Spirou

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Page d'aide sur l'homonymie Cet article concerne le journal Spirou. Pour le personnage, voir Spirou (personnage). Pour la série de bande dessinée, voir Spirou et Fantasio.
Spirou
Image illustrative de l'article Spirou

Pays Drapeau de la Belgique Belgique
Langue Français
Périodicité Hebdomadaire
Format A4 (21 × 29,7 cm)
Genre Revue bande dessinée franco-belge
Prix au numéro 2,40 €
4 CHF
3,95 CAD
2 155 CFA
Diffusion 53 713 ex. (2013)
Fondateur Jean Dupuis
Date de fondation
Éditeur Dupuis
Ville d’édition Marcinelle

Propriétaire Dupuis
Directeur de publication Olivier Perrard
Rédacteur en chef Frédéric Niffle
ISSN 07718071
Site web Spirou.com

Spirou est un périodique de bande dessinée belge francophone hebdomadaire créé le qui a publié plusieurs séries ayant marquées le neuvième art dont les plus fameuses sont Spirou et Fantasio, Lucky Luke, Buck Danny, Boule et Bill, Gaston, Les Schtroumpfs ou encore Les Tuniques bleues.

Fondé par l'éditeur Jean Dupuis, le périodique parait pour la première fois en 1938 sous le titre Le Journal de Spirou. Il trouve rapidement son auteur vedette en la personne de Jijé (auteur des Aventures de Jean Valhardi et Jerry Spring) qui va former le quatuor composé de André Franquin (Spirou et Gaston), Morris (Lucky Luke), Will (Tif et Tondu) et Eddy Paape (Marc Dacier) qui va durablement marquer le journal de son empreinte. Dans les années 1950, l'arrivée d'Yvan Delporte comme rédacteur en chef va déclencher ce qu'on appelle l'âge d'or de Spirou avec des auteurs comme Peyo (Johan et Pirlouit, Les Schtroumpfs et Benoît Brisefer), Jean Roba (Boule et Bill), Maurice Tillieux (Gil Jourdan), Raymond Macherot (Sibylline, Sirius (Les Timour), Jidéhem (Sophie) mais aussi Lambil (Les Tuniques bleues). L'arrivée de Thierry Martens dans les années 1970 va permettre le lancement de séries plus modernes avec notamment les premières héroïnes féminines comme Natacha de François Walthéry, Yoko Tsuno de Roger Leloup et Isabelle de Will, ainsi qu'un renouvellement des séries comme Le Scrameustache de Gos, Sammy de Berck et Raoul Cauvin, Papyrus de Lucien De Gieter, Les Petits Hommes de Pierre Seron ou Docteur Poche de Marc Wasterlain.

Le journal va un peu plus s'ouvrir aux histoires purement humoristiques grâce notamment au scénariste Raoul Cauvin avec des séries comme L'Agent 212 dessiné par Daniel Kox, Les Femmes en blanc de Philippe Bercovici, Pierre Tombal de Marc Hardy, Cédric de Laudec et Les Psy de Bédu. Toujours dans le genre de l'humour, le journal publie également des séries comme Le Petit Spirou de Philippe Tome et Janry, Kid Paddle de Midam, Les Nombrils de Dubuc et Delaf. Sur un registre moins humoristique on peut lire notamment Jérôme K. Jérôme Bloche d'Alain Dodier, Jojo d'André Geerts ou Seuls de Fabien Vehlmann et Bruno Gazzotti. Dans les années 1990, le rédacteur en chef Thierry Tinlot fait de Spirou un journal « sans maquette » où comptent les grands délires complices avec le lecteur comme « l'affaire Cauvin » ou « la Malédiction de la page 13 ». Dans les années 2000, le journal va changer plusieurs fois de formule, avant de connaitre une stabilité avec l'arrivée de Frédéric Niffle à sa tête en 2008. Spirou possède sa propre identité, d'abord en inventant un style graphique, l'école de Marcinelle, puis en privilégiant toujours l'humour. Enfin, le journal à toujours fait partager ses coulisses à travers des séries, rédactionnels ou animations dont les personnages les plus fameux sont Gaston Lagaffe dont les gags se déroulent dans une rédaction fictive de Spirou et Le Boss dans les années 1990-2000.

Historiquemodifier | modifier le code

Article détaillé : Chronologie de Spirou.

Prémicesmodifier | modifier le code

L'idée du journal Spirou naît dans la tête de Jean Dupuis, imprimeur belge de la commune de Marcinelle qui depuis les années 1920 s'est lancé dans la presse, avec notamment les journaux Le Moustique, spécialisé dans les programmes des radios nationales et Bonne Soirée, journal féminin spécialisé dans le roman1. Pour diversifier encore son lectorat, il a l'idée de créer un journal pour la jeunesse. La bande dessinée américaine inonde alors la Belgique, au travers de magazines publiés en France. Jean Dupuis, catholique pratiquant et fortement européen, trouve que ces histoires ne coïncident pas avec la morale et le souci éducatif qu'il défend. Il charge son fils ainé, Paul, de trouver le profil idéal d'un journal pour la jeunesse2.

L'étude menée par Paul coïncide avec l'idée de son père : le journal doit être représenté par un garçon très jeune, vif d'esprit et espiègle comme le lectorat qu'il doit attirer. C'est le cadet de la famille, Charles, âgé de 19 ans et passionné par les illustrés pour la jeunesse qui soumet le nom du dessinateur français Robert Velter, alias Rob-Vel. Collaborateur du journal Toto, son style, en avance sur son temps, en fait le mieux placé selon Charles Dupuis pour créer graphiquement le personnage principal du journal2. Le nom du journal est quant à lui trouvé par Paul Dupuis3 ou Émile-André Robert, un ami de la famille Dupuis qui mène plusieurs activités, comme l'écriture de pièces et de sketchs en français et en wallon pour une radio locale. Il représente aussi une papeterie allemande qui fournit les Dupuis2.

Un comité de direction familial entérine la création du journal de Spirou et l'engagement de Rob-Vel. Ce dernier accepte de mettre en scène dans une bande dessinée la mascotte du nouveau périodique après une seule rencontre avec Jean Dupuis4. Il crée ainsi le personnage de Spirou avec l'apparence d'un groom pour rendre hommage à un petit mousse, mort lors d'une chute pendant son service sur le paquebot Île-de-France, dont le costume était rouge et où lui-même avait travaillé. De plus, la description que lui fit la famille Dupuis de ce que devait représenter le personnage, lui fit penser aux petits mousses qu'il avait fréquentés lors des traversées5. Mais Rob-Vel, surchargé de travail, délègue le dessin de cette nouvelle série jusqu'en mars 1939 à un confrère qui restera alors anonyme, Luc Lafnet6. Quant aux scénarios, il les délègue à son épouse Blanche Dumoulin7. Si officiellement Rob-Vel a longtemps été le premier père de Spirou, l'histoire tend donc à oublier qu'ils étaient en réalité trois8.

Création (1938-1939)modifier | modifier le code

Le premier numéro du journal parait le . Il est composé de seize grandes pages au format classique d'avant-guerre 28x40 cm, la moitié en couleurs, l'autre en noir et blanc9. Au sommaire de ce no 1 où la bande dessinée occupe 40 % des pages (dont l'essentiel en couleurs)10 : la série Spirou (qui occupe également la couverture de l'hebdomadaire), l'histoire à suivre Bibor et Tribar qui conte les mésaventures de deux matelots de guerre, ainsi que Babouche, une série de gags. Toutes sont réalisées par Rob-Vel11. Luc Lafnet signe sous le pseudonyme Davine, Les Aventures de Zizette12, un mélodrame à suivre au dessin expressionniste, ainsi qu'un rédactionnel intitulé La Princesse des neiges13. Une autre série, Aventures de Tif de Fernand Dineur (qui deviendra par la suite un grand classique de la bande dessinée franco-belge sous le nom de Tif et Tondu) est également présente dans ce premier numéro14, tout comme la bande dessinée américaine avec Dick Tracy et Tex le cowboy. La publication de productions d'outre-Atlantique s'explique par la volonté des Dupuis de lutter contre la concurrence des journaux français, en cassant leur monopole15. Le reste du journal est composé de romans à suivre, de jeux et de rédactionnel dont Le Fureteur vous dira rédigé par Jean Doisy9.

La domination des productions américaines va se faire sentir dans les premières années du journal. Ainsi en 1939, Red Ryder et Superman, suivis par Brick Bradford en 1940, rejoignent leurs compatriotes présents depuis le premier numéro. La bande dessinée italienne est aussi présente avec Bill l'albatros en 193815. Les Dupuis vont chercher à favoriser par la suite la production locale afin de conserver une certaine indépendance. C'est ainsi qu'ils engagent le belge Jijé en 1939. Ce dernier venait de publier les deux premières aventures de Jojo dans le journal catholique Le Croisé. Sa première série, Freddy Fred, est publiée dans le no 14/39 avec l'histoire Le Mystère de la clef hindoue. Elle est suivie dans le no 46/39 de Trinet et Trinette, plus abouti. Une personne va véritablement se détacher dans l'équipe : Jean Doisy. D'abord auteur de romans policiers pour Le Moustique, il va très vite occuper la place de rédacteur en chef du journalN 1 et va nouer une forte relation avec les lecteurs du journal, cas unique dans la presse pour la jeunesse de l'époque. Il lance ainsi dès août 1938 le club des Amis de Spirou (AdS) qui organise des manifestations, possède ses signes de reconnaissance, son code d'honneur et publie des messages secrets dans le journal que seuls les membres du club peuvent déchiffrer. Jean Doisy va en outre définir le ton du journal en rédigeant la plupart des rédactionnels (Le Fureteur, contes, courrier des lecteurs, textes signés Fantasio, jeux et concours)16.

Années de guerre (1939-1945)modifier | modifier le code

Le journal continue de paraître malgré le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale en septembre 1939. Rob-Vel mobilisé dans l'armée française continue de livrer ses planches à la rédaction par courrier spécial17. Jijé seul dessinateur polyvalent du journal, assure les dessins d'urgence quand les planches de série manquent comme Red Ryder ou Superman18, mais aussi les dessins des couvertures des numéros spéciaux et des recueils. Pendant une contre-attaque, Rob-Vel est blessé puis fait prisonnier à Lille17 ; dans le même temps, l'invasion de la Belgique disperse la famille Dupuis : Jean passe en Angleterre, Paul est fait prisonnier et Charles échappe de peu à la captivité19. La publication s'interrompt du au 20 mais reprend grâce aux efforts de Charles et René Matthews, le gendre de Jean, très impliqué dans l'entreprise21. Rob-Vel injoignable, c'est d'abord sa femme Blanche Dumoulin qui va animer la série-vedette probablement aidée par un certain Van Straelen22. Jijé, seul auteur encore disponible à cette époque, va prendre le relais en plein milieu d'une histoire, car les relations avec Blanche Dumoulin depuis Paris deviennent de plus en plus compliquées23. La première planche de Jijé parait dans le no 43/40 du 24. La pénurie de papier oblige l'éditeur à réduire le nombre de pages ; les séries américaines disparaissent petit à petit à l'exception de Red Ryder et Bob l'aviateur, remplacées par des séries d'auteurs locaux25. Ainsi Les Aventures de Jean Valhardi commence sa publication dans le no 40/41 en octobre 1941 et L'Épervier bleu dans le no 30/40 en juillet 194226. Jijé, en plus de Spirou, commence la publication en février 1941 d'une biographie de Don Bosco, personnage que lui a fait découvrir René Matthews27.

En janvier 1941, Paul Dupuis est libéré et rentre à Marcinelle28. Il rejoint son frère et son beau-frère ; à eux trois, ils vont composer la nouvelle direction des éditions Dupuis pour les cinquante prochaines années29. Les désagréments liés à la guerre se multiplient ; les livraisons de papier sont de plus en plus limitées et un officier allemand est mandaté par la censure, le major Kreft. Cet antinazi, devint un allié pour la survie du journal. Dans l'ombre de l'imprimerie, un réseau clandestin se met en place. René Matthews intègre la Résistance30. Jean Doisy, sympathisant communiste, profite du courrier des lecteurs pour faire passer des messages codés à la Résistance belge31. Rob-Vel est libéré en février 1941 et reprend rapidement contact avec les éditions Dupuis32. Il récupère la série Spirou à partir du no 12/41 du 33. Jijé devient l'homme à tout faire du journal, dessinant les couvertures, les animations et ses différentes séries17. À la fin de l'année 1941, le nombre de page baisse à nouveau à cause du rationnement. Le club des Amis de Spirou voit ses effectifs tripler en un an, à dix-sept mille adhérents, mais l'occupant commence à se méfier de ce mouvement de jeunesse, interdisant le port de l'insigne34.

En juillet 1942, Spirou est décliné en marionnette par le théâtre du Farfadet. C'est dans ce cadre qu'apparait pour la première fois le personnage de Fantasio35 qui n'était jusque là qu'une signature sous laquelle se dissimulait Jean Doisy pour animer des rubriques du journal depuis 1939. La marionnette de Fantasio36, adaptée graphiquement par Jijé pour la couverture de l'album no 11 (mai-août 1942)37, a les cheveux bruns et ne ressemble physiquement en rien au personnage tel qu'il réapparaîtra, toujours sous la plume de Jijé, dans Le Fureteur du no 5/4338. À la fin de cette même année, Rob-Vel vend les droits du personnage de Spirou aux éditions Dupuis qui le confient à Jijé. Ce rachat est décidé par les Dupuis afin de parer aux risques de rupture des transmissions avec Paris, où réside Rob-Vel et qui est également sous occupation allemande, mais aussi de s'assurer un total contrôle sur le personnage-vedette du journal39. Néanmoins les planches fournies par Rob-Vel permettent à son personnage d'apparaître jusqu'au no 35/43 du , dernière parution du journal avant sa censure par les Allemands. Plusieurs raisons sont avancées pour expliquer cette censure : le refus par les Dupuis d'accepter un administrateur allemand pour contrôler les publications, le refus de publier une revue de propagande nazie, le fait que les Allemands avaient besoin du papier qui devenait de plus en plus rare, ou encore les soupçons de collaboration avec la Résistance au travers de certaines rubriques40.

Pour contourner l'interdiction, un album intitulé L'Espiègle au grand cœur parait en novembre 1943, avec l'idée d'une sortie mensuelle, mais les Allemands découvrent le subterfuge après la sortie en décembre 1943 du second album intitulé Almanach 4441. Pendant ce repos forcé, Spirou survit grâce aux représentations du théâtre du Farfadet, au cours desquelles sont distribués aux spectateurs des exemplaires d'un bulletin théâtral, Spirou Guignol, qui permet continuer à offrir un support papier aux héros du journal42. Deux comédies musicales sont aussi interprétés par la troupe Les Mignonettes43. À la libération de la Belgique en septembre 1944, les éditions Dupuis ne sont pas inquiétées par l'épuration grâce au témoignage de Jean Doisy. Le 44, le journal reparaît en kiosques, mais sans Jijé emprisonné pour avoir travaillé pendant l'Occupation et avoir possédé une carte pour éviter le STON 2. Il dessine depuis sa cellule jusqu'à sa libération deux mois plus tard45. En octobre 1945, la série Tintin est proposée aux Dupuis qui la refusent pour diverses raisons, notamment à cause de la collaboration d'Hergé durant la guerre avec le quotidien Le Soir, alors aux mains des Allemands46.

Âge d'or (1946-1968)modifier | modifier le code

Article détaillé : Âge d'or de Spirou.

Mutation du journalmodifier | modifier le code

Morris (ici en 1971) l'un des auteurs qui va déclencher l'âge d'or du journal avec sa série Lucky Luke.

L'année 1946, commence par un changement de numérotation du journal. Jusqu'ici, elle était remise à zéro chaque début d'annéeN 3, mais le le magazine qui sort porte le no 404, équivalent au nombre de semaines écoulées depuis la création du journal, adoptant dès lors une numérotation continue47. Cette même année voit l'arrivée dans les pages de l'hebdomadaire de jeunes dessinateurs formés par Jijé, ce dernier ayant décidé de s'éloigner du journal pour réaliser une biographie dessinée de Jésus-Christ intitulée Emmanuel48. Il répartit alors ses séries à ses nouveaux collaborateurs : André Franquin récupère la série-vedette Spirou à partir du no 427 (en plein milieu de l'histoire La Maison préfabriquée) et Eddy Paape Jean Valhardi à partir du no 42949. Autre protégé de Jijé, Morris créé la série Lucky Luke dans l'Almanach 1947, où est aussi publiée la première histoire de Spirou par André Franquin, Spirou et le TankN 4,50. Un collaborateur des Dupuis, Georges Troisfontaines, créé à la même époque une agence pour distribuer des histoires aux éditeurs de bande dessinée, la World Press. Les Dupuis qui cherchent à augmenter la production locale au détriment des bandes dessinées américaines décident logiquement de s'associer avec lui51. Ainsi naît dans le no 455 la série sur la guerre du Pacifique Buck Danny, produite par deux « poulains » de la World Press, Victor Hubinon et Jean-Michel Charlier52. Les Dupuis continuent toutefois à se fournir en comics auprès des agences américaines qui font leur retour après la guerre : Red Ryder, Brick Bradford, Tarzan ou encore Little Annie Rooney53.

Les bande dessinées étrangères vont disparaitre complètement du journal avec la création en France en 1949 de la Commission de surveillance et de contrôle des publications destinées à l'enfance et à l'adolescence qui a pour but de freiner la publication de séries américaines. Les productions européennes vont intégrer petit à petit le sommaire de l'hebdomadaire, la part prépondérante revenant aux séries belges54. Dans cette optique, Will, lui aussi formé par Jijé, récupère la série Tif et Tondu à partir du no 588, les personnages ayant été rachetés par Dupuis à leur créateur Fernand Dineur55. En 1948, Jijé s'attaque à la biographie de Robert Baden-Powell une publication qui va s'étendre sur deux années56. De ce fait, Victor Hubinon reprend à partir du no 502 la série Blondin et Cirage, publiée auparavant par Jijé dans le journal Petits Belges57.

La stratégie de Spirou change : Charles Dupuis prend les commandes du journal alors que le rédacteur en chef Jean Doisy quitte son poste pour rejoindre le quotidien Le Drapeau rouge58. Les clubs qui gravitent autour de Spirou perdent de leur influence au profit de rédactionnels au ton international, destinés à conquérir marché français59. Ils se réduisent désormais à de simples insignes et cartes de membres, entraînant une baisse des effectifs58. En 1950, André Franquin publie l'histoire Il y a un sorcier à Champignac, qui met en place l'ensemble du monde de Champignac-en-Cambrousse (nos 653 à 685)60. Des séries éducatives apparaissent ; outre Surcouf, est créé dans le no 668 l'Oncle Paul sur un concept assez simple : raconter en quelques planches la vie d'un personnage ou un événement historique61. Jijé reprend sa série Blondin et Cirage en 195157. Dans le no 752 débutent les aventures du page Johan. Ce personnage avait déjà connu quelques aventures dans divers quotidiens avant son arrivée dans Spirou. Son auteur, Peyo, est entré chez Dupuis grâce à André Franquin qu'il avait connu au studio de dessin animé CBA durant la guerre. D'abord seul, Johan est rejoint par le nain Pirlouit à partir de l'histoire Le Lutin du Bois aux Roches publiée en 195462. Dans le no 720, André Franquin introduit un nouveau personnage dans la série Spirou et Fantasio : le Marsupilami, un animal imaginaire qui est venu à l'idée de l'auteur en voyant un receveur du tramway multiplier les tâches63.

La dernière série américaine disparaît dans le no 79764. La censure frappe la série L'Épervier bleu dans le no 769 : on reproche à son auteur, Sirius, d'avoir envoyé son héros sur une Lune fantaisiste remplie de champignons et il doit y mettre un terme sous peine de voir le journal interdit en France65. Après l'abandon de L'Épervier bleu, Sirius lance la série Les Timour dans le no 813, qui raconte l'histoire d'une famille à travers les siècles66. Gérald Forton et Jean-Michel Charlier créent la série Kim Devil dans le no 82064. Paul Dupuis souhaite depuis longtemps un bon western réaliste dans les pages du journal et il s'en ouvre à Jijé, qui a déjà voyagé plusieurs années aux États-Unis et au Mexique, et est aussi considéré comme un bon dessinateur de chevaux. Il crée ainsi dans le no 820 la série Jerry Spring, qui met en scène un cow-boy généreux toujours prêt à défendre le faible contre le fort67. Dans le no 86768 débute La Patrouille des Castors qui raconte les aventures d'une patrouille de scouts, sous la plume de l'un des jeunes dessinateurs de la World Press, Mitacq. Le scénario est confié en revanche à un homme d'expérience : Jean-Michel Charlier69.

Années Delportemodifier | modifier le code

Place à l'humourmodifier | modifier le code
Entrée des anciens locaux des éditions Dupuis et de la rédaction du journal Spirou dans la Galerie du Centre à Bruxelles.

En 1955, Yvan Delporte est officiellement nommé rédacteur en chef du journal. Un peu par hasard, puisque Charles Dupuis souhaite faire de Spirou un journal totalement humoristique et considère Delporte comme le meilleur pour atteindre cet objectif70. La rédaction déménage à Bruxelles dans la Galerie du Centre pour être dans le même bâtiment que les bureaux de la World Press71. Cette même année, Maurice Rosy devient directeur artistique des éditions Dupuis (il occupait auparavant le poste de « donneur d'idées » pour lui permettre d'exercer ses talents créatifs au sein de la maison d'édition72). Il s'occupe aussi de trouver des nouveaux talents et devient à ce titre rédacteur en chef de l'éphémère petit frère de Spirou nommé Risque-Tout et lancé conjointement par Dupuis et la World Press71. Le tandem Delporte/Rosy va être à la barre de Spirou durant de nombreuses années, multipliant les animations et les numéros spéciaux72 ; Charles Dupuis reste néanmoins le véritable patron du journal et c'est lui qui accepte qu'une série paraisse ou non dans Spirou73.

Anciens locaux des éditions Dupuis et de la rédaction du journal Spirou dans la Galerie du Centre à Bruxelles.

Les clubs Spirou disparaissent à la fin des années 1950 au profit d'un cirque et des jeux de plages Spirou74. Les rédactionnels s'ouvrent à d'autres horizons75, leur but étant désormais de recréer le lien avec le lecteur qui s'était perdu avec la disparition des clubs. Dans cet optique est créé le personnage de Starter qui anime la rubrique automobile76, et surtout le personnage de Gaston Lagaffe créé par André Franquin et Yvan Delporte en 195777. Ce personnage a au départ pour but d'animer chaque semaine le journal par ses gaffes, faisant par exemple exploser certaines pages78.

Parmi les nouvelles séries, Gil Jourdan de Maurice Tillieux publié à partir du no 962, un polar inspiré de Félix publié dans Héroïc-Albums (la fin de ce périodique permet à Tillieux d'intégrer l'équipe Dupuis79). Autre série de Maurice Tillieux, César qui va rapidement être transférée dans Le Moustique avant de revenir dans Spirou à la fin des années 196080. Dans les autres nouveautés issues du studio dirigé par Maurice Rosy, Bobosse de Marcel Remacle à partir du no 93181, Guy Pingaut (no 985) et Alain Cardan (no 996) de Gérald Forton82, Thierry le Chevalier de Carlos Laffond et Jean-Michel Charlier (no 989)83, Tom et Nelly de José Bielsa et Octave Joly (no 995)84 ou encore Les Frères Clips de Marcel Denis (no 1032)85.

Le , Spirou sort son no 1000 avec pour l'occasion une couverture avec 999 têtes du personnage plus une de Gaston Lagaffe dessinées par André Franquin. Il comprend aussi une ébauche des futurs mini-récits86. Les numéros spéciaux vont devenir la marque de fabrique de la période Yvan Delporte. Outre le traditionnel « spécial Noël », il fait ajouter un « spécial Pâques », un « spécial Grandes Vacances » et des spéciaux ponctuels comme celui sur l'Exposition universelle de 1958, ou sur un numéro consacré à l'automobile. Ces numéros sont l'occasion pour le rédacteur en chef de tester de nouveaux auteurs en rajoutant des pages à Spirou et en offrant de multiples suppléments87. Dans les nouveautés qui vont marquer durablement le journal, René Hausman lance la série Saki dans le no 1030, qui deviendra l'année suivante Saki et Zunie88. Marcel Remacle créée Le Vieux Nick dans le no 1039, lui adjoignant deux ans plus tard le personnage de Barbe-Noire, d'abord comme faire-valoir puis comme héros de la série89.

Dans le no 107190 apparaissent pour la première fois graphiquement Les Schtroumpfs dans la série Johan et Pirlouit de Peyo. Au fil des semaines, le dessinateur fait monter le suspense sur l'identité des personnages qui espionnent les deux héros dans l'histoire La Flûte à six trous (renommée plus tard La Flûte à six schtroumpfs)91. D'après la légende, le nom des Schtroumpfs aurait été inventé lors d'un repas chez la famille Franquin, au cours duquel Peyo aurait dit pour demander le sel : « Passe-moi la... le... le schtroumpf » ; s'en serait suivie une longue soirée de rigolade entre les deux auteurs à parler en schtroumpf92. Dans une courte histoire publiée dans le no 1041, Jo-El Azara met en scène La Ribambelle qui sera reprise par Jean Roba quatre ans plus tard93. André Franquin et ses trois assistants s'amusent en créant l'éphémère série Le Boumptéryx dans le no 1092 sous le pseudonyme de Ley Kip94.

Nouvelle génération d'auteursmodifier | modifier le code

En 1959, Yvan Delporte a l'idée de créer des petites albums que le lecteur devra monter lui-même86 ; pour inaugurer ce format, il demande à Peyo de réutiliser les petits personnages qu'il a créés deux ans auparavant dans Johan et Pirlouit pour en faire les héros à part entière d'une série. Les Schtroumpfs noirs, premier mini-récit et première histoire des Schtroumpfs, est publié dans le no 110795, suivie de dix autres histoires jusqu'au no 1134, avec notamment la création du Petit Noël par André Franquin (no 1131) et Boule et Bill par Jean Roba et Maurice Rosy (no 1132). D'abord censés être une opération ponctuelle, les mini-récits vont revenir chaque semaine pour contrer les Pilotoramas du journal Pilote qui parait depuis octobre 1959. Dans le no 1135 débute une nouvelle collection de mini-récits hebdomadaires, avec une numérotation remise à zéro et une augmentation de 36 à 48 planches96. Si les premiers mini-récits étaient l'œuvre d'auteurs confirmés, la nouvelle collection va permettre de tester de jeunes auteurs97 : Pat Mallet avec Xing et Xot (no 1145)98, Charles Degotte avec Le Flagada (no 1196)99, Paul Deliège (et Maurice Rosy au scénario) avec Bobo (no 1204)100, Lucien De Gieter avec Pony (no 1271)101 ou encore Jacques Devos avec Génial Olivier (no 1321)102.

Dans les pages régulières du journal, Yvan Delporte lance de grandes séries d'aventure. Eddy Paape, qui s'occupe d'une page de jeu et d'une rubrique éducative intitulées respectivement Le Coin des dégourdis et Le Coin des petits curieux103 depuis que Jijé a récupéré Jean Valhardi en 1956104, créé en 1958 dans le no 1059, Marc Dacier, qui conte les aventures d'un reporter (avec Jean-Michel Charlier au scénario)105. Lettreur chez Dupuis, Lambil lance dans le no 1083 Sandy et Hoppy, une série sur l'Australie qu'il écrit depuis ses quinze ans et qui a essuyé un premier refus de Dupuis106. Paraissent aussi deux grandes biographies, celle de Winston Churchill par Octave Joly et Eddy Paape et de Charles de Foucauld par Jijé107.

Dans Spirou et Fantasio, André Franquin créé l'emblématique Zorglub dans l'histoire Z comme Zorglub publiée du no 1096 au no 1136108 ; le personnage ne va pas plaire à Charles Dupuis qui préfère la poésie de l'histoire Le Nid des marsupilamis109. Intitulée QRM sur Bretzelburg (renommée QRN sur Bretzelburg par la suite), l'histoire suivante va connaitre une publication tumultueuse, d'abord à cause de l'hépatite virale que va attraper André Franquin, suivie d'une sérieuse dépression due au ras-le-bol de l'auteur d'animer des personnages qu'il n'a pas créés et qu'il pense ne pas s'être approprié. Pour ces raisons, l'histoire va d'abord être publiée sous forme de demi-planches avant de s'interrompre pendant deux ans. Durant cette période, André Franquin publie toujours sa demi-planche de Gaston, aidé par son assistant Jidéhem110.

Les animations du journal vont se multiplier : une vache squatte les pages du journal en 1960 et provoque le renvoi de Gaston, puis son réengagement après une mobilisation des lecteurs111. Gaston Lagaffe devient le lien entre le lecteur et la rédaction au point d'être publié sur la couverture à partir du no 1175112. Le no 1042 est parfumé aux « senteurs d'avril », ce qui provoquera plusieurs malaises dans les ateliers. Le no 1235 offre une carte postale du Marsupilami avec une queue en papier collée sur chaque exemplaire par les détenus de la prison de Charleroi. Dans le no 1264 est offerte une invention de Morris nommé « 3-D Color » qui permet de voir les dessins en relief et en couleur113.

Parmi les nouveautés, Peyo crée Benoît Brisefer dans le no 1183. La série est d'abord destinée au quotidien Le Soir, mais l'idée d'un petit garçon à la force surhumaine qui perd ses pouvoirs au moindre rhume séduit Charles Dupuis qui insiste pour l'avoir dans son journal114. Jidéhem lance dans le no 1208 une bande dessinée avec le personnage de Starter, qui animait jusque là la chronique automobile, mais deux ans plus tard il se fait voler la vedette par la jeune Sophie, première véritable héroïne à part entière du journal, au point que Starter disparait définitivement et que la série est renommée Sophie115. Jean Roba reprend dans le no 1247 La Ribambelle, apparue quatre ans auparavant dans un court récit116. De retour dans Spirou, après un court passage chez le concurrent Tintin, Will créé la série Éric et Artimon (no 1252), avant de retrouver Tif et Tondu en 1965117. Charles Jadoul écrit le scénario de Michel et Thierry pour Arthur Piroton à partir du no 1239116.

Les histoires complètes vont se multiplier à partir du début des années 1960 pour permettre aux « gagmen » de mieux s'exprimer que dans les mini-récits ou les histoires à suivre. Jacques Devos écrit ainsi le délirant Victor Sébastopol à partir du no 1288 pour Hubuc, Whamoka et Whikilowat à partir du no 1354 pour Salvérius118 et Djinn à partir du no 1372 pour Kiko119. En 1964, Raymond Macherot passe de Tintin à Spirou à cause d'un différend avec Le Lombard120 mais pour des raisons contractuelles, il doit abandonner ses séries qui restent chez le concurrent121. Il crée alors pour Spirou la série Chaminou, mais la noirceur de ton est critiquée par les éditeurs et lecteurs de Spirou122. Seul Charles Dupuis souhaite une seconde histoire123, mais Macherot préfère créer une nouvelle série, Sibylline qui commence sa publication dans le no 1403124. Guy Bara reprend à partir du no 1363 Max l'explorateur, une série publiée depuis les années 1950 dans divers quotidiens125. Marcel Remacle et Marcel Denis lancent une série sur les vikings avec Hultrasson à partir du no 1351126.

À partir du no 1435, la couverture change de format et présente une seule grande illustration127. Retour de Spirou et Fantasio avec l'histoire Bravo les Brothers dans le no 1435 qui mélange les univers de Spirou et de Gaston, renforçant la connivence avec le lecteur128. Dans le no 1436 débute la chronique En direct de la rédaction qui raconte aux lecteurs les aléas de la vie de la rédaction du journal78. L'Homme aux phylactères créé par Serge Gennaux participe à cette animation en racontant les histoires d'un personnage qui souhaite devenir un héros de bande dessinée129. L'une des premières couvertures de cette nouvelle formule représentant un chauffe-eau dans l'espace après une explosion, provoque une controverse avec Gaz de France qui exige la publication d'un publi-reportage expliquant qu'un chauffe-eau ne peut pas exploser ; en réponse, André Franquin et Yvan Delporte publient des fausses publicités pour Ducran & Lapoigne (entreprise imaginaire de la série Gaston)130. Publiée auparavant dans le quotidien Le Soir, Poussy intègre les pages du journal à partir du no 1438131. L'année 1966 est assez prolifique : Maurice Tillieux se lance dans l'écriture de Marc Lebut et son voisin (dit aussi La Fort-T) pour Francis à partir du no 1452132 ; Tôôôt et Puit de Lucien De Gieter font leur débuts dans le no 1456 ; Raymond Macherot dessine Pantoufle sur un scénario de René Goscinny à partir du no 1459. Enfin, Derib, formé par Peyo, fait ses débuts avec la série Arnaud de Casteloup dans le no 1450133.

Fin d'une époquemodifier | modifier le code

L'année 1967 voit le départ de deux grands auteurs du journal, Eddy Paape et Jijé. Le premier se brouille avec Dupuis pour plusieurs raisons (la principale étant le manque de promotion de ses albums par l'éditeur) et rejoint l'équipe de Tintin. Jijé quitte quant à lui Spirou pour Pilote où, sur la proposition de Jean-Michel Charlier, il reprend la série Les Aventures de Tanguy et Laverdure que vient d'abandonner Albert Uderzo, qui souhaite se consacrer entièrement à Astérix134.

André Franquin accepte de dessiner une dernière aventure de Spirou et Fantasio, Panade à Champignac qui débute dans le no 1539, avant de se consacrer pleinement à Gaston135. Jean-Claude Fournier, qui reçoit les conseils personnels de Franquin depuis plusieurs mois, lance la série poétique Bizu dans le no 1509136. Plusieurs fois refusés par Charles Dupuis, Les Petits Hommes de Pierre Seron paraissent enfin dans le no 1534, après qu'Albert Desprechins a retouché les scénarios. Le graphisme, très proche de celui de Franquin, vaudra une accusation de plagiat à son auteur137. Dans le no 1531, Derib et Maurice Rosy créent Les Aventures d'Attila qui mettent en scène un chien espion suisse qui parle138.

Nouvelle grosse défection l'année suivante avec le départ de Morris et sa série Lucky Luke pour le journal Pilote. Tout comme Eddy Paape, Morris considère que les éditions Dupuis ne diffusent pas de façon satisfaisante ses albums en France et préfère rejoindre un éditeur français139. Pour compenser la perte de Lucky Luke, Louis Salvérius lance la série Les Tuniques bleues dans le no 1585 avec Raoul Cauvin au scénario140. Ce dernier travaille chez Dupuis depuis le début des années 1960. Après notamment un passage au laboratoire photo, il a enfin sa chance avec la série Arthur et Léopold publiée dans le no 1574 sur des dessins d'Eddy Ryssack141. Mitacq lance la série Stany Derval dans le no 1561, faute de nouveaux scénarios de Jean-Michel Charlier142. Maurice Rosy abandonne le scénario de Tif et Tondu qui est repris par Maurice Tillieux ; l'écriture va dès lors devenir son l'activité principale avec notamment SOS Bagarreur pour René Follet dans le no 1552. Paul Deliège scénarise Les Krostons pour Arthur Piroton dans le no 1589, mais le dessinateur abandonne après la première histoire pour s'occuper entièrement de la nouvelle série Jess Long. Paul Deliège récupère alors le dessin de la série, ce qui l'oblige à changer son style humoristique pour un style réaliste143. Il écrit aussi le scénario de la série Sam (renommée plus tard Sam et l'Ours) pour Lagas, publiée comme mini-récit à partir du no 1553144.

Une page du journal se tourne au cours de l'année 1968 avec le licenciement du rédacteur en chef Yvan Delporte. Le contexte de l'époque est assez tendu et les événements de Mai 68 inquiètent les entreprises, dont les éditions Dupuis. Plusieurs raisons sont avancées pour expliquer le départ de Delporte. La première est la diffusion dans le journal d'une publicité antimilitariste en réponse à une campagne de recrutement de l'armée belge publiée quelque temps auparavant dans les pages de Spirou. La deuxième, celle officielle de Dupuis145, est qu'il aurait laissé publier l'expression « Allez-vous faire cuire un œuf ! » dans une réponse à un courrier de lecteur qui se plaignait de l'absence prolongé de Johan et Pirlouit et que cela aurait provoqué une plainte de Peyo auprès de Paul Dupuis146. La troisième, celle d'Yvan Delporte, est qu'il a payé le fait d'être chef de service et en même temps délégué syndical. Paul Dupuis aurait reproché à Yvan Delporte d'avoir été le meneur d'une grève du personnel. Enfin, la version du futur rédacteur en chef, Thierry Martens, est qu'Yvan Delporte a laissé s'accumuler les heures supplémentaires d'une grosse partie de la rédaction, les obligeant à travailler le week-end et le soir, ce qui a entraîné des coûts financiers importants pour Dupuis145.

Renouveau dans la continuité (1969-1986)modifier | modifier le code

Femmes à l'honneurmodifier | modifier le code

Le départ d'Yvan Delporte laisse un vide dans la rédaction et étrenne une période de trouble. Charles Degotte occupe par intérim le poste de rédacteur en chef147, sous la supervision de Charles Dupuis148. À partir de juillet 1969, Thierry Martens est nommé officiellement rédacteur en chef avec la tâche prioritaire de renouveler les auteurs-vedettes du journal, dont la production commence à baisser, et de trouver une nouvelle formule pour arrêter la baisse des ventes. Il va s'appuyer sur les jeunes auteurs qui apprennent le métier dans les studios des auteurs-vedettes, en particulier celui de Peyo149. C'est ainsi que débarque dans le no 1663 Natacha, imaginée par le jeune François Walthéry, à la suite de la découverte par Thierry Martens de quelques planches oubliées dans les tiroirs de la rédaction150. La mode étant au féminisme, Yoko Tsuno de Roger Leloup qui est publié à partir du no 1693 grâce à Maurice Tillieux et Charles Dupuis qui les poussent à prendre son indépendance du studio Peyo151. La série Spirou et Fantasio sans auteur depuis son abandon par Franquin est confiée à Jean-Claude Fournier, dont la série Bizu avait séduit Charles Dupuis, même s'il souhaite une évolution graphique par rapport à Franquin136. La première histoire dessinée par Fournier, Le Faiseur d'or, commence à paraitre dans le no 1624. Le Portugais Carlos Roque créé Angélique et Wladimyr respectivement dans les no 1601 et no 1616152. Raoul Cauvin devient rapidement prolifique en créant Les Naufragés pour Claire Bretécher (no 1581), Câline et Calebasse pour Mazel (no 1617), et en reprenant les séries Loryfiand et Chifmol pour Serge Gennaux141, Sammy pour Berck (no 1667)153 ou encore Mirliton pour Raymond Macherot (no 1664)141. Yvan Delporte écrit pour Will un scénario qui met en scène une petite fille, Isabelle, à partir du no 1654. Par la suite, Raymond Macherot et André Franquin vont intégrer le projet et apporter une dimension fantastique à la série154. Jean-Marie Brouyère débute dans le no 1745 en tant que scénariste d'Archie Cash (dessin de Malik), une série dont le réalisme détonne fortement dans le journal de l'époque155. Francis lance son Capitaine Lahuche dans le no 1713156.

Classiques et nouveautésmodifier | modifier le code

En décembre 1971, la mise en page de la couverture change avec l'apparition du sommaire. Le journal continue sa mutation en renouvelant rédactionnels, animations et séries. Lancement de Nature-Jeunesse, un rédactionnel sur la nature et de L'Inspecteur Spirou qui propose de résoudre des énigmes policières157. Pour combler l'essoufflement des mini-récits, est créée la rubrique Carte blanche qui permet à des auteurs expérimentés de lancer de nouvelles séries ou à des jeunes de débuter. Elle lance notamment Pauvre Lampil de Raoul Cauvin et Lambil (no 1826) et Les Extra-terrestres de Jacques Devos158. Gos délaisse le dessin de Gil Jourdan pour lancer sa propre série intitulée Khéna et le Scrameustache dans le no 1806159. Antoinette Collin et Jean-Marie Brouyère créent Les Naufragés de l'escalator (no 1860)160, une série fantastique et délirante qui va faire couler beaucoup d'encre tant du côté de ses partisans que de ses adversaires.

Regrettant que certaines séries d'auteurs-maison, publiées dans d'autres périodiques, ne soient plus disponibles en librairie depuis longtemps, Thierry Martens décide de les republier dans le journal et créé à cet effet la rubrique Classiques Dupuis. C'est ainsi qu'après un travail de restauration, Félix de Maurice Tillieux (no 1868) et Ginger de Jidéhem (no 1996), toutes deux publiées dans Héroïc-Albums au cours des années 1950, sont proposées à une nouvelle génération de lecteurs. Les Maxi-classiques sont lancés dans le no 1980 avec Jacques Le Gall de MiTacq, pour adapter le grand format de cette série initialement publiée dans Pilote au format classique de Spirou161. Dans le même temps est créée la rubrique Découvertes Dupuis162 dans laquelle débute notamment Watch avec Big Boss Circus (no 1884)163. Dans le no 1867, Lucien De Gieter, qui vient aussi de l'équipe Peyo, lance Papyrus, une série sur l'Égypte antique164. Marc Hardy et Mittéï créent Badminton dans le no 1898 et Raoul Cauvin et François Walthéry, Le Vieux Bleu dans le no 1875165. Quelques séries de gags américaines font leur retour dans le journal, dont Denis la Malice166.

Les jeunes dessinateurs qui sortent de l'Institut Saint-Luc se voient ouvrir les pages du journal, avec l'aide de Jean-Marie Brouyère qui leur écrit des scénarios : Aymone pour Renaud Denauw (no 1957), La Petite Chronique vénusienne pour André Geerts (no 2051), Coursensac et Baladin pour Bernard Hislaire (no 2077), ainsi que plusieurs histoires pour Jean-Claude Servais167. Raoul Cauvin créé Boulouloum et Guiliguili pour Mazel (no 1965), L'Agent 212 pour Daniel Kox (no 1939) et Godaille et Godasse pour Jacques Sandron (no 1938). François Walthéry lance Petit Bout-de-chique (no 1927) et le duo Bom Watch, Les Déboussolés (no 1923)166.

En 1976, Spirou sort son no 2000 largement animé par les jeunes auteurs qui ont intégré la rédaction lors des dernières années. Dans le no 2001, Marc Wasterlain lance le poétique Docteur Poche, série dans laquelle il impose son style graphique168. Albert Blesteau créé le chien Wofi dans le no 2010169.

Changement de ton et de directionmodifier | modifier le code

1977 marque l'apparition d'un supplément dont le ton inédit va révolutionner l'esprit du journal : Le Trombone illustré. André Franquin et Yvan Delporte sont en effet parvenu à convaincre Charles Dupuis d'ajouter une petite publication spécialement destinée aux adolescents et jeunes adultes et qui aborderait des thèmes tabous dans les pages du journal170. Afin de dédouaner les autorités officielles de Spirou, Le Trombone illustré est présenté comme un journal clandestin et indépendant, dont la rédaction est installée dans la cave des éditions Dupuis. André Franquin y créé les Idées noires et Frédéric Jannin la série Germain et nous… dans le no 1 (Spirou no 2031 du 17 mars 1977). Des auteurs prestigieux comme Gotlib, F'murr, Jean-Claude Mézières, Jacques Tardi ou encore Enki Bilal font des apparitions régulières171. L'expérience, qui divise lecteurs et auteurs, prend fin sept mois plus tard dans le no 2062, après un sabordage de l'équipe en réaction à une censure de l'éditeur172. Si Le Trombone illustré est aujourd'hui culte, son bilan est sur le moment largement négatif, Spirou ayant perdu 6 000 lecteurs durant sa parution170.

Au début des années 1970, une expérience similaire avait été tentée avec Bobo Magazine, conçu par Maurice Rosy pour séduire les jeunes lecteurs, mais elle avait tourné court en raison du travail que cela représentait173. Dans cet esprit paraissent Le Petit Cauvin Illustré dans le no 2084170 et Pignouf dans le no 2053 qui parodie le journal174.

En 1978 sont lancées les séries Aurore et Ulysse de Pierre Seron (no 2045)175, Arnest Ringard et Augraphie d'André Franquin, Yvan Delporte et Frédéric Jannin (no 2088)176, Mic Mac Adam de Stephen Desberg et André Benn (no 2091)177 et Zowie de Christian Darasse et Bosse (no 2123)178.

Thierry Martens ayant pris la tête du département Albums de Dupuis pour lancer une nouvelle politique éditoriale179, Alain De Kuyssche, journaliste à Télémoustique, autre publication de Dupuis, le remplace avec pour mission d'élaborer un nouveau concept179 : réorienter Spirou en y publiant des séries de qualités, à une époque où la bande dessinée périodique est malmenée par des publications expérimentales souvent médiocres. C'est ainsi qu'une série sentimentale au graphisme moderne, Bidouille et Violette de Bernard Hislaire, est publiée à partir du no 2087180. Frank Pé lance une série sur la nature intitulée Broussaille, d'abord publiée dans le no 2108 dans une rubrique sur les animaux181. À seulement seize ans, Philippe Bercovici dessine sa première série Les Grandes Amours contrariées sur un scénario de Raoul Cauvin (no 2149)182.

En 1979, les éditions Dupuis souhaitent que la série-vedette du journal soit présente à chaque numéro. Jean-Claude Fournier ne pouvant pas dessiner plus de deux histoires de Spirou et Fantasio par an, il est décidé de lui adjoindre un autre auteur qui produirait des histoires en alternance, mais Fournier refuse et se voit retirer le personnage183. José Dutillieu, engagé par Charles Dupuis pour contrôler la rédaction, demande à son ami Nic Broca de reprendre la série et lui associe Raoul Cauvin au scénario. De son côté, Alain De Kuyssche demande à Yves Chaland et à deux auteurs débutants, Philippe Tome et Janry184, qui animent la rubrique de jeux Jeuréka depuis quelques mois, de concevoir eux aussi des histoires pour Spirou. En 1981, ces dernier récupèrent seuls la série-vedette, l'expérience démontrant qu'une série dessinée simultanément par plusieurs auteurs désoriente le lecteur et fait perdre son identité au personnage185.

La reprise de Spirou et Fantasio est le symbole de la lutte de pouvoir qui a lieu dans la rédaction à cette époque : José Dutillieu préfère s'appuyer sur des auteurs confirmés alors qu'Alain De Kuyssche veut mettre en place une nouvelle génération d'auteurs pour animer l'hebdomadaire184. C'est ainsi que naît la série 421 d'Éric Maltaite et Stephen Desberg, une sorte de parodie de James Bond186. Maurice Tillieux et Jijé étant morts, le journal a besoin de renouveler ses séries d'aventures. C'est ainsi que paraissent Loïq d'Alain Sauvage (no 2154), Les Baroudeurs sans frontières de Charles Jarry (no 2167) ou encore Jean Darc de François Dimberton (no 2278)187. Philippe Berthet, par l'originalité de son style graphique, devient le premier dessinateur à publier en son nom propre, plutôt que sous celui d'une série188. L'humour n'est pas oublié avec Jessie Jane de Mazel et Gérald Frydman (no 2256), Les Lettres de mon moulin de Mittéï182, ainsi que les histoires caricaturant le monde du football de Malo Louarn189. Philippe Bercovici et Raoul Cauvin mettent en scène le milieu hospitalier avec Les Femmes en blanc (no 2240)182. Dans le no 2173 est offert un album inédit de Boule et Bill intitulé Bill a disparu190.

Diverses solutions sont tentées pour renouer le lien avec le lecteur. José Dutillieu relance les clubs Spirou avec, en plus, un supplément dans les pages du journal intitulé Spirou-Pirate (renommé par la suite Le Correspondant), mais cette initiative s'avère néfaste pour les ventes. Alain De Kuyssche lance Les Hauts de page, destinés à remplir les marges du journal. D'abord animés par le trio Frank Pé, André Geerts et Bernard Hislaire, ils sont rapidement récupérés par le duo Yann et Didier Conrad, auteur des Innommables (no 2180)191. Leur humour au vitriol va, comme pour Le Trombone illustré, diviser la rédaction, certains auteurs étant devenus les têtes de turc du duo192. Pour calmer le jeu, Les Hauts de page sont arrêtés dans le no 2269. Alain De Kuyssche met en avant une nouvelle animation L'Élan de Frank Pé (no 2266), qui fera le lien avec le lecteur pendant plusieurs années193. À la même époque sont publiés sous le titre Spirou-Festival puis Album +194 des hors-séries destinés à écouler les nombreuses planches payés par l'éditeur mais difficilement publiables dans Spirou à cause de leur qualité inégale.

Vague réalistemodifier | modifier le code

Estimant qu'il a réussi à renouveler l'esprit du journal en y intégrant une nouvelle génération d'auteur au style nouveau, Alain De Kuyssche cède en 1982 son poste de rédacteur en chef à Philippe Vandooren qui vient des éditions Marabout195. Celui-ci va suivre le chemin tracé par son prédécesseur, tout en renforçant les auteurs réalistes au sein du journal. C'est ainsi qu'apparaissent le temps d'une histoire ou deux des séries déjà installées comme Jeremiah (no 2376), Blueberry (no 2380) ou encore XIII (no 2408), ainsi que de nouvelles séries réalistes comme Jérôme K. Jérôme Bloche du trio Alain Dodier, Makyo et Serge Le Tendre (Album + no 4), Kogaratsu de Marc Michetz et Bosse (no 2338), Le Privé d'Hollywood de François Rivière, José-Louis Bocquet et Philippe Berthet (no 2372)196, Jimmy Boy de Dominique David (no 2394)197, Théodore Poussin de Frank Le Gall (no 2428)196 ou encore Soda de Luc Warnant et Philippe Tome (no 2507)198.

À partir du no 2372, la formule du journal change : le logo de couverture est modifié, composé désormais d'un grand « S » surmonté du chapeau de groom. À l'intérieur, les histoires à suivre sont réduites à trois par numéros et sont publiées en quatre semainesN 5, offrant deux albums complets par mois aux lecteurs, u rythme de parution plus en accord avec l'époque où les albums supplantent les périodiques199.

Le journal continue parallèlement à publier des histoires humoristiques pour enfants196. Ainsi André Geerts créé Jojo dans le no 2376 pour boucher un trou dans le journal après qu'un annonceur s'est décommandé200. Dans le même esprit, Stephen Desberg et Stéphane Colman signent Billy the Cat (no 2288)201, l'histoire d'un méchant petit garçon changé en chatN 6 et le duo Alain Dodier-Makyo crée Gully (no 2372)202.

Les gags en une planche se multiplient pour compléter la diversité : Pierre Tombal de Marc Hardy et Raoul Cauvin (no 2372) qui permet de rire avec la mort203, Les Motards de Charles Degotte (no 2386) qui, comme son nom l'indique, se moque de la passion de la moto avec une galerie de personnages hauts en couleur, ou encore Aristote et ses Potes de Gerrit de Jager (no 2466) auparavant dans Robbedoes et qui narre les aventures d'une bande d'animaux tenant un restaurant végétarien204.

Luc Cromheecke et Laurent Letzer créent enfin la série absurde Tom Carbone dans le no 2461205. L'aventure n'est pas oubliée avec Jeannette Pointu de Marc Wasterlain (no 2292) dont les histoires suivent l'actualité réelle, un peu comme Tintin206, ni l'heroic fantasy avec notamment Arkel de Marc Hardy et Stephen Desberg (no 2343)207. Dans le no 2560, est offert le supplément de vingt-quatre pages intitulée Le Journal de Gaston centré sur l'univers de la série Gaston208.

Ère de l'humour (1987-2004)modifier | modifier le code

Projet de rajeunissementmodifier | modifier le code

En 1987, Philippe Vandooren quitte le poste de rédacteur en chef de Spirou. Il passe le relais à Patrick Pinchart jusque-là animateur radio sur la RTBF209. Il hérite d'un journal extrêmement déficitaire alors que la famille Dupuis vient de vendre le groupe familial à d'autres investisseurs. Pour le sauver, Philippe Vandooren, devenu directeur éditorial chez Dupuis, propose un mode de financement différent qui consiste à prélever un petit pourcentage sur chaque vente d'album Dupuis pour éponger le déficit de Spirou. De plus, de grandes campagnes d'abonnement sont lancés alors que jusqu'ici la famille Dupuis s'y refusait préférant la vente en kiosque210. Il va aussi mettre en place une nouvelle politique de publication album, qui va permettre aux éditions Dupuis de publier des séries et auteurs différents. Ce nouveau mode de financement et de fonctionnement, va influencer fortement le contenu du journal qui au va perdre un peu son statut de banc d'essai211. Philippe Vandooren, qui décide désormais les séries à publier en album et celle dans Spirou, va imposer à Patrick Pinchart de publier en priorité des séries jeunesses212.

Les séries plus adultes, notamment les réalistes, vont disparaitre du sommaire pour être publiées directement en album213. En conséquence, des séries d'aventures à suivre pour les plus jeunes vont les remplacer comme Jimmy Tousseul de Daniel Desorgher et Stephen Desberg dans le no 2602, Les Tribulations de Louison Cresson de Léo Beker dans le no 2634, Alice et Léopold de Denis Lapière et Olivier Wozniak dans le no 2657, Charly de Denis Lapière et Magda dans le no 2715 ou encore Donito par Didier Conrad dans le no 2762213. Toujours dans le souci de rajeunir le journal, les séries humoristiques mettant en scène des enfants vont se multiplier en quelques mois. Cédric de Laudec et Raoul Cauvin dans le no 2559, le retour de Toupet de Christian Godard et Albert Blesteau dans le no 2587 ou encore Cupidon de Raoul Cauvin et Malik dans le no 2634, mais aussi avec l'adaptation de personnage classique en version junior comme Le Petit Spirou de Philippe Tome et Janry dans le no 2594 ou l'histoire Les P'tits Schtroumpfs dans le no 2595214.

Le Concombre masqué de Nikita Mandryka publiée dans Spirou à partir du no 2672 (1989).

À partir du no 2634, le journal change totalement de formule et même de nom en devenant « Spirou Magaziiiine »215. Le rédactionnel est renouvelé, mais a peu de place pour émerger dans un journal qui contient trente-six planches de bande dessinée par numéro. Plusieurs rubriques récurrentes sont publiées sur des sujets spécifiques comme les animaux domestiques, l'écologie ou encore la cuisine, ainsi que des rubriques sur des infos bidons traitées sur un ton humoristique. Le rédactionnel est souvent animé par le personnage de Spirou qui donne une unité graphique au journal, en parallèle sont lancées plusieurs petite série d'animation comme Le Trou du souffleur dans le no 2565 ou le Le Débloque-note à Duhon dans le no 2637216. Le retour de Gaston, après la fin de la dépression d'André Franquin, participe à recréer un lien avec le lecteur, malgré des gags publiées au compte-goutte. Néanmoins, la série arrive toujours sur le podium lors des référendums et le rédacteur en chef va s'appuyer dessus en publiant de nouveau En direct de la rédaction et Mais si on danse ?, ainsi qu'Un monstre par semaine et Les Tifous qui sont la réutilisation de planche d'André Franquin. Des rédactionnels autour de Gaston sont publiés avec Le Journal de Gaston dans le no 2560 ou Le Monde de Gaston en 3D un bricolage étalé sur quinze numéro qui permet de reconstituer le monde de Gaston217. L'ambiance dans les pages du journal est partagé entre le rétro avec Gaston et le plus récent avec les nouveaux rédactionnels, qui fait que le contenu manque de cohérence218.

Parmi les numéros spéciaux, ceux sur les campagnes anti-tabac organisés en 1989, 1990 et 1991 sont les plus marquant et voudront au journal d'être récompensé par l'Organisation mondiale de la santé, ainsi que les numéros consacrés à l'émission de télévision Merci Gaston ! qui est animé par des acteurs affublés de costume en latex tirée de la série Gaston. Au niveau des nouveautés pratiquement que des série humouritiques, Les Galaxiens issue de la série Le Scrameustache. Victor du jeune Zep dans le no 2601 qui lui permet de débuter dans le métier. Les Tacozip dans le no 2622. Le Concombre masqué est publié à partir du no 2672, une série publiées auparavant dans plusieurs journaux comme Pif Gadget ou Pilote. Passe-moi l'ciel dans le no 2719, tirée de la page de jeux Jeux d'enfer. Les Zappeurs dans le no 2765213. Garage Isidore dans le no 2771, d'abord publiée sous forme de strip219. Les Psy et Taxi Girl dans le no 2803. Mélusine depuis le no 2843 et Les Paparazzi dans le no 2875. Dans le no 2890, est créé la rubrique de jeux vidéo intitulée Pas de Joystick pour Kid Paddle, le personnage qui l'anime va rapidement sortir du cadre de la rubrique pour avoir sa propre série, Kid Paddle213.

Réinvention permanentemodifier | modifier le code

En 1993, Patrick Pinchart prend la tête du service multimédia des éditions Dupuis et est remplacé au poste de rédacteur en chef par Thierry Tinlot220. Son idée pour le journal est d'en faire un Mad pour enfant avec une maquette qui est renouvelée chaque semaine. Sa première décision est de supprimer le rédactionnel présent221 et de nommer une équipe d'animation composé de Zidrou, Jean-Louis Janssens, Fabien Vehlmann et Jean-Michel Thiriet pour l'accompagné dans ses délires en projet222. Ayant plus de liberté que son prédécesseur, Thierry Tinlot va avoir à cœur de refaire de Spirou un découvreur de talent. Il récupère aussi le personnage du Boss apparu dans la série Le Gang Mazda pour animer le journal, alors que le personnage de Spirou devient de plus en plus rare221. À partir du no 2909, le format change, le titre redevient simplement « Spirou » avec les trois premières lettres en blanc sur fond noir et les autres en noir et la couverture est composée d'un dessin et d'une vague rouge sur le côté223. À partir de 1994, est lancé un club intitulé Nouveau Club Spirou pour promouvoir les albums et marchandisages Dupuis, puis Le Club Spip pour les plus jeune224. L'année suivante sont lancés plusieurs hors-série album-jeux de 196 pages vendu en librairie et composé de matériel déjà publié dans Spirou225.

La première animation commence dans le no 2921 avec une grève des coloristes qui fait publier des planches en noir et blanc ou avec les films de couleur inversés226, suivi de La Malédiction de la page 13 à partir du no 2959 qui va faire croire aux lecteurs que la page treize est maudite et qu'il faut la supprimer pour la remplacer par une page numérotée douze bis227. Ainsi que des suppléments de quelques pages sur un thème spécifiques et titré par exemple Pognon Mag ou L'Écho des Malades228. En 1995, sort le no 3000 accompagné d'un CD qui sert de bande sonore aux séries parues dans le numéro et plein de suppléments sonores comme des fausses pubs ou des chansons229. Dans le no 3015, les dessinateurs échanges leurs séries. Au début de l'année 1996, commence « L'Affaire Cauvin », une animation qui fait de Raoul Cauvin le grand boss fictif du journal par une sorte de coup d'État, allant jusqu'à renommer le journal « Cauvin » pour quelques numéros et en ne publiant que les séries scénarisées par lui. Une animation qui ira loin puisque Raoul Cauvin ira jusqu'à recevoir de véritable lettre de menace de la part de lecteur pour cette prise de pouvoir230. Ensuite c'est le supplément Le Nain de Jardin qui est publié à partir du no 3039 dans les neuf numéros suivant, qui est une sorte de petit-fils du Trombone illustré228. Dans le no 3058, c'est un système pour voir les bandes dessinées en 3D à l'aide de lunettes qui est mis au point sous le nom de Spirouvision227.

Quelques nouvelles séries de publiées, Cactus Club dans le no 2926, Les Crannibales dans le no 3008 qui met en scène une famille de cannibales et qui va être le champion des plaintes des lecteurs à cause de son côté gore231. Les Dragz dans le no 3051. Puddingham Palace dans le no 3105. Pedro le Coati dans le no 3126. Green Manor dans le no 3161. Sac à puces dans le no 3171. La série muette Petit Père Noël dans le no 3214. Les nouvelles séries ont aussi pour vocation de sensibiliser les jeunes à des sujets de société sur le ton de l'humour avec Ludo dans le no 3071 sur les problèmes liés à la mondialisation et Oscar sur les sans-abri221. Le no 3132 sur les 60 ans du journal est un numéro daté... d'avril 2038 qui célèbre les 100 ans de l'hebdomadaire en exploitant le thème de l'anticipation232. À partir du no 3142, est publié le supplément Castar Magazine233. Le no 3183, est entièrement dessiné par Philippe Bercovici à la suite d'une maladie fictive inventée par la rédaction234. Le no 3221, qui célèbre l'arrivée du nouveau millénaire, est victime d'un bug fictif dit de l'an 1900 qui fait passer le journal au début du siècle dernier parodiant le bug de l'an 2000235.

Nelson de Christophe Bertschy publié à partir du no 3398 (2003).

Durant cette période le journal va connaitre une grosse évolution au niveau de ses ventes, puisque celles par abonnement vont très largement dépasser celles en kiosque. Ce changement va influencer le contenu du journal puisque désormais il n'est plus obligé de faire une belle couverture ou de faire revenir sans arrêt les séries vedettes pour attirer l'acheteur en kiosque. Le supplément papier va devenir également de moins en moins présent et va être progressivement remplacé par le site internet du journal Spirou.com lancé à partir de septembre 2002 qui permet d'offrir bien plus d'extra notamment aux abonnés236. Les animations sont aussi moins présentes, néanmoins à partir du no 3370 ils imaginent que Monsieur Dupuis perd le journal lors du partie de poker contre le propriétaire des cervelas Zoupla qui fait de Spirou un support publicitaire ou toute les planches doivent faire référence aux cervelas Zoupla232. Avec le no 3437, est offert aux abonnés un supplément de quarante-huit planches au format de 5x7 cm appelé RikikiSpirou227. Dans les nouvelles séries, le polar La Clé du mystère dans le no 3231, Violine dans le no 3282, Tamara dans le no 3317, Parker et Badger dans le no 3327, dans ce même numéro est intégré la série Aria qui a notamment été publiée dans le journal Tintin, Les Démons d'Alexia dans le no 3368, Game Over qui est une dérivée de Kid Paddle dans le no 3380 ou encore Nelson dans le no 3398233.

Une formule à trouver (depuis 2004)modifier | modifier le code

Chamboulement permanentmodifier | modifier le code

En avril 2004 avec le no 3446, Thierry Tinlot lance une nouvelle formule de Spirou qu'il travaille avec son équipe depuis un an. Il met en place une nouvelle maquette, lui qui jusque là plaidait pour une absence de maquette dans l'hebdomadaire. Elle est marquée par le grand retour de Spirou et Fantasio après six ans d'absence avec Jean-David Morvan au scénario et José Luis Munuera au dessin. De plus, pour permettre une présence quasi-permanente de la série vedette dans les pages du journal, il est décidé de confier à différentes équipes le soin de produire une histoire dans une collection parallèle entre deux histoires du duo officiel. La nouvelle formule met en avant un rédactionnel structuré et de nouvelle série237, la couverture change en mettant en avant les séries présentes dans le numéro238. Mais au mois de juin 2004 un coup de théâtre intervient avec le rachat des éditions Dupuis par le groupe Média participations237 qui possède déjà Le Lombard et Dargaud qui avaient, jusque là, été les principaux rivaux commerciaux de la maison d'édition de Marcinelle239.

À la suite du rachat, Thierry Tinlot décide de quitter son poste de rédacteur en chef, n'étant plus sûr que sa nouvelle formule fasse long feu, pour prendre la tête du journal Fluide glacial. Ce rachat provoque aussi plusieurs malaises au sein de la maison d'édition et de la rédaction qui souhaitent garder leur spécificité artistique et contractuelle. Thierry Tinlot est remplacé provisoirement par Julien Brasseur avec pour mission de consolider la nouvelle formule, puis en février 2005 c'est Patrick Pinchart qui reprend la tête de l'hebdomadaire pour penser une nouvelle formule en vidant au fur à mesure celle mise en place par Thierry Tinlot. Le rédactionnel s'oriente vers la nouvelle technologie, puis Spirou.com devient accessible à tout le monde à partir du no 3500 et plus seulement aux abonnés, qui marque une nouvelle stratégie de Média participations qui souhaite relancer les ventes en kiosques. À la fin de l'année 2005, c'est Olivier van Vaerenbergh qui prend la tête de la rédaction avec pour mission de lancer une nouvelle formule. Elle est lancée avec le no 3537, le journal est renommé en Spirou HeBDo, la couverture passe en papier glacé, il gagne vingt pages et un nouveau format. Le paquet est mis avec 300 000 exemplaires envoyés dans tous les points de ventes de France et de Belgique239. Dans son contenu, la nouvelle formule est marquée par la republication d'anciennes histoires ayant fait les belles heures de l'hebdomadaire comme celle de Lucky Luke ou des Schtroumpfs afin de les faire découvrir aux jeunes lecteurs, mais leurs graphismes et couleurs à l'ancienne ne vont pas avec le reste du journal. Les retours sont finalement très mauvais dans les mois qui suivent et les ventes aussi, avec seulement 11 000 exemplaires vendus en France dans les kiosques240. L'échec évident de la relance de Spirou, entraine aussi le licenciement de Jean-David Morvan et José Luis Munuera après trois histoires, qui sont jugés comme ayant raté le renouvellement de la série241. Le rédacteur en chef Olivier van Vaerenbergh quitte son poste en novembre 2007, remplacé provisoirement par Sergio Honorez le propre directeur éditorial de chez Dupuis242, puis en avril 2008 par Frédéric Niffle, qui jusque la effectuait un travail d'analyse et de réflexion sur les éditions Dupuis, avec comme mission de stabiliser le journal243.

Durant ces bouleversements successifs plusieurs séries parviennent à émerger comme Jacques dans le no 3468, Marzi dans le no 3480, Antarctique Nord dans le no 3483, Billy Bob et Givrés ! dans le no 3500, Les Nombrils dans le no 3501, Mademoiselle Louise dans le no 3532, Seuls dans le no 3534, Ingmar dans le no 3535, Animal Lecteur dans le no 3537, Katz dans le no 3567, Mon pépé est un fantôme dans le no 3573 ou encore Le Royaume dans le no 3656. D'autre part le journal va renouer avec les suppléments papiers comme les posters. Les no 3560 au no 3567 contiennent des cahiers centraux sur la bande dessinée étrangère comme celle de l'Espagne, du Viêt Nam ou encore du Cameroun, puis des numéros hors-séries comme des spéciales été244. Le no 3570 est vendu avec le premier et seul Spirou manga intitulé Des valises sous les bras245.

Stabilité retrouvéemodifier | modifier le code

À son arrivée comme rédacteur en chef de Spirou, Frédéric Niffle a pour mission de de refondre le journal pour le stabiliser dans le temps en recréant une nouvelle famille d'auteur autour de la rédaction. Il profite du no 3653 spécial soixante-dix ans pour lancer sa nouvelle formule. Le journal reprend le titre simple de « Spirou » avec un logo rétro sur la couverture. Plusieurs rubriques sont rassemblées ensemble pour laisser plus de place à la bande dessinée. Il supprime aussi les séries rétro, préférant raconter l'histoire du journal à travers une rubrique intitulée Les Aventures d'un Journal et ainsi laisser la place à des jeunes auteurs débutant pour ce faire connaitre en étant publiés dans un journal de référence243. À partir du no 3658, les mini-récits sont relancés avec un récit de Lewis Trondheim246. En 2009, la série Spirou et Fantasio est reprise par deux nouveaux auteurs Yoann au dessin et Fabien Vehlmann au scénario qui avait déjà produit une histoire quelques années auparavant dans la série parallèle Le Spirou de…. C'est Fabien Vehlmann qui avait alors été sollicité par Dupuis pour produire une aventure de la série vedette et avec la possibilité de choisir le dessinateur de son choix qui fut Yoann après quelques essais247. Désormais la politique est de ce recentrer sur les abonnés, en leur offrant quelques choses presque chaque semaine et des cadeaux spéciaux pour les abonnés pendant une année comme un Livre d'Or en 2009 et une histoire inédite de Spirou par soixante-dix-neuf auteurs intitulée Un cadavre exquis en 2011248.

Quelques séries émergent comme Zombillénium dans le no 3698, La Vie en slip dans le no 3707, Sam dans le no 3757, Le Chômeur et sa belle dans le no 3769 ou encore Ralph Azham dans le no 3789. L'animation refait naître un lien entre le lecteur et l'intérieur de la rédaction au travers de L'Atelier Mastodonte qui raconte le quotidien d'un atelier de bande dessinée au travers de plusieurs auteur comme Lewis Trondheim, l'initiateur du projet, Julien Neel, Cyril Pedrosa ou encore Yoann249. En 2013, pour les soixante-quinze ans du journal, sont organisés plusieurs événements en France, en Belgique et en Suisse comme le Spirou tour. En avril 2013, est lancé un supplément numérique pour tablette tactile intitulé Spirou.Z250.

Identités du journalmodifier | modifier le code

Titresmodifier | modifier le code

Depuis sa création, le journal a connu plusieurs titres différents. Si le titre simple Spirou est celui qu'il a le plus porté, l'hebdomadaire a été fondé avec le titre officiel de Le Journal de Spirou. En 1988 et 2006, le journal connait une phase de relance de la part de l'éditeur. Il adopte alors un nom original avec respectivement Spirou Magaziiiine (avec quatre « i ») et Spirou HeBDo pour des résultats finales très mitigés240.

Nom Début Fin
Le Journal de Spirou no 1/38 no 442
Spirou no 418 no 2633
Spirou Magaziiiine no 2634 no 2908
Spirou no 2909 no 3536
Spirou HeBDo no 3537 no 3652
Spirou Depuis le no 3653

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Contenusmodifier | modifier le code

Sériesmodifier | modifier le code

Bibliothèque de recueils de Spirou d'époques différentes.

La série vedette du journal est celle de la mascotte du journal, Spirou et Fantasio. Le créateur du personnage est Rob-Vel, sur demande de Jean Dupuis, qui va lui trouver sa profession et son uniforme251. Dupuis rachète le personnage en 1943, pour le confier à Jijé l'homme à tout faire du journal17. En 1946, Jijé se détache de la série pour la confier à l'un de ses jeunes élèves, André Franquin48. Il va l'animer pendant vingt-et-un ans, mais cela lui pèse tellement d'animer un personnage qu'il n'a pas créé qu'il s'en détache, la série est alors confiée au jeune Jean-Claude Fournier136. Jean-Claude Fournier se voit retirer le personnage en 1980 qui est confié à plusieurs équipes en même temps, Nicolas Broca et Raoul Cauvin le temps de trois histoires, Yves Chaland pour une histoire rétro et surtout au duo Philippe Tome et Janry qui vont l'animer pendant dix-huit ans185 et créer une série humoristique sur la jeunesse du héros intitulée Le Petit Spirou214. Après six ans d'absence, la série vedette est de retour dans le journal par Jean-David Morvan et José Luis Munuera237. Le duo ne garde la série que durant cinq ans, avant d'être remplacé par Yoann au dessin et Fabien Vehlmann247. Dans le même temps, la série est confiée à des auteurs le temps d'un épisode237.

Les séries d'aventures vont être très nombreuses depuis la création de l'hebdomadaire. Les séries mettant en scène un héros fort et sans faille comme L'Épervier bleu de Sirius25, Les Aventures de Jean Valhardi de Jijé26, Marc Dacier d'Eddy Paape105 ou Archie Cash de Malik et Jean-Marie Brouyère167. Celle qui mettent en avant un duo de héros comme Tif et Tondu de Fernand Dineur, puis Will14, des animaux comme Sandy et Hoppy de Lambil106. la série d'espionnage Les Aventures d'Attila de Derib et Maurice Rosy138. Puis toutes celles mettant en scène un homme ou une femme qui ne peuvent pas sauver la veuve et l'orphelin comme Broussaille de Frank Pé252. Jeannette Pointu de Marc Wasterlain206. Théodore Poussin de Frank Le Gall253. Les séries d'aventures poétiques comme Bizu de Jean-Claude Fournier136 ou Docteur Poche de Marc Wasterlain168 et les séries d'aventures fantastiques comme Isabelle de Raymond Macherot, Yvan Delporte et André Franquin sur dessin de Will154.

Spirou ayant toujours été un journal humoristique, il n'est pas rare du tout de retrouver de nombreuses séries ou l'aventure et l'humour sont partagés. Comme Blondin et Cirage de Jijé apparue auparavant dans la revue Petits Belges57. Les séries de Peyo, Johan et Pirlouit de Peyo, puis Les Schtroumpfs qui sont issus de cette série et Benoît Brisefer quelques années plus tard62. Le groupe de La Ribambelle de Jean Roba254. La première héroïne du journal, Sophie de Jidéhem115. Les Petits Hommes de Pierre Seron137. La souris Sibylline de Raymond Macherot qui parodie notre société124. Les Krostons de Paul Deliège138. L'hôtesse de l'air Natacha de François Walthéry150. Sammy de Berck, puis Jean-Pol sur scénario de Raoul Cauvin qui se déroule dans le Chicago des années 1930153. Jojo d'André Geerts. Billy the Cat de Stéphane Colman et Stephen Desberg sur un petit garçon changé en chat201.

Dans les séries humoristiques il y a celles publiées sous forme d'une planche simple ou d'histoires complètes de trois ou quatre planches maximum. Les premières séries marquantes complètement centrées sur l'humour apparaissent à la fin des années 1950, avec Boule et Bill de Jean Roba, Le Vieux Nick et Barbe-Noire de Marcel Remacle sur la piraterie, ou encore César de Maurice Tillieux255. Puis dans les années 1960 et 1970 sont créées des séries comme Marc Lebut et son voisin de Francis et Maurice Tillieux connue aussi sous le nom de La Ford-T, Foufi de Kiko132 ou Germain et nous… de Frédéric Jannin256. Au milieu des années 1980, une nouvelle génération de séries humoristiques voit le jour avec Aristote et ses Potes de Gerrit de Jager, Les Motards de Charles Degotte, Toupet de Christian Godard et Albert Blesteau214, Passe-moi l'ciel de Stuf et Janry, Garage Isidore de Olis, puis Stédo et enfin Alain Sikorski sur scénario de François Gilson et Mélusine de François Gilson et Clarke. Celles centrées sur les nouvelles technologies avec Zapping Génération (anciennement Les Zappeurs) de Serge Ernst et Kid Paddle de Midam213. Raoul Cauvin fut un grand artisan de ces séries puisqu'il scénarisa un grand nombre d'entre elles comme L'Agent 212 avec Daniel Kox141, Cupidon avec Malik, Cédric avec Laudec214 et ses séries humoristiques sur les professions comme Les Femmes en blanc avec Philippe Bercovici182. Pierre Tombal avec Marc Hardy203 ou encore Les Psy avec Bédu213. Dans les séries humoristiques, il y a aussi celles issues des mini-récits et qui vont en sortir pour connaitre une grande carrière dans les pages régulières comme Bobo de Maurice Rosy et Paul Deliège, Le Flagada de Charles Degotte, Génial Olivier de Jacques Devos ou Sam et l'Ours de Lagas257.

Les séries d'aventures très connotées sur un genre en particulier. La science-fiction avec Yoko Tsuno de Roger Leloup258 ou Le Scrameustache de Gos159. Le sentimentalisme avec Bidouille et Violette de Bernard Hislaire180. Sur le scoutisme avec La Patrouille des Castors de Mitacq et Jean-Michel Charlier54. Le policier avec Gil Jourdan de Maurice Tillieux qui est la suite de sa série Félix qui elle sera publiée dans les années 1970 dans Spirou79, 421 de Stephen Desberg et Éric Maltaite186 ou encore Jérôme K. Jérôme Bloche d'Alain Dodier202. Les westerns, dont le premier est la série américaine Red Ryder, puis fut publiée la plus humoristique Lucky Luke de Morris50. Dans les années 1950, Jerry Spring de Jijé remplace Red Ryder jugée trop molle54. Après le départ de Morris et Jijé pour la concurrence à la fin des années 1960, c'est la série Les Tuniques bleues de Louis Salvérius, puis Lambil, sur un scénario de Raoul Cauvin qui est créé pour devenir le western du journal140.

La famille Dupuis toujours soucieuse de l'éducation des jeunes fait publier dès les débuts du journal des séries historiques et éducatives comme Les Aventures de Buck Danny de Jean-Michel Charlier et Victor Hubinon, puis Francis Bergèse52, 'Les Belles Histoires de l'oncle Paul dessinée par des dessinateurs débutant sur scénario entre autres d'Octave Joly61, Les Timour de Sirius qui raconte les histoires d'une famille à travers les âges66. Papyrus de Lucien De Gieter qui se déroule dans l'Égypte antique164. Kogaratsu de Marc Michetz et Bosse qui se déroule dans le Japon médiéval259.

De nombreuses séries furent publiés dans le but d'animer le journal ou de faire un lien avec le lecteur. La série Gaston d'André Franquin est la plus connue et représenta le journal pendant des années217. Dans les années 1990 et 2000, c'est la série Le Boss de Zidrou et Philippe Bercovici qui reprit ce rôle221. Les séries qui racontent le quotidien d'un auteur ou d'un groupe d'auteurs de bande dessinée comme Pauvre Lampil de Lambil et Raoul Cauvin158, Le Gang Mazda de Christian Darasse203 ou encore L'Atelier Mastodonte de plusieurs auteurs sur une initiative de Lewis Trondheim249. Celle qui raconte les déboires d'un personnage de bande dessinée comme L'Homme aux phylactères de Serge Gennaux132 et enfin celle qui communique directement avec le lecteur comme L'Élan de Frank Pé252 ou Le Trou du souffleur de Paul Deliège216.

Rédactionnelsmodifier | modifier le code

Dès ses débuts, dans un souci éducatif, le journal est composé de nombreux rédactionnels. Ils sont écris par Jean Doisy, qui occupe le poste non-officiel de rédacteur en chef, et s'articule souvent autour des clubs Amis de Spirou et Club Spirou Aviation260. Avec Le Fureteur vous dira, il communique directement avec les lecteurs notamment pendant la guerre, sous le pseudonyme de Fantasio il écrit de nombreux textes humoristiques. Très rapidement, une rubrique courrier des lecteurs est mise en place avec pour titre et Le Coin des lecteurs, puis Lecteurs, votre coin. Quelques jeux, comme des mots croisés, des rébus ou des messages secrets que seul les membres des Amis de Spirou pouvaient lire grâce à un code secret. Pour les membres du Club Spirou Aviation, est créée, quelques mois après le lancement du journal, une rubrique aviation publiée sous différent titres16.

Après la guerre, le rédactionnel évolue doucement en s'ouvrant notamment aux lecteurs français et moins aux membres des clubs58, Le Fureteur devient international et non plus seulement belge. Plusieurs chroniques sont lancées sous l'impulsion de Charles Dupuis. La chronique auto débute réellement en 1950 avec Spirou auto animé par Jacques Wauters, avant de devenir Starter avec des graphismes d'André Franquin, puis Jidéhem. La rubrique sport, sous le titre Spirou-Sport, devient une rubrique plus axé sur les événements locaux que sur le sport en général. Ainsi que la rubrique science sous le titre Spirou sciences59. Fin 1952, Eddy Paape créé Le Coin des dégourdis, une page de jeux animée par les jeunes scouts Geai et Mowgli261.

L'arrivée d'Yvan Delporte au poste de rédacteur en chef va bouleverser le rédactionnel du journal. Wim Dannau s'occupe de la rubrique aéronautique, Jean Corhumel s'occupe de la rubrique sportive et d'une rubrique intitulée Sept jours de la vie du Monde qui compile des brèves d'informations sur le ton de l'humour. Une rubrique intitulée Les Nouvelles du monde entier permet de publier des reportages et photographies de lecteurs. Les romans disparaissent à la fin des années 1950 et à la place est mise en place une rubrique animalière par René Hausman262, qui devient par la suite des planches didactiques de Saki et Zunie. Les séries les plus populaire sont déclinés en chronique, Gaston se avec En direct de la rédaction raconte des gags publiées sous forme de texte illustrés, Boule et Bill avec L'Avis de chien de Bill raconte avec humour la vie quotidienne, ainsi que Les Contes du Grand Schtroumpfs. Plusieurs rubriques sur les nouvelles du Monde se succède, comme Le Télégraphe, illustrée par l'équipe du bureau de dessin. Morris lance la rubrique Neuvième Art sur les séries de bande dessinées qui ont marqué263. Durant la période Yvan Delporte, le journal va aussi organiser des concours complètement dingue comme celui de faire fabriquer le Gaffophone par les lecteurs et faire gagner la voiture de Gaston Lagaffe au meilleur264.

Thierry Martens devient rédacteur en chef en 1969, au début des années 1970 les rubriques sont modifiés pour s'ouvrir à la participation des lecteurs. Avec des concours, la multiplication des référendums, de nombreuses rubriques sur le courrier des lecteurs comme Au pied de vos lettres ou A vos plumes, ainsi que des rubriques ouvertes comme La Cuisine est à vous157. La rubrique Carte blanche permet à des auteurs confirmés d'essayer de nouvelle série ou à des jeunes de débuter158. Une rubrique nature est créée sous le titre Nature-Jeunesse, André-Paul Duchâteau et Christian Denayer créé la rubrique policière L'Inspecteur Spirou. Gérald Frydman réalise des récits-photos mettant en scène les auteurs du journal157. C'est à cette époque que le sommaire devient régulier pour être présent à chaque numéro265.

Le Spirou du début des années 1980, est marqué par Les Hauts de page de Yann et Didier Conrad qui n'hésitent pas à s'en prendre, avec un humour grinçant, aux séries, auteurs, ainsi qu'à la direction du journal et va provoquer pas mal de division au sein de la rédaction191. Avec l'arrivée de Patrick Pinchart à la tête de la rédaction, le rédactionnel va être complètement modifiés. Il va créer des rubriques propres pour le courrier des lecteurs, intitulée Cher Spirou, ou pour donner des infos sur la bande dessinée. Des rubriques sur les animaux domestiques intitulée Docteur Spip, l'écologie intitulée Nature, la cuisine intitulée Mets et gourmets, le cinéma, les aspect insolite de la Communauté européenne, des chroniques sur des fausses informations humoristique voient le jour comme Débiles annonces ou Le saviez-fou ?, ainsi que plusieurs rubriques de jeux216.

Lorsqu'il devient rédacteur en chef, Thierry Tinlot commence par supprimer l'ensemble du rédactionnel de son prédécesseur le trouvant peu divertissant et sans intérêt. Pour son Spirou, Thierry Tinlot ne veut pas de maquette donc les rubriques rédactionnels sont absences au profit d'animation ponctuel qu'il appel « Rédactionnel illustré »221, une rubrique revient néanmoins tout le temps La Balise à cartoons pour publier des strips, ou des dessins ou photos humoristiques. En 2004, Thierry Tinlot met en place une nouvelle formule de Spirou avec du rédactionnel structuré et de nouvelle rubrique, mais il quitte rapidement le journal et les formules vont se succéder237. Le rédactionnel va s'orienter notamment sur le multimédia239. Il faut attendre l'arrivée de Frédéric Niffle, pour que le rédactionnel se stabilise avec notamment Les Aventures d'un journal qui raconte l'histoire de l'hebdomadaire266.

Supplémentsmodifier | modifier le code

Cadeauxmodifier | modifier le code

Au débuts de Spirou les suppléments les plus populaires sont les calendriers illustrés offert presque chaque année depuis 1940267 et jusqu'en 1969, ou ils deviennent de plus en plus rare113. Les suppléments de cette époque sont surtout des documents et du matériels relatifs à la communication des différents clubs267. Dans les années 1950, sont lancés les points Spirou qui permettent de gagner des cadeaux divers. Avec Yvan Delporte et la disparition progressive des clubs, de nouveaux suppléments vont être offert dans le journal75. Outre les nombreuses cartes postales, les suppléments les plus étonnants sont des gadgets de Gaston comme le ballon de baudruche en forme de tête de Gaston268 et surtout Lucky Luke, car Morris va offrir énormément de suppléments qui bouge une fois montés269 comme le Polypapyrotachytrope qui est un véritable petit dessin animé à animer. Plusieurs jeux de société et de cartes au couleurs des héros du journal sont offerts régulièrement sous l'ère Yvan Delporte270.

Le premier poster est offert dans le spécial pâques no 1198 et met notamment en scène Spirou et Benoît Brisefer au resto et une bande dessinée de Maurice Rosy et Paul Deliège au verso. Dans les mois qui suivent quelques posters seront offerts avec surtout celui des cent Schtroumpfs, mais ce n'est qu'à partir du no 1577 qu'ils vont être offerts régulièrement271. Des posters au ton psychédélique qui vont être une des marques de fabrique de l'ère Thierry Martens272. Dans un souci d'apprendre aux jeunes lecteurs, sont insérer de 1967 à 1976 dans le journal des fiches éducatives à collectionner et à classer par sujet273. À partir de cette année, il est décidé d'introduire de plus en plus de suppléments dans le journal. Il est alors constaté que les numéros spéciaux sont beaucoup plus vendus que les numéros classiques, car les collectionneurs de reliure les achetaient pour avoir ce qu'il n'y avait pas dans les albums reliés du journal274. La rédaction innova en proposant des posters et vignettes de documentation comme les maxi-vignettes nature ou celle sur les amérindiens275. Les suppléments bricolages vont continuer tout au long des années 1970 surtout avec l'arrivée de Pif Gadget qui offre chaque semaine un cadeau à ses lecteurs comme le Ciné Spirou, le Marsubilboquet, les décalco-transferts, les autocollants276 et même un disque 45 tours des Schtroumpfs dans le no 1973 qui sont des extraits musicaux du film La Flûte à six schtroumpfs et qui ce révèle être un gouffre financier277.

Dans les années 1980, les posters disparaissent petit à petit des pages du journal et sous l'ère Philippe Vandooren sont privilégiés les posters géants en trois parties278, les bricolages deviennent plus rares malgré quelques marquants comme le village de Champignac à construire, un jeu de société Buck Danny279 où encore le petit monde de Gaston en 3D217. Une grande série de carte postale dessinée par André Franquin est offert278. Pour les cinquante ans du journal, un grand jeux Spirou-Pursuit avec près de 1 200 questions218, puis des jeux centrés sur les héros du journal280. Sous l'ère Thierry Tinlot, les posters disparaissent presque entièrement des pages de l'hebdomadaire, sauf quelques exceptions hors normes, les gadgets vont devenir très rare mais être assez spectaculaire comme le CD offert avec le no 3000 qui permet de « lire avec les oreilles »281, ou des lunettes 3D pour voir certaines planches en 3D, certaines fois des cartes postales ou des autocollants sont offerts, ainsi que des calendriers certaines années282. Dans les années 2000, les suppléments vont être remplacés par des suppléments numériques trouvable sur Spirou.com hormis quelques posters236. À partir de 2007, les autocollants et des calendriers reviennent de temps en temps, ainsi que quelques suppléments originaux comme les Paper-Toys qui permettent de réaliser facilement les personnages du journal en 3D245.

Suppléments bande dessinéesmodifier | modifier le code

Les premiers suppléments bande dessinées sont des mini-romans comme On a volé les plans de la V2267. Dans les années 1950, des feuillets sont glissés dans divers numéros du journal dont le plus fameux est le Spirou de Poche75. À l'occasion du no 1000, le journal offre pour la première fois deux mini-récits de bande dessinée de seize pages à monter soit même intitulés La Naissance de Spirou et Spirou 2000. Mais ce n'est que deux ans plus tard que les mini-récits vont devenir régulier dans les pages de l'hebdomadaire86, avec Les Schtroumpfs noirs paru dans le no 1107, outre la première aventures solo des Schtroumpfs, les mini-récits vont aussi accueillir pour la première fois Petit Noël (no 1131) ou Boule et Bill (no 1132)95. Le mini-récit va devenir pratiquement hebdomadaire avant de commencer à régresser à la fin des années 1960283 et disparaitre totalement en 1975 après 562 mini-récits publiées284. Dans le même temps, furent publiés deux maxi-récits qui permet de découper des petites figurines avec le suppléments285. Dans les années 1960, paru aussi les Suppléments Surprises destinés aux lecteurs les plus âgés qui sont des petits albums sur l'actualité286.

Durant la période Thierry Martens plusieurs journaux suppléments furent offert en supplément avec Spirou. Le plus marquant est Le Trombone illustré dirigé par André Franquin et Yvan Delporte en 1977, il est officiellement indépendant de la rédaction de Spirou et est destiné à un public plus âgé287. Quelques années auparavant, il y eu déjà une tentative de journal indépendant avec Bobo Magazine de Maurice Rosy destiné au public plus jeune que les lecteurs traditionnels de Spirou173. Plus dépendant de la rédaction, il y eu le délirant L'Apache qui Rit considéré comme étant compréhensible que par les personnes ayant un verre dans le nez288, Pignouf une reprise d'un fanzine canadien publié pendant une relâche du Trombone illustré174 où encore des journaux suppléments ponctuels réalisé par un groupe d'auteur pour un seul numéro comme Le Petit Cauvin illustré par l'équipe des dessinateurs qui gravitent autour de Raoul Cauvin170. La page blanche est la hantise des Dupuis qui à la fin des années 1960 achetent beaucoup d'histoires étrangères qui restent au fond des tiroirs. De qualité très discutable et loin des standards du journal elles sont offertes comme suppléments dans les années 1970 avec Les Albums à relier289.

Dans le no 2173, est offert un album inédit intitulé Bill a disparu réalisé par seize personnes. Par la suite, Alain De Kuyssche va lancer une véritable politique de suppléments spéciaux avec Spirou-Pirate et le Correspondant qui réanime le Club Spirou. En 1981, sont lancés de véritables albums de jeux et bande dessinées de 82 pages, intitulés Spirou-Festival, puis Spirou Albums + qui sortent régulièrement jusqu'en 1983 et servent à liquider les surplus de planches non-publiables dans les pages régulières du journal190. Sous Philippe Vandooren, les mini-récits font partiellement leurs retour à partir de 1984, puis à partir de 1987 de véritables petits livres sur des sujets divers. Les journaux suppléments font aussi leur retour avec Le Journal de Gaston offert avec le no 2560 et dans le même genre les carnets de routes de Jeannette Pointu208. À l'occasion des cinquante ans du journal en 1988, sont offerts des suppléments détachables Les Chroniques de Spirou et des livres Spirou-poche, des petits livres-jeux sur les vedettes du journal280. L'ère Thierry Tinlot est surtout marqué par le Rikiki-Spirou282, un petit journal de quarante-huit planches de format 5.8 × 7,5 cm, mais il y eu beaucoup de suppléments de quelques pages offert au centre du journal qui sert de cours de récré à la rédaction comme Le Nain de Jardin, un hommage au Trombone Illustré, Chic-Madame, Castar Magazine, une série de six petits albums humoristiques sur des sujets divers ou encore des albums-jeux228. Dans le no 3570 est offert le premier et unique numéro du Spirou manga intitulé Des valises sous les bras245. À partir de 2008, les mini-récits vont officiellement leurs retours dans les pages de l'hebdomadaire avec une couverture en papier glacé, ils sont publiés au rythme environ d'un à deux pas trimestre246.

Esprit Spiroumodifier | modifier le code

École de Marcinellemodifier | modifier le code

Article connexe : École de Marcinelle.

Le journal Spirou est considéré comme le support qui a donné naissance à l'école de Marcinelle. Il s'agit d'une école graphique marqué par plusieurs caractéristiques, les personnages ont tous de gros nez, ils semblent être en latex et le trait est agité, contrairement à l'école de Bruxelles du concurrent Tintin plus rigide290. Celui qui commence à créer le style particulier de Spirou est Jijé, qui maitrise aussi bien le style réaliste comme avec les séries Jerry Spring ou Jean Valhardi et plus caricaturale avec Blondin et Cirage, mais Jijé se démarque surtout par sa maitrise du clair-obscur et la netteté de son dessin291. Il va former principalement André Franquin, considéré par beaucoup comme étant le grand artisan de l'école de Marcinelle. Si au début, il tente d'imiter le style du maitre292, très vite il trouve sa propre voie en réinterprétant le style de Jijé, avec un dessin où les traits sont dessinés de façon disproportionnée (surtout les gros nez), les contours souples et nets. Le style de Franquin va inspirer beaucoup d'auteurs, certains avec qui il a travaillé comme Jean Roba, Will ou encore Jidéhem et d'autres qui vont s'en inspirer tels que Raymond Macherot ou Peyo. Le journal va connaitre une unité graphique et les jeunes auteurs pour être publié vont devoir s'inspirer fortement de l'école de Marcinelle. Gos, François Walthéry et Derib vont être formés par Peyo et copier plus ou moins son style, Lambil et Pierre Seron vont être considérés comme les successeurs les plus proche du style Spirou293. À partir des années 1970, des styles différents vont entrer chez Spirou sous l'impulsion de Thierry Martens et surtout Charles Dupuis174. Désormais, même si le style Franquin reste la base de l'hebdomadaire, chaque rédacteur en chef va impulser des nouveautés graphiques, le Spirou des années 1980 est plus moderne, audacieux et réaliste191[réf. nécessaire]. Alors que le Spirou des années 1990-2000 joue à fond la carte de la caricature221.

Lien particulier avec le lecteurmodifier | modifier le code

Le journal Spirou a, depuis sa création, entretenu un lien spécial avec ses lecteurs en lui narrant les coulisses. Dès sa création, l'hebdomadaire créé plusieurs rubriques pour communiquer avec les lecteurs, ainsi que des clubs (Club des Amis de Spirou et le Club Spirou Aviation). C'est autour de ses clubs, que l'équipe qui réalise le Spirou dès début axera l'animation. Le succès dès clubs aidant, le rédactionnel va être pratiquement entièrement employé, à communiquer avec le lecteur260. Pendant l'interdiction de parution de Spirou durant la guerre, la rédaction communique avec ses lecteurs en envoyant du matériel et des informations aux chef de sections des différents clubs à travers le pays294. Avec le départ en 1948 de Jean Doisy qui jusque là occupait le rôle de rédacteur en chef, c'est Charles Dupuis qui reprend l'animation du journal avec l'aide notamment de Jijé et Georges Troisfontaines260. Durant cette période, l'éditeur change de cible en tentant de s'implanter sur le marché français et néerlandais, l'animation axé sur les clubs belges s'arrête de petit à petit pour laisser place à une animation plus international, marquant la fin de la première époque de l'animation du journal58. Désormais, l'animation du journal va passer presque que par les pages régulière du journal76. À plusieurs reprises les éditions Dupuis vont tenter de relancer l'idée des clubs Spirou sans qu'ils n'atteignent le succès des années 1930-1940. D'abord au début des années 1980, avec deux suppléments envoyés aux membres intitulées Spirou-Pirate et Le Correspondant avec une vision internationale, mais un échec au total qui fit perdre entre 10 à 12 000 lecteurs au journal191. Nouvelle tentative dans les années 1990 avec le Nouveau Club Spirou, qui permit aux membres de recevoir un supplément La Lettre aux Zabonnés et plusieurs cadeaux295 et plus tard le Club Spip pour les plus jeunes où les membres reçoivent régulièrement des colis cadeaux composés d'objet marketing Dupuis224. Dans les années 1950-1960, l'équipe de Spirou créé un nouveau contacte avec le lecteur à travers les activités promotionnelles que sont Les Jeux de Plages, qui sont des activités qui ont lieu sur le littoral belge pour compenser la baisse des ventes du journal durant l'été et Le Cirque Spirou qui est un cirque sponsorisé et au couleur de Spirou296.

En 1939, Jean Doisy créé le personnage de Fantasio pour signer ses chroniques. Fantasio devient alors l'incarnation du rédacteur du journal en s'adressant directement aux lecteurs38. Quelques années plus tard, le personnage est intégré dans la bande dessinée Spirou et Fantasio au côté de Spirou297. En 1956, Yvan Delporte devient officiellement le rédacteur en chef de Spirou. Il s'entoure rapidement d'une petit équipe d'auteurs pour créer une émulation entre eux et donner des idées pour la journal298. C'est ainsi qu'en 1957, André Franquin propose le personnage de Gaston Lagaffe pour animer les pages du journal. Au fur et à mesure du temps, une rédaction fictive de Spirou va se mettre en place autour du personnage, où vont s'encrer par la suite les personnages de Spirou et Fantasio. Ainsi, pour les lecteurs, le journal est fait par les « copains » de Gaston et les véritables rédacteurs de Spirou n'hésitent pas jouer avec cette ambiguïté en plaçant les personnages de Gaston dans les animations pour qu'ils communiquent directement avec les lecteurs78. Ils s'inspirent aussi de fait réel comme l'histoire de la vache ou du lion qui sont racontés de façon romancées dans les pages du journal299. Le thème de la fausse rédaction pour animer le journal sera réutilisé des années plus tard sous l'ère Thierry Tinlot dans les années 1990. Il se met alors en scène avec le personne du Boss qui le caricature et s'entoure d'une rédaction fictive qui incarne désormais l'animation du journal221. Autour de cette animation, Thierry Tinlot et son équipe va offrir des délires aux lecteurs comme un numéro dessiné entièrement par Philippe Bercovici (les autres ayant été atteins d'une maladie imaginaire)234 où encore L'Affaire Cauvin qui va, pendant plusieurs semaines, mettre en place une tentative de putch de Raoul Cauvin pour prendre la tête du journal230. En 2004, le personnage du Boss va laisser progressivement la place au personnage de Spirou qui va reprendre en main l'animation du journal, avant de s'éclipser définitivement avec le départ de Thierry Tinlot de son poste de rédacteur en chef l'année suivante222.

La complicité avec le lecteur, va ralentir pendant l'époque Thierry Martens où celui-ci préfère miser sur des journaux suppléments288 dont le plus fameux, Le Trombone illustré lui est imposé par sa direction. Le Trombone Illustré permet de renouer avec la tradition de la fausse rédaction, puisqu'il met en scène la bande à Gaston Lagaffe qui anime ce journal pirate dans la cave de la rédaction300. Thierry Martens va néanmoins créer un nouveau lien avec le lecteur en lançant la rubrique Cartes Blanches qui permet à des amateurs d'être publier dans les pages de Spirou301. Au début des années 1980, Alain De Kuyssche, qui a succédé à Thierry Martens à la tête de la rédaction du journal, relance le concept en confiant l'animation au trio André Geerts, Frank Pé et Bernard Hislaire, rejoint rapidement par Yann et Didier Conrad. Ces derniers vont mettre en place Les Hauts de page, qui raconte de manière corrosive aux lecteurs, l'intérieur du journal191 en tapant sur certains auteurs de l'hebdomadaire192. Pour calmer le jeu, le rédacteur en chef met en place une nouvelle animation L'Élan de Frank Pé qui va rester six ans193. Cette dernière est remplacé par Le Trou du souffleur de Paul Deliège, avec la nomination de Patrick Pinchart au poste de rédacteur en chef216. Les auteurs de la série Spirou et Fantasio vont aussi participer à l'animation en mettant en scène le personnage de Spirou sur la couverture et dans les rubriques302. Néanmoins, malgré le fait que les personnages s'adressent directement aux lecteurs, ces derniers n'ont plus l'impression d'être immergé à l'intérieur de la rédaction comme au temps de Gaston Lagaffe216 (qui parait néanmoins de temps en temps semant une confusion dans l'animation global de l'époque)302.

Autre moyen de communiquer et faire renter le lecteur dans le cœur de création du journal. Celle des auteurs qui décrivent leur quotidien à travers une série. Les premiers à s'essayer à l'exercice est le duo Willy Lambil et Raoul Cauvin avec la série Pauvre Lampil. Elle nait en 1973 dans la rubrique Carte blanche, mais son succès va rapidement l'en faire sortir pour devenir pendant plusieurs années l'une des séries vedettes de l'hebdomadaire. La série par mettre en scène un dessinateur méconnue du public dont la série n'intéresse pas grand monde, qui permet au dessinateur Willy Lambil de s'autocaricaturer303. Par la suite, le scénariste Raoul Cauvin va s'autoparodier aussi en créant son double dans la série. Cette mise en abyme, fait rentrer totalement le lecteur dans le proccessus de création, qui a l'impression de vivre le quotidien d'auteurs vedettes de Spirou304. Au milieu des années 1980, un trio d'auteur de Spirou composé de Bernard Hislaire, Christian Darasse et Marc Michetz s'installe dans un atelier commun au-dessus d'un garage Mazda à Bruxelles. L'expérience est tellement marquante, que Christian Darasse et Bernard Hislaire vont raconter leur expérience à travers une série intitulée Le Gang Mazda305. Comme dans Pauvre Lampil, cette série crée un lien bien particulier avec le lecteur qui s'émerge cette fois dans le quotidien d'un atelier de travail et ses dessinateurs aux personnalités différentes qui le compose. Cette aussi dans cette série que va être créé le personnage du Boss (caricature du rédacteur en chef Thierry Tinlot) qui va par la suite être la principale animation et lien avec le lecteur de Spirou des années 1990-2000218. Au début des années 2010, plusieurs auteurs de Spirou comme Lewis Trondheim ou Yoann relance le concept d'une série pour raconter la vie d'un atelier en se mettant en scène dans L'Atelier Mastodonte. Cette série, dont les auteurs tournent d'un gag à l'autre, raconte les déboires et les à côté d'un atelier d'auteurs. En 2013, l'atelier s'installer dans le grenier de la rédaction de chez Spirou faisant entrer un peu plus le lecteur dans le cœur de création de Spirou249. Autre tentative de faire connaitre la face caché de l'hebdomadaire avec l'éphémère L'Enfer de l'édition dans les années 1990 publié dans le supplément Le Nain de Jardin et qui s'inspire directement des Hauts de page228, ou encore Spirou Dream Team qui parodie les personnalités qui font le journal sous forme d'animaux306.

Numéros spéciauxmodifier | modifier le code

Les numéros spéciaux sont une des caractéristiques de l'esprit Spirou. Il existe depuis presque le début du journal, mais ont beaucoup évolués et peuvent être classés en plusieurs périodes. Durant la guerre, les numéros spéciaux sont pour les deux grosses fêtes religieuses Noël et Pâques. Conflit mondial oblige, ils ne sont pas spécialement original, mais possède une belle couverture réalisée par Jijé307. Interdit entre septembre 1943 et octobre 1944, Spirou parait ponctuellement avec des numéros spéciaux titrés L'Espiègle au Grand Cœur et Almanach 1944, ainsi qu'un numéro spécial pour fêter sa ré-autorisation de parution. Après la libération, Spirou recommence à sortir un numéro spécial pour Noël et un Almanach en 1947294. Jusqu'à l'arrivé d'Yvan Delporte à tête de la rédaction de Spirou, le journal ne sort qu'un numéro spécial par an, pour Noël. Yvan Delporte va très vite ajouter un spécial Pâques en 1956 et un spécial « Vacances » l'année suivante. Il réaliser aussi des spéciaux ponctuels comme pour l'Exposition universelle de 1958 ou les vingt-cinq ans du journal, ainsi que des spéciaux sur des thèmes comme l'automobile ou l'évasion. Les numéros spéciaux sont une occasion pour les auteurs du journal de réaliser de grand dessin pour la couverture et à la rédaction de trouver des idées et des suppléments farfelues comme un numéro parfumé87.

Sous Alain De Kuyssche les numéros spéciaux sont ponctuelles et deviennent même rares, aucun spécial entre 1980 et 1983 date à laquelle où le nouveau rédacteur Philippe Vandooren renoue avec la tradition avec un spécial Pâques. Au début, Alain De Kuyssche propose quand même quelques spéciaux, dont notamment un spécial « Vingt ans de Boule et Bill » avec un album inédit de Boule et Bill offert, par la suite, les spéciaux ne se démarqueront pas vraiment si ce n'est qu'ils ont un peu plus de page que les autres numéros. Pour remplacer, les numéros spéciaux, Alain De Kuyssche va proposer aux lecteurs des albums hors-séries composés de jeux et de planches inédites, en tout sept numéros voient le jour tous offert avec un numéro de Spirou190. Philippe Vandooren introduit de nouveau les spéciaux pour les événements du calendrier (Noël, Pâques, Vacances, etc). Comme à son époque, les histoires à suivre sont étendues sur une longue période, il offre des albums complets pour les spéciaux278. Sous Patrick Pinchart, la politique pour des numéros spéciaux ne change pas énormément. Ils alternent entre spéciaux de saison et ponctuel pour des thèmes précis comme les cinquante ans du journal218 et des spéciaux sur la lutte anti-tabac qui voir l'hebdomadaire être récompensé par l'Organisation mondiale de la santé280.

Avec l'arrivée de Thierry Tinlot en 1993 à la tête de la rédaction, les numéros spéciaux vont complètement changés de formes. Ils deviennent des laboratoires pour les idées délirantes de son équipe et ne commémorent plus forcément un événement spécial. Comme le disque compact qui sert de bande son au numéro anniversaire qu'est le no 3000229, le Rikiki-Spirou un minuscule numéro de Spirou de 5x7 cm offert aux abonnés227, où encore le spécial soixante-quinze ans qui est transformé en un numéro date d' pour les cent ans de l'hebdomadaire232. Des idées de l'époque d'Yvan Delporte sont aussi réutilisées comme le Spirouvision qui est une version moderne de la 3D-color de Morris282. L'après Thierry Tinlot, assez chaotique, ne permet pas la mise en place d'une véritable politique de numéro spéciaux au milieu des années 2000, néanmoins quelques numéros qui sortent de l'ordinaire voient le jour comme les Spirou sur les bandes dessinées étrangères244.

Rivalité Tintin-Spiroumodifier | modifier le code

Pendant des années, les journaux Spirou et Tintin vont connaitre une rivalité jusqu'à la disparition de ce dernier au début des années 1990, rivalité qui connaît son apogée dans les années 1950 et 1960. Les deux hebdomadaires ont d'abord un ton totalement différent, Spirou est axé sur la fantaisie et l'humour, alors que Tintin aborde un ton plus sérieux et éducatif308. Tintin commence à modifier sa ligne éditoriale au milieu des années 1950, en recrutant André Franquin qui vient alors de se disputer avec Dupuis309 et surtout en recrutant Michel Greg comme rédacteur en chef au milieu des années 1960. Dès lors, les lignes éditoriales des deux hebdomadaires ne vont plus être aussi nettes310. Autre grosse différence entre les deux journaux, le style graphique. Spirou est adepte de la caricature et du dessin instinctif, alors que Tintin possède un style plus académique et réaliste311. Les ambiances sont aussi différentes, chez Spirou les auteurs sont indépendants et travaillent chez eux en toute liberté, alors que chez Tintin l'ambiance est plus carrée avec des auteurs qui travaillent souvent avec des horaires de bureau312.

Entre les deux périodiques, il existe un accord tacite de « non-agression » qui fait qu'une maison d'édition ne peut débaucher un auteur chez le concurrent313, les deux maisons d'édition préférant se livrer à une concurrence sur la qualité du papier d'édition ou le nombre de pages plutôt qu'une surenchère sur les auteurs qui ferait grimper les prix des planches314. Quelques exceptions quand même, avec le plus spectaculaire : le départ d'André Franquin pour Tintin qui va alors se retrouver à collaborer pendant quelques années aux deux hebdomadaires en même temps313. Suivront d'autres transfuges par la suite, Michel Greg315, Will (qui fit le chemin inverse quelques années plus tard)316, Eddy Paape317 de Spirou à Tintin et Raymond Macherot de Tintin à Spirou318. Lorsque les auteurs changeaient d'employeur, ils étaient obligés d'abandonner tous leurs droits sur leurs séries et personnages précédents et bien souvent ils se contentaient de recréer une série similaire en changeant simplement la forme graphique et le nom des personnages121. Les ventes des deux journaux ont toujours été au coude à coude314.

Rédacteurs en chefmodifier | modifier le code

Le titre de rédacteur en chef n'apparait qu'a la fin des années 1970. Avant cette date, les rédacteurs en chef n'ont pas le titre officiel, car ils ne sont pas les véritables patrons du journal70. Ils font le lien entre la rédaction et Charles Dupuis qui contrôle chaque publication du journal73. Après la vente des éditions Dupuis par la famille éponyme au milieu des années 1980, le rédacteur en chef peut imposer plus profondément sa patte dans la maquette et le contenu de l'hebdomadaire211.

Nom Début Fin
Jean Doisy 1938 1948
Yvan Delporte 1955 1968
Thierry Martens 1969 1977
Alain De Kuyssche 1978 1982
Philippe Vandooren 1982 1987
Patrick Pinchart 1987 1993
Nom Début Fin
Thierry Tinlot 1993 2004
Julien Brasseur 2004 février 2005
Patrick Pinchart février 2005 fin 2005
Olivier van Vaerenbergh fin 2005 novembre 2007
Sergio Honorez novembre 2007 avril 2008
Frédéric Niffle avril 2008

Diffusionmodifier | modifier le code

Historique des ventesmodifier | modifier le code

Pendant longtemps, les chiffres de ventes de l'hebdomadaire vont suivre ceux des périodiques de bande dessinée en général. Lors des années 1940, 1950 et début des années 1960, les chiffres grimpent dans un contexte favorable aux journaux de bande dessinée (c'est le cas aussi des concurrents). Les ventes du journal vont atteindre le point culminant des ventes en France en 1965 avant de baisser inexorablement jusque dans les années 1980. Comme son principal concurrent Tintin, Spirou a du mal à s'adapter au nouveau marché de la bande dessinée lancé notamment par Pilote à la fin des années 1960319. Dans les années 1980, le marché des journaux de bande dessinée est en crise généralisé. Les chiffres de ventes ne font que baisser au profit de l'album qui supplante définitivement les périodiques. Presque l'ensemble des concurrents de Spirou disparaissent dans les années 1980 et début des années 1990, Spirou s'en sort finalement grâce à un mode de financement original mis en place au milieu des années 1980 après la vente du titre par la famille Dupuis196. Le journal n'ayant plus d'inquiétude pour sa survie, les différentes équipes rédactionnelles vont pouvoir essayer différentes expériences sur le contenu de l'hebdomadaire. Avec des résultats plus ou moins mitigés, si Thierry Tinlot parvient à augmenter les ventes222, sa succession est beaucoup plus chaotique et les différentes formules essayés vont érodés les ventes en France malgré une tentative de relance au milieu des années 2000240. Il faut attendre l'arrivée de Frédéric Niffle à la fin des années 2000 pour que les ventes se stabilisent à un niveau plus acceptable320.

Chiffres de ventemodifier | modifier le code

Chiffres de vente uniquement pour la France.

Année 1965 1968 1977 1978 1982 2008 2009 2010 2011 2012 2013
Nb. d'exemplaires
(moyenne par semaine)
108 268319 90 000319 67 000170 61 000170 30 000196 34 237320 33 956320 34 534320 34 685320 32 783320 31 553320

Chiffres de vente uniquement pour la Belgique francophone.

Année 1948 1961
Nb. d'exemplaires
(moyenne par semaine)
60 000267 100 000267

Diffusion payée annuelle totale (France et étranger) de Spirou

Année 1993 2004 2008 2009 2010 2011 2012 2013
Nb. d'exemplaires
(moyenne par semaine)
70 000222 100 000222 36 884320 54 315320 55 884320 56 259320 54 283320 53 713320

Notes et référencesmodifier | modifier le code

Notesmodifier | modifier le code

  1. Sans en porter le titre : le titre de rédacteur en chef de Spirou ne sera officiellement donné qu'à la fin des années 1970.
  2. Les cartes avaient été obtenus par Jean Doisy pour éviter le STO à certains travailleurs de chez Dupuis.
  3. 1/38, 1/39, 1/40, etc.
  4. Cette histoire est dessiné avant la reprise par Franquin de La Maison préfabriquée, mais publiée après.
  5. Sauf pour les histoires de Spirou et Fantasio, toujours présentes dans le journal à raison de deux planches par semaine.
  6. Elle reviendra en 1989 après une longue absence, pour devenir l'une des séries-phares du journal.
  7. En alternance avec la couverture suivante.
  8. En alternance avec la couverture précédente.

Référencesmodifier | modifier le code

  1. Le Journal de Spirou (1938-1988) : Cinquante ans d'histoire(s), p. 13
  2. a, b et c Le Journal de Spirou (1938-1988) : Cinquante ans d'histoire(s), p. 16
  3. La Véritable Histoire de Spirou, p. 44
  4. Le Journal de Spirou (1938-1988) : Cinquante ans d'histoire(s), p. 17
  5. La Véritable Histoire de Spirou, p. 54
  6. La Véritable Histoire de Spirou, p. 70
  7. La Véritable Histoire de Spirou, p. 69
  8. Spirou a 75 ans : Les aventures d'un géant de la BD, Hors-Série Beaux-Arts, 2013, p. 19
  9. a et b Collectif, « Le Journal de Spirou en 1938 », sur Bdoubliees.com (consulté le 9 mai 2010)
  10. Le Journal de Spirou (1938-1988) : Cinquante ans d'histoire(s), p. 24
  11. Le Journal de Spirou (1938-1988) : Cinquante ans d'histoire(s), p. 37
  12. La Véritable Histoire de Spirou, p. 80
  13. Le Journal de Spirou (1938-1988) : Cinquante ans d'histoire(s), p. 36
  14. a et b Le Journal de Spirou (1938-1988) : Cinquante ans d'histoire(s), p. 28
  15. a et b Le Journal de Spirou (1938-1988) : Cinquante ans d'histoire(s), p. 30
  16. a et b Le Journal de Spirou (1938-1988) : Cinquante ans d'histoire(s), p. 38
  17. a, b, c et d Le Journal de Spirou (1938-1988) : Cinquante ans d'histoire(s), p. 42
  18. Le Journal de Spirou (1938-1988) : Cinquante ans d'histoire(s), p. 35
  19. Le Journal de Spirou (1938-1988) : Cinquante ans d'histoire(s), p. 40
  20. Le Journal de Spirou (1938-1988) : Cinquante ans d'histoire(s), p. 41
  21. La Véritable Histoire de Spirou, p. 114
  22. La Véritable Histoire de Spirou, p. 106
  23. La Véritable Histoire de Spirou, p. 118
  24. La Véritable Histoire de Spirou, p. 117
  25. a et b Le Journal de Spirou (1938-1988) : Cinquante ans d'histoire(s), p. 50
  26. a et b Histoire de Spirou et des publications Dupuis, p. 41
  27. Le Journal de Spirou (1938-1988) : Cinquante ans d'histoire(s), p. 44
  28. La Véritable Histoire de Spirou, p. 125
  29. La Véritable Histoire de Spirou, p. 132
  30. La Véritable Histoire de Spirou, p. 127
  31. La Véritable Histoire de Spirou, p. 128
  32. La Véritable Histoire de Spirou, p. 146
  33. La Véritable Histoire de Spirou, p. 147
  34. La Véritable Histoire de Spirou, p. 148
  35. La Véritable Histoire de Spirou, p. 159
  36. Photo de la marionnette sur le blog Spirou Anthology.
  37. Couverure de l'album no 11 sur le blog Spirou Anthology.
  38. a et b La Véritable Histoire de Spirou, p. 170
  39. La Véritable Histoire de Spirou, p. 179
  40. La Véritable Histoire de Spirou, p. 186
  41. La Véritable Histoire de Spirou, p. 188
  42. La Véritable Histoire de Spirou, p. 204
  43. La Véritable Histoire de Spirou, p. 205
  44. La Véritable Histoire de Spirou, p. 208
  45. La Véritable Histoire de Spirou, p. 212
  46. La Véritable Histoire de Spirou, p. 234
  47. La Véritable Histoire de Spirou, p. 249
  48. a et b Le Journal de Spirou (1938-1988) : Cinquante ans d'histoire(s), p. 60
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  258. Le Journal de Spirou (1938-1988) : Cinquante ans d'histoire(s), p. 178
  259. Le Journal de Spirou (1938-1988) : Cinquante ans d'histoire(s), p. 236
  260. a, b et c Spirou (1938-2008) : 70 ans de suppléments, p. 7
  261. JMF, « Geai et Mowgli », sur Tout.spirou.pagesperso-orange.fr/ (consulté le 30 mai 2013)
  262. Le Journal de Spirou (1938-1988) : Cinquante ans d'histoire(s), p. 114
  263. Le Journal de Spirou (1938-1988) : Cinquante ans d'histoire(s), p. 154
  264. Spirou (1938-2008) : 70 ans de suppléments, p. 59
  265. JMF, « Les sommaires », sur Tout.spirou.pagesperso-orange.fr (consulté le 1er juin 2013)
  266. JMF, « Raconté par lui même ! », sur Tout.spirou.pagesperso-orange.fr (consulté le 1er juin 2013)
  267. a, b, c, d et e Spirou (1938-2008) : 70 ans de suppléments, p. 8
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  270. Spirou (1938-2008) : 70 ans de suppléments, p. 41
  271. Spirou (1938-2008) : 70 ans de suppléments, p. 45
  272. Spirou (1938-2008) : 70 ans de suppléments, p. 47
  273. Spirou (1938-2008) : 70 ans de suppléments, p. 60
  274. Spirou (1938-2008) : 70 ans de suppléments, p. 70
  275. Spirou (1938-2008) : 70 ans de suppléments, p. 71
  276. Spirou (1938-2008) : 70 ans de suppléments, p. 77
  277. Spirou (1938-2008) : 70 ans de suppléments, p. 80
  278. a, b et c Spirou (1938-2008) : 70 ans de suppléments, p. 106
  279. Spirou (1938-2008) : 70 ans de suppléments, p. 98
  280. a, b et c Spirou (1938-2008) : 70 ans de suppléments, p. 121
  281. Spirou (1938-2008) : 70 ans de suppléments, p. 130
  282. a, b et c Spirou (1938-2008) : 70 ans de suppléments, p. 131
  283. Spirou (1938-2008) : 70 ans de suppléments, p. 53
  284. Spirou (1938-2008) : 70 ans de suppléments, p. 51
  285. Spirou (1938-2008) : 70 ans de suppléments, p. 55
  286. Spirou (1938-2008) : 70 ans de suppléments, p. 57
  287. Spirou (1938-2008) : 70 ans de suppléments, p. 86
  288. a et b Spirou (1938-2008) : 70 ans de suppléments, p. 68
  289. Spirou (1938-2008) : 70 ans de suppléments, p. 72
  290. Les règles d'or de la BD belge, p. 57
  291. Les règles d'or de la BD belge, p. 59
  292. Le Duel Tintin-Spirou, p. 240
  293. A bonne école : Ligne claire & style atome, p. 81
  294. a et b Spirou (1938-2008) : 70 ans de suppléments, p. 11
  295. Spirou (1938-2008) : 70 ans de suppléments, p. 137
  296. Spirou (1938-2008) : 70 ans de suppléments, p. 31
  297. La Véritable Histoire de Spirou, p. 194
  298. Yvan Delporte, réacteur en chef, p. 48
  299. Yvan Delporte, réacteur en chef, p. 79
  300. Franquin, chronologie d'une œuvre, p. 158
  301. « La rubrique "Carte Blanche" dans Spirou » (consulté le 26 février 2014)
  302. a et b Spirou (1938-2008) : 70 ans de suppléments, p. 118
  303. Pauvre Lampil L'Intégrale, p. 16
  304. Pauvre Lampil L'Intégrale, p. 20
  305. « Le Gang Mazda Fait de la bédé » (consulté le 15 octobre 2010)
  306. « Simon Léturgie, dessinateur de ‘Spirou dream team’ » (consulté le 3 mars 2014)
  307. Spirou (1938-2008) : 70 ans de suppléments, p. 10
  308. Le Duel Tintin-Spirou, p. 25
  309. Le Duel Tintin-Spirou, p. 241
  310. Le Duel Tintin-Spirou, p. 26
  311. Le Duel Tintin-Spirou, p. 264
  312. Le Duel Tintin-Spirou, p. 284
  313. a et b Le Duel Tintin-Spirou, p. 23
  314. a et b Le Duel Tintin-Spirou, p. 24
  315. Le Duel Tintin-Spirou, p. 197
  316. Le Duel Tintin-Spirou, p. 283
  317. Le Duel Tintin-Spirou, p. 378
  318. Le Duel Tintin-Spirou, p. 200
  319. a, b et c Spirou (1938-2008) : 70 ans de suppléments, p. 27
  320. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l et m « Diffusion de Spirou » (consulté le 5 avril 2014)

Annexesmodifier | modifier le code

Bibliographiemodifier | modifier le code

Ouvragesmodifier | modifier le code

  • Philippe Brun, Histoire de Spirou et des publications Dupuis, Luçon, Glénat,‎ novembre 1981, 127 p. (ISBN 2-7234-0212-6)
  • Thierry Martens, Le Journal de Spirou (1938-1988) : Cinquante ans d'histoire(s), Fleurus, Dupuis,‎ octobre 1988, 276 p. (ISBN 2-8001-1591-2)
  • Hugues Dayez, Le Duel Tintin-Spirou : Dix-sept témoignages qui donnent un éclairage passionnant sur l'histoire du neuvième art, éd. Luc Pire,‎ 1997, 419 p. (ISBN 2-930088-49-4, lire en ligne)
  • Jean-François Douvry et Jean-Pierre Mercier, Macherot, une monographie, Saint-Étienne, Mosquito,‎ novembre 1998, 127 p. (ISBN 2-908 551-16-0)
  • Patrick Gaumer, Dictionnaire mondial de la bande dessinée, Tours, Larousse,‎ janvier 2001, 880 p. (ISBN 2-03-505 162-2), p. 93
  • Hugues Dayez, Peyo l'enchanteur, Niffle,‎ octobre 2003, 189 p. (ISBN 2-87393-046-2)
  • José-Louis Boquet, Eric Verhoest, Franquin, chronologie d'une œuvre, Marsu Production,‎ novembre 2007, 192 p. (ISBN 978-2-35426-010-1)
  • Philippe Mouvet, Spirou (1938-2008) : 70 ans de suppléments, éd. L'Âge d'or,‎ 1er trimestre 2008, 192 p. (ISBN 2-9600464-8-X)
  • Christelle Pissavy-Yvernault et Bertrand Pissavy-Yvernault, Yvan Delporte, réacteur en chef, Dupuis,‎ 2009, 334 p. (ISBN 978-2-8001-4278-4)
  • Alain De Kuyssche, Eddy Paape : La Passion de la page d'après, Paris, Le Lombard,‎ avril 2008, 152 p. (ISBN 978-2-8036-2424-9)
  • Christelle Pissavy-Yvernault, La Véritable Histoire de Spirou, Dupuis,‎ janvier 2013, 311 p. (ISBN 978-2-8001-5707-8)

Articlesmodifier | modifier le code

  • Collectif, « Les Dessous de Spirou », BoDoï, no 12 Hors-série,‎ Décembre-janvier-février 2004-2005, p. 99 (ISSN 1284-442X)
  • Stéphane Beaujean, « A bonne école : Ligne claire & style atome », Les Inrockuptibles, no 45 Hors-série,‎ 2012, p. 4
  • Pierre Sterckx, « Les règles d'or de la BD belge », Beaux Arts magazine, no 26 Hors-série,‎ août 2013, p. 127 (ISSN 0757-2271)

Liens externesmodifier | modifier le code

Sur les autres projets Wikimedia :

  • Site officiel
  • Spirou sur BD oubliées, site proposant une base de donnée très complète de ce qui a été publié dans Spirou.
  • Tout Spirou, site personnel très complet sur le journal de Spirou.

Articles connexesmodifier | modifier le code








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