Paul Morand

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Paul Morand

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Paul Morand, avant 1925.

Nom de naissance Paul Émile Charles Ferdinand Morand
Activités Écrivain académicien français
Naissance
Paris
Décès (à 88 ans)
Paris
Langue d'écriture Français
Genres roman, nouvelle, essai

Œuvres principales

  • Ouvert la nuit (1924)
  • Lewis et Irène (1924)
  • Les Extravagants (1936)
  • L'Homme Pressé (1941)
  • Hécate et ses chiens (1954)
  • Venises (1971)

Paul Morand, né le à Paris 8e et mort le à Paris1, est un écrivain, diplomate et académicien français.

Considéré comme un des pères du « style moderne » en littérature, il s'est imposé comme l'un des grands écrivains français du XXe siècle. Son œuvre a eu une large influence sur les Hussards, en particulier Roger Nimier[réf. nécessaire].

Biographiemodifier | modifier le code

Le jeune Morandmodifier | modifier le code

Son père, Eugène Édouard Morand, occupe à Paris, grâce à l'entremise de son beau-frère Abel Combarieu, directeur du cabinet du président de la République 2plusieurs fonctions liées à l'art : conservateur du Dépôt des marbres en 1902, directeur de l'École nationale supérieure des arts décoratifs en 1908. Il fréquente également les poètes, dont le cercle des Amis de Mallarmé, les artistes et les sculpteurs, dont Auguste Rodin, pendant la jeunesse de Paul. On lui prête cette simple réponse à la sempiternelle question : « Que voulez-vous faire de votre fils ? — Un homme heureux. »

Eugène Édouard Morand meurt en 1930, et son épouse en 1947. Paul Morand a pour oncle Abel Combarieu, secrétaire général et directeur du cabinet civil de la Présidence de la République de 1899 à 1906 et frère du musicologue Jules Combarieu. C'est Abel Combarieu qui introduisit Morand aux Affaires étrangères (service du Protocole) en 19123.

Le jeune Paul apprend l'anglais très tôt et se rend à Londres à plusieurs reprises durant son adolescence (1902, 1903, 1904, 1908, 1909, 1913). Il visite aussi Venise et l'Italie du Nord et, chaque été, séjourne pendant un mois près du lac de Côme.

Il entre au collège Jules Ferry, puis au lycée Chaptal.

Il rate l'oral de philosophie de son baccalauréat, en 1905. Jean Giraudoux devient son précepteur et jeune Paul se transforme tout d'un coup en élève assidu. Il intègre l'École libre des sciences politiques, puis termine premier au concours du Quai d'Orsay. Tout en débutant dans la carrière administrative, il fréquente les milieux littéraires, fait la connaissance de Jean Cocteau et Marcel Proust, et s'essaie à la poésie en composant une Ode à Marcel Proust.

Le diplomate écrivainmodifier | modifier le code

Ses premiers textes publiés sont des poèmes, notamment Lampes à Arc en 1919. Mais il fait sa véritable entrée en littérature en 1921 avec la parution de son premier ouvrage en prose, Tendres Stocks, un recueil de nouvelles préfacé par Proust.

Au cours des années 1920-30, il écrit de nombreux livres, récits de voyage, romans brefs et nouvelles (Ouvert la nuit, Lewis et Irène...), qui frappent par la sécheresse du style, le génie de la formule et la vivacité du récit, mais aussi par la fine description des pays traversés par l'auteur ou ses personnages, généralement de grands bourgeois cultivés aux idées larges.

Son écriture témoigne également d'un racisme affiché 4 : « En fait, si comme dit Emerson, la nature adore les mélanges, elle ne les adore pas tous, on ne saurait visiter une université ou un collège noirs aux États-Unis, contempler ces innombrables métis si appliqués et pourtant si studieux, ces visages d'Européens égarés sous d'affreuses tignasses laineuses, ces négresses blondes ou rousses, ces âmes brûlées par des désirs contradictoires, ces corps dont toutes les proportions ont été bousculées, violées dans le combat des deux hérédités, sans ressentir cette pitié angoissée, mêlée de répulsion qu'inspirent les anomalies humaines... » (Citation extraite d'Hiver Caraïbe, 1926).

Durant la même période, il pratique le journalisme, notamment pour Le Figaro. Il exerce aussi le métier d'éditeur en dirigeant chez Gallimard la collection « Renaissance de la nouvelle », où paraissent en 1938 les Nouvelles orientales de Marguerite Yourcenar, et est également membre du Comité de direction de l'Association du Foyer de l’Abbaye de Royaumont.

Le , à Paris, il épouse la riche roumaine d'origine grecque Hélène Chrissoveloni (1879-1975), princesse Soutzo (1879-1975), dont le frère Jean (+ 1926), banquier fort cultivé et polyglotte, avait acquis trois ans plus tôt, avec son épouse Sybille, le château des Mesnuls (Yvelines), où le couple très mondain donna des fêtes fastueuses.

L'ambassadeur de Vichymodifier | modifier le code

Un des faits marquants de la vie de Morand est son attitude durant la Seconde Guerre mondiale et sa proximité avec le régime de Vichy5.

Après avoir été mis à la retraite d'office en 1940, il est nommé, lors du retour de Pierre Laval au gouvernement en 1942, ambassadeur de France en Roumanie, pays d'origine de la famille de son épouse.

Jean Jardin, éminence grise de Pierre Laval, favorise son départ de Bucarest en 1944, lors de l'avancée des troupes russes, et le fait nommer en Suisse.

Lorsque la guerre se termine, il est ambassadeur à Berne, ce qui lui vaut d'être révoqué à la Libération par le général de Gaulle; son attitude durant l'Occupation lui vaudra longtemps une solide inimitié de ce dernier qui, après son retour au pouvoir en 1958, empêchera jusqu'en 1968 son entrée à l'Académie française. À cause de cela, Morand l'appellera toujours avec mépris « Gaulle », notamment dans sa correspondance avec son ami Jacques Chardonne.

L'exilé et le protecteur des hussardsmodifier | modifier le code

Après la Guerre, il est contraint à l'exil à Vevey en Suisse. Il y passe une dizaine d'années, au grand dam d'autres écrivains en exil, avant d'être à nouveau admis sur le sol français. On continue néanmoins de lui reprocher ses amitiés du temps de Vichy et le soutien de l'Occupant à la publication de ses ouvrages, tandis que lui-même proteste de son innocence6.

Au sujet de son exil forcé, il écrira plus tard : « L'exil est un lourd sommeil qui ressemble à la mort. » (Chronique de l'homme maigre)

Durant ces années, il se consacre à la poursuite de son œuvre, marquée par des orientations nouvelles et, notamment, par un intérêt nouveau pour l'Histoire, ainsi qu'en témoignent Le Flagellant de Séville et Fouquet ou le Soleil offusqué.

Il devient à la même époque, avec Jacques Chardonne, le modèle et le protecteur d'une nouvelle génération d'écrivains qu'on appellera par la suite les Hussards. Il entretient une relation quasi filiale avec le premier d'entre eux, Roger Nimier.

L'académicienmodifier | modifier le code

Il est élu à l'Académie française le 24 septembre 1968 au fauteuil no 11 de Maurice Garçon, élu en 1946. Mais le chef de l'État, contrairement à la tradition, ne le recevra pas, après avoir pourtant levé son veto de manière implicite en déclarant au Secrétaire Perpétuel : « Paul Morand… qui va être des vôtres, n'est-ce pas ?. » Pauline Dreyfus a tiré un roman de la campagne qui précéda cette élection, Immortel, enfin (2012).

Morand survit un an et demi à son épouse, décédée le 27 février 1975, et meurt à l'hôpital Laennec à Paris; conformément aux dispositions de son testament, ses cendres seront mêlées à celles de son épouse à Trieste, ville dont elle était originaire.

Il avait annoncé ses intentions dans Venises : « Un cimetière à Trieste (…) J'ai accepté l'asile que m'offrent mes cousines par alliance, dans le mausolée des E… ; il date de François-Joseph (…) C'est une noble pyramide de pierre, haute de six mètres, un morceau d'éloquence toute italienne (…). On est loin du décor funèbre des grandes capitales, de la cohue des pierres tombales (…). Champ de repos vert au milieu du désert des vivants. Là, j'irais gésir, après ce long accident que fut ma vie. Ma cendre, sous ce sol, une inscription en grec en témoignera ; je serai veillé par cette religion orthodoxe vers quoi Venise m'a conduit. » (Venises, Gallimard, 1971, p. 214 et 215).

Bernard Beyern fera de la crémation de Morand le récit suivant : « Paul Morand fut crématisé au plus fort de la canicule de l'été 1976. On confia ensuite à un employé le soin de ramener l'urne jusqu'au domicile du de cujus. Sans savoir qui il transportait sur le porte-bagages de son Solex, le fonctionnaire assoiffé a traversé la capitale dans plusieurs bistrots pour boire une grenadine. Ainsi l'auteur de Venises commença-t-il son dernier voyage vers l'Italie (…), par des stations sur les trottoirs de la Roquette… »7.

Roger Nimier avait écrit au sujet de Morand : « Un jour il bondira, vieux sportif, dans la mort. »

Morand eut de la peintre et décoratrice bordelaise Madeleine Mulle une fille, Marie-Claude Morand, née à Bordeaux le , qui fut élevée au sein du mariage postérieur de sa mère avec le photographe Louis-Victor Emmanuel Sougez, dans l'œuvre duquel elle apparut fréquemment sous le nom de Claude.

Témoignagesmodifier | modifier le code

Sur le choix de la Collaboration par Morand, le regard de Charles de Gaulle est ainsi rapporté par Alain Peyrefitte : « [...] Laval ne lui demandait même pas de rentrer [...]. Il est parti par le même bateau que l'ambassade. On ne voulait pas de lui à Vichy et on lui a tenu rigueur de son abandon de poste. Il était victime des richesses de sa femme. Pour les récupérer, il s'est fait nommer ministre de Vichy à Bucarest. Puis, quand les troupes russes se sont approchées, il a chargé un train entier de tableaux et d'objets d'art et l'a envoyé en Suisse. Il s'est fait ensuite nommer à Berne, pour s'occuper du déchargement. » (Charles de Gaulle, 20 mai 1962, C'était de Gaulle, Fayard, tome I, 1994, p. 148.)

À propos de la position qu'eut envers lui Charles de Gaulle : « Le Roi, disait-on, n'est pas homme à se relâcher facilement de son courroux ni de se déprendre de ses haines d'État […]. Il ne fallait pas croire néanmoins qu'il eût le cœur dur […]. Les rois sont souvent magnanimes et pitoyables. Un homme de beaucoup de lettres, quoiqu'elles ne l'eussent pas mis dans l'Académie Française, Paul Morand, ne contait-il pas dans un livre plein d'âme et de pétillement sur Fouquet, que si le Surintendant eût été condamné à mort, Louis XIV n'eût pas oublié, dans sa miséricorde, de changer la pendaison en décapitation. » (André Ribaud, La Cour, Julliard, 1961, p. 157)

À propos de l'amateur d'art, Maurice Rheims, son ami depuis 1959, évoque dans ses entretiens avec François Duret-Robert (En tous mes états, Gallimard, 1993, p. 93-97), cet « homme délicieux, amateur raffiné » qui fut son mentor pour entrer à l'Académie, « prenant sur lui d'agir sans jamais m'en parler » (auprès de Guitton, Ionesco, Druon, etc.), et son épouse, « vieille impératrice asiatique, savourant son thé dans une tasse en céramique bleue d'époque Ming, assise au centre d'un trône moghol du XVIIIe s. marqué d'un M majuscule, acquis par Morand lors d'un voyage ». Exécuteur testamentaire, le célèbre commissaire-priseur fut chargé des modalités du legs de leurs biens à l'Académie, et acquit ce « trône asiate » lors de la vente aux enchères publiques de la succession des 16 et 17 novembre 1977 au Palais d'Orsay à Paris, qui comprenait un grand portrait en pied d'Hélène Morand, pastel de Lucien Lévy-Dhurmer, et les nombreux tableaux, meubles et objets d'art en majeure partie d'Extrême-Orient, qui ornaient l'hôtel particulier de l'avenue Charles-Floquet à Paris (construit pour son beau-père le prince Soutzo par Pierre Humbert) et la maison des Hayes, vers Rambouillet.

Dans ses Propos Secrets (Albin Michel, 1980, tome 2, p. 363 et 364), Roger Peyrefitte évoque Morand à propos du « scandale Fersen » (pédophilie ?) impliquant plusieurs de ses jeunes condiciples du lycée Carnot à Paris ; il publie la lettre (non datée) que celui-ci lui adressa à la suite de la publication de l'Exilé de Capri — que Morand renomma Uranus 1900 — qui lui avait rappelé certains épisodes de son enfance : il indique que c'est chez Marcel Schwob que son père connut Oscar Wilde - qui lui conseilla de l'envoyer à Oxford - évoque le collège des Maristes de la rue de Monceaux, les artistes Madeleine Lemaire et Louis Morin, se souvient avoir fréquenté jeune « le Thé de Ceylan » sans savoir que c'était alors un mauvais lieu fréquenté par les « minets » Frétillé, Trouillon et Chicoulan - à qui il trouve une « figure d'hyène maçonnique » - puis en 1912-13 d'y être retourné danser le tango, de Colette — une « gousse » — danser en caleçon de panthère au Jardin de Paris en 1908 ou 1909, de promenades l'été sur les Champs-Élysées avec Giraudoux « encore adolescent et furonculeux, un mouchoir entre son cou et son haut col empesé. »

Peyrefitte évoque également l'hôtel appartenant à sa richissime épouse, qui, n'en occupant que le rez-de-chaussée, en avait loué les étages — son petit-fils et héritier auto-désigné Charles-Albert de Broglie en occupant une chambre — lors d'une réception donnée par le décorateur Alberto Pinto, Elsa Martinelli et leur ami commun Anthony Tannoury, quelques années après la mort du couple Morand (hiver 1979 ?) : « […] des pièces ouvrant sur le Champ-de-Mars, ornée de palmiers et de yuccas, aux plafonds les plus hauts de Paris, aux murs recouverts de faience bleue ou laqués blanc : (dans) ce palais marocain ne restait de Morand que deux grandes armoires chinoises. Ce qui avait été l'endroit le plus sombre, où semblait flotter une éternelle brume 1900, était maintenant le plus lumineux. Ainsi va la vie...et la mort, car, de toutes les personnes que j'avais vues là, aucune n'était plus de ce monde. » À cette époque, le magazine de décoration Maison et Jardin a publié un reportage sur cet intérieur ainsi « relooké ».

Dans sa biographie d'Antoine Blondin, Yvan Audouard raconte comment la dernière missive de Morand à Kléber Haedens, écrite quelques jours avant sa mort l'informant qu'il lui léguait sa cave, parvint avec le camion transportant celle-ci, au moment même où le cercueil de Haedens quittait sa maison de Labourdette, en Haute-Garonne… (Monsieur Jadis est de retour, La Table Ronde, 1994, p. 69 et 70).

Iconographiemodifier | modifier le code

Œuvresmodifier | modifier le code

Poèmesmodifier | modifier le code

  • Lampes à Arc, avec un dessin de l'auteur, Paris, Au Sans Pareil, 1920, puis René Kieffer, 1926 (lithographies de Frans Masereel);
  • Feuilles de Température (Paris, Au Sans Pareil, 1920);
  • Poèmes complets (1914-1924) (Au Sans Pareil, 1924);
  • Poèmes (Toulouse, éditions Richard, 1928);
  • U.S.A., poèmes (Au Sans Pareil, hors-commerce, 1928);

Romans et nouvellesmodifier | modifier le code

  • Tendres Stocks, 3 nouvelles, préface de Marcel Proust (N.R.F., 1921, 1924 — avec eaux-fortes de Chas Laborde) ;
  • Ouvert la nuit, 6 nouvelles (N.R.F., 1922, 1923, 1924 — éd. illustrée de 6 aquarelles de Dufy, Favory, de La Fresnaye, Lhote, Moreau, Dunoyer de Segonzac — La Gerbe d'Or/N.R.F., 1927 — avec préface inédite de l'auteur —, édition Populaire, 1951) ;
  • Fermé la nuit, 4 nouvelles (N.R.F., 1923 et 1935 - avec illustrations de Pascin) ;
  • Lewis et Irène, roman (Grasset, 1924, Émile-Paul, 1925 — avec illustrations d'Oberlé — 1926) ;
  • La Fleur double (Émile-Paul, 1924, avec un frontispice de Daragnès) ;
  • Les Amis nouveaux (Au Sans-Pareil, 1924 — avec eaux-fortes de Jean Hugo) ;
  • Les Plaisirs rhénans (Dusseldorf, librairie Léocadia, s.d., avec 7 lithographies érotiques de Gaston-Louis Roux — ouvrage imprimé sans son accord, dont il fit pilonner une partie — cette nouvelle parut dans L'Europe galante (1926) ;
  • Mr. U (Édition des cahiers libres 1927) ;
  • Milady (1927) ;
  • East India and Company, 12 nouvelles (New-York, 1927 — inédit en français) ;
  • À la Frégate, nouvelles (Paris, Les Éditions du Portique, 1930) ;
  • Les Rois du jour - Flèche d'Orient, nouvelle (N.R.F., 1932) ;
  • Rococo, nouvelles (Grasset, 1933);
  • France-la-doulce (N.R.F., 1934);
  • Les Extravagants. Milady suivi de Monsieur Zéro, nouvelles (N.R.F., 1936) ;
  • L'Homme pressé, roman (Gallimard, 1941) ;
  • Feu M. le Duc, nouvelles (Genève, Milieu du Monde, 1942) ;
  • Le Bazar de la Charité, nouvelle (Genève, Club des bibliophiles, 1944. Illustrations de Paul Monnier) ;
  • À la Fleur d'Oranger, nouvelles (Vevey, Éditions de la Table Ronde, 1945) ;
  • Le Dernier Jour de l'Inquisition, nouvelles (Vevey, la Table Ronde, 1946) ;
  • Montociel, Rajah aux Grandes Indes, roman (Genève, Éditions du Cheval Ailé, 1947) ;
  • Le Flagellant de Séville, roman (Fayard, 1951) ;
  • Le Coucou et le Roitelet, (Éditions du Tambourinaire, 1954);
  • Hécate et ses chiens, roman (Flammarion, 1954), dont certains passages « scabreux » furent utilisés par les opposants à sa candidature à l'Académie pour la boycotter ;
  • La Folle Amoureuse, nouvelles (Stock, 1956) ;
  • Fin de siècle, nouvelles (Stock, 1957);
  • Le Prisonnier de Cintra (1958) ;
  • Tais-toi, roman (Gallimard, 1965) ;
  • Nouvelles d'une vie (?) ;
  • Nouvelles du cœur (Gallimard, 1965) ;
  • Nouvelles des yeux (Gallimard, 1965) ;
  • Les Écarts amoureux, nouvelles (Gallimard, 1974) ;
  • Nouvelles complètes, Gallimard, Bibliothèque de la Pléiade, 2 tomes (éd. Michel Collomb, 1992) ;
  • Romans, Gallimard, Bibliothèque de la Pléiade (éd. Michel Collomb).

Chronique du XXe sièclemodifier | modifier le code

  • I. L'Europe Galante- 14 nouvelles (Europe) (Vertès, 1927 — avec des lithographies en noir — Grasset, 1925, Ferenczi, 1928) ;
  • II. Bouddha Vivant (Asie) (Grasset et Calmann-Lévy, 1927, Aux Aldes, 1928 — eaux-fortes d'Alexieiff —, Ferenczi, 1929) ;
  • III. Magie Noire (Afrique), 8 nouvelles (Grasset, 1928, Flammarion et Ferenczi, 1930) ;
  • IV. Champions du Monde (Amérique) (Grasset, 1930) ;

Essais et portraits d'écrivainsmodifier | modifier le code

  • De la vitesse (Éditions Kra, 1929) ;
  • 1900 (Les Éditions de France, 1931 ; Flammarion, 1942) ;
  • Papiers d'identité (Grasset, 1931) ;
  • Le Réveille-matin (Grasset, 1937) ;
  • Apprendre à se reposer (Flammarion, 1937), aujourd'hui Éloge du repos ;
  • L'heure qu'il est (Grasset, 1938) ;
  • Isabeau de Bavière (Les Éditions de France, 1939) ;
  • Vie de Maupassant (Flammarion, 1942) ;
  • Excursions immobiles (Flammarion, 1944) ;
  • Adieu à Giraudoux (Porrentruy, Aux Portes de France, 1944) ;
  • Première visite à Marcel Proust (Genève, éditions du Cheval Ailé, 1948) ;
  • Dostoïevsky, annonciateur de l'Europe russe, essai (Genève, éditions Pierre Cailler, 1948) ;
  • Giraudoux. Souvenirs de notre jeunesse (Genève, La Palatine, 1948) ;
  • Le Visiteur du soir. Marcel Proust (1949) ;
  • Katherine de Heilbronn de Kleist (1956) ;
  • Fouquet ou Le Soleil offusqué, biographie (Gallimard, 1961 ; coll.Folio/Histoire, 1985) ;
  • Monplaisir… en littérature (Gallimard, 1967) ;
  • Monplaisir… en histoire (Gallimard, 1969) ;
  • Discours de réception à l'Académie française (Gallimard, 1969) ;
  • L'Allure de Chanel (Hermann, 1976) ;

Récits de voyage et portraits de villesmodifier | modifier le code

  • Rien que la Terre (Grasset, 1926 ; Plon, 1929, puis Bruxelles, édition du Nord, 1929, illustrations de Falké) ;
  • Siam, Aux Aldes, (1926, illustrations de Galanis) ;
  • La Semaine de Bath (Champion, 1925) ;
  • Le Voyage (Hachette, 1927);
  • Tableaux de Paris, textes de Paul Valéry (Émile-Paul, 1927, illustrations de Bonnard) ;
  • Syracuse USA, (Grasset, 1928) ;
  • Paris-Tombouctou, documentaire (Flammarion — La Rose des Vents, 1928, dédié à André Derain) ;
  • Hiver Caraïbe, documentaire (Flammarion, La Rose des Vents ? 1926) ;
  • New York (Flammarion, 1930 et 1931, illustrations de Lubbers) ;
  • New York, le Jour et la Nuit (Flammarion, 1930) ;
  • Route de Paris à la Méditerranée (Firmin-Didot, 1931) ;
  • Air Indien (Grasset, 1932) ;
  • A.O.F. de Paris à Tombouctou (Flammarion, 1932) ;
  • Paris de nuit, avec 60 photographies de Brassaï (Paris, Arts et Métiers Graphiques, 1933) ;
  • Londres (Plon, 1933) ;
  • Bucarest (Plon, 1934) ;
  • Croisière du yacht Alphée (Y Cotnareanu, 1935) ;
  • Rond-point des Champs-Élysées (Grasset, 1935) ;
  • La Route des Indes (Plon, 1936);
  • Méditerranée, mer des surprises (Mame, 1938) ;
  • Florence que j'aime (éditions Sun, 1959) ;
  • Bains de mer, bains de rêve (Lausanne, Guilde du Livre, 1960);
  • Le Nouveau Londres, suivi de Londres 1933, édition revue et corrigée — photographies de Tony Armstrong-Jones (Plon, 1962) ;
  • Majorque (Barcelone, Noguer, 1963) ;
  • Le Portugal que j'aime, légendes — préfacé par Michel Déon, présenté par Jacques Chardonne (éditions Sun, 1963) ;
  • Préface à La Suisse que j'aime de François Nourissier (Sun, 1968) ;
  • Venises (Gallimard, 1971).
  • D'autres Venise(Nicolas Chaudun, 2010) — préfacé par Olivier Aubertin
  • Rhin et Danube (Nicolas Chaudun, 2011) — préfacé par Olivier Aubertin
  • Bains de soleil (Nicolas Chaudun, 2011) — préfacé par Olivier Aubertin
  • So British ! (Nicolas Chaudun, 2012) — préfacé par Olivier Aubertin

Chroniquesmodifier | modifier le code

  • Papiers d'identité (Grasset, 1931) ;
  • Mes débuts (Grasset, 1933) ;
  • Rond-Point des Champs-Élysées (1935) ;
  • Réflexes et Réflexions (Grasset, 1939) ;
  • Chroniques de l'homme maigre (Grasset, 1940) ;
  • Propos des 52 semaines (Milieu du Monde, 1942) ;
  • L'Eau sous les ponts (Grasset, 1954).

Correspondancemodifier | modifier le code

« Morand est tout entier dans ses lettres […] cet incomparable épistolier offrait de fulgurantes visions sur la politique, les mœurs, l'histoire ou les élans du cœur […] ce qui éclate le plus, c'est la générosité. » (prière d'insérer de « Lettres à des amis et à quelques autres », préface de Michel Déon, présentation et notes de Ginette Guitard-Auviste — La Table Ronde, 1978).

Sa longue correspondance inédite avec Chardonne contient assez de critiques venimeuses sur leurs contemporains — dont Charles de Gaulle, André Malraux, François Mauriac, Josette Day — pour qu'ils en interdisent la publication — « Tout cela dans trente ans ne blessera plus », croit Chardonne — et qui la dépose en 1967 à la bibliothèque de Lausanne, où elle est consultable depuis 2000; il est prévu qu'elle soit publiée par Gallimard en avril 2013.

« Les deux crocodiles n'ont rien renié de leur vichysme d'antan. Morand y peste contre « l'enjuivement » de l'Académie Goncourt, traite tel écrivain de « merde juive ». Sa phobie antisémite n'a d'égale que sa détestation des homosexuels, tombant au niveau de graffiti de vespasienne […] L'aigreur colérique s'accentue au fil des années 60, mêlée à la nostalgie. » (François Dufay, op. cit., p. 140).

En 2013 est publiée chez Gallimard (préfacé par Michel Déon) sa correspondance avec l'écrivain Jacques Chardonne8. Il s'agit d'un premier tome couvrant leurs échanges de 1949 à 1960. Deux autres sont prévus (l'un allant de 1961 à 1964 et le troisième de 1964 à 1968, date de la mort de Charonne). L'ensemble des lettres comptera 5000 pages9.

Souvenirsmodifier | modifier le code

  • Journal d'un attaché d'ambassade, 1916-1917 (La Table Ronde, 1948; Gallimard, 1963 ; La Table Ronde, 1974) ;
  • Giraudoux, souvenirs de notre jeunesse (La Palatine, 1948) ;
  • Le Visiteur du soir, Marcel Proust (La Palatine, 1949) ;
  • Journal inutile, mémoires en 2 volumes (Gallimard, 2002) ;
  • Préface de Ce que je voulais vous dire aujourd'hui, choix de lettres de Chardonne avec deux lettres de Morand (Grasset, 1970, mais pré-publication dans La Revue de Paris en 1968).

Citationsmodifier | modifier le code

Sur les autres projets Wikimedia :

« S'en aller, c'est gagner son procès contre l'habitude. »

— Le Voyage, 1927

« Je voudrais qu'après ma mort on fît de ma peau une valise. »

— Le Voyage, 1927

« Les guerres elles-mêmes sont des voyages, des voyages de nations. »

— Le Voyage, 1927

« C'est épouvantable d'être seul quand on a été deux. »

— L'homme pressé, 1941

Étudesmodifier | modifier le code

Articlesmodifier | modifier le code

Biographiesmodifier | modifier le code

  • Ginette Guitard-Auviste, Paul Morand, préface de Pierre de Boisdeffre, avec cinq textes inédits (Éditions universitaires, 1956, puis nouvelle édition, Balland, 1994)

Essaismodifier | modifier le code

  • Jacques Chardonne, Paul Morand (Les Cahiers de l'Ouest, mars 1956)
  • W. Chevalier, Essai critique sur Paul Morand (Académie Canadienne-Française, 1971)
  • Michel Collomb, Paul Morand, petits certificats de vie (Hermann, Paris, 2006, ISBN 978-2-7056-6615-6.)
  • Bernard Delvaille, Paul Morand - le poète, avec cinq textes inédits (Seghers, 1966)
  • François Dufay, Le Soufre et le Moisi. La droite littéraire après 1945. Chardonne, Morand et les hussards, Paris, Perrin, 2006, ISBN 2-262-01907-X
  • Pascal Louvrier et Éric Canal-Forgues, Paul Morand, le sourire du hara-kiri (Perrin, Paris, 1994, ISBN 2-262-00943-0. ; nouvelle édition Paris, Éditions du Rocher,2006)
  • Marcel Schneider, Morand, notes et documents de G.Guitard Auviste (Gallimard, 1971)
  • Basile Tardivel, La Plume et le Rasoir: style et culture équestres dans Milady de Paul Morand, Gaël, Cheval Culture, 2010

Adaptations cinématographiquesmodifier | modifier le code

Notes et référencesmodifier | modifier le code

  1. Archives numérisées de l'état civil de Paris, acte de naissance no 8/464/1888, avec mention marginale du décès (consulté le 12 juillet 2012)
  2. Voir in "Journal inutile" Tome I
  3. Journal inutile de PM, Gallimard, 18 avril 1974).
  4. « blog littéraire »
  5. Principale source: François Dufay, Le soufre et le moisi. La droite littéraire après 1945. Chardonne, Morand et les hussards, Paris, Perrin, 2006. ISBN 2-262-01907-X.
  6. Gavin Bowd, Paul Morand et la Roumanie.
  7. Mémoires d'entre-tombes, Le Cherche-Midi éditeur, 1997, p. 120)
  8. Jean d'Ormesson, « Après eux, le déluge… », in Le Figaro littéraire, jeudi 21 novembre 2013, page 2.
  9. Bertrand Lacarelle interviewé par Thierry Clermont, « La complicité de deux réprouvés » in Le Figaro littéraire, jeudi 21 novembre 2013, pages 3.

Liens externesmodifier | modifier le code

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