Polycratie

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En science politique, la polycratie désigne un système politique où plusieurs personnes, partis, familles ou clans mènent des politiques différentes à l’intérieur du même État.

C’est la forme la plus habituelle du pouvoir dans les sociétés humaines : lorsqu’elle est institutionnalisée l’on parle de polyarchie.

La société de l’Informationmodifier | modifier le code

Le déploiement du lobbying et de l'internet a, en fait, généralisé ce système "multi-clanique". Le SMSI (Sommet Mondial sur la Société de l'Information) le décrit comme étant "multi-partie-prenante" (ou "multi-stakeholder" en anglais).

L'ébauche polycratique de la Gouvernance mondiale est solennellement décrite par l'Engagement de Tunis, l'amenant volontairement sous la responsabilité des gouvernements et dans la concertation organisée par le Secrétaire Général de l'ONU, jusqu'au niveau de la personne individuelle, maintenant permis de manière pratique par le développement des techniques.

La société de l'information voulue par les "représentants des peuples du monde" doit être :

L'expérience pratique montre que l'initiative d'un seul peut changer fondamentalement l'organisation mondiale par l'intermédiaire d'une modification technologique comme le montre le Tao de l'IETF qui permet à n'importe qui ayant la bonne idée d'améliorer les standards de l'Internet et donc la manière dont le monde l'utilise. La RFC 3869 montre toutefois que ceci peut conduire à des jeux d'influence et de pouvoir importants motivés par les différences d'intérêt techniques, politiques ou commerciaux.

L'implémentation pratique de cette polycratie mondiale est :

  • confiée au Secrétaire Général de l'ONU,
  • assisté par un Comité d'Experts, le MAG (Multistakeholder Advisory Group).
  • par l'intermédiaire de "coopérations renforcées" de parties prenantes spécialisées
  • conseillées par des "coalitions dynamiques" regroupant des membres et des experts,
    • du domaine régalien (États),
    • du secteur privé (entreprises),
    • de la société civile (associations, défense des droit, université, recherche)
    • des organisations intergouvernementales (ONU, UIT)
    • et des organisations internationales (standardisation, aide au développement, statistiques),
  • disposant de forums de concertation comme le FGI (Forum de la Gouvernance de l'Internet).

Les participants ont bien conscience qu’il s’agit aussi d’une expérience pilote. La documentation de l'organisation des coopérations renforcées a été laissée à cette expérience qui est encore en phase de transition entre l'organisation ancienne (ici : origine américaine) et la prise en compte de l'influence constitutive de l'évolution technologique.

Généralité du mécanismemodifier | modifier le code

L'histoire de très nombreuses civilisations montrent que l'approche polycratique correspond à la recherche de l'émergence d'un équilibre sociétal. C'est, par exemple, celui de l'Organisation des Nations unies (ONU) qui est là pour éviter que les différentes politiques de gestion d'un monde commun, maintenant fortement mondialisé, ne conduisent à des conflits internes à ses membres.

Il est connu sous la forme des douze Tribus d'Israël, des Cités Grecques, de la constitution des États-Unis et leur constant débat concernant le rapport entre le concept des États et de l'Union qui les réunit. Un exemple qui nous est très familier est celui de l'Europe qui a institutionnalisé et théorisé son mécanisme polycratique comme celui de la subsidiarité (Traités de Maastricht et Traité de Lisbonne).

Un autre exemple est celui de la polycratie interne des grands partis de gouvernement non autoritaires, comme celle illustrée par la vie des courants au sein du Parti Socialiste français.

Origine familiale de la polycratiemodifier | modifier le code

La polycratie est sans doute ancrée dans nos têtes par le polylogue (discours de plusieurs) familial, ou une double autorité parentale s'exprime en polylogue, que l'adolescent va vouloir transformer en multilogue (conversation de plusieurs à plusieurs).

Exemple particulier du 3e Reich allemandmodifier | modifier le code

Franz Leopold Neumann, dans son ouvrage Béhémoth. Structure et pratique du national-socialisme qualifie ainsi l’État nazi, dans lequel s’opposaient ceux qui voulaient utiliser la main d’œuvre, même juive, et ceux qui voulaient l’exterminer immédiatement. De même, le système judiciaire a longtemps gardé en prison les Juifs condamnés de droit commun, qui échappèrent ainsi longtemps à la déportation.

Sur le même exemple de polycratie, voir Martin Broszat, L’État hitlérien (Fayard, 1986).








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