Virginal

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Virginal flamand (Ruckers)

Virginal (mot venant peut-être du bas latin Virga, vergette), était employé en Angleterre pour désigner le clavecin. À partir de 1650 les termes harpsichord et spinet ont été préférés.

Le virginal est un instrument de musique à « vergettes » (sautereaux), de la famille des instruments à clavier et à cordes pincées qui comprend également le clavecin et l'épinette. L'apparition la plus ancienne du terme se situerait en 1460 dans le Tractatus de Musica de Paulus Paulinirus. Sa forme est celle d'un coffre, avec un clavier rentrant dans une niche appelée boîte à clavier.

La disposition clavier/plan de cordage du virginal flamand est d'origine italienne. Il n'a qu'un seul clavier. L'unique rang de cordes chromatiques permet de disposer les cordes, en travers de la touche du clavier (angle de 10 degrés) plutôt que dans le prolongement de la touche comme dans le clavecin — c'est également le cas des épinettes à l'italienne, dont les cordes sont en biais. Il y a une corde par note, les cordes consécutives sont rassemblées par deux. Il y a une corde à gauche et une à droite dans la travée recevant deux sautereaux alternés. C'est la travée double. Par exemple Mi bémol à gauche et Mi à droite. Il existe une sorte de virginal à l'octave, deux fois moins long : l'ottavino.

La facture flamande est massive comparée à l'italienne. Emploi du tilleul/peuplier en Flandres, de cyprès en Italie. Dans le virginal flamand le meuble est rectangulaire souvent sur un piétement à balustrade et peint en faux-marbre (1,50 m × 45 cm). Le point de pincement est généralement de 15 % aux graves, 45 % aux aigu, ce qui explique la position du clavier vers la gauche.

  • Une variante du virginal, de même apparence, autant répandue, appelée muselaar, a le clavier placé au centre ou vers la droite, ce qui lui procure un timbre assez différent et particulier. On peut voir de belles représentations chez Johannes Vermeer de Delft (1632-1675).

Le virginal était l'instrument favori de la bourgeoisie anglaise et flamande du XVIIe siècle. Une légende voudrait que le virginal ait été joué surtout par des jeunes filles et même une jeune reine - Elisabeth Ire, réputée pour en toucher suffisamment bien pour régaler les ambassadeurs.

Vers 1460, Paulirinus de Prague est le premier à citer le virginal (instrument de forme rectangulaire comme le clavicorde et de sonorité identique au clavecin) ; il en donne une description ainsi qu'une appréciation — d'ailleurs plus élogieuse que précise — du son qu'il émet ; quant au nom lui-même, il en fournit l'explication suivante : « virginale dictum quod uti virgo dulcorat mitibus et suavissimis vocibus » (« On l'appelle virginal car, tout comme une vierge, il charme par des sons doux et très suaves »). L'iconographie de cette époque et du siècle suivant montre de fait, la plupart du temps, des femmes et des jeunes filles au clavier, plutôt que des hommes.

En anglais : virginall (ancien), masc.sing. virginal, masc.plur. virginals.

En latin et en italien, l'orthographe est virginale. En Italie la traduction actuelle pour la famille d'instruments à sautereaux (salterelli) est : virginale ou spinetta rettangolare/pentagonale, clavicembalo, claviciterio, spinettino.








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