Pierre Abélard

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Pierre Abélard

Époque médiévale

Description de cette image, également commentée ci-après

Abélard d'après une gravure du XIXe siècle

Naissance 1079
Le Pallet
Drapeau du duché de Bretagne Duché de Bretagne
Décès (à 62 ou 63 ans)
Abbaye de Saint-Marcel
Flag of the Duchy of Burgundy.svg Duché de Bourgogne
École/tradition Scolastique
Principaux intérêts Théologie, logique, ontologie
Idées remarquables Théorie des universaux, application généralisée de la dialectique en théologie
Influencé par Platon, Aristote, Porphyre de Tyr, Boèce, Guillaume de Champeaux
A influencé Jean de Salisbury, Guillaume d'Ockham, Umberto Eco

Pierre Abélard, ou Pierre Abailard, ou encore Pierre Abeilard, (né en 1079 au Pallet près de Nantes - mort le , à Saint-Marcel, près de Chalon-sur-Saône) est un théologien, philosophe et compositeur français. Il est un des principaux acteurs du renouveau des arts du langage du début du XIIe siècle. Après son entrée en religion, ses travaux de théologien suscitent sa condamnation pour hérésie, par les autorités ecclésiastiques (concile de Soissons, 1121 ; concile de Sens, 1140). Il est encore plus célèbre pour sa liaison avec Héloïse et les lettres échangées par le couple.

Le , ses restes et ceux d'Héloïse sont transférés au cimetière du Père-Lachaise (Division 7)1.

Biographiemodifier | modifier le code

Pierre Abélard est issu d'une famille noble.

Son père, Béranger, est un « homme d'armes », fidèle vassal du duc Alain Hoël2. Il aspire cependant à la vie contemplative et se charge de l'éducation de ses enfants3. Il se serait fait moine en entrant à l'Abbaye Saint-Sauveur de Redon en 11182, ceci au même moment que le Duc et la Duchesse de Bretagne, Alain IV et Ermengarde.

Sa mère, Lucie, est vraisemblablement la fille héritière de Daniel, Seigneur du Pallet, que des chartes, l'une de 1084, l'autre de 1096, situent dans l'entourage du comte de Nantes, Mathias II, frère cadet d'Alain IV et oncle de Conan III2. Peu de temps après son mari, elle entre à l'abbaye de Fontevrault2.

Pierre a trois frères et une sœur : Raoul, Porcaire, Dagobert et Denyse4.

Il ne souhaite pas faire un métier d'arme. Après l'éducation que lui apporte son père, il part étudier à Chartres5, puis suit l'enseignement de Roscelin de Compiègne, à Loches, de 1093 à 1099, et, sans doute, celui d'autres maîtres dans la vallée de la Loire (notamment à Angers et Tours6).

Il vint à Paris vers 1100. Il y suit l'enseignement de Guillaume de Champeaux, archidiacre de Notre-Dame de Paris à École cathédrale de Paris, mais il s'oppose à celui-ci, en 1108, dans la Querelle des Universaux, en prenant parti contre le « réalisme », ce qui oppose les deux hommes jusqu'à leur mort. Il devient maître des écoles (enseignant) à Melun (1102-1104) puis Corbeil (1104-1105)7.

En 1110, il s'installe une première fois dans les environs de Paris, sur la montagne Sainte-Geneviève, où il fonde une école de rhétorique et de théologie8. Il y enseigne la rhétorique et la philosophie scolastique. Il jouit très rapidement d'une grande renommée dans le monde des intellectuels et passe vite pour l'un des philosophes les plus importants de sa génération. Son école est fréquentée par des auditeurs de toutes les nations, dont plusieurs hommes célèbres, tels que Jean de Salisbury, Robert de Melun, Pierre Lombard, Gilbert de la Porrée, ou le futur pape Célestin II. Vers 1112, il quitte Sainte-Geneviève pour retourner au Pallet, afin d'assister à la cérémonie d'entrée dans les ordres monastiques de ses parents9.

À Paris, comme à Laon où il étudie, en 1112/1113, auprès d'Anselme de Laon10, alors que Guillaume de Champeaux réussit à l'écarter de son enseignement parisien, Abélard se fait remarquer par l'originalité de sa pensée et son caractère incommode (qui sera souvent source de ses ennuis). On le compare à un « rhinocéros indompté11 ».

En 1117-1118 se déroule sa fameuse aventure amoureuse avec Héloïse.

Il commence tardivement ses recherches en théologie, vers 1120, une fois moine à l'abbaye de Saint-Denis, mais son succès est aussi important dans l'enseignement de cette matière qu'en logique (« dialectique »)12. Il se trouve opposé à des personnalités éminemment importantes comme Bernard de Clairvaux et Guillaume de Saint-Thierry, qui le considèrent comme un hérétique au vu de ses positions théologiques et doctrinaires sur la question de la trinité et de la foi. « La foi, disait Abélard, est l'opinion que l'on se fait des réalités cachées, non évidentes. » Dans une longue Disputatio, Guillaume de Saint-Thierry réfute treize propositions d'Abélard13, puis il alerte Bernard de Clairvaux par lettre. Abélard est condamné deux fois : au concile de Soissons en 1121 (saint Bernard est l'accusateur)14, à cause de sa Theologia Summi Boni15,16, puis au concile de Sens, en (Guillaume de Saint-Thierry est l'accusateur), à cause de sa Theologia Scholarium17.

En 1122, il fonde un ermitage, près de Nogent-sur-Seine, l'Abbaye du Paraclet, qu'il va consacrer au Paraclet. Il est abbé de Saint-Gildas de Rhuys, dans le Morbihan, de 1125 à 1133. Il écrit alors Histoire de mes malheurs (vers 1132)18.

En se rendant à Rome pour faire appel de sa seconde condamnation, Abélard accepte l’hospitalité de Pierre le Vénérable, abbé de Cluny, qui l'installe au prieuré clunisien de Saint-Marcel, près de Chalon-sur-Saône, où il meurt le . À la demande d'Héloïse, Pierre le Vénérable autorise le transfert de son corps à l'Abbaye du Paraclet. À son décès, en 1164, Héloïse, est enterrée à ses côtés. Après l'expulsion des dernières religieuses du Paraclet, en 1792, les reliques, d'abord exposées à Nogent-sur-Seine, sont l'objet d'une dévotion dans les cercles romantiques. Alexandre Lenoir, qui a obtenu l'autorisation de transférer les restes à Paris, en 1800, en fait de nombreux cadeaux aux adorateurs du couple19. Finalement, en 1817, la ville de Paris autorise la construction d'un mausolée, près de l'entrée du cimetière du Père-Lachaise, destiné à promouvoir ce nouveau lieu.

Mosaïque de photos de la tombe d'Abélard et d'Héloïse, au Cimetière du Père-Lachaise.

La vie de Pierre Abélard est connue grâce à sa correspondance : Lettres d'Abélard et d'Héloïse. Celle-ci comprend d'abord une longue lettre adressée à un ami inconnu (qui n'est peut-être qu'un personnage imaginaire), dans laquelle Abélard expose les malheurs et persécutions qu'il a subis, comme un exemple théologique démontrant que la providence divine vient au secours des pécheurs : l’Historia Calamitatum (« L'Histoire de mes Malheurs »)18. Recevant cette lettre au prieuré du Paraclet, où Abélard l'a installée après son expulsion d'Argenteuil, Héloïse lui reproche de ne pas lui avoir adressé de lettre de consolation et de direction religieuse. Leur célèbre échange de lettres se poursuit par un dialogue intellectuel – Abélard rédige en 1135-1139 une règle pour le Paraclet (qui n'est jamais mise en usage), répond aux questions exégétiques d'Héloïse (les Problemata Heloissae) et lui dédie d'autres œuvres. À plusieurs reprises, depuis deux siècles, l'authenticité de cette correspondance est contestée, jusqu'à proposer que le texte latin ait été rédigé par son traducteur français, Jean de Meung20. L'authenticité des lettres est aujourd'hui admise presque unanimement par la communauté des historiens. Récemment, il est démontré que le plus ancien manuscrit survivant a été produit à Paris dans les années 123021.

Sa relation avec Héloïsemodifier | modifier le code

Pierre Abélard et Héloïse selon Edmund Blair Leighton.

Abélard est d'abord connu pour sa liaison tragique avec Héloïse. L'épisode, semble-t-il, commence pendant l'hiver 1117-1118.

De famille noble, Héloïse a pour oncle Fulbert, chanoine de Notre-Dame de Paris. Après avoir été éduquée au monastère d'Argenteuil, elle obtient de poursuivre des études avec un précepteur. Abélard, choisi pour ce rôle, vient s'installer en pension chez Fulbert. S'ensuit une liaison amoureuse entre le maître et sa jeune élève. Dans l'Historia calamitatum (vers 1132), Abélard noircit volontairement les circonstances de cette liaison. Dans ses lettres écrites du Paraclet, Héloïse rappelle qu'à l'époque, Abélard l'inonde de lettres pressantes. Certains historiens pensent avoir identifié ces documents dans un recueil de lettres d'amour anonymes, les Epistolae duorum amantium22.

Le scandale éclate en deux temps. Après que Fulbert découvre les deux amants enlacés « comme Mars et Vénus », Héloïse révèle à Abélard sa grossesse. Abélard la met alors à l'abri dans sa famille, au Pallet, où elle met au monde un fils qu'elle nomme Astrolabe. Pendant ce temps, à Paris, Fulbert veut obtenir réparation, malgré les protestations d'Héloïse, qui s'oppose au mariage dans une lettre (dont des extraits sont insérés par Abélard dans l'Historia calamitatum. L'authenticité de cette lettre d'opposition au mariage a récemment été démontrée23). Abélard cède à Fulbert, et ramène Héloïse à Paris, l'enfant demeurant chez sa sœur Denise.

Afin de préserver la carrière d'enseignant d'Abélard, le mariage a lieu à l'aube, en présence de peu de témoins, et ne doit pas être rendu public, car cela briserait la carrière d'Abélard. En effet, depuis la réforme grégorienne (1074-1075), les clercs doivent être célibataires, et Ives de Chartres a décrété qu'un chanoine qui se marie perd son bénéfice24. Mais le chanoine Fulbert révèle le mariage au grand jour. Abélard ayant placé Héloïse au couvent d'Argenteuil, pour la protéger de son oncle, le chanoine crie à la répudiation, et envoie des hommes de main pour punir Abélard. Celui-ci est émasculé : le scandale est énorme, car c'est une punition réservée aux adultères et aux violeurs25. De plus, rendant Abélard imparfait de corps, cette mutilation met un coup d'arrêt brutal à sa carrière ecclésiastique et, par là même, à son enseignement. S'agissant d'une vengeance privée, commise au sein même du chapitre de Notre-Dame et sur le plus illustre clerc de son temps, elle consterne tout le royaume. Les deux malfrats sont émasculés suivant la loi du talion26 ; on leur crève également les yeux ; Fulbert est suspendu de ses fonctions de chanoine pendant deux ans. Héloïse prend le voile à Argenteuil, et Abélard se retire comme moine à l'abbaye de Saint-Denis.

Philosophiemodifier | modifier le code

Article détaillé : universaux.
Abélard et Héloïse.

Pierre Abélard est un spécialiste du langage. Chez lui, la dialectique s'apparente à la logique. Avant René Descartes, il pratique le doute méthodique  : « En doutant, nous nous mettons en recherche, et en cherchant nous trouvons la vérité27. »

Abélard est sans doute le plus grand défenseur du nominalisme au Moyen Âge. Il s'attaque au réalisme des universaux enseigné par Guillaume de Champeaux28 et au nominalisme de Roscelin. Il réussit à dépasser les contradictions de ces deux doctrines dans un système  : le conceptualisme (ou théorie non-réaliste du « statut »). Essayant de sortir de l'opposition entre vox (voix) et res (chose), il remplace la voix par le mot nomen (nom). Les mots sont conventionnels, mais ils ont une valeur significative pour la pensée. Ce sont des termes qui, par fonction, ont le pouvoir d'être attribués à plusieurs. C'est le langage qui est créateur de termes universels. Ce qui correspond, dans la réalité, aux universaux, c'est une chose à l'individualité irréductible. L'universel est donc une appellation conventionnelle. L'esprit opère sur l'individuel un travail d'abstraction qui le dépouille de ses particularités, pour ne considérer que les éléments communs. Les universaux ont donc un fondement objectif dans la réalité29.

Comme ce n'est pas une essence ou une nature commune qui est à l'origine des universaux, mais un « statut », cette notion abélardienne donne, au fil du temps, lieu à deux interprétations dont aucune ne fait encore l'unanimité de nos jours. La première dit que le statut est pour ainsi dire une « manière d'être » ; ainsi, deux hommes auraient le même « statut » d'homme car ils partagent tous deux la même cause d'attribution du nom « homme », cause qui ne doit pas être considérée comme un être réel subsistant dans ceux-ci, comme c'est le cas dans le réalisme. La deuxième considère qu'Abélard entend, par « statut », uniquement un être de raison, fruit d'une activité abstractive de l'esprit extrayant et combinant en une notion générale les propriétés identiques présentes chez les différents membres d'une espèce.

Abélard demeure, malgré sa position proche du nominalisme, tributaire de la théorie néo-platonicienne des idées divines. Ainsi, dans sa théorie, un homme particulier appartient à l'espèce « homme », car il tire son origine de l'idée d'homme qui réside dans la pensée divine. Il est possible à l'homme de parvenir à une certaine connaissance de cette idée, mais cette connaissance ne peut être que confuse étant données les limites du processus d'abstraction et celles de la raison humaine elle-même. Aujourd'hui encore, la solution d'Abélard semble avoir le mérite d'être, à la fois, naturelle et dénuée de dogmatisme.

Selon certains interprètes de son œuvre, Abélard aurait défendu une telle position au sujet des universaux à cause du problème du mal : celui-ci aurait pensé qu'adopter la théorie réaliste reviendrait à donner au mal une existence réelle, contredisant ainsi la théorie commune tenue depuis Saint Augustin, disant que le mal n'est qu'une privatio boni (privation d'un bien).

La philosophie d'Abélard ne se limite pas à sa théorie des universaux. Nous lui devons également, en plus de nombreuses œuvres de logique, un traité intitulé Scito te ipsum (« Connais-toi toi-même ») (vers 1139), où celui-ci élabore une théorie morale fondée sur l'intention. « Car, non ce qui se fait, mais dans quel esprit cela se fait, voilà ce que pèse Dieu30. ». Cette idée, il la doit à Héloïse : « La culpabilité n'est pas dans l'acte mais dans la disposition d'esprit. La justice pèse, non les actes, mais les intentions. Or mes intentions à ton égard, tu es le seul qui peut en juger, puisque tu es le seul à les avoir mises à l'épreuve31. ».

Également, avec le Sic et Non (Oui et Non, 1122), recueil de citations extraites des Pères de l'Église, Abélard cherche à résoudre les oppositions sur des questions où ceux-ci font des affirmations s'opposant entre elles. L'ouvrage, dont on ne connait que deux manuscrits, a été publié pour la première en 1836 par le philosophe spiritualiste, Victor Cousin. Abélard veut provoquer l'intérêt de ses étudiants et favoriser l'exercice de la réflexion. Abélard propose ainsi une nouvelle forme de dialectique, science du langage qui doit étudier le sens des mots, un même mot pouvant avoir plusieurs sens. Il contribue ainsi au développement de la scolastique.

En ce XIIe siècle, où les civilisations entrent en contact, Abélard est aussi un précurseur du dialogue interculturel. Il écrit le Dialogue entre un philosophe, un juif et un chrétien (1142), qui reste inachevé.

Théologiemodifier | modifier le code

La pensée d'Abélard demeure l'un des principaux points de repère dans l'histoire de l'introduction de la méthode dialectique dans la théologie qui allait culminer avec la scolastique un siècle plus tard. En théologie, sa doctrine est fondée sur une position selon laquelle il serait impossible d'arriver à la connaissance du monde sans répudier le réalisme des choses. Ses nombreuses innovations dans le domaine de la foi, en particulier celles trouvées dans son traité Theologia Summi Boni (1120), où il utilise la dialectique pour traiter d'une manière systématique du dogme de la Trinité, provoquèrent les foudres de Bernard de Clairvaux. Entre autres, sa manière de rapporter les termes Puissance, Sagesse et Bonté aux trois personnes de la Trinité (Père/Fils/Saint Esprit).

« Le Christ, notre Seigneur, qui est la Sagesse incarnée, a soigneusement distingué la perfection du Bien Suprême, qui est Dieu, en le décrivant par trois noms... Il a appelé la substance divine « le Père », « le Fils », et le « Saint-Esprit » pour trois causes. Il l'a appelée « le Père », en accord avec cette puissance unique de Sa majesté qu'est l'omnipotence... La même substance divine est aussi « le Fils », en accord avec la distinction de Sa sagesse... Il a pareillement appelé cette substance « le Saint-Esprit », en accord avec la grâce de Sa bonté... Voilà donc comment Dieu est trois personnes, c'est-à-dire « le Père », « le Fils » et « le Saint-Esprit ». Ainsi donc nous pouvons dire que la substance divine est puissante, sage et bonne ; en vérité, elle est la puissance même, la sagesse même et la bonté même. »

— Pierre Abélard, Theologia Summi Boni. Tractatus de unitate et trinitate divina32

Cela amena certains à l'accuser de trithéisme (cette accusation avait déjà été formulée contre son maître Roscelin); d'autres, par après, se mirent au contraire à penser qu'Abélard niait en fait la réalité des personnes divines en ramenant leurs noms à des attributs du divin hypostasiés (voir modalisme). Des spécialistes modernes (Jean Jolivet) ont depuis nié qu'Abélard ait pu défendre de telles opinions.

Une autre position théologique que l'on attribue communément à Abélard est la théorie selon laquelle l'incarnation et la mort du Christ n'auraient servi qu'à donner aux hommes un exemple moral à suivre33. L'incarnation a sens et efficacité en prêchant par l'exemple la loi d'amour. Cette thèse, qui va à l'encontre des positions orthodoxes sur le sujet, et fut condamnée au concile de Sens en 1140, a refait surface au XIXe siècle avec le développement du libéralisme théologique, trouvant en la personne du théologien protestant Schleiermacher l'un de ses principaux représentants.

Abélard s'est aussi indigné du manque de religiosité de certains moines qui passaient selon lui trop de temps à la chasse et pas assez à se recueillir dans la prière ; quand il se réfugie en Bretagne dans l’évêché de Vannes, dans l'abbaye de Saint-Gildas de Ruys, (« une terre barbare, une langue inconnue, une population brutale et sauvage », il évoque chez les moines, « des habitudes de vie notoirement rebelles à tout frein » (...) « Les moines m’obsédaient pour leurs besoins journaliers, car la communauté ne possédait rien que je pusse distribuer, et chacun prenait sur son propre patrimoine pour se soutenir lui et sa concubine, et ses fils et ses filles. Non contents de me tourmenter, ils volaient et emportaient tout ce qu’ils pouvaient prendre, pour me créer des embarras, et me forcer, soit à relâcher les règles de la discipline, soit à me retirer. Toute la horde de la contrée étant également sans lois ni frein, il n’était personne dont je puisse réclamer l'aide »34; « Les portes de l’abbaye n’étaient ornées que de pieds de biche, d’ours, de sanglier, trophées sanglants de leur chasse. Les moines ne se réveillaient qu'au son du cor et des chiens de meute aboyant. Les habitants étaient cruels et sans freins »35.

Musiquemodifier | modifier le code

Abélard fut également un compositeur apprécié de son temps. Les chansons d'amour composées pour Héloïse connurent un grand succès, si l'on en croit les lettres de celle-ci. Ces chansons ne sont toutefois pas retrouvées.

On connaît en revanche les nombreux hymnes et planctus (chants de lamentation) qu'il composa pour les moniales du Paraclet. Il s'agit là d'un cas assez exceptionnel, l'anonymat étant très fréquent dans la musique médiévale.

Œuvres d'Abélardmodifier | modifier le code

Lettres et poèmesmodifier | modifier le code

  • Historia calamitatum. Epistola I) (« Histoire de mes malheurs. Lettre I », vers 1132)  : éd. Jacques Monfrin, Paris, Vrin, 1974. Traduction Yves Ferroul  : Héloïse et Abélard. Lettres et vies, Garnier-Flammarion, 1996, p. 39-92 (Lettre I  : À un ami, Histoire de mes malheurs)18.
  • Epistolae I-VIII et Règle pour le Paraclet (1135-1139) : Lettres d’Abélard et Héloïse, éd. Éric Hicks, trad. É. Hicks, Th. Moreau, Paris, Le Livre de Poche, 2007. Traduction Yves Ferroul : Héloïse et Abélard. Lettres et vies, Garnier-Flammarion, 1996, p. 39-152 (lettres I : Histoire de mes malheurs, II : Première lettre d'Héloïse à Abélard, III : Réponse d'Abélard à Héloïse, IV : Réponse d'Héloïse au même Abélard, V : Seconde réponse d'Abélard à Héloïse).
  • Epistolae IX-XIV : éd. Renno Smits, Peter Abelard. Letters IX -XIV. An Edition with an Introduction, Groningen: Bouma, 1983.
  • Epistolae Duorum amantium, éd. Ewald Könsgen, Leiden, Brill, 1974. Traduction Sylvain Piron : Lettres des deux amants, attribuées à Héloïse et Abélard, Paris, Gallimard, 2005. Premières lettres (authentiques ?) entre Abélard et Héloïse.
  • Carmen ad Astralabium (« Poème à Astrolabe », 1132-1139), éd. Jose M. Rubingh-Bosscher, Groningue, 198736.
  • Epithalamica, éd. Chrysogonus Waddell, Musical Quarterly, 72, 1986, 239-271.
  • Hymnarius Paraclitensis, éd. Joseph Szövérffy, Albany, 1975.
  • Planctus', Consolatoria, Confessio fidei (« Plainte », 1121-1140 ?), éd. Massimo Sannelli, La Finestra editrice, Lavis 2013 (ISBN 978-8895925-47-9).

Traduction Paul Zumthor : « Abélard, Lamentations », Paris, Actes Sud, 1992, p. 31-91. Poèmes37.

Dialectiquemodifier | modifier le code

  • Dialectica (« Dialectique », 1115-1116 selon C. Mews, 1240 selon N. Kretzmann), éd. L. M. De Rijk, Petrus Abaelardus: Dialectica, Assen, Van Gorcum, 1970 (2e éd.). Somme sur la logique, auteurs (Aristote, Porphyre, Boèce) et thèmes  : 1) catégories, 2) propositions catégoriques et syllogismes, 3) règles d'inférence, 4) propositions hypothétiques et syllogismes, 5) division et définition.
  • De intellectibus (« Des intellections », 1124), éd. et trad. Patrick Morin, Traité des intellections, introduction, traduction (texte latin en vis-à-vis), notes et commentaire par P. Morin, Vrin, coll. « Sic et Non » 1964, 174 p. (ISBN 978-2-7116-1166-9).
  • Glossulae (« Gloses ») I (ou Introductiones dialecticae, Introductiones parvulorum) : Gloses littérales sur Porphyre, Aristote et Boèce (1102-1104 selon C. Mews).
    • 1) Editio super Porphyrium (sur l'Isagoge de Porphyre) : éd. Mario Dal Pra (manuscrit de Paris), Scritti di logica, Florence, La Nuova Italia, 1969, p. 3-42 ; ou éd. Y. Iwakuma (manuscrit de Munich), « Vocales or Early Nominalists », Traditio, 47, 1992, p. 74-100.
    • 2) Glossae in Categorias (Gloses sur les Catégories d'Aristote, vers 1105-1108 selon J. Marenbon) : éd. M. Dal Pra, Scritti di logica, Florence, 1969, p. 43-68. Logique selon la méthode de Roscelin ?
    • 3) Editio super Aristotelem de Interpretatione (sur le De l'interprétation d'Aristote) : éd. M. Dal Pra, Scritti di logica, Florence, 1969, p. 69-154.
    • 4) De divisionibus (Gloses sur le De divisione de Boèce : éd. M. Dal Pra, Scritti di logica, p. 155-204.
  • Glossulae II : Logica 'Ingredientibus' (« Logique. Pour débutants », 1117-1121, ou vers 1130) ou Gloses de Milan. Trad. partielle en an. : Peter Overton King, Peter Abailard and the Problem of Universals in the Twelfth Century, Princeton University, 1982, vol. II.
    • 1) Glossae super Porphyrium (sur l'Isagoge de Porphyre de Tyr) : éd. Bernhard Geyer, Peter Abaelards Philosophische Schriften, « Commentary on Porphyry's Isagoge », in Beiträge zur Geschichte der Philosophie und Theologie des Mittelalters, 21, 1, Aschendorff: Munster, 1919, p. 1-109 ; trad. an. Paul V. Spade, Five Texts on the Mediaeval Problem of Universals, Indianapolis, Hackett Publishing, 1994, p. 26-56 [1]. Thèse selon laquelle les universaux sont des mots (voces) ou des noms (nomina) (nominalisme).
    • 2) Glossae super Predicamenta Aristotelis (sur les Catégories d'Aristote) : éd. Bernhard Geyer in Beiträge zur Geschichte der Philosophie und Theologie des Mittelalters, 21,2, Aschendorff: Munster 1921, p. 111-305.
    • 3) Glossae super Peri hermeneias (sur De l'interprétation d'Aristote) : éd. Klaus Jacobi et Christian Strub, in coll. « Corpus christianorum continuatio medievalis » (CCCM), Turnhout (Belgique), Brepols, 2010 ; éd. L. Minio-Paluello, Abaelardiana inedita, Rome, 1958, p. 3-108. Trad. an. : Arens Hans, Aristotle's Theory of Language and Its Tradition, Amsterdam, Benjamins, 1984, p. 231-302. Sur la prédication (chap. 3), les futurs contingents (chap. 9), la logique modale (chap. 12-14).
    • 7) Super Topica glossae (sur le De topicis differentiis (Différences topiques) de Boèce) : éd. Mario Dal Pra, Scritti di logica, Florence, 1969, p. 205-330 ; Karin Fredborg, Abelard on Rhetoric, in Mews et alii, Rhetoric and Renewal in Latin West 1100-1540, Turnhout, Brepols, p. 55-61. Théorie logique de Pierre Abélard.
  • Glossulae III : Logica 'Nostrorum Petitioni sociorum' (« Logique. À la demande des nôtres », 1121-1125 ou 1122-1125) ou Gloses de Lunel. Trad. partielle en an. : Peter Overton King, Peter Abailard and the Problem of Universals in the Twelfth Century, Princeton University, 1982, vol. II.
    • 1) Glossulae super Porphyrium (Commentaire sur l'Isagoge de Porphyre de Tyr). Éd. Bernhard Geyer, Peter Abaelards Philosophische Schriften, « Commentary on Porphyry's Isagoge », in Beiträge zur Geschichte der Philosophie und Theologie des Mittelalters, 21, 4, Aschendorff: Munster, 1933, p. 505-588.
    • 2) Glossae super librum Porphyrii secundo vocalem (1120-1121) : éd. Carmelo Ottaviano, Un opuscolo inedito di Abelardo ?, in Testi medioevali inediti, Florence, L. S. Olschki, 1933, p. 106-207.
    • 3) Positio vocum sententiae (1118-1120) : éd. Yukio Iwakuna, « Vocales or early nominalists », in Traditio, 47, 1992, p. 66-73. Distinction entre vox (émission de voix) et sermo (discours signifiant).
  • De generibus et speciebus (« Des genres et des espèces »)
  • Sententiae secundum Magistrum Petrum (« Sentences selon maître Pierre », 1135-1139), éd. Lorenzo Minio-Paluello, in Twelfth-Century Logic: Texts and Studies, vol. 2 : Abaelardiana inedita, Roma, 1958, p. 109-122. « Sentences » logiques.

Théologiemodifier | modifier le code

  • De unitate et trinitate divina, sive Theologia Summi Boni (« De l'unité et de la trinité divine, ou Théologie du Bien Suprême », 1120), éd. E. M. Buytaert et Constant J. Mews, Turnhout, Brepols, 1987, Corpus Christianorum. Continuatio Mediaevalis (CCCM), t. 13. Traduction J. Jolivet  : De l'unité et de la trinité divines, Vrin, 2002. Première version de sa Theologia. Ouvrage condamné au concile de Soissons en 1121.
  • Theologia Christiana (« Théologie chrétienne », 1124 ?), in Petri Abaelardi Opera omnia, t. 2, 1849-1859, p. 357-565. [2] Ed. E. M. Buytaert, Turnhout, Brepols, 1969 (CCCM, t. 12), 510 p. Deuxième version de sa Theologia. Trad. an. (incomplète) : J. R. McCallum : Abelard's Christian Theology, Oxford, Blackwell, 1948.
  • Theologia Scholarium (« Théologie des élèves », ou Introductio ad Theologiam, « Introduction à la théologie », 1133-1137), in Petri Abaelardi Opera omnia, vol. 2, p. 1-149.[3] Ed. E. M. Buytaert et C. J. Mews, Turnhout, Brepols, 1987, CCCM, t. 13. Troisième version de sa Theologia. Ouvrage condamné au concile de Sens en 1140.
  • Sic et Non (« Oui et Non », 1122), in Petri Abaelardi Opera omnia, vol. 1, p. 1329-1683. [4] Ed. Blanche Boyer et Richard McKeon, Chicago/London: University of Chicago Press, 1976. Encyclopédie doctrinale rassemblant des textes des Pères de l'Église38.
  • Ethica sive Scito te ipsum (« Éthique, ou Connais-toi toi-même », vers 1139, ou vers 1125), ed. Rainer M. Ilgner, Turnhout, Brepols, 2001, CCCM,190). Traduction Maurice de Gandillac : Oeuvres choisies d'Abélard (Logique, Éthique, Dialogue entre un philosophe, un juif et un chrétien), Aubier-Montaigne, 1945 ; rééd. Conférences (Dialogue d'un philosophe avec un juif et un chrétien). Connais-toi toi-même (Éthique), Cerf, 1993. La moralité placée dans l'intention.
  • Dialogus inter Philosophum, Christianum et Iudaeum, sive Collationes (« Dialogue entre un philosophe, un chrétien et un juif, ou conférences », 1136-1139, 1125-1127 selon C. Mews), éd. G. Orlandi, trad. J. Marenbon, Oxford, Clarendon Press, 2001. Traduction Maurice de Gandillac : Oeuvres choisies d'Abélard (Logique, Éthique, Dialogue entre un philosophe, un juif et un chrétien), Aubier-Montaigne, 1945 ; rééd. Conférences (Dialogue d'un philosophe avec un juif et un chrétien). Connais-toi toi-même (Éthique), Cerf, 1993. La raison contre l'autorité.
  • Soliloquium, ed. Charles Burnett, Studi medievali, 25, 1984, p. 857-894. Dialogue entre Pierre et Abélard.
  • Commentaria In Epistolam Pauli ad Romanos (Commentaires sur l'épître aux Romains de saint Paul) (vers 1139), éd. E. Buytaert, Turnhout, Brepols, 1969 (CCCM, 11). Trad? en an. partielle : E. R. Fairweather (éd.), A Scholastic Miscellany, Westminster John Knox Pr, 1995, p. 276-287.
  • Problemata Heloissae (1132-1135), Patrologia latina, 179, c. 677-730.
  • Apologia contra Bernardum (« Apologie contre Bernard de Clairvaux », 1139-1140) : éd. Eligius M. Buytaert, Apologia contra Bernardum (Ne iuxta Boethianum), in CCCM t. 12, 359–368 ; éd. Raymond Klibansky, Epistola contra Bernardum, in Medieval and Renaissance Studies, 5 (1961), p. 1–27. Première réponse aux accusations d'hérésie par saint Bernard.
  • Confessio fidei Universis (« Profession de foi universelle »), éd. Charles Burnett, Peter Abelard, Confessio fidei 'universis' : a critical edition of Abelard’s reply to accusations of heresy, in Medieval Studies, 48 (1986), p. 111-138. Deuxième réponse à saint Bernard.
  • Confessio fidei ad Heloisam (« Profession de foi à Héloïse », avril 1141), éd. Charles Burnett, in Mittellateinische Jahrbuch, 21 (1986), p. 147-155. Troisième réponse à saint Bernard39.
  • Sermones - Epistola introductoria Abaelardi, Patrologia latina, 178, c. 379-610.
  • Expositio Orationis Dominicae, éd. Charles Burnett, Revue bénédictine, 95, 1985, 60-72.
  • Expositio Symboli Apostolorum, Expositio Symboli Athanasii, Patrologia latina, 178, 617-632.
  • Expositio in Hexaemeron (vers 1135), éd. E. M. Buytaert, Antonianum, 43, 1968, p. 163-194.
  • Sententiae Parisienses (« Sentences de Paris ») : éd. A. Landgraff, Écrits théologiques de l'école d'Abélard, Louvain, 1934. « Sentences » théologiques.

Notes et référencesmodifier | modifier le code

  1. Les sépultures successives d'Abélard et d'Héloïse
  2. a, b, c et d Généalogie de Pierre Abélard
  3. M. et Mme Guizot, Abailard et Héloïse - Essai historique suivi des lettres d'Abailard et d'Héloïse, Didier libraire éditeur, 1853, p. VIII.
  4. Charles de Rémusat, Abélard: sa vie, sa philosophie et sa théologie, volume 1, Didier libraire éditeur, 1855, p. 2
  5. Pierre Abélard, Le nouveau dictionnaire des auteurs 1994, Robert Laffont, p. 4.
  6. Michael Clanchy, Abelard, Flammarion, coll. Grandes biographies, 2000, p. 45, 96, 139, 356, 405, 412.
  7. Abélard, Histoire de mes malheurs, in Héloïse et Abélard, Lettres et vies, Garnier-Flammarion, 1996, p. 42.
  8. M. Clanchy, Abélard, p. 99, 122.
  9. Pierre Riché et Jacques Verger, Des nains sur des épaules de géants: maîtres et élèves au Moyen Âge, Tallandier, 2006, p. 95
  10. Abélard, Histoire de mes malheurs, in Héloïse et Abélard, Lettres et vies, Garnier-Flammarion, 1996, p. 46.
  11. Vita Gosuini (Vie de Goswin), 4445, in M. Bousquet, Recueil des historiens de la France, 14 (1806), p. 442-446.
  12. M. Clanchy, Abélard, p. 323-350 J. Jolivet, La Théologie d'Abélard, Paris, Cerf, 1997.
  13. Guillaume de Saint-Thierry accusateur d'hérésie contre Abélard : Disputatio adversus Petrum Abaelardum, PL 180, col. 249-282.
  14. Saint Bernard accusateur d'hérésie contre Abélard : lettre 190 au pape Innocent II (Tractatus contra quaedam capitula errorum Petri Abaelardi, 1140), PL 182. XIV capitula et lettre de Bernard à Innocent II.
  15. Concile de Sens
  16. Sur le procès en hérésie à Soissons en 1121 : Othon de Freising, Gesta Frederici imperatoris (1152-1160), I, 47, éd. F. J. Schmale, 1965 ; Abélard, Histoire de mes malheurs.
  17. Sur le procès en hérésie à Sens en 1140 : Geoffroi d'Auxerre, lettre au cardinal Albinus (vers 1180) ; Bérenger de Tours, Apologeticus, éd. R. M. Thomson, in Mediaeval Studies, 42 (1980), p. 111-133 ; Othon de Freising, Gesta Frederici imperatoris.
  18. a, b et c Abelard, Histoire de mes malheurs, traduction française
  19. Les bénéficiaires des cadeaux d'Alexandre Lenoir
  20. H. Silvestre, « L'idylle d'Abélard et d'Héloïse : la part du roman », dans Bulletin de la Classe des Lettres et des Sciences Morales et Politiques de l'Académie Royale de Belgique, 5e série, 71, 1985, p. 157-200.
  21. Jacques Dalarun, « Nouveaux aperçus sur Abélard, Héloïse et le Paraclet », dans Francia. Mittelalter, 32-1, 2005, p. 19-66.
  22. (notice BnF no FRBNF146260598)
  23. (en) Sylvain Piron, Heloise’s self-fashioning and the Epistolae duorum amantium, dans Lucie Doležalová (éd.), Strategies of Rememberance. From Pindar to Hölderlin, Newcastle-upon-Tyne, Cambridge Sholars Publishing, 2009, p. 103-162.
  24. M. Clanchy, Abélard, p. 71, 236. Ives de Chartres, lettre 218, PL, 162, col. 1196-1197.
  25. M. Clanchy, Abélard, p. 233.
  26. M. Clanchy, Abélard, p. 232, 246.
  27. Pierre Abélard, Sic et Non (1122), édi. Boyer et McKeon, 1976, p. 103.
  28. Pierre Abélard, Logica Ingredientibus, éd. B. Geyer, I, 1919, p. 10-16 : contre le réalisme des universaux.
  29. Pierre Abélard, Logica Ingredientibus (avant 1121), in B. Geyer (édi.), Peter Abaelards philosophische Schriften, Münster, Aschendorff, 1919-1927.
  30. Pierre Abélard, Éthique, ou Connais-toi toi-même (vers 1139), trad. Maurice de Gandillac, in Conférences. Dialogue d'un philosophe avec un juif et un chrétien, suivi de Connais-toi toi-même, Cerf, 1993, p. 223.
  31. Héloïse, première lettre à Abélard (vers 1133), trad. in Héloïse et Abélard. Lettres et vies, Garnier-Flammarion, 1996, p. 102.
  32. Pierre Abélard, Theologia Summi Boni. Tractatus de unitate et trinitate divina (Théologie du Bien Suprême. Traité de l'unité et de la trinité divines) (1120), éd. Constant J. Mews, Turnhout, Brepols, 1987, Corpus Christianorum Continuatio Mediaevalis (CCCM), t. 13 : Petri Abaelardi Opera theologica III'Theologia Summi Boni. Tractatus de unitate et trinitate divina', 1969, p. 86-87. Trad. J. Jolivet : De l'unité et de la trinité divines, Vrin, 2002 (trad. de 1977 revue). M. Clanchy, Abélard, Flammarion, 2000, p. 330.
  33. Pierre Abélard, Commentaria In Epistolam Pauli ad Romanos (Commentaire sur l'épître aux Romains de saint Paul) (vers 1139) : éd. E. M. Buytaert, Commentary on Romans, CCCM, t. 11 : Petri Abaelardi Opera Theologica I, p. 113-118.
  34. Wikisource : Lettre première. — Abélard à un ami : histoire de ses malheurs.
  35. Phrase reprise, avec une traduction du latin différente par Alphonse de Lamartine (« Ils étaient cruels et sans frein dans leur licence », dit il en parlant des moines et non des habitants du pays comme le fait une autre traduction, celle de wikisource), Héloïse et Abélard, année 1070 de J.-C.
  36. Poeme a Astrolabe
  37. Abélard,Lamentations
  38. Traduction sic et non d'Abelard
  39. Dernière lettre d'Abélard à Héloïse

Annexesmodifier | modifier le code

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Articles connexesmodifier | modifier le code

Liens externesmodifier | modifier le code

Bibliographiemodifier | modifier le code

  • Pierre Aubé, Saint Bernard de Clairvaux, Paris, Fayard, 2003 (ISBN 2-213-61539-X).
  • Michael Clanchy, Abélard, Grandes biographies, Flammarion, 2000 (ISBN 2-08-212524-6).
  • Étienne Gilson, Héloïse et Abélard, Paris, Vrin, 3° éd. 1997.
  • Pierre Lasserre, Un conflit religieux au XII° siècle, Abélard contre Saint Bernard, Paris, Cahiers de la Quinzaine, 1930.
  • Jean Jolivet :
    • Arts du langage et théologie chez Abélard, Vrin, 1969
    • Abélard, ou la philosophie dans le langage, Cerf/Éditions Universitaires de Fribourg, 1969
    • Abélard, Du Bien Suprême, (trad., intro. et notes), Cahiers d'études médiévales, Montréal-Paris, 1978
    • Abélard et son temps, Actes du colloque international de Nantes, Les Belles Lettres, 1979
    • La théologie d'Abélard, éd. du Cerf, 1997
  • Jean Jolivet et Jacques Verger, Bernard, Abélard, ou le cloître et l'école, 1982.
  • Jean Jolivet et Henri Habrias, Pierre Abélard, colloque international de Nantes, Presses Universitaires de Rennes, (ISBN 2-86847-777-1), 2003
  • J.P. Letort-Trégaro, Pierre Abélard, Petite Bibliothèque Payot, 1997, (ISBN 2-228-89069-3)
  • (en) John Marenbon, The Philosophy of Peter Abelard, Cambridge University Press, 1997 (ISBN 0-521-66399-7)
  • Constant Mews :
    • (en) Abelard and Heloise, New York, Oxford University Press (Great Medieval Thinkers), 2005.
    • (en) Abelard and his legacy, Aldershot, Algate (Variorum collected studies series ; 704), 2001.
    • (en) Reason and belief in the age of Roscelin and Abelard, Aldershot, Algate (Variorum collected studies series ; 730), 2001.
    • (en) The Lost Love Letters of Heloise and Abelard: Perceptions of Dialogue in Twelfth-Century France, New York: Palgrave, 1999 ; édition révisée, 2008.
    • La voix d’Héloïse. Dialogue de deux amants, Fribourg, Academic Press-Paris, Le Cerf (Vestigia, 31), 2005. (ISBN 2-204-07218-4).
  • (de) Ursula Niggli (éd.), Peter Abelard. Leben, Werk, Wirkung, Forschungen zur europäischen Geistesgeschichte, Herder 2003.
  • Roland Oberson, Héloïse-Abélard. Correspondance, Éditions Hermann, 2008.
  • Roland Oberson, Héloïse revisitée, Éditions Hermann, 2008.
  • Roland Denise Oberson, Abélard et Héloïse. À singulière esclave, maître spécial, Éditions Hermann, 2010.
  • Rémusat de, Charles, Abélard, Librairie philosophique DELADRANGE, 1845








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