Prophylaxie

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En médecine, une prophylaxie désigne le processus actif ou passif ayant pour but de prévenir l'apparition, la propagation ou l'aggravation d'une maladie1.

Le terme fait aussi bien référence à des procédés médicamenteux qu'à des campagnes de prévention ou à des « bonnes pratiques » adaptées. La prophylaxie peut être l'initiative d'une personne qui s'est exposée à un risque (par exemple lié aux IST). Une prophylaxie peut amener à suivre un traitement médical, mais il s'agit avant tout d'un processus liant la prise de conscience d'un risque constaté ou pressenti, à une réponse médicale ou sanitaire.

La prophylaxie désigne aussi, en histoire et en ethnologie, un type de pratique magiques ayant les mêmes buts.

Types de préventionmodifier | modifier le code

Types de prévention :

  • la prévention primaire doit empêcher l'apparition d'une maladie chez une personne.
  • la prévention secondaire vise à réduire la gravité d'un problème de santé, notamment par le dépistage, la prise en charge et l'éducation thérapeutique.
  • la prévention tertiaire concerne l’évitement des complications de maladie déjà cliniquement manifestes et la mise en place de procédures de réhabilitation.
  • la prévention quaternaire est la prévention de la médecine non nécessaire ou la prévention de la surmédicalisation.
Types de prévention2. Côté médecin
Maladie
absente présente
Côté
patient
Maladie absente Prévention primaire
(pas malade
maladie absente)
Prévention secondaire
(pas malade
maladie présente)
présente Prévention quaternaire
(malade
maladie absente)
Prévention tertiaire
(malade
maladie présente)

La prophylaxie concerne aussi bien les maladies infectieuses que les accidents du travail, les parasitoses ou le développement psychomoteur.

À ce titre, les campagnes de vaccination systématique (B.C.G., variole, etc.), la déclaration de certaines maladies contagieuses, ainsi que les démarches de prévention diverses d'hygiène de vie (anti-alcoolique, anti-tabac...), la médecine du travail, le dépistage précoce de certaines maladies (cancer, par exemple), les rééducations en milieu psychiatrique, etc, sont autant d'entreprises prophylactiques.

Pratiques magiquesmodifier | modifier le code

Les sociétés anciennes, à la médecine impuissante ou aux effets limités, ont eu recours à des pratiques prophylactiques magiques compensant cette science insuffisante.

Les chapelles construites sur les chemins, à l'entrée d'un village, avaient ainsi un rôle prophylactique. Le saint vénéré dans ces chapelles était souvent un saint antipesteux3, comme saint Roch, saint Sébastien, saint Antoine ou saint Barthélemy4,5.

La croyance dans les pouvoirs de l'écrit était aussi forte, et sa valeur prophylactique était aussi utilisée dans des formules qu'on retrouve dans les tombeaux égyptiens6 ou dans le christianisme7.

Il était ainsi de coutume de multiplier les objets à vertus prophylactiques, voire d'en parer tous les objets familiers, de l'épée8,9,10, aux bagues11, en passant par les intailles12. Les motifs les plus courants auquels on prêtait des vertus prophylactiques sont l'œil, que l'on retrouve par exemple à l'avant des bâteaux grecs13, mais aussi sur des objets très courants, comme la fibule14, et le phallus15,16.

Notesmodifier | modifier le code

  1. Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales (CNRTL), « Définition de prophylaxie »,‎ 2013 (consulté le 10 juin 2013)
  2. Kuehlein T, Sghedoni D, Visentin G, Gérvas J, Jamoule M, Quartäre Prävention, eine Aufgabe für Hausärzte, PrimaryCare, vol 10, n° 18, 2010, p. 350-354, cité dans Stefan Neuner-Jehle, Trop bien? Traitons la polypharmacie
  3. « Pourquoi des chapelles peintes ? », Introduction générale à la visite des chapelles, Ministère de la Culture, consulté le 15 février 2014.
  4. Les autres chapelles, Paray-le-Monial, consulté le 15 février 2014.
  5. Marie-Pierre Leandri Morin, « Représentations provençales et piémontaises de la vie de saint Sébastien : procédés narratifs et sources textuelles », Mélanges de l'Ecole française de Rome. Moyen-Age, Temps modernes, tome 109, no 2, 1997. p. 569-601.
  6. Jean-Claude Goyon, « Un parallèle tardif d'une formule des inscriptions de la statue prophylactique de Ramsès III au Musée du Caire (Papyrus Brooklyn 47.218.138, col. x+13, 9 à 15) », The Journal of Egyptian Archaeology, Vol. 57, (Aug., 1971), p. 154-159.
  7. Robert Favreau, « Rex, lex, lux, pax » : jeux de mots et jeux de lettres dans les inscriptions médiévales, Bibliothèque de l'école des chartes, 2003, tome 161, livraison 2, p. 632, note 44.
  8. « Le guerrier et l'épée magique », L'Union ardennais, 30 novembre 2008.
  9. René Mouterde, « Le glaive de Dardanos. Objets et inscriptions magiques de Syrie », Mélanges de l'université Saint-Joseph, tome XV, p. 54-136, 1931.
  10. Marie-Cécile Truc, « Trois riches tombres du VIe siècle sur le site de "La Tuilerie" à Saint-Dizier (Haute-Marne) », Archéologie funéraire et anthropologie, in Jacques Guillaume, Édith Peytremann (directeurs de publication), L’Austrasie. Société, économies, territoires, christianisation, Actes des XXVIe Journées internationales d’archéologie mérovingienne, Nancy 22-25 septembre 2005, Mémoires publiés par l’Association française d’archéologie mérovingienne, tome XIX, Nancy, 2009, p. 323.
  11. Nicole Thierry, A. Tenenbaum, « Le Cénacle apostolique à Kokar Kilise et Ayvali Kilise en Cappadoce : Mission des apôtres, Pentecôte, Jugement dernier », Journal des savants, 1963, no 4, p. 228-241.
  12. Hélène Guiraud, « Une intaille magique au Musée d'Arles (Bouches-du-Rhône) », Revue archéologique de Narbonnaise, Tome 7, 1974, p. 207-211.
  13. Josette Elayi, « Les symboles de la puissance militaire sur les monnaies de Byblos », Revue numismatique, 6e série, Tome 26, année 1984, p. 41.
  14. Maurice Piroutet, « Découverte de l'une des plus anciennes fibules du type de La Tène I », Bulletin de la Société préhistorique de France, 1931, tome 28, no 7-8. p. 351-354.
  15. Philippe Bruneau, « Apotropaia déliens. La massue d'Héraclès », Bulletin de correspondance hellénique,. Volume 88, livraison 1, 1964, p. 162.
  16. Michel Manson, « Pour une histoire de l'enfant dans l'Antiquité », Histoire de l'éducation, no 30, 1986, p. 10.

Voir aussimodifier | modifier le code

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Articles connexesmodifier | modifier le code









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