communauté valencienne (1995-2002)
Ministre du Travail et des Affaires sociales (2002-2004)
Porte-parole du gouvernement (2003-2004)
Porte-parole au Congrès des députés (2004-2008)
Josep Piqué Ministre de l'Industrie et de l'Energie (1996-2000)
Porte-parole du gouvernement (1998-2000)
Ministre des Affaires étrangères (2000-2002)
Ministre de la Science et de la Technologie (2002-2003)
Président du PP de Catalogne (2002-2007)
Loyola de Palacio
1950-2006
Ministre de l'Agriculture, de la Pêche et de l'Alimentation (1996-1999)
Vice-présidente de la Commission européenne (2004-2009)
Commissaire européenne aux Transports et à l'Énergie (2004-2009)
Juan José Lucas Président de la Junta de Castille-et-León (1991-2001)
Ministre de la Présidence (2001-2002)
Sénateur de Castille-et-León (2002- )
Président du Sénat (2002-2004)
Second vice-président du Sénat (2004-2011)
Premier vice-président du Sénat (depuis 2011)
Jaume Matas Président des Îles Baléares (1996-1999 ; 2003-2007)
Ministre de l'Environnement (2000-2003)

Voir aussimodifier | modifier le code

Lien externemodifier | modifier le code

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Notes et référencesmodifier | modifier le code








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