Vincent La Soudière

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Vincent La Soudière

Nom de naissance Vincent de La Soudière
Activités Poète
Naissance
Port-d'Envaux
Décès
Paris
Langue d'écriture Français
Genres Poésie

Œuvres principales

  1. Chroniques antérieures (1978)
  2. Brisants (2003)
  3. C'est à la nuit de briser la nuit, t.I (2010)
  4. Cette sombre ferveur, Lettres à Didier, t.II (2011)

Vincent La Soudière (de son vrai nom Vincent de La Soudière) est un écrivain et poète français né le 6 septembre 1939 à Port-d'Envaux (Charente-Maritime) et mort à Paris le 6 mai 1993.

Biographiemodifier | modifier le code

Jeunessemodifier | modifier le code

Aîné de huit frères et sœurs, Vincent de la Soudière est issu d’une vieille famille aristocratique de Charente, au sein de laquelle il étouffe : « Je suis digéré par l’atmosphère familiale et je ne puis m’accrocher à rien. Les conversations sont hachées en bribes multicolores. Le repos est absent de ma vie [...]. Je manque de force pour rester moi-même et ne pas m’écouler comme le sable dans la main1. » Après des études à Sainte-Croix de Neuilly, il se dirige sans conviction vers la Sorbonne, pour étudier la philosophie, qu’il abandonne rapidement. À l’orée des années 1960, sa famille subit un grave revers de fortune ; Vincent de la Soudière connaît alors une vie précaire, faite de petits métiers et de grands voyages, qui durera jusqu’à sa mort.

Si la philosophie lui paraît asséchante, la spiritualité l’attire, au point qu’il s’interroge pendant plusieurs années sur une éventuelle vocation religieuse. En 1964, lors d’un séjour sur l’île de Lérins où vit une communauté cistercienne, il fait la connaissance de Didier avec qui il entretiendra une correspondance prolifique jusqu’à la mort de Vincent en 1993.

Si la vie bénédictine semble l’attirer un temps, le jeune postulant de 22 ans quitte rapidement le monastère pour une femme – et les routes de France et d’Europe. Il habite notamment à Paris, à Boddum (Danemark), en Espagne, ou encore à Aix-en-Provence.

Un poète à la margemodifier | modifier le code

Tourmenté par le fait d’écrire, Vincent La Soudière peine cependant à rendre sa parole publique, ce qui engendre de nombreuses souffrances : « Deux attentes crucifiantes : je n’ai pas encore été nommé ; je n’ai pas encore prononcé une parole – ma parole. J’inexiste2. » Sa santé physique et nerveuse entraîne des crises de plus en plus nombreuses : les cures psychanalytiques se succèdent à Aix-en-Provence. Il se réfugie davantage dans la littérature et l’écriture qui lui servent d’échappatoires : « La littérature est évidemment une façon de s’exprimer. Mais, si je t’ai bien compris, ce n’est pas la seule façon de s’exprimer, ni surtout la meilleure (à Lérins, tu m’as que celui qui "écrit" n’a pas encore trouvé son équilibre). Si la littérature n’est qu’une échappatoire, une bouée de sauvetage qui ne sauve rien, alors, bien sûr, ce n’est pas une solution saine. Mais la littérature n’est pas que cela. Si elle entretient un état de grand déséquilibre, il faut chercher autre chose si on en est capable. Mais on peut vivre et vivre bien avec un certain déséquilibre non curable qui favorise la vie littéraire. L’état "normal" (milieu mathématique entre les deux extrêmes) est anormal…3. »

Comme sa correspondance avec Didier l’atteste, il lit beaucoup. Plusieurs auteurs marquent son esprit, notamment Julien Green, Emil Cioran, Blaise Pascal et Henri Michaux à qui il se décide d'écrire une lettre. Ils se rencontrent à Paris en 1970 et se lient d’amitié. Henri Michaux l'invite à écrire, lui offrant diverses possibilités de publication. A son invitation et à celle de John E. Jackson, quelques pages sont alors publiées en 1974. Le jeune poète édite par la suite Chroniques antérieures, le premier et seul recueil paru de son vivant. Appuyant la candidature de Vincent La Soudière qui a fait une demande une bourse, Henri Michaux rédige une lettre de recommandation au président du Centre national des lettres : « Jamais je n’ai plus volontiers et sans réserve recommandé un écrivain. Homme de la vie intérieure, s’il en est un, [Vincent La Soudière] a, par scrupule assurément, tardé à publier, parce que, responsable des subtiles et graves réalités psychiques qu’il allait montrer, il voulait avoir dépassé le stade de la surprise et pouvoir écrire comme quelqu’un en qui d’emblée on a foi. [...] L’ayant rencontré plusieurs fois je sais qu’il n’écrira jamais rien de gratuit. Ce qu’il fera connaître est important. À cela seul s’emploiera sa pénétration singulière. On ne l’imagine pas autrement4. »

Vincent La Soudière se tient en retrait du monde littéraire, malgré ses échanges et rencontres avec Henri Michaux et Emil Cioran. Ce dernier le recommande lui aussi au président du Centre national des lettres : « Il est l’auteur d’un livre de haute tenue littéraire, Chroniques antérieures, dont il me semble difficile de ne pas admirer l'unité de ton et de vision. Dès la première page, on s'aperçoit qu'il n'y a pas là la moindre trace de tâtonnement, d'interrogation timide ; c'est, au contraire, un aboutissement, une mise en accusation radicale, le tout d'une concision de verdict5. » S’il écrit dans l’intimité de nombreux textes, il n’accepte cependant d’en publier que quelques-uns.

Ses différentes correspondances portent un très faible écho du monde. Ce recul est justifié par l’incompréhension qu’il perçoit entre le monde et lui : « La distance est devenue trop grande entre le monde et moi. Je ne vois plus les choses ni les êtres. Je ne perçois plus que ma propre rétractation devant tout, je n’entends plus que le hurlement de mon vide 6. »

En 1993, celui qui avait dit : « je ne suis pas de taille à exister7 » se suicide le 6 mai à Paris.

Reconnaissance posthumemodifier | modifier le code

Brisantsmodifier | modifier le code

Chroniques antérieures reçut un accueil discret, sa parution n’étant connue que du seul milieu littéraire. Au cours de son travail sur Emil Cioran et Armel Guerne, Sylvia Massias découvre des écrits et des lettres de Vincent La Soudière, qui l’amènent à s’intéresser de plus près à cet écrivain de l’ombre. En 2003, après avoir obtenu une bourse du Centre national du livre, elle rassemble des aphorismes extraits des derniers cahiers et carnets de Vincent La Soudière, qu’elle présente sous le titre de Brisants.

La critique commence à s’intéresser à cet inconnu, à commencer par le poète et traducteur Alain Suied : « Dans cette époque de "fatigue", de sommeil, de "fin", de nuit, le poète constate qu'aucune main "ne peut s'étendre vers une autre". Le néant personnel et le néant des espaces infinis écrasent l'humain. C'est la souffrance qui dirige. Cet homme de la "vie intérieure" (ou antérieure ?) a lu Paul, Platon mais on le devine sensible à d'autres Traditions… Il est sensible à l'invisible, à l'inconnu… "Le malheur m'échut" à la place de l'amour, semble dire et crier cet auteur – quel combat ! Ces "brisants" blessent et vous accompagnent longuement comme un compagnon de poésie qu'on voudrait consoler tout en sachant que le travail poétique réside désormais dans l'affrontement, ici très vif, avec l'impossibilité même de la Consolation8! » L’écrivain et poète Joël Vernet écrit également : « Ce livre est d’ores et déjà une révélation dans le paysage éditorial qui n’apporte que rarement de très grandes surprises. Je dirai simplement que se dessine là une œuvre dénuée de mensonges, d’artifices, une œuvre incandescente. […] Vincent La Soudière a traversé le feu. Lisons ses livres. Découvrons là un poète qui vécut dans l’Invisible. Ce n’est pas peu dans notre époque tonitruante 9. » Jean-Yves Masson, dans Le Magazine littéraire, écrit : « À peine achevé, le XXe siècle change de visage. Bientôt, nous ne le reconnaîtrons plus. Des auteurs dont l’existence nous aura échappé se révéleront essentiels, et Vincent La Soudière sera peut-être l’un d’eux. […] il laisse une œuvre manuscrite d’une ampleur considérable. […] Toute de tendresse sévère et de lucidité, l’œuvre de Vincent La Soudière commence son chemin dans le monde. La plus belle surprise [de cette année], en poésie, est la découverte de cet auteur secret10. »

Correspondancemodifier | modifier le code

En 2010, Sylvia Massias publie C'est à la nuit de briser la nuit, le premier volume des Lettres à Didier (1964-1974), une correspondance qui en compte trois, avec près de huit cents lettres écrites par Vincent La Soudière à un ami, Didier. En réalité, cette correspondance n’en est pas vraiment une : les lettres de Didier manquent. Par ailleurs, le choix a été fait de supprimer les mentions épistolaires d’introduction et de conclusion, ainsi que toutes les allusions privées concernant la vie de Didier. L’impression donnée aux lecteurs est celle d’un monologue intérieur, qui s’étire de 1964 à 1993, monologue rendu possible par cette amitié hors du commun. « Une correspondance qui a des allures de journal », écrit Richard Blin, ajoutant : « Le résultat est assez saisissant, puisque nous devenons l'interlocuteur privilégié d'un homme dont l'exigence de liberté et la révolte s'éprouvent au feu de la négation11. »

Les Lettres à Didier assurent à Vincent La Soudière un début de reconnaissance. Patrick Kechichian décrit « cette interminable explication avec lui-même, cette "incomplétude" comme "source". Obscure, tâtonnante, souvent récusée, la quête de Dieu est néanmoins présente entre les lignes, lors des rémissions du "cancer spirituel qui dévore [son] âme"... "La Grande Rencontre n'a pas eu lieu - n'aura sans doute jamais lieu. Je vis du poids de son attente". » Il conclut : « Par la force et la sincérité, souvent la lucidité, de cette interrogation, une œuvre peu à peu se construit au fil de ces lettres, et sans doute de celles à venir. Elle peut bien être informe, elle n'en est pas moins vraie et belle12. » Matthieu Baumier salue « l’écrivain marginal, terme entendu en son véritable sens d’aux marges de tous les systèmes », dont la correspondance fait jaillir « la beauté exceptionnelle d’un cheminement intérieur chrétien, cheminement qui ressemble à celui d’un alchimiste égaré en la modernité, véritable acteur d’une profonde résistance spirituelle contre le Mal de ce monde » ; et de conclure : « Ces dix premières années [...] sont l’œuvre au noir de l’athanor La Soudière découvrant l’œuvre qui s’écrit en lui, ou l’écriture comme abandon. À lire de toute urgence, pour vivre13. » Le poète et écrivain Jean-Luc Maxence dit avoir découvert « un quêteur d'Absolu d'une richesse intellectuelle admirable14 ». Juan Asensio, quant à lui, se livre à une analyse approfondie des lettres du premier tome dans son blog, considérant Vincent La Soudière comme « un magnifique écrivain que le premier volume de sa correspondance (…) nous offre dans sa plus cruelle évidence » et dont les lettres, « lues durant plusieurs semaines, vous donnent l'impression qu'un ami s'adresse à vous, qu'il vit chez vous15 ». Au sujet du tome II, Cette sombre ferveur, Gaëlle Obiégly fait remarquer que ces lettres adressées à un ami « ont l’intensité d’un journal intime, un journal paradoxal puisque adressé », et que l’ambition de « cet écrivain vrai » n’est pas « d’être quelqu’un mais de communiquer à un niveau essentiel. Les lettres à Didier racontent ce vœu et son impossible réalisation. D’où la beauté de cette vocation16 ».

Citationsmodifier | modifier le code

  • « J’ai, depuis ma naissance, une balafre énigmatique, pas seulement le long du visage, mais à travers tout le corps. Est-ce par la main du diable comme un foudroiement ancien, ou un long baiser d’ange ? Aucune réponse.

Il peut ne pas s’agir uniquement de moi, mais du destin de tout un peuple. » (Brisants, p. 34.)

  • « Je me suis toujours retenu. Jusqu’à mon souffle. Timidité métaphysique qui peut entraîner la mort. » (Brisants, p. 44.)
  • « On me croit immobile dans le fleuve. C’est que je nage à contre-courant et que ma force est égale à celle du courant. » (Brisants, p. 73.)
  • « On écrit des poèmes sans le vouloir, au-delà des remparts du désespoir. Dans l’effulgence de quelque transcendance... » (Brisants, p. 14.)
  • « Quand la dernière porte se sera ouverte, tu connaîtras la cécité par excès de lumière. » (Brisants, p. 40.)
  • « La foi, la foi… moi non plus je ne sais pas ce qu’elle est. Un don de Dieu ? Mon seul lien avec lui, sans doute – le reste est résolument mis entre parenthèses et pour un bon moment. » (Lettre 51, 13 mai 1967. Lettres à Didier I, p. 127.)
  • « Il faut seulement que j’aie le courage d’aller au bout de moi-même, que je traverse la carapace de conventions étrangères qui me séparent encore de moi-même. Décrocher du petit manège misérable qui est tout l’honneur que la société me propose, et qui est à la vérité une pincée de cendres en éruption. » (Lettre 105, 2 décembre 1970. Lettres à Didier I, p. 225.)
  • « Mieux vaut être l’aigle planant au-dessus des glaces et des monts, que le perroquet bariolé dans sa cage, que vient admirer la foule du dimanche. […] Arriver à dégager sa propre singularité suppose qu’on a pu s’affranchir de la chaude haleine des autres, de leurs appuis et de leurs sourires. Nous sommes tellement pressés de nous retrouver avec les autres, nous reposant sur le reflet que nous avons posé sur eux, et qu’ils tiennent pour notre être véritable. Prison où, collectivement, nous célébrons nos factices grandeurs. Tout le monde sait la duperie. Personne n’en dit mot. Trop heureux de porter les vêtements d’autrui. Combien de grands caractères, de grands talents s’asphyxient dans des réussites accessoires. Qui font du bruit, qui jettent des feux au milieu d’autres feux. Et la flèche essentielle n’est toujours pas décochée.
    Rude, âpre, solitaire est le chemin de notre sanctuaire. Faire comme si nous étions abandonnés…, ne prendre à témoin que la pointe de la nuit, la mélodie lointaine ou la Face invisible. » (Lettre 140, 13 juillet 1971. Lettres à Didier I, p. 327-328.)
  • « ‘‘Vous êtes un écrivain’’, m’a dit Michaux. D’accord ! Très bien ! Et après ? Si, chaque fois que je prends mon couteau, je me coupe le doigt, au lieu de couper une pomme... le couteau devient outil d’enfer et de damnation. Tout dépend de la manière dont je m’en sers. » (Lettre 225, 14 août 1972. Lettres à Didier I, p. 509.)
  • « À côté d’ici, presque sous mes fenêtres, on brûle des herbes, des feuilles, déjà. Je fais un détour, quand je sors, pour ne pas croiser ces fumées trop douces à mon cœur, où je perds pied : se superposent, dans l’odeur de cette fumée, des couches de passé, des souvenirs, des sentiments, émotions, des souvenirs d’émotions, tout un train chargé d’enfance et d’adolescence, de scolarité détestée et de septembres déchirants ; et tout cela en une grande cargaison de foin humide, de regain languide et triste. » (Lettre 317, 11 septembre 1974. Lettres à Didier I, p. 648.)

Œuvremodifier | modifier le code

Poésies, correspondancemodifier | modifier le code

  • Chroniques antérieures, Montpellier, Fata Morgana, 1978.
  • L’Arrière-Garde, poèmes, avec trois eaux-fortes de Gilles Alfera. [Précédé d’un texte de Landry, Neauphle-le-Château, G. Alfera, 1988.]
  • Brisants. Texte établi et présenté par Sylvia Massias. Orbey, Arfuyen, 2003.
  • C'est à la nuit de briser la nuit, Lettres à Didier I (1964-1974). Édition présentée, établie et annotée par Sylvia Massias. Paris, Ed. du Cerf, 2010.
  • Cette sombre ferveur. Lettres à Didier II (1975-1980). Édition préfacée, établie et annotée par Sylvia Massias. Paris, Ed. du Cerf, 2012.
  • Lettres à Didier III (1981-1993). Paris, Ed. du Cerf, en préparation.

Textes diversmodifier | modifier le code

  • « Au cœur de la meule », Genève, La Revue de Belles-Lettres, no 1, 1974, p. 54-57.
  • « Chroniques antérieures » (extraits), Argile (Maeght Éditeur), n° XI, automne 1976, p. 12-27.
  • « Une dernière fois » et « Jugement par le son », dans Guitares. Chefs d’œuvre des collections de France. Préface de François Lesure, photographies de Maurice Bérard. Paris, La Flûte de Pan, 1980. (Texte français-anglais.)
  • « La Jérusalem d’En Bas », Argile, n° XXIII-XXIV, printemps 1981, p. 123-127.
  • « Alliance », Paris, Noir sur blanc, no 3, printemps 1987, p. 69-71.
  • « Élégie », Lyon, Jalouse pratique, no 2, juin 1993.

Référencesmodifier | modifier le code

  1. Vincent La Soudière, C’est à la nuit de briser la nuit. Lettres à Didier I (1964-1974), Paris, Ed. du Cerf, 2010, p. 52 (lettre 5, [6 ?] août 1964).
  2. Vincent La Soudière, Brisants, Orbey, Arfuyen, 2003, p. 45.
  3. Vincent La Soudière, C'est à la nuit de briser la nuit. Lettres à Didier I, p. 55-56 (lettre 8, 5 sept. 1964).
  4. Lettre du 30 juin 1978, citée dans Brisants, p. 110-111.
  5. Lettre du 19 juin 1978, id., p. 111-112.
  6. C'est à la nuit de briser la nuit. Lettres à Didier I, p. 504 (lettre 223, 28 juillet 1972).
  7. Id., p. 608 (lettre 290, 12 février 1974).
  8. Alain Suied, La revue improbable, n°29, octobre-novembre 2003.
  9. http://remue.net/bulletin/TB040307.html
  10. Jean-Yves Masson, Le Magazine littéraire, septembre 2003, p. 81.
  11. Le Matricule des anges, n° 113, mai 2010, p. 32.
  12. Patrick Kechichian, La Croix, 1er juillet 2010, p. 16
  13. Matthieu Baumier, La Vie Littéraire, juillet 2010.
  14. http://www.lavielitteraire.fr/index.php/chroniques/jean-luc-maxence-avril.
  15. http://www.juanasensio.com/archive/2012/09/06/c-est-a-la-nuit-de-briser-la-nuit-de-vincent-la-soudiere.html
  16. http://www.fondationlaposte.org/article.php3?id_article=1379

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