Trisong Detsen

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Trisong Detsen (wylie: Khri-srong lDe-btsan, 704?-797, règne 740 ou 755 suivant les sources -797) est le 5e successeur de Songtsen Gampo et le 38e souverain de la dynastie Yarlung ou Chögyal. Il est connu comme le roi qui implanta définitivement le bouddhisme au Tibet en y invitant Shantarakshita et Padmasambhava et en décrétant le bouddhisme religion d'État. Son règne marque l’apogée de la puissance militaire tibétaine.

Activités politiques et militairesmodifier | modifier le code

Le Doring du village de Shöl, devant le palais du Potala en 1936
Lhassa, le pilier Lhassa Zhol rdo-rings (en 1993 le pilier a été entouré de bâtiments et fils télégraphiques si bien qu'il ne peut pas être approché de près)

En 763 Trisong Detsen a répondu à une pression chinoise au nord en envoyant une armée de 200 000 hommes à la frontière, battant les forces sur ce front et poursuivant sa campagne militaire pour prendre Chang'an, la capitale chinoise, forçant l’empereur Tang Daizong à fuir la capitale. Ses cavaliers des hauts plateaux envahissent et mettent à sac la capitale chinoise de Chang’an en 7631. les Tibétains nomment un nouvel empereur fantoche puis ont été expulsées 15 jours après. Cette victoire a été préservée pour la postérité gravée sur le pilier de pierre de Zhol Doring à Lhassa. On y lit :

« Le roi Trisong Detsen est un homme sage et profond. La qualité de ses conseillers est reconnue, et ce qu’il fait pour le royaume est parfaitement réussi. Il a conquis et tient en son pouvoir beaucoup de provinces et forteresses chinoises. L’empereur chinois, Hehu Ki Wang (Daizong) et ses ministres ont été terrifiés. Ils ont offert un tribut annuel perpétuel de 50 000 rouleaux de soie et la Chine a été obligée de s’en acquitter. »

En 783, un traité de paix est négocié entre la Chine et le Tibet donnant à ce dernier toutes les terres de la région du Kokonor. Le roi forme également une alliance avec le roi Imobsun du Siam en 778, joignant leurs forces pour attaquer les Chinois au Sichuan.

Trisong Detsen a ensuite cherché à s’étendre vers l’ouest, atteignant la rivière Oxus et menaçant le calife arabe, Haroun ar-Rachid. Le Calife fut suffisamment concerné pour établir une alliance avec l’empereur de Chine. Durant le reste de son règne, le roi fut occupé par les guerres arabes à l’ouest, et leva la pression sur ses adversaires chinois à l’est et au nord, jusqu’à la fin de son règne en 797.

Bouddhisme : Trison Detsen est considéré comme le 2e roi du Dharmamodifier | modifier le code

Cependant, ces victoires ayant eu des conséquences éphémères, c’est surtout pour son action déterminée en faveur du bouddhisme que son souvenir nous est parvenu. C’est en effet sous son règne que Samye, premier monastère bouddhiste au Tibet, fut fondé en 779 par Padmasambhava. Entouré de Padmasambhava, de Yeshe Tsogyal, épouse royale devenue parèdre (épouse mystique) de Padmasambhava, de Shantarakshita et de Vimalamitra, ainsi que de nombreux traducteurs dont Vairocana, Trisong Detsen déclara en 779 le bouddhisme religion d'État2. La Chronique tibétaine mentionne la présence du bouddhisme au Tibet et l’existence de nombreux viharas sur toute l’étendue du territoire durant le règne de Trisong Detsen3. À l’exception d’une interruption au IXe siècle précédant de peu la seconde période de traduction du canon bouddhiste indien du sanskrit en tibétain et l’apparition de nouvelles écoles bouddhistes au Pays des Neiges, le bouddhisme resta religion d’État jusqu’au milieu du XXe siècle.

On fait remonter à Trisong Detsen une lignée de réincarnation incluant Chogyur Lingpa et Neten Chokling4,5,6

Voir aussimodifier | modifier le code

Articles connexesmodifier | modifier le code

Liens externesmodifier | modifier le code

Notes et référencesmodifier | modifier le code

  1. Rolf Stein (1972) Tibetan Civilization, p. 65. Stanford University Press. ISBN 0-8047-0806-1 (cloth); ISBN 0-8047-0901-7 (pbk)
  2. Roland Barraux, Histoire des Dalaï-Lama, Quatorze reflets sur le Lac des Visions, édition Albin Michel, 1993. Réédité en 2002 chez Albin Michel (ISBN 2226133178).
  3. Bacot, Thomas and Toussaint (1940-1946), pp. 9-12. p. 153.
  4. The Neten Chokling incarnation line, as told by Orgyen Tobgyal Rinpoche
  5. Chokling Incarnation Line
  6. Milarepa – The Mystic Saint of Tibet Now on Screen
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