Victor Horta

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Victor Horta
Image illustrative de l'article Victor Horta
Présentation
Naissance
Gand, Belgique
Décès (à 86 ans)
Bruxelles, Belgique
Nationalité belge
Mouvement(s) Art nouveau
Activité(s) Architecte
Formation Académie royale des beaux-arts de Bruxelles
Œuvre
Réalisations Hôtel Tassel
Hôtel Solvay
Hôtel van Eetvelde
Maison Horta
Maison du Peuple
Hôtel Aubecq
Distinctions Prix Godecharle (1884)

Le baron Victor Horta, né le à Gand et mort le à Bruxelles, est un architecte belge. C'est le chef de file incontesté des architectes Art nouveau en Belgique.

Biographiemodifier | modifier le code

Enfancemodifier | modifier le code

Victor Horta naît le à Gand. Son père, Pierre Horta, cordonnier1, est âgé de 66 ans à la naissance de Victor et eut au total 12 enfants (issus de deux mariages différents)2.

Le jeune Victor, qui montre très vite un caractère rebelle, entretient des rapports conflictuels avec sa mère, dont il n'apprécie pas les excès d'autorité, et notamment l'insistance de cette dernière pour qu'il étudie le droit ou la médecineréf. souhaitée]. Il a également des rapports conflictuels avec ses écoles, dont il se fait régulièrement renvoyer1.

Il rêve d'innovations, nage à contre-courant des modes. Il a la fibre artistique, surtout musicale, comme son père. Il se passionne alors pour le violon2.

Le déclicmodifier | modifier le code

Ce serait à 12 ans, en aidant son oncle entrepreneur sur un chantier, que Victor Horta aurait été pour la première fois attiré par l'art de bâtirréf. souhaitée]. Ses parents, estimant peu probable le fait que leur fils réussisse ses études au lycée (tant à cause de ses renvois que de ses résultats), l'envoient chez un architecte décorateur d'intérieur1, Jules Dubuysson, habitant Montmartre à Paris.

À cette époque, Paris est en pleine effervescence artistique. Les premiers peintres impressionnistes y exposent leurs œuvres. Victor Horta y découvre ainsi les principaux mouvements picturaux (impressionnisme, pointillisme...), mais aussi l’architecture classique et surtout les nouveaux matériaux de construction, en particulier l’acier et le verre1. Il constate la remarquable corrélation entre l'évolution de la peinture et l'architecture de l'époque. Ces deux arts sortaient d'une lourde phase de classicisme et avaient vu un retour à des styles passés. Il voulait être à l'architecture ce que Vincent van Gogh avait été à la peintureréf. souhaitée], l'émancipateur des éternelles règles classiques.

Étudesmodifier | modifier le code

À Paris, le futur architecte étudie les bâtiments classiques et leurs matériaux. Néanmoins, le plus important est qu'il entre en contact, grâce à son maître, avec les nouveaux matériaux que certains décorateurs utilisaient, comme l'acier ou encore la verrerie évoluée. Il y comprend aussi que la grande renommée ne s'acquiert qu'en dessinant de grands bâtiments publics. Lorsque son père meurt en 1880, il se hâte de retourner en Belgique1. Il s'installe à Bruxelles et s'inscrit à l'Académie royale des beaux-arts de Bruxelles, dont il sortira avec une médaille d'or. Il épouse une amie d'enfance, Pauline Heyse. Elle lui donne deux filles, dont la première, Marguerite, meurt à l'âge de un an.

Sa vie à l'académiemodifier | modifier le code

Victor Horta y fait la connaissance de Paul Hankar. Ils se lient d'amitié, ne devinant pas que leur admiration commune en ferait de grands concurrents. Victor Horta, élève exceptionnellement brillant, attire l'attention de beaucoup de ses professeurs. On retiendra parmi eux surtout Alphonse Balat, l'architecte du roi. Il prend son élève favori comme assistant. Ensemble ils dessinent les Serres royales de Laeken, où sont à nouveau combinés les éléments que Horta admire le plus : les jeux de lumière, la verrerie et l'acier. Horta reprendra le cabinet d'Alphonse Balat à sa mort, en 1895. De son mentor, il retiendra surtout l'amour du détail parfait, étudié au cas par cas. Mais il se détachera, cependant, de la tradition classique de l'Académie à laquelle Alphonse Balat était lui, resté attaché toute sa vie.

L'architectemodifier | modifier le code

Une fois leur alliance rompue, il entreprend la construction (en 1885) de trois maisons mitoyennes rue des Douze Chambres (Twaalfkameren) à Gand, pour avoir tout de même son nom gravé quelque part et ne pas d'ores et déjà enterrer sa future carrière.

Ayant pour objectif clair et marqué de ne pas se satisfaire d'un succès facile, il refuse pendant huit ans tout autre projet résidentiel. Il participe à des concours publics, bâtit des petites constructions abritant des statues, des tombeaux et d'autres petits monuments. Il peaufine ainsi son art, développe sa propre sensibilité. Il découvre petit à petit les courbes et refuse les lignes verticales droites. Pour lui, ces courbes sont le résultat d'une réflexion tout à fait posée : elles amplifient l'impression d'espace, guident le regard, supportent mieux les constructions.

Pendant cette longue période d'apprentissage, il se fait connaître des nouveaux bourgeois de Bruxelles. Les professeurs d'université (il le deviendra en 1912), les scientifiques font partie de son cercle de connaissances. Il entre ainsi dans la loge franc-maçonnique et humaniste, « Les Amis philanthropes ». Tous les éléments sont réunis pour initier une magnifique carrière. Son esprit est mûr et dans l'air du temps, il fréquente les meneurs des changements sociaux de l'époque. Dès qu'il se dit prêt à entamer la construction de demeures résidentielles, les commandes affluent. C'est en 1892 qu'il réalise la Maison Autrique, passionnante œuvre de transition, puis l'Hôtel Tassel, le premier d'une longue série d'hôtels particuliers aussi inventifs que raffinés. L'Hôtel Tassel est considéré comme le premier édifice Art nouveau au monde. Il est ainsi l'un des premiers architectes à faire de l'Art nouveau, il servira d'exemple à Guimard. C'est en 1902, qu'il fait la connaissance de Gustave Malbert, dont il fera par la suite son élève. On parle alors de lui dans toutes les revues spécialisées d'Europe.
Habiter du Horta est un signe de statut, d'ouverture et surtout de richesse. Évidemment, étant donné son rythme de travail effréné, les besoins des riches bourgeois de Bruxelles sont assez vite satisfaits. Il est concurrencé par Henry van de Velde et Paul Hankar, deux autres architectes moteurs du renouveau de l'architecture moderne belge. Il entreprend alors de plus en plus la réalisation de lieux publics et de magasins.

Il passe ensuite deux années (1916-1918) aux États-Unis où il découvre de nouveaux matériaux de construction, tout en se détournant du mouvement art nouveau. C'est ainsi qu'il construit le palais des beaux-arts de Bruxelles avec une esthétique beaucoup plus géométrique.

De 1920 à 1927 Victor Horta devient directeur de la section architecture de l'Institut Supérieur des Beaux Arts à Anvers.

En 1927, il devient pour quatre années le directeur de l'Académie des beaux-arts de Bruxelles.

Le 23 mars 1932, le roi Albert 1er lui confère le titre de baron.

Lorsque l'Art nouveau fut passé de mode, beaucoup des édifices de Horta furent détruits, mais sa maison (qu'il avait conçue en 1898) est devenue le Musée Horta.

Victor Horta meurt le à Bruxelles2.

Il est inhumé au cimetière d'Ixelles.

Quelques œuvresmodifier | modifier le code

À Bruxelles :

Le Grand Bazar (1903–1905) à Francfort, en 1910

À Gand

  • 1885 : trois maisons - 49, 51 et 53 Twaalfkameren à Gand

À La Hulpe

À Oudenburg (près d'Ostende) :

  • 1890 : la sépulture de Desiré Lesaffre, commandée par la loge maçonnique Les Amis Philanthropes

À Tournai

En Allemagne

Honneurs et distinctionsmodifier | modifier le code

Prixmodifier | modifier le code

Hommagesmodifier | modifier le code

Classement UNESCOmodifier | modifier le code

Muséesmodifier | modifier le code

À Bruxelles, trois réalisations de l'architecte sont ouvertes au public :

Titremodifier | modifier le code

  • 1932 : titre de baron conféré par le roi Albert Ier :
    • Armes4 : Coupé au 1 d'argent à trois équerres mal ordonnées d'azur, au 2 d'azur à la tortue posée en pal d'argent. L'écu sommé pour le titulaire, de la couronne de Baron et supporté, à dextre par un lion d'or, armé et lampassé de gueules, à senestre par un griffon d'or, armé et lampassé de gueules; surmonté, pour les autres descendants, d'un heaume d'argent, couronné, grillé, colleté et liseré d'or, doublé et attaché de gueules, aux lambrequins d'argent et d'azur.
    • Cimier : un compas d'azur entre un vol d'argent.
    • Devise : Par le labeur vers les sommets, d'argent sur un listel d'azur.

Notes et référencesmodifier | modifier le code

  1. a, b, c, d et e Victor Horta sur Arts.fluctuat.net
  2. a, b et c Horta triomphe sans plus de discussion sur Lalibre.be, 6 janvier 2011
  3. Banque nationale de Belgique
  4. Baron de Ryckman de Betz, Armorial général de la noblesse belge, deuxième édition, Liège, 1957, page 630

Annexesmodifier | modifier le code

Bibliographiemodifier | modifier le code

  • Paul Aron, Françoise Dierkens, Michel Draguet, Michel Stockhem, sous la direction de Philippe Roberts-Jones, Bruxelles fin de siècle, Flammarion, 1994
  • Franco Borsi, Victor Horta, Éditions Marc Vokar, 1970
  • Franco Borsi, Bruxelles, capitale de l'Art nouveau, Éditions Marc Vokar, 1971
  • Franco Borsi, Paolo Portoghesi, Victor Horta, Éditions Marc Vokar, 1977
  • Maurice Culot, Anne-Marie Pirlot, Art Nouveau, Bruxelles, AAM, 2005
  • A. Czerwonogora, M. Franckson, Michèle Goslar, D. Mélotte, R. Potvliege, Du côté de Brugmann, un hôpital dans son siècle, sous la direction de Daniel Désir, Bruxelles, Éditions Ercée a.s.b.l., 2006, ISBN 2-87145-009-9 S 469
  • Michèle Goslar, Victor Horta, architecte de l'hôpital Brugmann, Bruxelles, Académie royale de Belgique, 2005
  • Michèle Goslar, Des amis qui firent Horta - Franc-maçonnerie et Beaux-Arts, dans, La Pensée et les Hommes, Bruxelles, no 62-63.
  • Michèle Goslar, "Victor Horta (1861-1947). L'homme. L'architecte. L'Art Nouveau", Fonds Mercator, 2012, 564 p., 600 illustr., sous étui.

Articles connexesmodifier | modifier le code

Liens externesmodifier | modifier le code

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