Canaan (région)

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Canaan /kanaɑ̃/ (phénicien : 𐤊‏𐤍‏𐤏‏𐤍‏ ou 𐤊𐤍𐤏𐤍, Knʕn (Kanaʻn) ; hébreu : כנען Kənáʻan ; arabe : كنعان Kanʻān) est un terme utilisé dans le récit biblique pour décrire la partie du Proche-Orient située entre la Méditerranée et le Jourdain, avant sa conquête par Josué et les Tribus d'Israël sorties d'Égypte. Le terme provient du nom de Canaan, petit-fils de Noé. Dans un sens plus large, cette région correspond plus ou moins aujourd'hui aux territoires réunissant la Palestine, l'État d'Israël, l'Ouest de la Jordanie, le Sud du Liban et l'Ouest de la Syrie, où ont vécu les Cananéens et les Phéniciens. On appelle cananéens les habitants de ce territoire à l'âge du bronze (parfois appelée en histoire de la Palestine période cananéenne).

Tradition bibliquemodifier | modifier le code

Article détaillé : Pays de Canaan (Bible).

Selon la Bible hébraïque, ce territoire est appelé ainsi du nom du personnage de Canaan, fils de Cham, second fils de Noé (patriarche) La Bible fait ensuite mention de sept ethnies qui peuplent le Pays de Canaan et qui sont connues sous le nom générique de Cananéens : ce sont les Hittites, les Girgashites, les Amorites, les Cananéens, les Perizzites, les Hivites et les Jébuséens.

Dans le livre de Josué, le pays de Canaan fait l'objet de la conquête et du partage du pays par les Hébreux (vers le XIIe siècle av. J.-C.). D'autres peuples continuent toutefois d'être mentionnés dans le texte biblique, qui justifie leur présence sur cette terre, pour éprouver les Enfants d'Israël car ces derniers n'avaient pas complètement chassés les Cananéens.

Histoiremodifier | modifier le code

Âge du Bronzemodifier | modifier le code

Le nom de Canaan est ancien et semble être apparu au IIIe millénaire av. J.-C.. On a retrouvé des mentions de son nom sur des tablettes trouvées dans les ruines de Mari, où elle apparaît en tant qu'entité politique distincte. Il s'agissait sans doute d'une terre d'une certaine diversité ethnique. Mais dans un contexte ethnique, il semble que les Canaanéens, voisins et proches parents des Amorites, correspondent exactement aux Phéniciens.

Le nom de ses habitants, les Cananéens, dérivait d'un terme signifiant fabricant ou marchand de pourpre, ce qui représente un autre lien avec la Phénicie dont les villes de Tyr et de Sidon étaient bien connues pour ce produit.[réf. nécessaire] Il est d'ailleurs tentant de rapprocher le terme « phénicien » de l'adjectif grec « phoinix » désignant une couleur rouge foncé, plutôt brunâtre1. Dans la Bible, il prend parfois la simple signification de marchand. Mais peu importe qui furent les Canaanéens, ils avaient une certaine réputation de commerçants dans une grande partie du Proche-Orient.[réf. nécessaire]

Sous la XVIIIe dynastie égyptienne, les Égyptiens attaquent à plusieurs reprises le Pays de Canaan, notamment sous Amenhotep Ier, sous Thoutmôsis Ier, où l'armée égyptienne atteint l'Euphrate au nord, sous Thoutmôsis II et sous Thoutmôsis III où a lieu la bataille de Megiddo. Les Cananéens, regroupés sous les ordres du gouverneur de la ville de Qadesh nommé Ali EL-Assi, et les Égyptiens, sous les ordres du pharaon Thoutmôsis III, assiègent la ville de Megiddo pendant sept mois et obligent les Cananéens à se rendre.

Âge du Fermodifier | modifier le code

À partir du moment où Israël émerge, le terme Canaan commence à laisser place à trois nouveaux termes selon les régions. La Phénicie désigna le littoral nord, la Philistie désigna le littoral sud et le Royaume d'Israël les terres intérieures.

Pour certains, Cananéen peut en fait être considéré comme un synonyme de Phénicien, car les deux peuples parlaient la même langue et avaient les mêmes dieux. Ils estiment que les Israélites n'ont pas fait disparaître les Cananéens mais se seraient mélangés à eux et auraient adopté certaines de leurs coutumes. Certains passages bibliques et le fait que l'hébreu biblique soit linguistiquement très proche du phénicien le prouveraient. Selon la Bible, le roi Hiram de Tyr, dont le sarcophage a été conservé, aurait été ami avec Salomon, roi d'Israël.

Les découvertes archéologiques menées par Israël Finkelstein dans les années 1990, tendraient à prouver que le pays de Canaan ne fut pas en fait conquis militairement, mais que l'apparition des premières communautés israélites sur les hautes terres intérieures, vers -1200, est le résultat d'une transformation interne de la société cananéenne. Les premiers israélites seraient donc de souche cananéenne (probablement des groupes dissidents, réfractaires à la domination égyptienne qui sévissait alors[réf. nécessaire]), ayant quitté les cités-états des hautes terres et leurs réglementations contraignantes pour s'établir plus à l'Ouest.

Religionmodifier | modifier le code

La religion cananéenne reconnaissait un dieu primordial2 : El, père de l'humanité et de toute créature. Des tablettes découvertes dans la bibliothèque royale d'Ebla (site archéologique de Tell Mardikh en Syrie), datant du XXIVe siècle av. J.-C., mentionne ce dieu El en tête d'une liste de divers dieux, comme dieu ancêtre des autres dieux et père de tous les dieux. El était l'époux de la déesse Asherah (ref. tablettes d'Ugarit). Il est le père de nombreux dieux dont les plus importants sont Hadad, Yam et Mot.

Langue Cananéennemodifier | modifier le code

Le cananéen désigne aussi un groupe de langues Phénico-cananéennes du nord-ouest. Ce sont les dialectes suivants : le phénicien (incluant la langue de Carthage), ainsi que l'araméen.

Cananéismemodifier | modifier le code

Article détaillé : Cananéens (politique).

Le terme de Cananéen sera réemployé par un groupe sioniste nationaliste de droite marginal, actif des années 1930 aux années 1970 et qui entendait opérer une rupture néo-païenne avec le judaïsme. On parle de « cananéisme ».

Notes et référencesmodifier | modifier le code

  1. Dictionnaire des noms de lieux – Louis Deroy et Marianne Mulon (Le Robert, 1994) (ISBN 285036195X)
  2. Judges and Ruth, par Victor Harold Matthews, Cambridge University Press (2004)

Voir aussimodifier | modifier le code

Article connexemodifier | modifier le code

Lien externemodifier | modifier le code








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