Sidérurgie

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Le terme sidérurgie (du grec sideros, fer) désigne à la fois les techniques d'obtention de la fonte, du fer et de l'acier à partir de minerai, mais aussi l'industrie qui les met en œuvre.

Le combinat métallurgique de Magnitogorsk (MMK) dans les années trente. C'est alors la plus importante usine sidérurgique du monde, qui a contribué au complexe militaro-industriel soviétique.

Définitionmodifier | modifier le code

Origine du termemodifier | modifier le code

La création du terme « sidérurgie » est liée à la nécessité de distinguer la métallurgie du fer dans le vaste domaine de la métallurgie en général1.

Sa première attestation date de 1761, dans trois mémoires adressés à l'Académie des Sciences par Pierre-Clément de Grignon, maître de forges. Il est sans doute le créateur du terme ainsi que de « sydérotechnie » qui apparaît dans les mêmes mémoires. En 1768, Grignon précise qu'il entend par « sidérurgie » « l'art de fabriquer le fer », et par « sydérotechnie » « l'art de travailler le fer »2.

« Sydérotechnie » semble s'imposer d'abord comme cela apparaît dans le monumental ouvrage d'Hassenfratz, en 1812, La Sidérotechnie. Mais cet ouvrage comporte lui-même la marque du succès futur de « sidérurgie » dans l'emploi du nom dérivé « sidérurgiste » qui y apparaît pour la première fois3.

Acception moderne du motmodifier | modifier le code

Si le terme « sidérurgie » évoque donc, étymologiquement, l'ensemble de l'industrie des métaux ferreux, on retient maintenant un périmètre beaucoup plus restrictif :

« [Les usines sidérurgiques] ne recouvrent que les produits bruts (acier liquide et lingots), les demi-produits désignés selon leur forme et leur section, les produits finis exclusivement obtenus par laminage. S'ils subissent d'autres modes de transformation, ils appartiennent sans équivoque à l'industrie métallurgique. À savoir, par forgeage […], par moulage […] et autres premières transformations des métaux (étirage, tréfilage,…)4 »

— Daniel Rivet, L'acier et l'industrie sidérurgique

Les produitsmodifier | modifier le code

Produits platsmodifier | modifier le code

Les produits plats sont obtenus par laminage ; ils comprennent :

Produits longsmodifier | modifier le code

Les produits longs regroupent les barres (ronds, carrés), les profilés (comme les rails de chemin de fer, les poutrelles en forme de H, U, I ou L), ainsi que les produits tréfilés.

Ils sont utilisés dans toutes les industries, ainsi que dans le bâtiment (par exemple : aciers pour armatures de béton armé).

Particularitésmodifier | modifier le code

Poids économiquemodifier | modifier le code

Au Luxembourg, l'industrie sidérurgique a été pendant longtemps la première source d'emploi et de richesse du pays, jusqu'à représenter 45 % du PIB national en 19775. Le dernier haut fourneau à Esch-Belval ferme pourtant en 1997.

La sidérurgie est devenue l'exemple même de l'industrie lourde. L'investissement liée à la construction d'une usine « standard » de brames à partir de minerai de fer et de houille, d'une capacité de 5 millions de tonnes par an, peut atteindre 9 milliards de dollars6.

Importance stratégiquemodifier | modifier le code

« L'acier a d'abord été un facteur de souveraineté : si l'argent est le nerf de la guerre, l'acier en est le muscle, au moins depuis 18507 ». Pourtant, c'est au cours de la guerre froide que la sidérurgie perd son importance stratégique : l'aviation et les armes nucléaires ne lui doivent rien.

Économiemodifier | modifier le code

Le montant d'une usine neuve étant très conséquent (le « ticket d'entrée » d'une grosse usine à chaud de 9 milliards de dollars équivaut au PIB annuel de Malte), la sidérurgie est donc souvent marquée par :

  • une participation ou une protection de la part des États, tant pour constituer que pour pérenniser un outil industriel
  • la modernisation permanente des outils existants, moins coûteuse que la construction d'installations neuves
  • des fluctuations importantes des prix de vente (comme pour l'essence ou l'acier), dues au fait que l'offre ne peut qu'évoluer plus lentement que la demande

L'apparition de l'aciérie électrique a brutalement stoppé la course à la taille des complexes sidérurgiques. Le recyclage compte pour un tiers de la production mondiale d'acier. Cette proportion est encore plus élevée dans les pays développés qui disposent de beaucoup de ferrailles. En effet, en 2007, la Chine produit un tiers de l'acier mondial mais attire 50 % des exportations du minerai de fer8. Les bénéfices de l'ensemble des entreprises chinoises de sidérurgie ont atteint 17 milliards d'euros en 20078.

Notes et référencesmodifier | modifier le code

  1. Roland Eluerd, Les Mots du fer et des Lumières, Champion, p. 126-128
  2. Mémoires de physique sur l'art de fabriquer le fer, p. 642
  3. R. Eluerd, ouv. cité, III, p. 59
  4. Daniel Rivet, L'acier et l'industrie sidérurgique, Paris, Presses universitaires de France, coll. « Que sais-je? » (no 561),‎ 1978, 128 p. (ISBN 2 13 035632 X), p. 46
  5. [PDF]Michel Freyssenet, La sidérurgie française 1945-1979 : L'histoire d'une faillite. Les solutions qui s'affrontent, Paris, Savelli, coll. « Documents critiques »,‎ 1979, 241 p. (ISBN 9782859300302, OCLC 417353871, notice BnF no FRBNF34648522d, lire en ligne, présentation en ligne), p. 154
  6. (en) « Brazil may bar Thyssen unit sale to foreigner », Reuters,‎ 15 juin 2012 (lire en ligne)
  7. [PDF]Olivier C. A. Bisanti, « L’aventure sidérurgique de Fos-sur-Mer », Soleil d'acier,‎ 15 avril 2002
  8. a et b Alain Faujas, « Le minerai de fer augmentera d'au moins 65 % en 2008 », dans Le Monde du 20-02-2008, mis en ligne le 19-02-2008, lire en ligne

Voir aussimodifier | modifier le code

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