Pentarchie

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Le terme Pentarchie (du grec ancien πεντραρχία / pentarkhía (« cinq gouvernements »), dérivé de πέντε / pénte (« cinq »), et ἀρχία / arkhía (« gouvernement ») désigne le mode d'organisation de l'Église indivise, en vigueur du Ve au XIe siècle, autour de cinq Églises patriarcales .

Pentarchie anciennemodifier | modifier le code

Mise en place de la Pentarchiemodifier | modifier le code

Les actes du premier concile de Nicée (325) reconnaissent la primauté des sièges de Rome, Alexandrie et Antioche1.

À la suite du déplacement, en 330, de la capitale de l'Empire romain de Rome à Byzance, rebaptisée Constantinople, l'évêque de la ville fut rapidement élevé au rang de patriarche2 et, lors du premier concile de Constantinople en 381, il obtint la prééminence d'honneur après celui de Rome.

En 451 au concile de Chalcédoine, l'Église de Jérusalem fut élevée au rang de patriarcat.

Les cinq Églises qui constituaient la Pentarchie originelle, dite également Pentarchie romaine ou sièges apostoliques, étaient donc les suivantes :

(dans l'ordre de la prééminence d'honneur défini au concile de Chalcédoine)

Les schismesmodifier | modifier le code

La première division importante résulta de la crise arienne et fut résorbée au VIe siècle par le ralliement ou la disparition des Églises ariennes.

Les divisions suivantes apparurent au Ve siècle. À la suite du Concile d'Éphèse de 431, qui condamna les thèses de Nestorius, l'Église de l'Orient se sépara de l'Église d'Antioche. À partir de 451, une part importante des communautés chrétiennes d'Égypte, les futurs coptes, et de Syrie, les futurs jacobites, prirent une décision analogue à la suite de la formulation christologique du Concile de Chalcédoine et des conflits provoqués par la destitution du patriarche d'Alexandrie, en se séparant respectivement des Églises d'Alexandrie, et d'Antioche. En 553, l'Église d'Arménie refusa également la formulation christologique du Concile de Chalcédoine. À la suite de ces séparations, les Églises officielles (melchites) d'Alexandrie et d'Antioche perdirent beaucoup de leur influence. Ce recul fut amplifié par la conquête arabe du VIIe siècle qui soumit les territoires des Églises d'Antioche, d'Alexandrie et de Jérusalem.

Sont dites chalcédoniciennes ou Églises des sept conciles, les cinq Églises, d'origine apostolique, qui ont toutes pris part d'une façon ou d'une autre aux sept premiers conciles œcuméniques. Malgré des périodes de conflits, des rivalités et trois schismes temporaires, le schisme acacien (484-519), le schisme monothéliste (638-681) et le schisme photien (863-867), elles réussirent à rester en communion. Cependant, du fait de l'affaiblissement extrême des trois Églises orientales sous domination musulmane, la Pentarchie évolua vers un face à face entre les Églises de Rome et de Constantinople3.

Le schisme de 1054 marque la rupture de l'union et la fin de la Pentarchie originelle.

Pentarchie catholiquemodifier | modifier le code

Dans l'Église catholique, le siège patriarcal de Rome occupe une place particulière puisqu'il est uni au diocèse de Rome dont le pape est l'évêque.

La patriarcat occidental de Romemodifier | modifier le code

Article détaillé : Patriarche d'occident.

Les quatre patriarcats orientauxmodifier | modifier le code

Les quatre patriarcats orientaux de l'Église latinemodifier | modifier le code

L'Église latine a reconstitué une forme de Pentarchie par la création, à la suite des Croisades, des titres de patriarche latin de Constantinople, d'Alexandrie, d'Antioche et de Jérusalem.

Le patriarcat de Jérusalem est établi, le premier, à la suite de la prise de Jérusalem par les croisés lors de la première croisade. Son patriarche siège à Jérusalem jusqu'à sa prise par Saladin, en 1187. Le patriarche de Jérusalem siège ensuite à Tyr (1187-1191), à Saint-Jean-d'Acre (1191-1229), à Jérusalem (1229-1244) et à Saint-Jean-d'Acre (1244-1291). À la suite de la prise de Saint-Jean-d'Acre par Al-Ashraf Khalil, le patriarcat de Jérusalem devient un siège titulaire.

Le patriarcat de Constantinople est établi à la suite de la prise de Constantinople par les croisés lors de la quatrième croisade. Son patriarche siège à Constantinople jusqu'à sa reprise par Alexis Strategopoulos en 1261.

Après une courte période pendant laquelle les prélats titulaires purent siéger en Orient (sauf pour Alexandrie), les titres furent portés par des prélats en résidence à Rome, avec pour chacun une basilique cathédrale :

Le titre de patriarche latin de Jérusalem est redevenu résidentiel en 1847. Les titres de patriarche latin de Constantinople, d'Alexandrie et d'Antioche ont été supprimés en 1964.

Les patriarcats orientaux des Églises catholiques orientalesmodifier | modifier le code

Six des Églises catholiques orientales sont des Églises patriarcales : l'Église maronite, l'Église catholique copte, l'Église catholique arménienne, l'Église catholique syriaque, l'Église grecque-catholique melkite et l'Église catholique chaldéenne. Trois des six patriarches portent le titre de patriarche d'Antioche : le patriarche de l'Église maronite, celui de l'Église catholique syriaque et celui de l'Église grecque-catholique melkite. Le patriarche de l'Église catholique copte porte le titre de patriarche d'Alexandrie. Quant au patriarche de l'Église catholique arménienne et à celui de l'Église catholique chaldéenne, ils portent, le premier, le titre de patriarche de Cilicie et, le second, celui de patriarche de Babylone.

Le code des canons des Églises orientales, qui régit les Églises catholiques orientales et ses relations avec l'Église latine fixe l'ordre de préséance des anciens sièges patriarcaux comme suit : Constantinople, Alexandrie, Antioche et Jérusalem.

Pentarchie orthodoxemodifier | modifier le code

Parmi les Églises orthodoxes, on a eu tendance depuis cette rupture à ajouter l'Église de Moscou pour reconstituer une forme de Pentarchie « orthodoxe »4 :

Pentarchie de l'Église de l'Orientmodifier | modifier le code

L'Église de l'Orient lors d'un concile réuni en 585 déclare que l'Esprit-Saint a institué quatre patriarcats en Occident et le cinquième pour l'Orient, coupant court à la revendication d'indépendance de la métropole du Fars (Perside)5.

  • Quatre patriarcats en Occident :
    • Patriarcat de Rome
    • Patriarcat de Constantinople
    • Patriarcat d'Alexandrie
    • Patriarcat d'Antioche
  • Un patriarcat en Orient :
    • Patriarcat de Séleucie-Ctésiphon

Notes et référencesmodifier | modifier le code

  1. S. Runciman, op. cité, p. 22.
  2. S. Runciman, op. cité, p. 23
  3. S. Runciman, op. cité, p.28.
  4. Irénée-Henri Dalmais, Le christianisme oriental (§ La structure patriarcale et synodale) in Encyclopédie des religions, Paris, 2002, p. 433
  5. Raymond Le Coz, Histoire de l'Église d'Orient, Cerf, Paris, 1995, p. 61

Bibliographiemodifier | modifier le code

  • Steven Runciman, Le schisme d'Orient, Les Belles Lettres,‎ 2005
  • Siméon Vailhé, « L'érection du patriarcat de Jérusalem », Revue de l'Orient chrétien, no 451,‎ 1899, p. 44

Voir aussimodifier | modifier le code

Article connexemodifier | modifier le code

Liens externesmodifier | modifier le code








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