Simon Kuznets

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Simon Kuznets

Naissance 1901
Pinsk (Biélorussie)
Décès 1985
Nationalité américaine
Champs Économie, Statistiques
Institutions université de Pennsylvanie, Johns Hopkins (Baltimore), Université Harvard
Diplôme Université Columbia
Renommé pour Théorie des cycles, Croissance économique, Élaboration d'un appareil statistique
Distinctions « prix Nobel » d'économie (1971)

Simon Kuznets (1901 - 1985), économiste et statisticien américain d'origine bielorusse, lauréat du « Prix Nobel » d'économie en 1971.

Simon Kuznets est considéré comme l'un des contributeurs importants à la théorie de la croissance économique et comme l'un des « pères des comptes nationaux » et à ce titre être l'inventeur de l'agrégat fameux : produit intérieur brut, en abrégé : PIB (1934)1.

Biographiemodifier | modifier le code

Né à Pinsk (alors connue sous son nom russe de « Пинск », dans l'actuel Bélarus), il quitte en 1922 l'Union soviétique naissante pour les États-Unis et poursuit ses études à l'université Columbia. Au cours de sa carrière d'universitaire, il enseigna à l'université de Pennsylvanie, à Johns Hopkins (Baltimore) et Harvard. En 1971, il reçoit le « Prix Nobel » d'économie pour ses travaux empiriques en économie de la croissance.

Théorie des cyclesmodifier | modifier le code

Les premiers travaux économiques de Kuznets (dont sa thèse de doctorat) portent sur l'analyse des séries temporelles. Il prétend identifier un cycle de quinze à vingt ans, appelé par la suite cycle de Kuznets.

Élaboration d'un appareil statistiquemodifier | modifier le code

Kuznets s'est attaché à l'élaboration d'un appareil statistique en mesure de recueillir, de traiter et d'interpréter une série de grandeurs économiques, c'est-à-dire un système de comptabilité nationale susceptible de fournir des informations précises sur l'économie dans son ensemble. Kuznets propose de retenir deux grands agrégats : d'une part, un produit net obtenu par l'opération « biens finaux produits-biens intermédiaires », et d'autre part il met au point un indicateur de richesse, le « taux de croissance annuel du produit national », permettant de comparer des pays entre eux.

Théorie de la croissancemodifier | modifier le code

Une des conclusions les plus marquantes des travaux de Kuznets est la relation entre la croissance économique et la distribution des revenus. Lorsqu'un pays se développe, les inégalités s'accroissent dans un premier temps puis elles diminuent. Cette relation, nommé courbe de Kuznets en U renversé, s'explique par le fait qu'au départ, une faible part de la population bénéficie de la croissance économique.

Dans son discours de réception du prix Nobel d'économie en 1971, Simon Kuznets explique que «la croissance économique d'un pays peut-être définie comme étant une hausse sur longue période de sa capacité d'offrir à sa population une gamme sans cesse élargie de biens économiques. Cette capacité croissante est fondée sur le progrès technique et les ajustements institutionnels et idéologiques qu'elle requiert. Les fruits de la croissance s'étendent par suite aux autres secteurs de l'économie.»

La théorie de Kuznets résulte d'observations empiriques. Elle constate une augmentation des inégalités de la fin du XIXe siècle à la Seconde Guerre Mondiale, puis une baisse des inégalités jusqu'aux années 1970, à partir desquelles elles repartent à la hausse.

Cependant la courbe de Kuznets a été remise en cause ultérieurement notamment par Thomas Piketty en 2013 dans son livre "Le capital au XXIe siècle".

La critique envers Keynesmodifier | modifier le code

Kuznets est également célèbre pour avoir tenté, par des travaux empiriques, de démontrer la faiblesse de la théorie keynésienne de la « loi psychologique fondamentale ». En effet, il affirme qu'à long terme (entre 1869 et 1938), la part du revenu des ménages américains consacrée à la consommation augmente à peu près proportionnellement au revenu. En cela il contredit Keynes, qui affirme que « les hommes tendent à accroitre leur consommation à mesure que le revenu croit, mais non d'une quantité aussi grande que l'accroissement du revenu » (Théorie générale de l'emploi, de l'intérêt et de la monnaie, 1936).

Par conséquent selon Kuznets, si les agents économiques s'enrichissent, ils n'ont pas forcément une propension à épargner plus élevée (loi psychologique fondamentale de Keynes). Pour certains[Qui ?], l'erreur (épistémologique) que commet Kuznets est justement que ses recherches sont tournées vers des comportements agrégés (à l'échelle d'une nation), alors que Keynes, lui, explique des comportements individuels.

Notemodifier | modifier le code

  1. Simon Kuznets, le père des comptes nationaux, par Pierre Jacquet

Bibliographie sélectivemodifier | modifier le code

  • Secular Movements in Production and Prices, Houghton-Mifflin, Boston and New York, 1930
  • Long-Term Changes in the National Income of the United States of America since 1870, in Income and Wealth of the United States: Trends and Structure, International Association for Research in Income and Wealth, Income and Wealth, Series II, Bowes & Bowes, Cambridge, 1951
  • Economic Growth and Income Inequality, The American Economic Review, vol. 45, no 1, p. 1-28, 1955
  • Capital in the American Economy: Its Formation and Financing, Princeton University Press, Princeton, 1961
  • Modern Economic Growth: Rate, Structure, and Spread, Yale University Press, New Haven, Connecticut, 1966
  • Economic Growth of Nations: Total Output and Production Structure, Harvard University Press, Cambridge, Massachusetts, 1971

Voir aussimodifier | modifier le code

Liens externesmodifier | modifier le code








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