Pierre de Bérulle

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Pierre de Bérulle
Image illustrative de l'article Pierre de Bérulle
Biographie
Naissance
à Cérilly (France)
Ordination sacerdotale 1599
Décès
à Paris
Cardinal de l’Église catholique
Créé
cardinal
par le
pape Urbain VIII
Titre cardinalice Cardinal
Autres fonctions
Fonction religieuse
Supérieur général de la Société de l'oratoire de Jésus

Blason
(en) Notice sur www.catholic-hierarchy.org

Pierre de Bérulle, né le et mort le à Paris, âgé de 54 ans, est un homme d'Église et homme d'État français. Fait cardinal par le pape Urbain VIII le 30 août 1627, il est un représentant majeur de l'École française de spiritualité et le fondateur de la Société de l'Oratoire.

Biographiemodifier | modifier le code

Pierre de Bérulle naît au château de Cérilly (aujourd'hui dans l'Yonne) à côté du village de Bérulle, (aujourd'hui dans l'Aube), près d'Aix-en-Othe. Il étudie auprès des jésuites et à l'Université de Paris et, encore jeune, il écrit un Discours sur l'abnégation intérieure. Il est ordonné en 1599.

En 1600, il est remarqué par Henri IV lors de la controverse publique de Fontainebleau : il aide le cardinal Duperron dans ses entrevues avec les protestants (dont Philippe de Mornay, le Pape des Huguenots).
En 1602, il fait la rencontre de François de Sales.

Avec Mme Acarie, en 1604, il introduit en France les carmélites réformées par sainte Thérèse d'Avila malgré les difficultés que lui causent les carmes qui auraient voulu que les moniales dépendent de l'Ordre des Carmes déchaux.

Il est surtout à l'origine de la Société de l'Oratoire qu'il créé en France le 11 novembre 1611 sur le modèle de la Congrégation de l'oratoire formée en 1575 à Rome par saint Philippe Néri. Eu égard aux différences de temps et de lieu la congrégation française diffère sur quelques points importants de l'Oratoire italien. « La grande intuition de Bérulle, formé auprès des Chartreux et des Jésuites, est de proposer aux prêtres séculiers les moyens d'une authentique vie spirituelle. A leur tour, ils pourront guider le peuple chrétien.1 ». Ainsi nait l'idée originale de l'Oratoire : une congrégation de prêtres vivant en commun, devant « tendre courageusement à la perfection de la vie évangélique » , mais sans prononcer de vœux solennels , au service des Évêques.
En l'espace de 18 ans, Bérulle fonde 60 maisons de l'Oratoire et 40 carmels.Les oratoriens français participent ainsi activement à la réforme du clergé au XVIIe siècle. Le célèbre jésuite Coton disait de cette congrégation qu'elle était « nécessaire pour l'Église » et saint François de Sales a dit de son côté qu'il ne connaissait « rien de plus saint et de plus utile pour l'Église et pour Dieu ».

Portrait du cardinal de Bérulle, par Philippe de Champaigne.

En 1625, il accompagne en Angleterre Henriette Marie de France, fille du roi Henri IV, avec Charles Ier d'Angleterre et est son aumônier pendant la première année de son séjour en Angleterre.
En 1627 il est créé cardinal, dignité qu'il aurait refusée sans l'ordre exprès que lui fait le pape de l'accepter. Il reçoit du pape Urbain VIII le Bref du ordonnant de rattacher la Société de Bretagne à la Congrégation de Saint-Maur, ainsi que le nonce en France, Bernardino Spada.
Pierre de Bérulle joue également un rôle important comme homme d'État, en devenant chef du Conseil de la Reine Mère, Marie de Médicis. Il est en outre l'un des membres influents du parti dévot ce qui lui vaut l'inimitié du cardinal de Richelieu. Après qu'il a réconcilié Louis XIII avec sa mère, Marie de Médicis, il est nommé conseiller d'État, mais en raison de sa politique favorable à l'Autriche et opposée à celle de Richelieu, celui-ci l'écarte rapidement du pouvoir. (En 1630, le parti dévot disparaitra suite à la Journée des dupes).

Pierre de Bérulle meurt subitement en célébrant la messe, le , âgé de 54 ans. Il est inhumé depuis 1955 dans la chapelle du Collège de Juilly (collège oratorien) avec Charles de Condren, son successeur et fondateur de cet établissement.

Spiritualitémodifier | modifier le code

L'intérêt majeur d'un homme comme Pierre de Bérulle, c'est la place qu'il occupe dans l'histoire de la spiritualité et qui va imprégner l'Église de France au XVIIe siècle et au delà 2
La mystique est alors très abstraite : « Il s'agit de se plonger en Dieu mais on ne sait pas toujours s'il s'agit du Dieu de Jésus-Christ ou d'une divinité abstraite. Or Berulle va remettre le Christ au centre avec l'idée de l'incarnation continuée. La Mission de l'Église doit être de prolonger cette incarnation ». Le Pape voit en lui l'« Apôtre du Verbe incarné » .

« L'homme est un miracle d'une part et un néant de l'autre . Car l'homme est composé de pièces toutes différentes. Il est miracle d'une part et un néant de l'autre. Il est céleste d'une part et terrestre de l'autre. Il est spirituel d'une part et corporel de l'autre. C'est un ange, c'est un animal; c'est un néant, c'est un miracle; c'est un centre, c'est un monde, c'est un dieu. C'est un néant environné de Dieu, indigent de Dieu, capable de Dieu et rempli de Dieu, s'il veut.»
« Nous devons regarder notre être comme un être manqué (au sens d'incomplet) et imparfait, comme un vide qui a besoin d'être rempli, comme une partie qui a besoin d'être accomplie, comme une table d'attente (au sens d'un bloc de pierre grossièrement sculpté) qui attend l'accomplissement de celui qui l'a faite, comme une couche première en la main d'un excellent peintre, qui attend les vives et dernières couleurs. Et nous devons regarder Jésus comme notre accomplissement. Car il l'est et le veut être, comme le Verbe est l'accomplissement de la nature humaine qui subsiste en lui.»

L'année 1607 est décisive pour l'avenir de Pierre de Bérulle qui, animé d'une grande inspiration spirituelle, refuse le préceptorat du dauphin, et se consacre à la personne du Verbe incarné, selon son expression. Cela aboutit à la rédaction du Discours de l'Estat et des grandeurs de Jésus en 1623 qui est la somme de ses contemplations mystiques, reliant l'humanité du Christ à l'être essentiel de Dieu.

On reconnaît en lui l'initiateur de ce que l'on a appelé « l'École Française de Spiritualité » qui a énormément marqué le clergé français, à travers de nombreuses familles religieuses (Oratoriens, Eudistes, Sulpiciens, Lazaristes, etc.)

Œuvre littérairemodifier | modifier le code

Il compose de nombreux ouvrages dont les plus connus sont :«Le Discours de l'état et des grandeurs de Jésus», «La vie de Jésus» (inachevé), «Mémorial de direction», «L'élévation sur Sainte Madeleine». Mais ces œuvres - en raison de leur style baroque, trop complexe, flamboyant, difficile d'accès- n'ont pas le même succès que celles de son contemporain François de Sales, plus simple et plus proche de la langue classique.

L'édition critique de ses œuvres complètes est en voie de parution. Huit volumes, contenant toutes ses œuvres, ainsi que deux volumes sur cinq de sa correspondance, sont maintenant disponibles aux éditions du Cerf.

Conversionsmodifier | modifier le code

  • Le journaliste Maurice Clavel dut sa conversion à la lecture du livre de Paul Cochois Bérulle et l'École française (Seuil, 1963)3.

Bibliographiemodifier | modifier le code

  • Jean-Félix Nourrisson : Le cardinal de Bérulle, sa Vie et ses Écrits, 1856 ;
  • Abbé Michel Houssaye : M. de Bérulle et les Carmélites; Le Père de Bérulle et l'oratoire de Jésus; Le Cardinal de Bérulle et Richelieu, 3 volumes, 1872-1876) ;
  • (en) H. Sidney Lear : Priestly Life in France in the Seventeenth Century, Londres, 1873 ;
  • Francois Monfort : Petite vie de Pierre de Bérulle, Paris, DDB 1997 ;
  • Raymond Deville : L'école française de spiritualité, Paris, Desclée de Brouwer, 1987 ;
  • Richard Cadoux : Bérulle et la question de l'homme, Paris, 2005.

Sources partiellesmodifier | modifier le code

Liens externesmodifier | modifier le code

Notes et référencesmodifier | modifier le code

  1. P. Keith Beaumont, in Quotidien La Croix, 30 juillet 2012 p.17
  2. Quotidien La Croix , Lundi 30 juillet 2012 , p. 16 et 17
  3. Article d'Henri Caffarel, dans La Croix, 18 mai 1979.







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