Transylvanie (région)

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Transylvanie
Transylvanie (région) Transylvanie (région)
La région de Transylvanie  (en jaune) dans la Roumanie
La région de Transylvanie (en jaune) dans la Roumanie
Administration
Pays Roumanie Roumanie
Type Région
Județe Actual Alba county CoA.png Alba

Stema judetului Arad.png Arad
Actual Bihor county CoA.png Bihor
Stema Bistrita-Nasaud.svg Bistrița-Năsăud
Actual Brasov county CoA.png Brașov
Actual Caras-Severin county CoA.png Caraș-Severin
Actual Cluj county CoA.png Cluj
Coa Romania County Kovászna.svg Covasna / Kovászna
Stema Harghita.svg Harghita / Hargita
Actual Hunedoara county CoA.png Hunedoara
Actual Maramures county CoA.png Maramureș
Actual Mures county CoA.png Mureș / Maros
Actual Salaj county CoA.png Sălaj
Actual Satu Mare county CoA.png Satu Mare
Actual Sibiu county CoA.png Sibiu
Actual Timis county CoA.png Timiș

Modèle:Soulgner
Banat
Crișana
Marmatie

Démographie
Population 7 135 508 hab.
Groupes ethniques Roumains
Hongrois
Sicules
Tsiganes
Serbes
Allemands

La Transylvanie (du latin « trans-silvam » au-delà des forêts) est une région du centre-ouest de la Roumanie, délimitée par les montagnes des Carpates.

On l'appelle Ardeal en roumain, Erdély (« au-delà des forêts ») en hongrois, Siebenbürgen (« sept citadelles ») en allemand, Urdul en turc et Siedmiogród (« sept citadelles ») en polonais.

Du XIe siècle à 1918, on appelle « Transylvanie » une région d'un tiers plus petite que l'actuelle Transylvanie (au centre de l'actuelle Roumanie). Depuis 1918, c'est la frontière ouest de la Roumanie actuelle (tracée fin 1918 par la commission présidée par le géographe français Emmanuel de Martonne) qui marque la limite occidentale de la Transylvanie. Celle-ci inclut ainsi l'ensemble des provinces dont les habitants roumains ont proclamé leur union à la Roumanie en décembre 1918, cédées par la Hongrie au traité de Trianon, soit l'ancienne principauté (nommée Ardeal en roumain, Erdély en hongrois et Siebenbürgen en allemand) et aussi, du nord au sud, le long de la frontière occidentale de la Roumanie : le Maramureș, le pays de Satu-Mare, la Crișana et le Banat.

Géographiemodifier | modifier le code

La Transylvanie aujourd'hui

La Transylvanie (Transilvania, du latin ultra-silvam, signifiant le pays « au-delà des forêts ») est une région de la Roumanie, formée de plateaux (entre 305 et 488 m d'altitude), de dépressions et de vallées (Mureș, Olt, Someș et les trois rivières qui forment le Criș). Elle est limitée au sud (Alpes de Transylvanie) et à l'est par l'arc formé par le vaste massif des Carpates qui culmine à 2 543 mètres et elle englobe les monts Apuseni.

Les régions externes du nord et de l'ouest de la Transylvanie (pays de Satu Mare, Crișana, Banat) forment les contreforts de la vaste plaine hongroise (puszta). Elles bordent l'Ukraine, la Hongrie et la Serbie.

Le massif des Carpates occidentales roumaines (monts du Bihor et monts Métallifères) sépare le plateau central de Transylvanie de la zone externe.

Histoiremodifier | modifier le code

Avant la réunion avec la Roumaniemodifier | modifier le code

Dans la Roumanie contemporaine (depuis 1918)modifier | modifier le code

C'est le Traité de Trianon (4 juin 1920) qui sanctionne formellement la réunion de la Transylvanie historique et d'autres parties orientales de la plaine hongroise (Banat, Partium/Crișana…) à la Roumanie, votée par l'assemblée d'Alba Iulia le 1er décembre 1918. Entre-temps, les armées roumaines du Sud, épaulées par la division française Berthelot, ont occupé la province à partir de décembre 1918.

Après une période initiale d'autonomie avec une sorte de gouvernement autonome (Consiliul Dirigent, 1918-1920), la tradition jacobine de la Roumanie, fidèle au modèle français, intègre la province dans le système des județe, calqué sur le modèle français des départements : pas plus qu'à l'époque hongroise, la Transylvanie n'a d'autonomie politique ni même administrative. Ce centralisme, couplé au manque d'esprit démocratique de Bucarest (du moins jusqu'aux réformes démocratiques de 1923), provoque le mécontentement des élites roumaines de Transylvanie (boycott du couronnement du roi en octobre 1922). De leur côté, les Magyars, principale « minorité nationale », ne se satisfont pas du rattachement à la Roumanie : ils oscillent entre un « Erdélysme » sentimental (ressuscitant les souvenirs de l'Âge d'Or du XVIIe siècle) et un irrédentisme larvé qui ira croissant dans les années 1930, avec la montée des crispations nationalistes. Parmi eux, les aristocrates, nombreux, grands perdants de la réforme agraire de 1921, jouent un rôle majeur dans la cristallisation des revendications contre le Traité de Trianon. Chez les Saxons, le déclin démographique et les difficultés économiques après 1929 favorisent l'essor du parti nazi local animé par Andreas Schmidt, qui propage les idées du Grand Reich (Assemblée de Sibiu en octobre 1933).

À l'aube de la Seconde Guerre mondiale, les extrémismes nationalistes perturbent la société transylvaine, malgré des signes positifs de volonté de coexistence au sein des populations ou parmi certains artistes et intellectuels. En juin 1940, sous la pression de Mussolini et d'Hitler, alors que ni la France ni la Grande-Bretagne ne peuvent plus la soutenir, la Roumanie est contrainte de rétrocéder la partie Nord de la Transylvanie à la Hongrie le 30 août 1940 (Arbitrages de Vienne). Entre 1940 et 1944, la Transylvanie est coupée en deux. On procède à des échanges de populations, Hongrois renvoyés au Nord, Roumains expulsés vers le Sud. La Hongrie organise son ultime colonisation de quelque 300 000 familles hongroises dans la région rattachée. Quant aux Saxons (restés en Roumanie), ils forment un quasi-État dans l'État, en s'organisant comme Groupe Ethnique Allemand. Andreas Schmidt se considère comme le représentant local du Führer : sa garde rejoint à partir de mai 1943 la Waffen-SS, tandis que les Saxons sont incorporés — parfois de force, parfois avec enthousiasme — dans la Wehrmacht. Les Juifs de Transylvanie (nombreux dans les villes de l'Ouest et du Nord, Oradea, Cluj, et dans les campagnes du Maramureș) sont déportés par les autorités hongroises au printemps 1944 et livrés à l'Allemagne (ce qui est évoqué dans le livre La vingt cinquième heure de Constantin Virgil Gheorghiu).

Après 1944, la Transylvanie entièrement reconquise par les armées roumaine et soviétique, est remise à la Roumanie dans les frontières de 1939 (ce que confirme le Traité de Paris de 1947). Elle subit les contrecoups de la guerre et de la mise en place du régime communiste en Roumanie : les Saxons voient leurs terres confisquées, et ceux qui avaient servi dans l'armée allemande sont revendiqués par l'URSS, livrés par la Roumanie et déportés en Sibérie. Les survivants reviennent dans les années 1950, certaines maisons sont restituées. Ils formeront, jusqu'en 1989, la plus grande minorité allemande compacte d'Europe de l'Est (100 000 h. en 1989). Les Hongrois, présents dans les structures du parti communiste de Roumanie et profitant de la doctrine « socialiste » de « dépassement des nationalismes bourgeois », obtiennent la création d’une Région autonome magyare dans l'est de la Transylvanie (soit au centre de la Roumanie) sur le modèle des républiques autonomes d'URSS (1952-1972): dans cette région, le magyar devient langue officielle. À cette époque, l'enseignement, la presse et les théâtres de Transylvanie sont trilingues Roumain-Magyar-Allemand.

À la fin des années 1960, le nouveau président Nicolae Ceaușescu revient aux traditions jacobines de la Roumanie, rétablit les județe, supprime la Région autonome magyare et rend au roumain son rôle de langue nationale unique: c'est ce que Catherine Durandin a appelé le « national-communisme roumain ». Tandis que le Président de l'Allemagne fédérale (RFA) négocie à Bucarest (1981) des accords pour permettre l'émigration des Saxons contre paiement de frais proportionnels au niveau d'études, la Hongrie de Janos Kadar autorise (malgré le régime communiste "fraternel") des manifestations de "solidarité" envers la Transylvanie voisine, qui se multiplient entre 1987 et 1989. Dans les années 1980, l'opinion internationale, alertée par des émigrants hongrois, s'alarme de ces "atteintes" aux droits des minorités, en oubliant un peu qu'elles touchaient aussi la majorité roumaine.

Perspectives après la chute du communisme (depuis 1990)modifier | modifier le code

Lors de la chute du communisme, le désir de certains cercles roumains (militaires ou policiers) de se poser en défenseurs de la nation afin de conserver leurs privilèges, couplé au désir de certains nationalistes hongrois d'obtenir à nouveau une autonomie territoriale locale, a provoqué un regain de tension en Transylvanie (affrontements roumano-hongrois de Târgu Mureș (Marosvásárhely) en mars 1990). Mais, depuis, la tendance est nettement à l'apaisement. En 1995, l'Accord de Timișoara a été signé entre la Roumanie et la Hongrie: les deux États multiplient les symboles et les manifestations, déclarant suivre le modèle franco-allemand de réconciliation.

Cela n'a pas empêché l'émergence à nouveau du particularisme transylvain en réponse au refus du gouvernement post-communiste d'Ion Iliescu de rendre les propriétés confisquées par le régime communiste. Ce particularisme s'est manifesté en partie dans les rangs du Parti national paysan et surtout dans ceux de l'Union démocratique des magyars de Roumanie: Bucarest a répliqué en reprenant les thèmes du « national-communisme roumain » (également véhiculés par les partis de la « Grande-Roumanie » et du « Foyer roumain »). Actuellement, le débat sur la régionalisation reste tabou à Bucarest, où le recul des thèmes nationaux-communistes n'a pas gommé l'ancienne tradition jacobine qui perdure à travers la démocratisation et l'intégration dans l'Union européenne. Les Hongrois transylvains, par contre, se rattachent à la tradition fédéraliste de l'Europe centrale et revendiquent toujours une région autonome ethnique hongroise. À l'heure de la glorification du multi-culturalisme en Europe, la Transylvanie n'a jamais été aussi homogène : entre 1992 et 2002, le nombre de Roumains a chuté de 7,3 %, le nombre de Hongrois a chuté de 12,7 % ; quant aux Saxons, ils ont rejoint à 95 % l'Allemagne dès 1990-92 : c'est la fin de la minorité allemande en Roumanie.

Populationsmodifier | modifier le code

Dessin humoristique inspiré par les élèves de 6-ème de la "Şcoala Generală n° 2" de Brașov, pour illustrer la cohabitation des cultures en Transylvanie.

Les peuples présents en Transylvanie sont:

Outre ces trois nations historiques, on compte des Tsiganes (3,3 %) et quelques populations disséminées: dans le Banat : Serbes, Bulgares ; en Crișana : Slovaques ; dans le Maramureș : Ukrainiens).

Les Arméniens (Gherla), les Grecs (Brașov), les Aroumains, marchands de l'époque moderne, se sont fondus dans les populations majoritaires depuis le XIXe siècle.

Les Juifs qui ont échappé à l'extermination germano-hongroise de 1944 ont, pour la plupart, émigré.

Culturemodifier | modifier le code

Exemple de syncrétisme architectural religieux en Transylvanie.
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En partie grâce à une position géographique particulière et à une longue histoire tumultueuse et en partie du fait de la cohabitation de trois groupes ethniques pendant près d'un millénaire, le syncrétisme caractérise toutes les formes de la culture transylvaine, jusqu'au point où les apports des uns ou des autres sont difficiles à déceler : on le trouve dans l'architecture, dans la musique et la danse ainsi que dans la cuisine, voire, dans une certaine mesure, dans les costumes traditionnels des différents groupes ethniques.

La Transylvanie possède un patrimoine culturel matériel riche, mais encore peu restauré. La ville saxonne de Sighișoara a vu son centre historique intégré au patrimoine mondial de l'UNESCO, tout comme nombre d'églises fortifiées, d'églises en bois ou de forteresses daces. Sibiu, Capitale culturelle de l’Europe en 2007, a gardé entièrement intacte sa vieille ville saxonne. De nombreuses autres villes ont préservé non seulement leur aire médiévale, mais aussi leurs murailles (Bistrița, Târgu Mureș, Aiud) ou leurs citadelles de XVIIIe siècle (Alba Iulia, Arad, Oradea).

On y trouve des châteaux médiévaux (château de Bran, château de Hunedoara), des palais baroques (comme le palais Brukenthal à Sibiu ou le Palais Bánffy à Cluj) et des hôtels art nouveauCluj, Oradea, Târgu Mureș (Marosvásárhely) ou Arad).

Les traditions rurales et les folklores roumains (Maramureș, Banat, Mărginimea Sibiului ou Țara Moților) comme hongrois (Kalotaszeg, Pays des Sicules) y sont étonnamment vivants.

La Transylvanie est surtout connue à l'étranger (à tort, historiquement) par association avec le légendaire vampire Dracula et Le Château des Carpathes de Jules Verne.

Festivals et événementsmodifier | modifier le code

Festivals de filmmodifier | modifier le code

Festivals de musiquemodifier | modifier le code

Festivals de théâtremodifier | modifier le code

Autresmodifier | modifier le code

  • de nombreux festivals médiévaux, dont celui de Sighișoara
  • de nombreux festivals de musiques traditionnelles

Économiemodifier | modifier le code

Vignes en conduite haute

Économiquement une des régions les plus avancées de Roumanie, la Transylvanie est riche en ressources naturelles, comme le lignite, le fer, le manganèse, l'or, le cuivre, le gaz naturel, le sel et le soufre.

Il y a aussi de grandes industries du fer, de l'acier, chimiques et textiles.

L'activité agricole est importante : élevage, production viticole et activités maraîchères, sans oublier les vastes ressources forestières malgré l'accentuation de la déforestation et de l'exploitation à outrance depuis 1990.

Liens externesmodifier | modifier le code

Galeriemodifier | modifier le code








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